Lenormand, Frédéric : « La Nuit de San Marco » (2009)

Les mystères de Venise – Une série policière à Venise au XVIIIème siècle – Tome 2 « La Nuit de San Marco » (2009)

Résumé : Venise, XVIIIe siècle. Leonora Pucci est de nouveau tirée de son couvent de Vicence. L’inquisiteur Saverio Barbaran l’a chargée d’enquêter en secret sur le meurtre de Zan Pelizzioli, poignardé en pleine séance du Grand Conseil au palais des Doges. Léonora continue d’explorer la Sérénissime République au temps de Goldoni et de Casanova.

Mon avis : Il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps depuis que Léonora est retournée au couvent, après sa première enquête et la rencontre avec Venise et sa famille. Il faut dire qu’elle y est retournée déçue du comportement familial, plus par fierté que par envie… et qu’elle ne demande pas mieux que d’y retourner… Elle en profitera pour embarquer avec elle son amie Cornelia.
Dès qu’on lui demande de revenir mener l’enquête, elle accepte et retourne chez ses parents, reprend ses petites habitudes et fonce … toujours aussi aventureuse, toujours prête à se mettre en danger pour arriver à ses fins, et encore jeune et fraîche. Elle va affronter des dangers, se frotter une fois de plus aux complots et intrigues des puissants, toujours secondée par son courtisan favori… on en apprend toujours plus sur la vie à Venise à cette époque. Arrivera-t-elle à s’affranchir de l’emprise de sa famille ? On peut lire cette enquête sans avoir lu la précédente mais j’ai apprécié de lire les aventures de Léonora dans l’ordre.. Et maintenant j’ai envie de retourner visiter Venise … c’est malin 😉 A noter que le style est toujours aussi enlevé, agréable à lire, avec des pointes d’humour et une enquête intéressante. Cocktail bien dosé entre aventure, romantisme et le contexte historique.
Je continue… Découvrir la série maintenant a du bon… je peux lire 5 tomes avant de me trouver bloquée…

Extraits :
Avec un Juif, il estimait le secret garanti. Les ragots, s’il y en avait, ne quitteraient pas les murs hermétiques du ghetto.

– Ce qui importe, ce n’est pas la hauteur de la charge, c’est la manière de l’occuper.
Au XVIIIe siècle, quarante-deux familles se partageaient les emplois importants de la République.

Les nonnes étaient promptes à user de moyens détournés pour parvenir à leurs fins ; en cela, elles étaient très vénitiennes.

Le couple n’avait pas eu d’enfant pour ne pas compromettre la petite pension que la République accordait à ses protégés s’ils s’engageaient à ne pas se reproduire ; il s’agissait de laisser s’éteindre ces lignées dont on ne savait que faire.

Il était plus facile de trouver sa propre voie quand celle-ci n’avait pas été tracée d’avance, de temps immémoriaux, selon des considérations étrangères au bien de ceux à qui elles s’appliquaient.

Hors du mariage, point de salut. Elle sentit qu’elle n’y couperait pas. Une femme mariée pouvait aller partout, suivie d’un sigisbée ou d’une servante. Les demoiselles étaient censées n’aller nulle part.

Les coupoles se découpaient en ombres chinoises. Les campaniles surgissaient comme des branches hors du feuillage. L’astre nocturne se reflétait sur l’eau de la lagune, autour d’îlots fantomatiques plantés de cyprès. Venise était un diamant noir posé sur un brocart brodé de fils d’argent.

Les serviteurs apportèrent des rafraîchissements : un verre d’alcool fort pour Monsieur et la même chose dans une tasse à thé pour Madame.

Au reste, plus elle fréquentait les grandes familles, plus la simplicité du petit peuple lui apparaissait comme un refuge de paix et de moralité.

Venise était un lieu où il fallait en savoir beaucoup ou ne rien savoir du tout. C’est l’entre-deux qui était mortel.

– Une femme brune, ce n’est pas vraiment une Vénitienne.
– Veux-tu avoir l’air de… de quoi, au juste ? D’une Italienne ? Le Ciel nous en préserve !

Série Les mystères de Venise : voir la présentation

Lenormand, Frédéric « Leonora agent du doge » (2008)

Les mystères de Venise  – Une série policière à Venise au XVIIIème siècle – Tome I « Leonora agent du doge » (2008)

Résumé : En 1762, à l’apogée de sa splendeur, la Cité des Doges illumine l’Europe. Sortie du couvent où elle a été élevée, Leonora s’apprête à être mariée par son père, un riche aristocrate vénitien. Quand ce dernier est enfermé dans la célèbre prison des Plombs, la jeune fille s’efforce de démêler les fils d’une intrigue machiavélique. Avec l’aide de quelques amis, elle part à la découverte des secrets de la Sérénissime République, des complots et des luttes d’influence qui composent les mystères de Venise. Dans cette nouvelle série policière, Venise, infiniment romanesque, apparaît dans sa subtile ambivalence, à l’image de ses reflets marins, de son décor théâtral et de ses masques.

Mon avis :
Je ne comprends pas comment je suis passée à côté jusqu’à maintenant ! et je me rattrape.. Il faut dire que tous les ingrédients y sont ! J’aime les romans policiers historiques, j’aime le XVIIIème et j’aime l’Italie (Florence et Venise). Ce premier tome nous présente à la fois les personnages récurrents et la Venise de l’époque. Et je dois avouer que si j’ai bien aimé l’intrigue, ce qui m’a enchanté a été de me documenter sur la vie de la société vénitienne en m’attachant aux pas de la jeune Leonora et de la faune pittoresque qui l’entoure. De plus le côté historique n’étant pas trop didactique, la lecture est fluide et captivante. Léonora a beau sortir du couvent, elle va vite montrer qu’elle est loin d’être une oie blanche ! Elle est inventive, passionnée, courageuse, aventurière, déterminée… et on ne s’ennuie pas un instant… Et côté décor et documentation, on s’y croit ! On navigue en eaux troubles, on pénètre dans l’intimité des grands, on participe aux festivités.. grande et petite histoire se mêlent parfaitement. Il n’y a pas le petit « bémol » (pour moi)  que j’avais pu relever en lisant le livre de Adrien Goetz, «Intrigue à Venise», où je trouvais que l’intrigue passait au second plan, noyée sous les détails historiques. Vivement la suite…

Extraits :

L’énumération de ses sujets de désillusion s’interrompit heureusement quand elle s’endormit, vaincue par la fatigue et par ses émotions.

Il était extraordinaire de se trouver à l’intérieur d’une maison et de voir l’eau lécher le porche entre les poteaux bicolores.

Ma première leçon sera de vous enseigner l’art d’obtenir des réponses sans poser de questions.

à Venise, le premier rang appartient aux familles ducales, c’est-à-dire celles qui ont un jour donné un doge à la République.

Voilà encore un effet de vos promenades en gondole : vous ne voyez rien de près, vous visitez la ville dans un brouillard confus.

« Étrangers » était le mot générique pour désigner toute personne née ailleurs que dans la lagune, et même tous ceux qui ne pouvaient se prévaloir d’au moins trois générations d’ancienneté vénitienne. Autant dire que l’univers entier était la proie de barbares imperméables au raffinement millénaire cultivé par les Vénitiens de pure souche.

Il entrevoyait sans joie un séjour dans de lointaines contrées presque intouchées par la civilisation, telles que Bologne ou même Florence,

… une partie de chasse où les chasseurs servaient de cibles les uns aux autres.

– Je connais maintes personnes plus attirantes que vous, dit-il. Mais de plus déconcertantes, point.

Les ursulines le lui avaient bien appris : la séduction est l’arme favorite du démon.

L’expression de Lunardo laissa entendre qu’il ne se considérait pas comme une occasion sur laquelle on pouvait sauter.

Telle était l’hypocrisie du système, qui punissait le crime lorsqu’il devenait scandale, mais le tolérait le reste du temps afin de compenser des lois trop contraignantes, impossibles à réformer.

Telle était Venise, qui ne voulait penser qu’à la joie et tournait le dos aux contrariétés petites ou grandes, ce qui n’allait pas sans mal quand elle appliquait ce même principe à l’exercice de la politique.

Série Les mystères de Venise : voir la présentation

Lenormand, Frédéric : Série Les mystères de Venise

Série Les mystères de Venise
– Une série policière à Venise au XVIIIème siècle –

Les mystères de Venise – Tome I « Leonora agent du doge » (2008)

Résumé : En 1762, à l’apogée de sa splendeur, la Cité des Doges illumine l’Europe. Sortie du couvent où elle a été élevée, Leonora s’apprête à être mariée par son père, un riche aristocrate vénitien. Quand ce dernier est enfermé dans la célèbre prison des Plombs, la jeune fille s’efforce de démêler les fils d’une intrigue machiavélique.
Avec l’aide de quelques amis, elle part à la découverte des secrets de la Sérénissime République, des complots et des luttes d’influence qui composent les mystères de Venise. Dans cette nouvelle série policière, Venise, infiniment romanesque, apparaît dans sa subtile ambivalence, à l’image de ses reflets marins, de son décor théâtral et de ses masques.

(voir article)

Les mystères de Venise – Tome 2 « La Nuit de San Marco » (2009)

Résumé : Venise, XVIIIe siècle. Leonora Pucci est de nouveau tirée de son couvent de Vicence. L’inquisiteur Saverio Barbaran l’a chargée d’enquêter en secret sur le meurtre de Zan Pelizzioli, poignardé en pleine séance du Grand Conseil au palais des Doges. Léonora continue d’explorer la Sérénissime République au temps de Goldoni et de Casanova.
(voir article)

Les mystères de Venise – Tome 3 « Confessions d’un masque vénitien » (2010)

Résumé : Les reflets étincelants des canaux de la Sérénissime dissimulent une vérité boueuse. Les Vénitiens le savent et l’acceptent. Pas Leonora.
Enfermée par ses parents dans un de ces couvents libertins dont Venise a le secret, la jeune fille n’en sortira que grâce à une action d’éclat. Sa seule chance est de découvrir l’identité du tueur masqué qui s’en prend aux magistrats du Palais ducal. Et son unique piste : l’assassin ne peut s’empêcher d’aller se confesser avant chacun de ses meurtres.
En ce XVIIIème siècle baroque, les Vénitiens s’étourdissent de musique, de jeux et de banquets pour oublier la décadence de leurs institutions. Dans ce climat propice aux faux-semblants et aux intrigues, le crime est de toutes les fêtes, le sordide se cache derrière les plus beaux masques.
(voir article)

Les mystères de Venise – Tome 4 « Crimes, gondoles et pâtisserie » (2011)

Résumé : Dix espions de la police vénitienne sont chargés de retrouver un livre mystérieux, en plein carnaval de l’hiver 1763. Leonora, agent secret de la Sérénissime, se lance dans la course, de bibliothèques en pâtisseries, de librairies en salles de banquet : l’ouvrage tant convoité est un traité de cuisine dont les recettes succulentes sèment la mort sur leur passage. À travers les explosions de farines et les éboulements de petits fours, Leonora tente de résister à l’attrait fatal des pièces montées et des pyramides de macarons à la vénitienne. Rien de ce que Venise possède de plus sacré n’est épargné, ni les biscuits de fête, ni la crème de sabayon. La panique s’empare bientôt du peuple de la lagune, horrifié à l’idée que le blé et le froment sont peut-être empoisonnés et que ses chers desserts sont désormais vénéneux.

C’est à une aventure gastronomique et criminelle dans la Venise des Lumières que nous convie Loredan avec ce nouvel épisode des aventures de Leonora.
(voir article)

Les mystères de Venise – Tome 5 « Les Îles mystérieuses » (2012)

Résumé : Venise, mars 1763. Seize médecins échouent à guérir le doge Foscarini d’un mal inconnu. Leonora doit ramener un mage capable selon la rumeur publique de tout soigner. Avec son assistant Flaminio, elle part sur ses traces à travers les îles les moins accessibles de la lagune. Avec de surcroît la recherche du trésor perdu d’Attila le Hun.
(voir article)

Les mystères de Venise – Tome 6 « Le carnaval des assassins » (2016)

Résumé : Quand la Sérénissime République apprend que le nouvel ambassadeur du Monténégro a été assassiné à Trieste avant même d’avoir atteint la lagune, elle confie l’affaire à son meilleur espion, Ottorino, secondé par Leonora et Flaminio. Hélas, le malheureux émissaire du doge est tué à son tour sous les yeux de nos héros, qui décident de rentrer poursuivre l’enquête à Venise. Flaminio se fera passer pour l’ambassadeur auprès des Monténégrins, installés dans un palais gothique où tout n’est que secrets, luxe et intrigues. De fêtes costumées en batailles de gondoles, il faudra toute l’ingéniosité de Leonora pour dénouer les fils d’une énigme périlleuse, entre canaux et campaniles

(voir article)

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «Un cadavre en toque» (2015)

Série : « Crimes gourmands » 03

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.

Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Julien Villedieu, l’un des chefs incontournables de la gastronomie parisienne, aborde la quarantaine avec l’assurance d’obtenir prochainement sa troisième étoile. Lorsque les flashs d’information annoncent son assassinat dans les coulisses de son établissement, la consternation est à la mesure de l’atrocité du crime. Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, entretenait depuis plusieurs années une solide amitié avec ce cuisinier médiatique. Alors qu’elle boucle le prochain numéro consacré à la cuisine du marché et aux producteurs d’Île-de-France, elle fait face au chagrin et décide de mener sa propre enquête. Accompagnée de son photographe, Paco Alvarez, la journaliste découvre peu à peu les facettes insoupçonnées de celui qui se prétendait son ami. Entre une double vie intime, cyniquement organisée, des contentieux larvés au sein de son équipe, une comptabilité scabreuse, un ambitieux projet d’implantation de bistrots annexes, une productrice de télévision aux mœurs troubles, tous les ingrédients sont réunis pour révéler la véritable personnalité d’un chef étoilé particulièrement indigeste.

Fayard – 18/02/2015 – 208 pages

Mon avis : Et cette fois ci la destination est : Paris. Et je vais approfondir mes connaissances sur :  les vins, les brasseries,  les créations de restaurants, les coulisses, les collaborateurs de l’ombre sans qui les chefs ne pourraient pas percer, l’importance des équipes soudées en cuisine, les étoiles, la rentabilité … La problématique de la presse sera également abordée : l’avenir des critiques gastronomiques à l’heure des blogs, la manière de concevoir des magazines … Et toujours des adresses à découvrir.. Lors d’un prochain passage à Paris, j’ai envie d’aller découvrir le Restaurant   «Le Pharamond », qui comme le dit le livre « renvoie aux heures folles de la Belle Epoque » et se situe dans le 1er arrondissement de Paris (http://pharamond.fr/fr ). Ou encore le « Bouillon Chartier » (http://www.bouillon-chartier.com/fr/ ) à Montmartre, qui semble imbattable rapport qualité / ambiance/ décor /prix . Et aussi toutes les informations architecturales, les Halles, les pavillons Balthard, le cimetière des Innocents aménagé en marché, la visite des halles au petit matin… Et une fois encore, le crime est prétexte à la découverte du monde de la gastronomie..

Extraits :

Je me demande si on ne pourrait pas composer un florilège des descriptions de Zola dans Le Ventre de Paris… C’est déversé à gros bouillons, c’est écrit à la louche, un régal !

– Bis-tro-no-mie. C’est une contraction de « bistrot » et de « gastronomie ». Le terme a été forgé par mon confrère Stéphane Demorand. Il s’agit d’une cuisine inventive, mais élaborée avec des produits simples, dans un cadre réduit, plus convivial que les établissements gastronomiques.

Le chef confirma toujours travailler avec l’ONG Alliance Produits de la mer, ne plus proposer d’espèces menacées comme le thon rouge, éviter celles surexploitées comme le cabillaud, qu’il remplaçait par du lieu noir, contribuer ainsi à lutter contre la surpêche qui entraînait le rejet à la mer de milliers de tonnes de poissons morts.

consacrer sa vie à un but et la quitter sans savoir qu’on l’a atteint.

Le ciel anthracite virait au plomb et les réverbères de la rue du Montparnasse déversaient leur lueur terne sur les trottoirs luisants de bruine.

… rassurer ceux qui aimaient étaler leur aisance dans un décor aussi doré que leur carte de crédit.

La mode, il faut la créer, jamais la suivre.

Le « manger local » n’est pas un effet de mode, mais une lame de fond.

Daphnée avait répertorié les métiers disparus tels que les lotisseurs-gaveurs, les cabocheurs, les pétrisseurs de beurre, les compteurs mireurs d’œufs…

Cette bonne femme me glace les sangs… elle m’a parlé comme on assène des coups de cravache.

Un joyeux brouhaha emplissait l’ancien hall de gare qui, transformé en restaurant depuis plus d’un siècle, servait une « cuisine traditionnelle à prix modeste ». Le « Bouillon Chartier » avait été conservé dans son jus d’origine avec sa décoration Belle Époque classée, ses murs couverts de boiseries et de miroirs, ses patères métalliques évoquant les anciens wagons de voyageurs, son imposante hauteur de plafond conférant aux lieux un aspect hors du temps.

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 2 « La crème était presque parfaite » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2016 (Série : »Crimes gourmands)

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «La crème était presque parfaite »(2014)

Série : « Crimes gourmands » 02

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.

Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Le Bocage gourmet, restaurant situé au cœur du Calvados, doit sa réputation à sa célèbre sauce à base de crème fraîche, dont la composition est jalousement conservée. La critique gastronomique Laure Grenadier, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, a décidé de consacrer le prochain numéro du magazine Plaisirs de table aux produits fermiers de Normandie. Pour débuter son reportage, elle fait halte dans cette institution du pays d’Auge afin de dresser le portrait de son chef. Mais le repas vire bientôt au cauchemar et se termine dans les locaux de la gendarmerie. Plusieurs clients sont victimes de la fameuse crème dont les ingrédients alourdissent singulièrement l’atmosphère. Promotion immobilière et protection du littoral, implantation d’un nouveau lieu de commémoration, extension contestée d’un luxueux haras récemment acquis par des princes qataris, un faisceau d’indices conduit à penser que certains représentants de la République étaient précisément visés.

Mon Avis : En je suis repartie à la découverte d’une région française avec la critique gastronomique et son photographe. Cette fois, j’ai attaqué ma découverte du « Made in Normandie ».. un peu plus approfondie que dans la chanson de Stone et Charden 😉 . Cette fois c’est en partie sur les traces de Proust et de ses recettes de cuisine.. Mais pas que… Une mini évocation de Bayeux ( si vous voulez en savoir plus, je ne peux que vous conseiller de lire la 1ère enquête de Penelope « Intrigue à l’anglaise » d’Adrien Goetz (voir mon commentaire). On en apprendra plus sur les agneaux de pré-salé, le fromage, la crème, les pommes, le calva, l’architecture, les haras, et sur le monde impitoyable de la concurrence gastronomique … Très chouette escapade en Normandie donc, et résolution de l’énigme grâce aux connaissances culinaires de Laure, comme dans la première enquête.

Fayard – 29/10/2014 – 192 pages

Extraits :

Les saules pleureurs se balançaient mollement au-dessus des eaux vives, sous la protection d’une rangée de peupliers qui faisait front aux vents d’ouest.

Il avait revendu en hâte son vaste appartement haussmannien et sa boutique pour se réfugier en Normandie, rassuré par sa bibliothèque débordante de volumes usés, son samovar où infusait un thé plus noir qu’une vieille encre de Chine et ses deux chats siamois baptisés Pierre et Jean en hommage à Maupassant.

La qualité des produits est essentielle en cuisine. Un chef peut faire des merveilles, mais pas des miracles.

un condensé de la Normandie, releva Paco : de la crème et des pommes !

j’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je me dis que je vais finir par me réveiller, que tout cela n’a pas vraiment eu lieu. Je me sens comme ballotté par une essoreuse qui n’arrêterait pas de tourner.

L’architecture, la décoration, les lumières, tout appelait à suspendre la course du temps.

Allez, je vous ressers un dernier verre.
– Non, merci, refusa Paco, je conduis…
– Ben quoi ! Y a que d’la pomme.

La cuisine a souvent été le lieu de drames, de tensions et de rivalités… Il s’y trame des intrigues souterraines, il s’y joue des rapports de force et, la plupart du temps, c’est une façon de garder le pouvoir, de tenir la maison sous sa coupe…

Les adieux s’étaient faits sans trop de cris, de reproches ou de recommandations. Juste le lot habituel qui rendait les séparations presque agréables, comme le prélude à une trêve.

Mets-toi dans la tête que « quinze ans » rime avec « jamais content », et tout ira beaucoup mieux,

 

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2015 (Série : »Crimes gourmands)

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «Petits meurtres à l’étouffée» (2014)

Série : « Crimes gourmands » 01

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.
Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, part en reportage avec son photographe Paco Alvarez pour dresser l’inventaire des bouchons lyonnais. Au cœur de la capitale des Gaules, tous deux envisagent de rendre hommage aux acteurs de l’excellence gastronomique : chefs illustres, adresses confidentielles, producteurs locaux…
Tout bascule lorsque le propriétaire d’un restaurant typique de la célèbre rue Saint-Jean est retrouvé assassiné au petit matin. La ville est en émoi et un vent de panique souffle sur les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse quand, le lendemain, le tenancier d’un bouchon historique de la rue Mercière est à son tour tué selon le même procédé.
Laure Grenadier connaissait ces personnages et cherche à comprendre ce qui se cache derrière ces meurtres en série. Crimes crapuleux, jalousies corporatistes, vengeances sentimentales ? Elle tente de lever le voile qui masque un milieu peu enclin à se livrer.
(Fayard – 02/04/2014 – 198 pages)

Mon avis : Et un petit tour dans la région. Cette fois je me suis promenée à Lyon : plus précisément dans le monde de la gastronomie lyonnaise… Les petits bouchons, les resto « la mère untelle… » un petit tour chez Bocuse.., j’ai appris le pourquoi des dénominations…  J’ai aussi eu des conseils sur les endroits à photographier ( l’un des personnages était un photographe) … Bien sympathique cette escapade avec à la clé des recettes, des suggestions de spécialités… Un vrai guide de Lyon… Alors suivez Laure et Paco dans la ville des traboules, pénétrez la vie des cuisines, vivez celle des critiques gastronomiques et des journalistes. Un vrai guide de Lyon… En plus il se trouve que dans ma jeunesse, quand j’allais à Lyon, je descendais à l’Hôtel cité dans le livre ( http://www.hotel-du-theatre.net/ ) .. rigolo non ?

Et le polar dans tout cela me direz-vous ? Effectivement, il y a bien deux restaurateurs – amis de la journaliste – qui se font trucider… mais honnêtement, le personnage central c’est Lyon et sa gastronomie. Mais le coupable vous sera livré sur assiette à la fin du roman, épicé à souhait…

Il est certain que je vais me procurer les suivants car c’est très sympa à lire, avec de l’humour, une jolie parenthèse..

Extraits

Un couple d’une cinquantaine d’années, tendrement aviné, s’en allait à pas lents dans la nuit.

– Quand on ressent autant le chagrin que la faim, c’est qu’on est toujours en vie !

Ils étaient rentrés passablement embrumés sans être tout à fait éméchés, remontant les quais à pas lents et prudents jusqu’à la place des Célestins après avoir contourné l’église Saint-Nizier.

– Le gone qu’a fait ça y connaît son boulot, c’est pas une grabote… L’a pas fait les choses à moitié.
– Misère ! Remarque, c’est pas plus mal… Le Mandrin a défunté sans avoir le temps de chougner.
– T’as pas tort et vaut mieux, des fois…, rétorqua Gambille. J’y sais qu’une chose, c’est qu’y a bien des gones qui vont barjaquer et gandoiser un tas de conneries…
– Pas mon genre, j’aime pas les cancans, j’suis pas à mâchonner des patrigots, mais ça me fait tout chose que deux gones ont été tordus pour une poignée de pécuniaux.
– Y a tout la ville qui va faire sa rogneuse… et les bartavelles qui vont s’en faire des pleines culottes de trouille !
– Misère de misère ! ronchonna Pépère Bambane en éclusant le fond de son ballon de bière.
– Allez, j’y décolle, lança le boiteux à la cantonade, j’ai assez rincé le corgnolon !

Pour répondre à la demande, le Guide Michelin est apparu au début du xxe siècle.

– Disons plutôt que, parfois, lorsqu’une femme dîne avec un homme et qu’elle observe sa façon de manger, elle n’a pas envie de se laisser grignoter par lui… Ça n’est pas plus compliqué que ça.

Mon père fait un métier de bouche : il est dentiste !…

Sans les produits provenant des départements alentour, la gastronomie lyonnaise ne serait sûrement pas devenue aussi riche et singulière. L’histoire culinaire dépendait aussi et peut-être avant tout de la géographie régionale.

 

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2015 (Série : »Crimes gourmands)

Les prix littéraires 2016 – La récap

Prix Nadal 2016 : Víctor del Árbol, La víspera de casi todo

Prix Cervantès 2016 : Eduardo Mendoza ( pour l’ensemble de son œuvre)

Prix Princesse des Asturies de littérature 2016 (attribué chaque année depuis 1981 à une personne « dont le travail de création ou de recherche représente une contribution importante à la culture universelle dans les domaines de la littérature ou de la linguistique ») : Richard Ford

Le Prix mondial Cino Del Duca 2016 a été décerné, lundi 18 avril, à Sylvie Germain pour l’ensemble de son œuvre, indiquent dans un communiqué commun la Fondation Simone et Cino Del Duca et l’éditeur de la romancière, Albin Michel. L’auteure recevra son prix, doté de 200 000 euros, mercredi 8 juin à 15h à l’Institut de France. Le Prix mondial Cino Del Duca, attribué chaque année à un auteur de langue française dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire un message d’humanisme, est le deuxième prix littéraire le plus doté, derrière le prix Nobel de littérature.

Prix littéraire RTL-Lire 2016 :  « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut
les finalistes:  – « L’autre Joseph » de Kéthévane Davrichewy (Sabine Wespieser), – « Les vies multiples » de Jeremiah Reynolds de Christian Garcin (Stock), – « Pour la peau d’Emmanuelle Richard » (L’Olivier) – « Ahlam » de Marc Trévidic (Jean-Claude Lattès).

Prix Anaïs Nin (Verdict le 25 janvier) : « Pour la peau » d’Emmanuelle Richard 
Les finalistes: « Crans Montana de Monica Sabolo –  « la Petite Femelle » de Philippe Jaenada – « La Splendeur dans l’Herbe » de Patrick Lapeyre

Prix du Roman des étudiants France Culture – Télérama 2016  Bourdeaut, Olivier «En attendant Bojangles» (2016)

Prix des Deux Magots 2016 : Adrian, Pierre « La Piste Pasolini« 

Prix Roman France-Télévision 2016 : Olivier Bourdeaut « En attendant Bojangles » (Finitude) 
Les finalistes: Olivier Bourdeaut « En attendant Bojangles » (Finitude) – René Depestre « Popa Singer » (Zulma) – Philippe Jaenada « La petite femelle » (Julliard) – Isabelle Spaak « Une allure folle » (Editions des Equateurs) – Lyonel Trouillot « Kannjawou » (Actes Sud) – Hyam Yared « Tout est halluciné » (Fayard)

Prix Essais France-Télévision 2016 : Mathias Malzieu « Journal d’un vampire en pyjama » (Albin Michel)
Les finalistes: Jean-Paul Kauffmann « Outre-Terre » (Editions des Equateurs) – Raphaël Liogier « La guerre des civilisations n’aura pas lieu. Coexistence et violence au XXIe siècle » (CNRS éditions) – Mathias Malzieu « Journal d’un vampire en pyjama » (Albin Michel) – Didier Pourquery « L’été d’Agathe » (Grasset) – Pascale Robert-Diard « La déposition » (L’iconoclaste) – Paul Veyne « Palmyre, l’irremplaçable trésor » (Albin Michel)

Prix de la page 112 a été attribué à Julia Kerninon, pour Le dernier amour d’Attila Kiss, paru en janvier au Rouergue dans la collection « La Brune ».

Grand Prix du roman noir français 2016 (Beaune) : Or noir de Dominique Manotti (Gallimard, « Série noire »)

Grand Prix roman noir 2016 – étranger (Beaune) : Tant de chiens du Chilien Boris Quercia (Asphalte)

Le Prix du 1er roman policier (Beaune) :  Il n’y a pas de passé simple de François-Henri Soulie (éditions du Masque)

Prix de la Bibliothèque nationale de France 2016Jean Echenoz

Prix Régine Desforges 2016 La petite barbare de Astrid Manfredi (Belfond)

Prix du premier roman jeunesse Gallimard-RTL-Télérama :  Lucie Pierrat-Pajot  : “Mystères de Larispem”

Prix Inter : 7, Tristan Garcia (Gallimard)
les sélectionnésLa Grande Arche, Laurence Cossé (Gallimard) – Le présent infini s’arrête, Mary Dorsan (P.O.L.) – Envoyée spéciale, Jean Echenoz (Minuit) – 7, Tristan Garcia (Gallimard) – La petite femelle, Philippe Jaenada (Julliard) – Celle que vous croyez, Camille Laurens (Gallimard) – Un beau début, Eric Laurrent (Minuit) – Eva, Simon Liberati (Stock) – Histoire de la violence, Edouard Louis (Seuil) – Le grand marin, Catherine Poulain (L’Olivier)

Prix du Livre France bleu-Page des libraires : Gaëlle Josse, L’ombre de nos nuits (Ed. Noir sur Blanc)
les sélectionnés: Olivier Adam, La renverse (Ed. Flammarion) – Céline Curiol, Les vieux ne pleurent jamais (Ed. Actes Sud) – Kéthévane Davrichewy, L’autre Joseph (Ed. Sabine Wespieser) – Gaëlle Josse, L’ombre de nos nuits (Ed. Noir sur Blanc) – Julia Kerninon, Le dernier amour d’Attila Kiss (Ed. Le Rouergue).

Prix Alexandre-Vialatte 2016 (7 avril) : Éric Laurrent  « Un beau début » (éditions de Minuit).
3 finalistes : Eric Laurrent, Un beau début (Minuit) – Gérard Oberlé, Bonnes nouvelles de Chassignet (Grasset) – Catherine Poulain, Le grand marin (L’Olivier)

12ème prix des Lecteurs Quais du Polar/20 minutes : Obia, Colin Niel (Éditions du Rouergue)
les finalistesLes Initiés, Thomas Bronnec (Série Noire, Gallimard) – Concerto pour quatre mains, Paul Colize (Fleuve noir) – Six fourmis blanches, Sandrine Collette (Éditions Denoël),  Les loups à leur porte, Jérémy Fel (Éditions Rivages) – Obia, Colin Niel (Éditions du Rouergue) – Adieu Lili Marleen, Christian Roux (Rivages Noir)

Prix Le Point du Polar européen 2016: Surtensions, d’Olivier Norek
les sélectionnés: Condor, de Caryl Ferey (Gallimard, « Série noire ») – Deux, de Penny Hancock (Sonatine), Evangile pour un gueux, d’Alexis Ragougneau (Viviane Hamy)-  Hiver rouge, de Dan Smith (Cherche-Midi) –  Ils savent tout de vous  (Liana Levi), La nuit derrière moi, de Giampaolo Simi (Sonatine), Le sang de nos veines, de Miquel Bulnes, (Actes Sud), Tu tueras le père, de Sandrone Dazieri, (Laffont, « La Bête noire »), et Un papillon dans la tempête, de Walter Lucius.

Prix du Quai des Orfèvres 2016 :  Lionel Olivier, « Le crime était signé » 

Prix Landerneau Polar 2016, (décerné le 14 avril) :  Sandrine Collette, Il reste la poussière (Denoël)
5 finalistes: Sandrine Collette, Il reste la poussière (Denoël) – Hervé Commère, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve noir) – Pierre Lemaitre, Trois jours et une vie (Albin Michel) – Olivier Norek, Surtensions (Michel Lafon) – Ahmed Tiab, Le Français de Roseville (L’Aube)

Prix Cazes-Brasserie Lipp 2016 :  Dominique Paravel pour Giratoire, publié aux éditions Serge Safran
finalistes: Ariane Bois pour Le gardien de nos frères (Belfond), Anne Plantagenet pour Appelez-moi Lorca Horowitz (Stock), Olivier Adam pour La renverse (Flammarion), Isabelle Spaak pour Une allure folle (Equateurs) et Daniel Arsand pour Je suis en vie et tu ne m’entends pas (Actes Sud).

Prix Henri-Queffelec 2016 : Catherine Poulain pour Le grand marin
7 finalistes: François Bellec «Le Testament de Lapérouse » – Nathalie Démoulin «Bâtisseurs de l’oubli » – , Katarina Mazetti «Ma vie de pingouin » – Sylvain Pattieu «Et que celui qui a soif, vienne » – Catherine Poulain «Le grand marin » – Jon Kalman Stefansson «D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds » – Sigolène Vinson «Courir après les ombres »

 Prix Goncourt du 1er Roman 2016  : Joseph Andras  « De nos frères blessés » /Actes Sud)
les finalistes :Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles (Finitude) – Catherine Poulain, Le grand marin (L’Olivier) – Sarah Léon, Wanderer (Heloise d’Ormesson) – Loulou Robert, Bianca (Julliard)
Prix de la Closerie des Lilas 2016 : Julia Kerninon, Le dernier amour d’Attila Kiss (Editions du Rouergue)
– la 2ème selection : Cécile Ladjali, Illettré (Actes Sud) – Julia Kerninon, Le dernier amour d’Attila Kiss (Editions du Rouergue) – Camille de Peretti, Blonde à forte poitrine (Kero) – Sarah Léon, Wanderer (Héloïse d’Ormesson) – Céline Curiol, Les vieux ne pleurent jamais (Actes Sud).
Prix de la ville de Deauville : Virginie Despentes pour Vernon Subutex Vol 2, publié chez Grasset
Prix Récamier 2016 : Franz-Olivier Giesbert pour L’arracheuse de dents (Gallimard).
Prix Mac Orlan 2016 : Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier)
Prix Joseph-Kessel 2016 : Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier)
les finalistes : Sigolène Vinson, Courir après les ombres (Plon) – Jean Echenoz, Envoyée spéciale (Minuit) – Robert Solé, Hôtel Mahrajane (Seuil) – Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier) – Jean-Paul Mari, Les Bateaux ivres (Jean-Claude Lattès) – Pascal Manoukian, Les Échoués (Don Quichotte) – Michael Ferrier, Mémoire d’outre-mer (Gallimard) – Jeanne Benameur, Otages intimes (Actes Sud) – Alain Mabanckou, Petit Piment (Seuil) – Olivier Rolin, Veracruz (Verdier)
Prix Gens de Mer 2016 : Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier)
Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs 2016 : Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier)
Prix Nicolas Bouvier 2016 : Catherine Poulain, Le Grand Marin (l’Olivier)
Prix Roger Nimier 2016  : Paul Gréveillac pour son premier roman Les âmes rouges, paru en janvier dernier dans la collection « Blanche » de Gallimard
Prix Maison de la Presse 2016 : Ahlam de Marc Trévidic (JC Lattès)
les finalistes : Joyeux suicide et bonne année de Sophie de Villenoisy (Denoel), à paraître le 2 mai – Le gardien de nos frères d’Ariane Bois (Belfond) – Rhapsodie française d’Antoine Laurain (Flammarion) – Ahlam de Marc Trévidic (JC Lattès) – Surtensions d’Olivier Norek (Michel Lafon) – Le soldat fantôme de Jean-Guy Soumy (Robert Laffont).
Prix du Livre de voyage urbain Figaro Magazine/The Penisula Paris 2016 : Charles King, Minuit au Pera Palace (Payot)
finalistes: Philippe Besson, Les passants de Lisbonne (Julliard) – David Cronenberg, Consumés (Gallimard) – Julien Donadille, Vie et oeuvre de Constantin Eröd (Grasset) – Jonathan Gibbs, Randall (Buchet-Chastel) – Charles King, Minuit au Pera Palace (Payot) – Garth Risk Hallberg, City on fire (Plon) – Philippe Trétiack, L’architecture à toute vitesse (Seuil) – Frédéric Vitoux, Au rendez-vous des mariniers (Fayard).
Prix de littérature de l’Union européenne 2016 (les meilleurs nouveaux auteurs émergeants partout en Europe) Gast Groeber (Luxembourg) « All Dag verstoppt en aneren« 
finalistes: Tanja Stupar-Trifunović (Bosnie) – Christophe Van Gerrewey (Belgique) – Antonis Georgiou (Chypre)  Bjørn Rasmussen (Danemark) – Paavo Matsin (Estonie) – Selja Ahava (Finlande) – Nenad Joldeski (Ex-Yougoslavie) – Benedict Wells (Allemagne) – Gast Groeber (Luxembourg) – Claudiu M. Florian (Roumanie) – Jasmin B. Frelih (Slovénie) – Jesús Carrasco (Espagnol)
Prix SNCF du Polar 2016 : Grand, Emmanuel « Terminus Belz » (Points) 
Le Goncourt de la biographie 2016 « Aragon » de Philippe Forest
Prix Arsène Lupin 2016 : Paul Colize « Concerto pour 4 mains«  (Fleuve éditions)
Grand Prix des Lectrices Elle Roman 2016 : Seigle, Jean-Luc « Je vous écris dans le noir » (Flammarion)
Grand Prix des Lectrices Elle Policier 2016 :Miller, Jax « Les infâmes » (Ombres noires)
Prix des libraires 2016 : Thomas B. Reverdy « Il était une ville » (Flammarion)
Prix Saint-Simon (41ème) :  Jean D’Ormesson, pour son roman « je dirai malgré tout que cette vie fut belle » paru chez Gallimard
Prix Orange du livre 2016 : Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil)
finalistes – Lucile Bordes, 86, année blanche (Liana Levi) – Laurence Cossé, La grande arche (Gallimard) – Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil) – Sylvain Pattieu, Et que celui qui a soif, vienne (Rouergue) – Catherine Poulain, Le grand marin (L’Olivier)
Prix Méditerranée 2016 : Cremini, Teresa « La triomphante » (Ed. Les Equateurs)
 
Prix Méditerranée étranger 2016 : Luis Llach « les yeux fardés » (Actes Sud)
Man Booker International Prize 2016 : – The Vegetarian, de Han Kang (Corée), (Le Serpent à plume, 2015, Le Livre de Poche, 2016)
dernière sélection : – A General Theory of Oblivion, de José Eduardo Agualusa (Angola),(Anne-Marie Métailié, 2014)  The Story of the Lost Child, d’Elena Ferrante (Italie),(Gallimard, 2014, Folio, 2016)  The Vegetarian, de Han Kang (Corée), (Le Serpent à plume, 2015, Le Livre de Poche, 2016)  A Strangeness in My Mind, d’Orhan Pamuk (Turquie), traduit par Ekin Oklap (Faber & Faber)  A Whole Life, de Robert Seethaler (Autriche),  (Sabine Wespieser, 2015)  The Four Books, de Yan Lianke (Chine), (P. Picquier, 2015).
Prix Relay des voyageurs – Ng, Celeste « Tous ce qu’on ne s’est jamais dit  » (Sonatine) 
les finalistes : Flanagan, Richard « la route étroite vers le Nord Lointain (actes Sud) – Echenoz, Jean « Envoyée speéciale (Minuit) – Ng, Celeste « Tous ce qu’on ne s’est jamais dit  » (Sonatine) – Barnett, Laura  » Quoi qu’il arrive (Les Escales)
le Prix Littérature-monde : Makenzy Orcel pour L’Ombre animale (Zulma)
finalistes: Un papa de sang de Jean Hatzfeld (Gallimard) –La Terre qui penche de Carole Martinez (Gallimard) –L’Ombre animale de Makenzy Orcel (Zulma) –Le Grand Marin de Catherine Poulain (L’Olivier) –Tout est halluciné de Hyam Yared (Fayard)
Prix Littérature-monde étranger : Les Transparents d’Ondjaki,  (Angola/Métailié)
finalistes: Love is power, ou quelque chose comme ça d’Adrian Igoni Barrett,  (Nigéria) –Les Transparents d’Ondjaki,  (Angola/Métailié) –La Femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis, (USA/Gallmeister)
Prix du Sénat du livre d’histoire 2016:  Jacques de Saint Victor pour Blasphème : Brève histoire d’un crime imaginaire (Gallimard)
les finalistes : La mort de Louis XIV : apogée et crépuscule de la royauté : 1er septembre 1715 de Joël Cornette (Gallimard) – La force de gouverner : le pouvoir exécutif en France, XIXè-XXIe siècles de Nicolas Roussellier (Gallimard) – Blasphème : Brève histoire d’un crime imaginaire de Jacques de Saint Victor  (Gallimard)
Prix du livre Lorientales : Niroz Malek pour « Le promeneur d’Alep » (Editions du Serpent à plumes)
les finalistes: Atiq Rahimi, « La ballade du Calame » (L’Iconoclaste) – Yael Neeman, Nous étions l’avenir: récit (Actes Sud) – Niroz Malek pour « Le promeneur d’Alep » (Editions du Serpent à plumes) – Tobie Nathan « Ce pays qui te ressemble«  (Stock) – Hakan Günday « Encore » (Galaade)
Prix du Roman historique –  Prix des lecteurs de Levallois : Kéthévane Davrichewy pour  L’autre Joseph (Sabine Wespieser) 
les finalistes: Pierre Adrian, La Piste Pasolini (Éditions des Équateurs) – Anne-James Chaton, Elle regarde passer les gens (Verticales) – Kéthévane Davrichewy, L’autre Joseph (Sabine Wespieser) – Pauline-Gaïa Laburte, Ritzy (Albin Michel) – Antoine de Meaux, Le Fleuve guillotine (Phébus) – Sylvain Pattieu, Et que celui qui a soif, vienne (Le Rouergue) – Yan Pradeau, Algèbre (Allia)
Prix Marco Polo Venise : Sandro Veronesi, Terres rares (Grasset)
les finalistes : Alessandro Barrico, La jeune épouse (Gallimard) – René de Ceccaty, Objet d’amour (Flammarion) – Vincent Engel, Le miroir des illusions (Les Escales) – Elena Ferrante, Le nouveau nom (Gallimard) – Agnès Michaux, Codex Botticelli (Belfond) – Andréa Molesini, Presagio (Calmann-Lévy) – Olivier Weber, L’enchantement du monde (Flammarion) La deuxième sélection : Elena Ferrante, Le nouveau nom (Gallimard) – Olivier Weber, L’enchantement du monde (Flammarion) – Marco Missiroli, Mes impudeurs (Rivages) – Sandro Veronesi, Terres rares (Grasset)
Grand Prix de la Biographie politique 2016 : Franz-Olivier Giesbert  Chirac : une vie (Flammarion)
 
Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie romanAlexandra Lapierre « Moura : La mémoire incendiée »  (Flammarion) 

Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie roman étranger :   Alessandro Barrico, La jeune épouse (Gallimard)

Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie document/biographie : Patti Smith « M. Train » (Gallimard)

Prix Saint-Maur en Poche du Polar :  La Vérité sur Anna Klein de Thomas H. Cook – Point policier – les finalistes : La Compassion du diable de Fabio M. Mitchelli – Milady – Dust de Sonja Delzongle – Folio policier – La Vérité sur Anna Klein de Thomas H. Cook – Point policier

Prix Saint-Maur en Poche du Roman étranger : Quand rentrent les marins d’Angela Huth (Folio) – les finalistes : Quand rentrent les marins d’Angela Huth (Folio) – Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt (10/18) – La Bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald (J’ai Lu)

Sélection du Prix Saint-Maur en Poche du Roman français : Bernard Prou  pour Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant (LdP) – les finalistes :La Part des flammes de Gaëlle Nohant (LdP) – Le Roman de Boddah d’Héloïse Guay de Bellissen (Pocket) – Alexis Vassilkov de Bernard Prou  (LdP)

Sélection du Prix du public : Le tendre baiser du tyrannosaure d’Agnès Abecassis (LdP) – les finalistes : Le tendre baiser du tyrannosaure d’Agnès Abecassis (LdP) – Pardonnable impardonnable de Valérie Tong Cuong (J’ai Lu) – Et je danse aussi d’Anne-Laure Bondoux (Pocket)

Le Prix du premier roman décerné par la Griffe Noire : La Bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald (J’ai Lu)

 « Envoyé par La Poste » : Thierry Froger pour Sauve qui peut (la révolution)

Prix FNAC 2016 : Petit pays de Gaël Faye.

Prix littéraire du « Monde » 2016 : Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil)
Prix littéraire de la Vocation 2016 : Line Papin L’éveil (Stock)
Finalistes : Grégoire Domenach (Pysanka, Carnet d’Art), Sarah Leon (Wanderer, Héloise d’Ormesson), Aurélien Gougaud (Lithium, Albin Michel) et Florent Oiseau (Je vais m’y mettre, Allary Editions).
Prix Patrimoines 2016 (Créé cette année à l’initiative de la BPE – destiné à sacrer un roman de la rentrée littéraire « qui dit le monde tel qu’il va et porte un regard solidaire sur la société« .) Nathacha Appanah pour Tropique de la violence (Gallimard).
Prix du Roman des Etudiants France Culture-Télérama :  1 ère sélection  L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset (Gallimard) – La succession de Jean-Paul Dubois (L’Olivier) – Petit pays de Gaël Faye (Grasset) – Continuer de Laurent Mauvignier (Minuit) – 14 juillet d’Eric Vuillard (Actes Sud)
Prix Violeta Negra 2016 (8e festival international Toulouse Polars du Sud du 7 au 9 octobre 2016.) Victor del Arbol « Toutes les vagues de l’océan »
 6 sélectionnés :  – Juan Martini « Puerto Apache »  – Mimmo Gangemi « La revanche du petit juge » –  Victor del Arbol  « Toutes les vagues de l’océan » – Antonio Manzini « Piste noire »  – Carlos Salem « Le plus jeune fils de Dieu »  – Boris Quercia « Tant de chiens »
Prix Landerneau des lecteurs 2016 :  Karine Tuil pour L’Insouciance (Gallimard). 
4 finalistes  Le dernier des nôtres d’Adélaide de Clermont-Tonnerre (Grasset) – Eclipses japonaises d’Eric Faye (Le Seuil) – Continuer de Laurent Mauvignier (Minuit) – L’insouciance de Karine Tuil (Gallimard).
Prix Mystère de la critique 2016 – Français : D.O.A. – Pukhtu (Série Noire/Gallimard)
Prix Mystère de la critique 2016 – Etranger : Jake HINKSON – L’Enfer de Church Street (Gallmeister)
Prix Nice Baie des Anges 2016 : Akli Tadjer  –  «La Reine du tango» ( JC Lattès)
Prix Françoise Sagan 2016: Un beau début, Eric Laurrent
Prix des libraires de Nancy – Le Point 2016 : Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal, paru chez Gallimard.
Prix Stanislas 2016 (meilleur premier roman publié à la rentrée littéraire) : Nancy Elodie Llorca pour La Correction (Rivages).
Prix Senghor  2016Ali Zamir pour Anguille sous roche (Tripode)
Prix François Mauriac 2016 : La grande arche de Laurence Cossé
Prix « une vie » Le Parisien Magazine 2016 : Magyd Cherfi pour Ma part de Gaulois: récit, publié par Actes sud. 
Prix Le Livre de Poche 2016 : Gaëlle Nohant  avec La part des flammes,
Prix Le Livre de Poche Polar  2016: Sophie Hénaff  avec Poulets grillés
Prix des lecteurs du Livre de Poche / le choix des libraires 2016: Philipp Meyer avec Le fils
Grand Prix de Littérature Policière 2016 : Un trou dans la toile de Luc Chomarat (Rivages/Noir)
Grand Prix de Littérature Policière 2016 – étranger : Boris Quercia, avec Tant de chiens (Asphalte, novembre 2015), 
Prix de la Feuille d’or de la ville de Nancy – France Bleu Lorraine – France 3 Lorraine : Hélène Gestern  avec « L’odeur de la forêt » (Arlea)
 Prix de la langue française 2016 :  Philippe Forest
Prix Nobel de littérature : Bob Dylan
 
Prix Prix Jean Freustié 2016 : Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel)
1 ère sélection  Jean-Paul Dubois, La Succession (L’Olivier) – Mark Greene, 45 tours (Rivages) – Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel) – Nicolas Idier, Nouvelle jeunesse (Gallimard) – Amélie Nothomb, Riquet à la houppe (Albin Michel) – Isabelle Spaak, Une allure folle (Les Equateurs)
Prix Femina : Marcus Malte, Le garçon (Zulma)
1ère selection : Sophie Avon, Le vent se lève (Mercure de France) – Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal, (Gallimard) – Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) – Chloé Delaume, Les sorcières de la République (Seuil) – Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Hélène Gestern, L’odeur de la forêt (Arléa) – Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) – Marcus Malte, Le garçon (Zulma) – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) – Céline Minard, Le grand jeu (Rivages) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) – Florence Seyvos, La sainte famille (L’Olivier) – Thierry Vila, Le cri (Grasset) – Eric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud) 2ème sélection : Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal, (Gallimard) – Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Hélène Gestern, L’odeur de la forêt (Arléa) – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) – Marcus Malte, Le garçon (Zulma) – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) – Florence Seyvos, La sainte famille (L’Olivier) – Thierry Vila, Le cri (Grasset) – Emmanuel Venet, Marcher droit, tourner en rond (Verdier) – Eric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud) Finalistes: Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) – Marcus Malte, Le garçon (Zulma) – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) – Thierry Vila, Le cri (Grasset)
Prix Femina des lycéens 2016 : Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) 
Prix Femina étranger : Rabih Alameddine, Les vies de papier (Les escales)
1ère selection : Rabih Alameddine, Les vies de papier (Les escales) – Nickolas Butler, Des hommes de peu de foi (Autrement) -Emma Cline, The Girls (Quai Voltaire) – Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel (Albin Michel) – Petina Gappah, Le livre de Memory (JC Lattès) – Imbolo Mbue, Voici venir les rêveurs (Belfond) – Edna O’Brien, Les petites chaises rouges (Sabine Wespieser) – Aki Ollikainen, La faim blanche (Héloïse d’Ormesson) – Valerio Romao, Autisme (Chandeigne) – Ersi Sotiropoulos, Ce qui reste de la nuit (Stock) – Sara Stridsberg, Beckomberga: ode à ma famille (Gallimard) – Alain Claude Sulzer, Post-scriptum (Jacqueline Chambon) – Gonçalo M. Tavares, Matteo a perdu son emploi (Vivina Hamy) – Colm Toibin, Nora Webster (Robert Laffont) 2ème sélection : Rabih Alameddine, Les vies de papier (Les Escales) – Nickolas Butler, Des hommes de peu de foi (Autrement), Emma Cline, The Girls (Quai Voltaire), – Petina Gappah, Le livre de Memory (JC Lattès), – Edna O’Brien, Les petites chaises rouges (Sabine Wespieser), – Aki Ollikainen, La faim blanche (Héloïse d’Ormesson), – Valerio Romao, Autisme (Chandeigne), – Ersi Sotiropoulos, Ce qui reste de la nuit (Stock), – Sara Stridsberg, Beckomberga: ode à ma famille (Gallimard), – Gonçalo M. Tavares, Matteo a perdu son emploi (Viviane Hamy),- Colm Toibin, Nora Webster (Robert Laffont), Finalistes : Rabih Alameddine, Les vies de papier (Les Escales), traduit par Nicolas Richard – Petina Gappah, Le livre de Memory (JC Lattès), traduit par Pierre Guglielmina – Edna O’Brien, Les petites chaises rouges (Sabine Wespieser), traduit par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat – Valerio Romao, Autisme (Chandeigne), traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues – Gonçalo M. Tavares, Matteo a perdu son emploi (Viviane Hamy), traduit par Dominique Nédellec
Prix Femina Essai : Ghislaine Dunant, Charlotte Delbo, La vie retrouvée (Grasset)
sélection : Ghislaine Dunant, Charlotte Delbo, La vie retrouvée (Grasset) – Tristan Garcia, La vie intense, une obsession moderne (Autrement) – Jacques Henric, Boxe (Seuil) – Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil) – Vénus Khoury-Ghata, Les derniers jours de Mandelstam (Mercure de France) – Philippe Paquet, Simon Leys, navigateur entre les mondes (Gallimard) – Jean-Claude Perrier, André Malraux et la reine de Saba (Cerf) – Judith Schlanger, Trop dire ou trop peu, la densité littéraire (Hermann) – Pierre Vesperini, Droiture et mélancolie, sur les écrits de Marc Aurèle (Verdier) – Emmanuel de Waresquiel, Juger la reine, 14, 15, 16 octobre 1793 (Tallandier) Finalistes : Ghislaine Dunant, Charlotte Delbo, La vie retrouvée (Grasset) – Tristan Garcia, La vie intense, une obsession moderne (Autrement) – Jacques Henric, Boxe (Seuil) – Vénus Khoury-Ghata, Les derniers jours de Mandelstam (Mercure de France) – Pascale Robert-Diard, La déposition (L’Iconoclaste)
Prix du Style 2016 : 2ème sélection  Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi) –  Gaël Faye, Petit pays (Grasset) –  Valentine Goby, Un Paquebot dans les arbres (Actes Sud) –  Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants (Flammarion) –  Alexandre Seurat, L’Administrateur provisoire (Editions du Rouergue)
Grand prix du roman de l’Académie française : Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) 
1ère sélection : – Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset)  – Éric Deschodt, Penjab (De Fallois)
– Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard)  – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Philippe Forest, Crue (Gallimard)
– Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel) – Marcus Malte, Le garçon (Zulma) – Sylvain Prudhomme, Légende (Gallimard) – Karine Tuil, L’insouciance (Gallimard) – Éric Vuillard, 14 Juillet (Actes Sud).
les finalistes:–Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset)  –Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard) -–Sylvain Prudhomme, Légende (Gallimard).
Man Booker Prize 2016 : Paul Beatty The Sellout (Farrar, Straus and Giroux) reçoit le plus prestigieux prix littéraire britannique. Le roman a été publié en France l’an passé chez Cambourakis, sous le titre Moi contre les Etats-Unis d’Amérique.
Grand prix de littérature américaine 2016 : Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish
1 ère sélection  Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter – La trace de Forrest Gander – Brève histoire de sept meurtres de Marlon James –  Les petites consolations d’Eddie Joyce –  I love Dick de Chris Kraus  – Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish, 2ème sélection  Les petites consolations d’Eddie Joyce – Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish – New York, esquisses nocturnes de Molly Prentiss
Prix Renaudot : Yasmina Reza, Babylone (Flammarion)
Romans 1 ère sélection :  Sophie Avon, Le vent se lève (Mercure de France) – Michel Bernard, Deux remords de Claude Monet (La Table ronde) – François Ceresa, Poupe (Le Rocher) – Lenka Hornakova Civade, Giboulées de soleil (Alma) – Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) – Lionel Duroy, L’absente (Julliard) – Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard) – Annick Geille, Rien que la mer (La Grande ourse) – Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) – Jean Le Gall, Les lois de l’apogée (Robert Laffont) – Pierre-Yves Leprince, L’Odyssée de Rosario (Gallimard) – Simon Liberati, California girls (Grasset) – Yasmina Reza, Babylone (Flammarion) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) – Laurence Tardieu, A la fin le silence (Seuil) 2ème sélection : Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) – Simon Liberati, California girls (Grasset) – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) – Yasmina Reza, Babylone (Flammarion) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) 5 finalistes : Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) – Simon Liberati, California girls (Grasset) – Yasmina Reza, Babylone (Flammarion) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard)
Prix Renaudot essais : Aude Lancelin, Le Monde libre (Les liens qui libèrent)
Les six essais en lice 1 ère sélection: Françoise Cloarec, L’Indolente (Stock) – Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil) – Marie-Dominique Lelièvre, Sans oublier d’être heureux (Stock) – Dominique Missika, Thérèse, le grand amour caché de Léon Blum (Alma) – Jean-Claude Perrier, André Malraux et la reine de Saba (Cerf) – François-Olivier Rousseau, Devenir Christian Dior (Allary) 2ème sélection :  François Cérésa, Poupe (Le Rocher) – Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil) – Marie-Dominique Lelièvre, Sans oublier d’être heureux (Stock) – Jean-Claude Perrier, André Malraux et la reine de Saba (Cerf) 3 finalistes  :Aude Lancelin, Le Monde libre (Les liens qui libèrent) François Ceresa, Poupe (Le Rocher) – Marie-Dominique Lelièvre, Sans oublier d’être heureux (Stock)
Prix Renaudot Poche : Stéphanie Janicot   pour La mémoire du monde: intégrale (Le Livre de poche).
Prix Renaudot des lycéens : Giboulées de soleil, de Lenka Hornakova-Civade, (Alma) .
Prix Goncourt : Leïla Slimani, Chanson douce (Gallimard)
1ère selection : Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde (Grasset) – Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois (Actes Sud) – Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) – Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) – Jean-Paul Dubois, La succession (L’Olivier) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) – Yasmina Reza, Babylone (Flammarion) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) – Romain Slocombe, L’affaire Léon Sadorski (Robert Laffont) – Karine Tuil, L’insouciance (Gallimard)  Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard)  2ème sélection : Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) – Jean-Paul Dubois, La succession (L’Olivier) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) Les quatre finalistes :  Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) – Leïla Slimani, Chanson douce (Gallimard)
Prix Goncourt des lycéens : Petit pays de Gaël Faye
2ème sélection : Tropiques de la violence de Nathacha Appanah (éd. Gallimard) – Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi (éd. Actes Sud) – Petit pays de Gael Faye (éd. Grasset), Prix du roman Fnac et prix du Premier roman – Laetitia ou la fin des hommes d’Ivan Jablonka (éd. Seuil), Prix Médicis – Continuer de Laurent Mauvignier (éd. Minuit) – Chanson douce de Leila Slimani (éd. Gallimard), Prix Goncourt – L’insouciance de Karine Tuil (éd. Gallimard), Prix Landerneau des lecteurs
Prix Médicis : Laëtitia ou la fin des hommes, par Ivan Jablonka (Seuil)
1ère sélection  Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Stéphane Audeguy, Histoire du lion personne (Seuil) –  David Boratav, Portrait du fugitif (Phébus) – Stéphane Corvisier, Drama Queen Palace (Grasset) – Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Nicolas Idier, Nouvelle jeunesse (Gallimard) Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil) Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) Denis Michelis, Le bon fils (Notabilia) Céline Minard, Le grand jeu (Rivages) Christine Montalbetti, La vie est faite de ces toutes petites choses (POL) Arnaud Sagnard, Bronson (Stock) Florence Seyvos, La sainte famille (L’Olivier) 2ème sélection : Tropique de la violence, par Nathacha Appanah (Gallimard) – Histoire du lion Personne, par Stéphane Audeguy (Seuil) – Nouvelle jeunesse, par Nicolas Idier (Gallimard) – Laëtitia ou la fin des hommes, par Ivan Jablonka (Seuil) – Le Bon fils, par Denis Michelis (Notabilia) – Le Grand jeu, par Céline Minard (Rivages) – Bronson, par Arnaud Sagnard (Stock)
Prix Médicis étranger : Steve Sem-Sandberg, Les élus (Robert Laffont)
1ère sélection   Niccolo Ammaniti, Anna (Grasset) Nickolas Butler, Des hommes de peu de foi (Autrement) Ralph Dutli, Le dernier voyage de Soutine (Le bruit du temps) Christoph Hein, Le noyau blanc (Métailié) James E. McTeer II, Minnow (Editions du Sous-sol) Edna O’Brien, Les petites chaises rouges (Sabine Wespieser) Ferdinand von Schirach, Tabou (Gallimard) Steve Sem-Sandberg, Les élus (Robert Laffont) Antonio Xerxenesky, L’histoire de la femme qui devait tuer Orson Welles (Asphalte) Samar Yazbek, Les portes du néant (Stock) Nell Zink, Une comédie des erreurs (Seuil) 2ème sélection : Niccolo Ammaniti, Anna (Grasset), traduit de l’italien par Myriem Bouzaher – Nikolas Butler, Des hommes de peu de foi (Autrement), traduit de l’anglais par Mireille Vignol – Chritoph Hein, Le noyau blanc (Métailié), traduit de l’allemand par Nicole Bary – Edna O’Brien, Les petites chaises rouges (Sabine Wespieser), traduit de l’anglais par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat – Ferdinand von Schirach, Tabou (Gallimard), traduit de l’allemand par Olivier Le Lay – Steve Sem-Sandberg, Les élus (Robert Laffont), traduit du suédois par Johanna Chatellard-Shapira et Emmanuel Curtil – Samar Yazbek, Les portes du néant (Stock), traduit de l’arabe par Rania Samara – Nell Zink, Une comédie des erreurs (Seuil), traduit de l’anglais par Charles Recoursé
Prix Medicis essais : Jacques Henric, Boxe (Seuil)
Philippe Costamagna, Histoires d’oeils (Grasset) – Ghislaine Dunant, Charlotte Delbo. La vie retrouvée (Grasset) – Hubert Haddad, Les coïncidences exagérées (Mercure de France) – Kaoutar Harchi, Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne (Pauvert) – Jacques Henric, Boxe (Seuil) – Alice Kaplan, En quête de L’Etranger (Gallimard) – Jean-Claude Milner, Relire la Révolution (Verdier) – Laure Murat, Ceci n’est pas une ville (Flammarion) – Benedetta Craveri, Les derniers libertins (Flammarion)
Prix Jean Giono 2016 : Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard)
1ère sélection : Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard) – Guy Boley, Fils du feu (Grasset) – Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) – Éric Deschodt, Penjab (De Fallois) – Jean-Paul Dubois, La succession (L’Olivier) – Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel) – Claudie Hunzinger, L’incandescente (Grasset) – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) – Olga Lossky, Le revers de la médaille (Denoël) Finalistes: Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard) – Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) – Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel)
 Prix Décembre : Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard)
1ère selection Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard)  – Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard)  – Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard)  – Nicolas Idier, Nouvelle jeunesse (Gallimard)  – Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil)  – Alain Jaubert, La moustache d’Adolf Hitler et autres essais (Gallimard)  – Jacques Henric, Boxe (Seuil)  – Noël Herpe, Dissimulons ! (Plein jour)  – Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock)  – Alain Mabanckou, Le monde est mon langage (Grasset)  – Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit)  – Jean-Claude Milner, Relire la révolution (Verdier)  – Loïc Prigent, J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste (Grasset)  – Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Albin Michel)  – Emmanuel Venet, Marcher droit, tourner en rond (Verdier) 2ème sélection : Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard) – Jacques Henric, Boxe (Le Seuil) – Loic Prigent, J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste (Grasset).
 
Prix Premier roman 2016 :  Gaël Faye, Petit pays, (Grasset)
1ère sélection  –  • Marie Barthelet, Celui-là est mon frère (Buchet-Chastel)  • Guy Boley, Fils du feu (Grasset)  • Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami (Gallimard)  • Gaël Faye, Petit pays, (Grasset)  • Adeline Fleury, Rien que des mots (Les Nouvelles éditions François Bourin)  • Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel)  • Maëlle Guillaud, Lucie ou la vocation (Héloïse d’Ormesson)  • Mathias Lair, L’amour hors sol (Serge Safran)  • Stéphanie Vermot-Outhenin, La straniera (La Grande Ourse)  • Frédéric Viguier, Ressources inhumaines (Albin Michel) 2ème sélection : Boris Bergmann, Déserteur (Calmann-Lévy) – Cédric Gras, Anthracite (Stock) – Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Albin Michel) – Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) – Nina Yargekov, Double nationalité (P.O.L) – Finalistes: Guy Boley, Fils du feu (Grasset) – Gaël Faye, Petits pays (Grasset) – Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Maëlle Guillaud, Lucie ou la vocation (Editions Héloïse d’Ormesson) – Stéphanie Vermot-Outhenin, La Straniera (La Grande Ourse)
Prix Premier roman étranger 2016 :  Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel (Albin Michel),
1ère sélection   • Cynthia d’Aprix Sweeney, Le pactole (Fleuve éditions)  • Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel (Albin Michel) –  • Marco Magini, Comme si j’étais seul (HC éditions) –  • Molly Prentiss, New York esquisses nocturnes (Calmann-Lévy) –  Abdelaziz Baraka Sakin, Le messie du Darfour (Zulma), 3 finalistes: Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel (Albin Michel), traduit par Françoise Brun – Molly Prentiss, New York, esquisses nocturnes (Calmann-Lévy), traduit par Nathalie Bru – Abdelaziz Baraka Sakin, Le messie du Darfour (Zulma), traduit par Xavier Luffin
Prix Interallié :  Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion)
1ère sélection : Paul Baldenberger, A la place du mort (Les Equateurs) – François Cérésa, Poupe (Le Rocher) – Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) – Jean-Paul Dubois, La succession (L’Olivier) – Lionel Duroy, L’absente (Julliard) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Stéphane Hoffmann, Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel) – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) – Leïla Slimani, Chanson douce (Gallimard) – Karine Tuil, L’insouciance (Gallimard) – Eric Vuillard, 14 Juillet (Actes Sud) 2ème sélection : Paul Baldenberger, A la place du mort (Equateurs) – Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset) – Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard) – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) – Eric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud).
Prix de Flore : Nina Yargekov, Double nationalité (Éditions POL)
1ère selection :  Samuel Benchetrit, La nuit avec ma femme (Plon/Julliard) – Boris Bergmann, Déserteur (Calmann-Lévy), sélectionné pour le prix Wepler Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset), sélectionnée pour le prix Renaudot – Cédric Gras, Anthracite (Stock) – Elitza Gueorguieva, Les cosmonautes ne font que passer (Verticales/Gallimard) – Arnaud Sagnard, Bronson (Stock) – Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Albin Michel) – Leïla Slimani, Une chanson douce (Gallimard), sélectionnée pour le prix Renaudot et le prix Goncourt – Philippe Vasset, La légende (Fayard), sélectionné pour le prix Wepler – Nina Yargekov, Double nationalité (P.O.L). 2ème sélection : Boris Bergmann, Déserteur (Éditions Calmann-Lévy) –  Cédric Gras, Anthracite (Éditions Stock) –  Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Éditions Albin Michel) –  Leila Slimani, Chanson douce (Éditions  Gallimard) –  Nina Yargekov, Double nationalité (Éditions POL)

Prix Georges Brassens : Boley, Guy « Fils du Feu » (Grasset) Grand prix SGDL (Société des Gens De Lettres) du Premier roman : Boley, Guy « Fils du Feu » (Grasset) 

Prix Wepler-Fondation La Poste : Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy (Seuil)
1ère selection  Tropique de la violence de Natacha Appanah (Gallimard)Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy (Seuil) – Vie prolongée d’Arthur Rimbaud de Thierry Beinstinguel (Fayard) – Déserteur de Boris Bergmann (Calmann-Lévy) ; Retour à Ostende de Benoît Damon (Champ Vallon) ; Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Galliard) ; Comment construire une cathédrale de Mark Greene (Plein Jour) ; Le garçon de Marcus Malte (Zulma) ; Légende de Sylvain Prudhomme (Gallimard/L’Arbalète) ; La main de Tristan d’Olivier Steiner (Editions des Busclats) ;Les états et empires du lotissement Grand siècle : archéologie d’une utopie de Fanny Taillandier (PUF) ;La légende de Philippe Vasset (Fayard) ; Anguille sous roche d’Ali Zamir (Le Tripode).
Prix du Style 2016    Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi)
1ère sélection   Vincent Borel, Fraternels (Sabine Wespieser) –  – Jérôme Chantreau, Avant que naisse la forêt (Les Escales) –  – Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi) –  – Gaël Faye, Petit pays (Grasset) –  – Philippe Forest, Crue (Gallimard) –  – Valentine Goby, Un Paquebot dans les arbres (Actes Sud)  – Maëlle Guillaud, Lucie ou la vocation (Héloïse d’Ormesson) –  – Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) –  – Luc Lang, Au commencement du Septième jour (Stock)  – Andreï Makine, L’Archipel d’une autre vie (Seuil) –  – Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants (Flammarion)  – Sylvain Prudhomme, Légende (Gallimard)  – Antoine Rault, La Danse des vivants (Albin Michel)  – Alexandre Seurat, L’Administrateur provisoire (Le Rouergue)  – Arnaud Sagnard, Bronson (Stock) – Karine Tuil, L’Insouciance (Gallimard)  – Éric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud).   2ème sélection  : – Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi) –  Gaël Faye, Petit pays (Grasset) – Valentine Goby, Un Paquebot dans les arbres (Actes Sud) – Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants (Flammarion) – Alexandre Seurat, L’Administrateur provisoire (Editions du Rouergue)
Prix Sang d’encre 2016 :  Bizien, Jean-Luc La Trilogie des ténèbres
Prix du Livre européen 2016 – catégorie fiction –  Javier Cercas  pour  « L’Imposteur ».
Prix Littéraire 30 Millions d’Amis 2016 : Histoire d’un lion Personne de Stéphane Audeguy (Seuil)
sélectionnés:  La cause des vaches de Christian Laborde (Editions du Rocher), Règne Animal de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard), A la table des hommes de Sylvie Germain (Albin Michel), Demain les chats de Bernard Werber (Albin Michel), Caballero de Lenia Major (Samir), Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence animale de Frans de Waal (Les Liens qui Libèrent) et Le Bouddha à quatre pattes de Dirk Grosser (Le Relié).
Prix LiRE du meilleur livre de l’année 2016 :  Le nouveau nom d’Elena Ferrante

Prix du meilleur livre étranger 2016 : Helen MacDonald  avec M comme Mabel (Fleuve)

Prix du meilleur livre étranger 2016 – essai : Samar Yazbek en essai pour Les portes du néant (Stock).
Prix Historia du polar historique 2016 : Les fils d’Odin de Harald Gilbers (Kero, 480 p., 20,90 €).
 Prix Polar Michel Lebrun 2016 ( ANCIENNEMENT Prix du roman policier francophone de la ville du Mans) : Colin Niel pour Obia (Rouergue Noir)
Prix Ouest 2016 (créé en 1992, il est décerné à un roman dont l’action se déroule dans le Grand Ouest (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Poitou-Charentes) ou à un roman écrit par un auteur originaire de ces régions.) : « Entre ciel et lou » de Lorraine Fouchet publié aux Editions Heloïse d’Ormesson
Le prix du roman Version Femina 2016, attribué en partenariat avec Cultura :  Stéphane Audeguy pour Histoire du lion Personne (Seuil).
Prix Festival Polar de Cognac roman français :
1 ère sélection   « L’infiltré de La Havane »  Nikos MAURICE – La Différence – « Dedans ce sont des loups » Stéphane JOLIBERT – Le Masque –   La nuit n’est jamais complète »  Niko TACKIAN – Scrinéo  – « Une nuit d’orage » –  Gilles BORNAIS – Fayard – « Sayonara » –  Pascal MILLET – Sixto –  Alice change d’adresse »  Michel MOATTI – HC
Prix Festival Polar de Cognac roman étranger :
Prix Festival Polar de Cognac roman jeunesse :
Prix Festival Polar de Cognac bande dessinée (série) :
Prix Festival Polar de Cognac bande dessinée (unitaire) :
et pour tout savoir en détails :        http://www.livreshebdo.fr/prix-litteraires

 

 

Jaquet, Corinne «Zoom sur Plainpalais» (2011)

Résumé : Avril 2004. Alors que la Télévision romande fête son cinquantième anniversaire, un de ses réalisateurs est assassiné sur la Plaine de Plainpalais en plein marché aux puces. Le Commissaire Mallaury, fraîchement nommé à la succession du Commissaire Simon parti à la retraite, se serait bien passé, pour sa première grosse affaire criminelle, d’un cadavre aussi «people». Surtout qu’une deuxième énigme vient compliquer son enquête, précisément sur cette plaine où est né le cinéma suisse il y a un siècle…
Mon avis : Toujours un plaisir de se promener dans les endroits que l’on connaît et d’apprendre les histoires de la Genève de mon enfance. Ici on parle des cinémas (toutes ces salles qui s’existent plus telles que le Cinebref.. ) et du monde de la Télévision Suisse Romande. Un roman policier à suspense qui m’a fait passer un bon moment. Petite incursion dans le monde du tir et les lieux qui lui rendent hommage (Arquebuse, Tir, Coulouvrenière…, et des indications historiques qui font toujours plaisir. Mais au-delà de Genève, dans laquelle il est agréable de se promener, l’intrigue et le suspense ainsi que la façon de se comporter dans le monde des pionniers de la télé est un contexte intéressant et pas uniquement local qui pourra aussi plaire aux non genevois…

Extraits :

Mais vous savez, ce n’est pas la TV romande qui peut enrichir quiconque. Ça n’a rien à voir avec des boîtes de production qui fournissent, par exemple, France 2 ou TF1…

La terre genevoise n’est pas cinématographique. Elle sert de cliché parfait pour les réalisateurs étrangers, pour des films d’espionnage, pour illustrer la ville prospère, celle des banques accueillantes, mais sorti de là…

— Vous me donnez quel âge ?
La question que tout le monde adore ! Celle pour laquelle on évalue sincèrement, puis on enlève dix bonnes années pour être poli, quinze si on veut être flatteur…

Elle le regarda comme s’il lui demandait si Noël tombait bien le 25 décembre.

Amoureux et complémentaires : se pouvait-il vraiment que ce genre de couple existât ?

Asseoir sa nouvelle autorité consistait aussi à savoir rester silencieux quand c’était opportun. Le babillage inutile est souvent la marque des petits…

Un endroit à peu près ordonné, mais à peu près seulement. Cet « à peu près » dans lequel on retrouve la vie, un intérêt pour mille choses, une sensibilité à tout, un petit désordre qui relève de l’épicurisme et non de la négligence.

Il ricana en imaginant la pyramide du pouvoir évoquée par un de ses amis : plus on gravit d’échelons, moins il y a de place sur le palier, et une fois au sommet, un seul faux pas peut être fatal… Or, il était en haut. Il n’avait rien fait pour, mais s’y trouvait.

— Non, justement, c’est là que le bât blesse.
— Avec les filles y a toujours des histoires de bas…

Dès qu’un homme ne rote pas avec les autres, on le dit asocial. Hors des clichés, on gêne.

Et si un prisonnier sait qu’un jour il sortira, une fois sa peine accomplie, le malade, lui, encourt peut-être cet internement à perpétuité.

L’antagonisme Radio-Lausanne contre TV-Genève était né. Depuis cette époque, on prétend que s’il neige à Lausanne, on le dit à la radio, tandis que s’il grêle à Genève, on le voit à la TV… !

C’est cet homme qui, avec Bob Ehrler et William Baer, allait créer, en 1952, la toute première unité de production du bout du lac. Un local désaffecté était loué cinquante francs par mois dans une école à Genthod. L’équipe, avec ses trois caméras Paillard-Borex achetées à tempérament, filma à Cointrin l’arrivée de Charlie Chaplin ou encore le retour de l’Himalaya de Raymond Lambert.

 

 

Rahimi Atiq «La ballade du calame» (2015)

L’auteur :

Atiq Rahimi vit la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1984, puis il se réfugie au Pakistan.
Après avoir demandé l’asile politique à la France, accordé en 1984, il obtient son doctorat en audiovisuel à la Sorbonne.
En 1989, son frère, communiste, resté en Afghanistan, est assassiné, mais Atiq Rahimi n’apprend sa mort qu’un an plus tard.
Son premier long-métrage, Terre et cendres, présenté dans la section « Un certain regard » au Festival de Cannes 2004, a obtenu le prix Regard vers l’avenir.
Contrairement à ses trois premiers romans écrits en persan, « Syngué sabour : Pierre de patience » est directement écrit en français : «Il me fallait une autre langue que la mienne pour parler des tabous » Il est récompensé par le prix Goncourt 2008.

Résumé :

« L’exil ne s’écrit pas. Il se vit.
Alors j’ai pris le calame, ce fin roseau taillé en pointe dont je me servais enfant, et je me suis mis à tracer des lettres calligraphiées, implorant les mots de ma langue maternelle.
Pour les sublimer, les vénérer.
Pour qu’ils reviennent en moi.
Pour qu’ils décrivent mon exil. »
Ainsi a pris forme cette ballade intime, métissage de mots, de signes, puis de corps.
Celui qui se dit « né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France » invente une langue puissante, singulière et libre.
Une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d’enfance.

 

Mon avis : Gros gros coup de cœur. J’avais déjà beaucoup aimé « Syngué sabour, pierre de patience », monologue d’une femme afghane, qui avait obtenu le Goncourt en 2008. Ce livre est un portrait intime si on en croit le descriptif de la maison d’édition. Une invitation au voyage à travers l’écriture, le rêve, le corps, les arts.. de toute beauté. cela m’a fait ressortir un livre acheté il y a des années, « les mystères de l’alphabet » de Marc-Alain Ouaknin qui parlait de l’origine des lettres. A noter aussi les très belles illustrations de l’auteur.

Analyse étayée par l’écoute d’une interview de l’auteur :

Evocation par l’auteur de son pays de naissance ; il évoque ici sa double culture, afghane et française. Il écrit en français et nous parle d’écriture, de l’alphabet et de la formation des mots. Le calame, un stylet dont se servent les enfants pour écrire sur des tablettes en bois. On explore les secrets de l’écriture arabe et persane ; on y parle aussi d’exil, derrière l’importance de l’écriture. Ce livre est ià la fois un texte littéraire sur l’écriture et un livre artistique si je puis m’exprimer ainsi ; une « confession », des calligraphies, des dessins, des mouvements « callimorphiques » L’auteur nous parle aussi de sa difficulté d’écrire sur l’exil, l’angoisse de la page blanche, le rapport entre exil et création. En Afghanistan, petit, il a appris à écrire avec un roseau qui est un instrument difficile à appréhender, à tailler, à utiliser ; c’était déjà une épreuve de préparer le matériel avant même de commencer à tracer les lettres. Il parle de l’angoisse de l’apprentissage de l’écriture. Il nous apprend en interview qu’aujourd’hui encore il a des plumes de calligraphie sur son bureau qui lui permettent de tracer des lignes quand il doit se concentrer. Pour lui, l’ «Aleph» est sa madeleine de Proust et la calligraphie est considérée comme le lien sacré entre élève et religion.  Tout commence par le verbe ; les lettres ont une importance ésotérique, ce sont des talismans et elles revêtent une grande importance dans la construction de la pensée.

La calligraphie le ramène à son enfance, à la religion, aux voyages qu’il a effectués ; il va nous parler de l’importance de l’Inde dans son développement personnel. Dans ce livre, le personnage est l’ «Aleph» (la première lettre du nom d’Allah) , la naissance et l’histoire de la pensée et de l’écriture, le rapport entre exil et création ; de l’importance de l’exil dans sa vie, dans la création mais ne parle pas de l’exil en tant que tel. Il évoque des souvenirs mais sans nostalgie. Au début du livre, il nous parle un peu de sa vie, puis il entame une sorte de méditation sur l’écriture, l’exil, les religions. L’exil est source de création et notre culture est issue de l’exil d’Adam et Eve. . Il va nous parler de la création du point de vue d’Eve. A méditer… L’exil commence quand on se sent étranger à sa vie, à sa famille, à son pays, à sa culture, avant même le départ. Il explique que l’intimité n’existe pas dans sa culture d’origine et qu’il ne voit pas l’intérêt de se raconter ; il évoque des évènements mais pas son ressenti, il garde pour lui ses impressions qui sont son jardin secret et il ne veut pas se dévoiler, exposer avec une certaine indécence ses failles et ses faiblesses. L’exil ne s’écrit pas, il se vit. On perd les clés de sa vie dans l’obscurantisme que l’on fuit ; c’est en exil que l’on va rechercher une nouvelle lumière, la clé d’une vie nouvelle et d’une renaissance. Il va falloir trouver de nouvelles clés, mais ces clés ouvriront une nouvelle porte et n’ouvriront plus la porte de la maison de son enfance. Quand il décrit l’arrestation de son père, il explique que par manque de lectures, il ne disposait pas de mots pour s’exprimer. Pour lui, les choses ont besoin d’être racontées pour avoir une existence. Tout existe par le récit qui donne une vérité à ce qui arrive.

Pour lui toute existence est « entrelacement » : c’est l’entrelacement qui fait exister l’art arabo-musulman (il suffit de regarder les mosquées) ; lui-même est un personnage « tissé et métissé » de toutes les cultures et des différents arts. Il en découle cet art de la « callimorphie », mélange de la lettre et du corps humain. Tout comme dans son livre « Syngué sabour », mots et corps sont liés : la prise de parole est liée à la découverte du corps, de l’invisible, de l’absence dans l’espace-temps, de l’imaginaire, du temps passé ; tout ce qui n’est pas concret est invisible. Ces « callimorphies » sont un retour vers les origines au travers de la langue, un art qui crée un lien entre l’enfance et le présent.

A la fin de l’ouvrage, douze mouvements résument le livre : le désir, le vide, la nudité, le délestage, le vertige, la délivrance, l’intimité, la sagesse, l’infini, la légèreté, l’ailleurs et l’errance. Il cite Ovide qui disait « L’exil, c’est laisser son corps derrière soi » ; quand le corps est menacé, il doit partir, mais en partant, il laisse une trace derrière lui. Il y a deux personnes dans un exilé : la partie qui est restée Là-bas et celle qui est partie.

Extraits :

L’exil c’est laisser son corps derrière soi, disait Ovide. Et avec son corps, ses mots, ses secrets, ses gestes, son regard, sa joie…

Une fois à la frontière, le passeur me dit de jeter un dernier regard sur ma terre natale. Je m’arrêtai et regardai en arrière : tout ce que je vis n’était qu’une étendue de neige avec les empreintes de mes pas. Et de l’autre côté de la frontière, un désert semblable à une feuille de papier vierge. Sans trace aucune. Je me suis dit que l’exil serait ça, une page blanche qu’il faudrait remplir

je composais des traits avec des nuances de gris qui reliaient magiquement le noir et le blanc, l’encre et le papier, le plein et le vide

Lorsque Dieu créa le Calame, Il lui ordonna : « Écris ! » et la plume demanda « Que dois-je écrire ? »

C’est ça, elle avait peur des mots. Elle en avait peur parce qu’elle y croyait. Trop. Elle croyait à leurs magies, à leurs secrets insondables, à leur pouvoir maléfique ou archangélique

Oui, c’est le désir qui crée l’absence, nullement l’inverse

Jeune, j’étais déjà ailleurs. Sans patrie, sans terre. En exil, dans l’écriture.

la trinité indienne : la naissance (dieu créateur Brahma), la vie (dieu Vishnou) et la mort (dieu destructeur Shiva

Enfants, nous sommes tous des Shéhérazade. Nous inventons des contes non pas pour passer le temps, mais pour survivre

Mais qui serais-je sans mes errances ? Personne, me répondrait l’« étonnant voyageur » Nicolas Bouvier : On croit que l’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait

Chez les Indiens, « ce que pense l’homme, il le devient ». Il n’y a plus de « donc » cartésien. Je suis ce que je pense. Je suis ce que je sens. Je suis ce que je désire. Je suis ce que je perçois

L’amour est la cause des causes, nous diraient les mystiques tel Iqbal, le poète pakistanais, qui répond à Shakespeare : Être ou ne pas être, la question est là C’est l’amour qui m’a appris que j’existe

Je suis bouddhiste, parce que je croie en ma faiblesse. Je suis chrétien, parce que j’avoue ma faiblesse. Je suis juif, parce que je ris de ma faiblesse. Je suis musulman, parce que je combats ma faiblesse. Et je suis athée, si Dieu est tout puissant

Car quoi que je fasse, où que j’aille, quoi que je devienne, je suis ce que j’écris, ce que je lis, ce que je vois

Mes clefs imaginaires, créées en exil, n’ouvraient plus la porte de la maison de mon enfance. En avait-on changé les serrures ?

L’exil ne s’écrit pas. Il se vit.

Il y a une légende arabe selon laquelle Dieu, en lançant une poignée de sable dans le vent du désert, créa le cheval ; et le cheval y traça une calligraphie en caractères arabes

L’entrelacement, le voilement, la dentelle, nous sommes toujours dans une conception formelle très ambiguë de l’art islamique à l’égard des thèmes et des personnages sacrés. Les voiler, les cacher, les abstraire… est-ce pour les protéger ou les rendre invisibles comme l’insaisissable Vérité divine

Le corps callimorphique, comme le livre, est la terre promise des lettres errantes

Dans mon pays, on a peur de la nudité, comme on a peur de la liberté. Parce que l’une exige l’autre

 

Quirós, Mariano « Rio Negro » (2014)

Résumé : Le río Negro, dont les flots autrefois sauvages inspiraient toutes sortes de légendes, n’est plus à présent que l’ombre de lui-même : ses eaux polluées se contentent de charrier péniblement déchets et cadavres. Un couple d’intellectuels reconnus est pourtant parvenu, durant une vingtaine d’années, à vivre paisiblement aux abords de cette rivière encombrée de secrets. Mais un jour, à vouloir « faire l’éducation » de leur fils, un adolescent aussi apathique qu’introverti, le père de cette petite famille sans histoire découvre que la mort peut surgir de sources étonnamment proches… Les deux hommes se trouvent alors pris dans un engrenage sanglant digne d’un film noir des frères Coen. Macabre et burlesque.

 

Mon avis : Dès le début, l’auteur pose la non relation entre le père et le fils. Mais quand la mère décide de les laisser seuls les deux une semaine, il faut bien tenter le rapprochement ! Déjà que la vie n’était pas géniale avant, il suffira qu’elle les laisse seuls pour que cela tourne au cauchemar. Une relation père-fils sous tension. Le père, un écrivain de 55 ans et le fils, un adolescent apathique qui n’a envie de rien et que rien n’intéresse. Conflit de génération. Le père voudrait faire bouger le gosse… un vrai désastre.. De plus, ni le père ni le fils ne sont des personnages sympathiques et aucun des deux n’est doué pour la communication. Chacun son monde et tout rapprochement est utopique ; un monde les sépare.. Le récit établit un parallèle nostalgique entre la vie du père et le fleuve. Avec les années, tout le charme a disparu, les rives du fleuve et l’esprit et la vie du personnage ont été pollués, l’espoir et le charme ont disparu. Le refus de prendre les choses en main et l’indécision fait que les choses s’enchainent très très mal… au gré des renoncements et des fuites..

En rentrant d’Argentine, j’ai eu envie de lire ce livre, car j’avais vu le « Rio Negro ».. Mais pas celui-là.. Moi j’ai vu le beau Rio Negro celui de Patagonie : pas celui-ci, du Nord du pays.

Je ne peux pas dire que c’est une lecture que j’ai aimée. Trop défaitiste et trop désenchanté pour moi.. Même si je ne déconseille pas le bain dans les eaux noires du fleuve..

Extraits :

On n’espérait rien, ni l’un ni l’autre ; et on ne s’est jamais déçus. Bref, on savait exactement ce qu’on pouvait attendre l’un de l’autre.

Parler avec mon fils, c’est marcher sur un fil de fer barbelé.

Ce qui me sauve, dans ces cas-là, c’est ma profession : être écrivain permet de se montrer impoli, d’afficher soudain un air méditatif ou de froncer les sourcils comme quand on cherche la solution d’une énigme.

L’unique ambition de ces jeunes, c’est la survie et cette survie implique de pourrir la vie des autres.

D’habitude, le silence qui règne à l’intérieur de la maison est agréable, mais là, c’est différent : on dirait qu’un ennemi, caché dans un coin, est prêt à me sauter dessus. C’est en partie à cause de ça que je marche sur la pointe des pieds, ou presque, et que je guette tout ce qui pourrait arriver d’un côté comme de l’autre.

Avant de me rouler un joint, je réfléchis aux avantages et aux inconvénients de le fumer maintenant : d’un côté, ça m’apaisera, mais d’un autre, ça me rendra plus lent et peut-être aussi plus maladroit. La seule chose de sûre, c’est que je vais le fumer quoi qu’il arrive, alors autant s’appliquer à se le rouler correctement, ce joint.

Nous raccrochons et mon thorax se contracte de douleur, comme si un vide me comprimait de l’intérieur.

Mon vieux a raison de dire que ceux qui se donnent des airs d’artiste sont tous les mêmes : quand il s’agit de jacasser, c’est à gauche mais dès qu’il faut palper du fric, ça vire à droite.

Il n’était pas plus de six heures du soir, mais il faisait déjà sombre, en partie à cause des arbres qui, de chaque côté de l’avenue, formaient une sorte de galerie gothique.

Ce qu’il y a de bien avec les motos, c’est qu’elles vous donnent la sensation d’être un homme libre, vous savez, un peu comme Che Guevara, James Dean ou Dennis Hopper, tous en quête de leur destinée.

 

 

Adler-Olsen, Jussi «Promesse» (01/2016)

Auteur : Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen, né le 2 août 1950 à Copenhague, est un écrivain danois. Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers dont Dossier 64, qui a été la meilleure vente de livres en 2010 au Danemark ; ainsi il a reçu cette année-là la distinction du meilleur prix littéraire danois, le prix du club des libraires : les boghandlernes gyldne laurbær ou « lauriers d’or des libraires ».

Série Les Enquêtes du département V :  : MiséricordeProfanationDélivranceDossier 64L’effet PapillonPromesseSelfies

la 6ème enquête du Département V…

Résumé : Bornholm, une île danoise de la mer baltique, fin des années 1990. Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route. Aucune trace du chauffard : affaire classée. Sauf pour un inspecteur de la police locale qui finit dix-sept ans plus tard par demander l’aide de l’inspecteur Carl Mørck. Avant de se tirer une balle dans la tête.

À l’initiative de Rose, l’assistante du flegmatique Mørck, l’insolite trio du Département V en charge des cold cases débarque sur l’île de Bornholm. En remuant le passé, ils prennent le risque de réveiller de vieux démons…

Mon avis : Carl Mørck, Assad et Rose… la fine équipe est fidèle au rendez-vous de début janvier. Pas eu le temps d’être imprimé qu’il était déjà lu. Une fois encore je ne l’ai pas lâché. Le suspense est total, jusqu’au dénouement. Et toujours cet humour, les sourires provoqués par les fautes de ce cher Assad quand il cite les expressions idiomatiques, les évocations des failles et des faiblesses des personnages. Cette fois, nous pénétrons le monde des sectes, nous suivons les traces d’un gourou, côtoyons un monde d’amour, de croyance en une vie meilleure et belle parmi les adorateurs du soleil, entourés de gens normaux et de doux (ou pas) illuminés. Un petit tour aussi dans les mythes et légendes antiques, petit clin d’œil à Horus au passage

Les sectes… les adeptes, les gourous, l’ombre et la lumière. Je pense que j’ai toutefois préféré la précédente enquête, du fait de mon attachement au personnage principal de l’enquête. Mais il faut dire que le « Marco »  du précédent opus était vivant… donc je me suis davantage attachée à lui qu’à une personne décédée il y a vingt ans…

Un petit tour dans les paysages de Scanie, si chers à Mankell et Wallander. Et je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement entre les deux auteurs qui profitaient des enquêtes pour évoquer un problème social très présent dans leur société.

Extraits :

Vous ne devriez sous-estimer ni son âge, ni l’acier liquide qui coule dans ses veines.

Elle avait l’air étrangement perdue, comme si, tout à coup, le monde était devenu un peu trop grand pour elle.

Il se tourna vers la silhouette sur les rochers, immobile comme un sphinx, les nuages dansant au-dessus de sa tête. Pourquoi est-ce qu’elle reste là ? se demandait-il. À quoi pense-t-elle ? Est-ce qu’elle est triste ou bien sa tête est-elle si pleine de secrets qu’il n’y a presque plus de place pour autre chose dedans ?

Et c’est dans cet endroit reculé du Danemark qu’il prenait brusquement conscience du fait qu’un homme ne peut pas échapper à ce qu’il est, où qu’il se trouve. Ce fichu Jiminy Cricket était toujours du voyage, et chaque être était seul responsable de ce qu’il était.

Dans ce quartier l’avenir ne se nourrissait que de rêves. Les garçons se voyaient footballeurs ou musiciens de rock et les filles seraient leurs épouses qu’ils feraient vivre dans un luxe indécent. Dans ce quartier on passait ses journées à regarder des émissions de téléréalité et des jeux stupides en mangeant de la junkfood. Dans ce quartier, les statisticiens n’avaient aucun mal à affirmer que zéro virgule zéro pour mille de ces enfants atteindrait le pays merveilleux où le succès, l’argent et le bonheur éternel étaient monnaie courante. Elle était bien placée pour le savoir.

Avant d’attaquer, un prédateur passe par un long moment de concentration et d’attente patiente. Le serpent reste aussi immobile que s’il était mort, le félin s’aplatit au sol, l’aigle vole sur place avant de plonger brusquement. Avec son regard d’un calme absolu, cette femme donnait le même sentiment de totale détermination. Elle semblait avoir parfaitement conscience qu’on allait s’opposer à sa venue. Savoir à quoi elle s’attaquait et avoir déjà calculé les faiblesses de son adversaire.

« Ton sourire est pur, mais la raison pour laquelle tu souris l’est moins »

Il est des instants dans l’existence où l’on sait, tout au fond de soi, qu’un froncement de sourcils ou un sourire pourraient avoir de lourdes conséquences.

Même un chat mâle en rut avait une voix plus mélodieuse

Elle avait été désignée ! Désignée ! Quel joli mot et quel compliment, elle ne s’était jamais sentie « désignée » auparavant. Pointée du doigt, oui. Parce qu’elle était trop grosse, trop bête, trop habillée ou pas assez, mais jamais comme il fallait.

Montrée du doigt et désignée. Quelle énorme différence il y avait entre ces deux formules.

Vous réfléchissez trop droit. De temps en temps, ça vous ferait du bien de penser de manière plus tordue. »

Eh ben merde, alors ! Voilà qu’il allait recevoir des leçons de géométrie cérébrale !

Elle ne voulait pas se réveiller, car si elle se réveillait, le rêve deviendrait réalité, et avec la réalité viendrait la douleur.

Ils refusèrent de se mettre en blouse d’hôpital. Deux hommes d’âge mûr en liquette trop longue, le cul à l’air et montés sur des cannes de serin, était une vision d’horreur qu’ils préféraient éviter à leurs congénères.

C’est lui aussi qui m’a enseigné l’art de me projeter dans les endroits où j’avais envie d’être par la seule force des rêves. Quand on fait ça, c’est qu’on ne se plaît plus là où on est. Vous voyez ce que je veux dire ?

Elle avait toujours ses secrets, mais elle avait perdu son mystère.

 

 

Jaquet, Corinne «L’ombre de l’aigle» (2014)

Résumé :

Un jour ou l’autre, le passé finit toujours par nous rattraper…

Héloïse partage sa vie entre son poste d’enseignante en histoire au Collège Calvin et l’éducation de son petit garçon. Un an après le décès de son mari, elle renoue enfin avec son oncle, Aymon Galiffe, descendant d’une illustre lignée d’historiens et grand spécialiste de Napoléon. Au moment où elle croit retrouver goût à la vie, Héloïse est bouleversée par un nouveau drame. Sa famille, en réalité, comptait plus d’ennemis qu’on pouvait le croire. Elle ne devrait pas mener sa propre enquête, mais elle ne peut s’en empêcher. Lentement, au gré de ses découvertes, la jeune historienne fait remonter à la surface le passé français de Genève et voit surtout planer sur la ville… L’ombre de l’Aigle !

Mon avis : C’est toujours avec plaisir que je lis des auteurs suisses, surtout des genevois, que je plonge dans l’histoire romancée de ma ville. De plus c’est passionnant d’apprendre ce qu’il y a sous nos pieds, de retracer les anciennes fortifications et les bastions de la ville – une Genève extrêmement bien fortifiée à l’époque mais très à l’étroit dans ses murs ; de croiser des noms de lieux, de rues, de famille qui sonnent familiers.. Et j’aime bien lire Corinne Jaquet. Facile à lire, documentée, des personnages attachants.. Il me semble que c’est son polar le plus historique ( je ne les ai pas tous lus) et le roman est fondé sur les journaux que tenaient les habitants de la ville à l’époque.

Extraits :

Les malentendus, dans une famille, ressemblent à des fissures humides dans une vieille bâtisse. Avec le temps, on ne peut plus réagir, on ne sait plus où est l’origine du mal, la mémoire s’effrite autant qu’un mur, transformant la vérité avec les moyens du bord, arrangeant les faits et les paroles comme on replâtre une façade, pour donner le change, pour faire bien, avec un joli crépi. Mais sans rien résoudre.

Secouer la poussière, c’est souvent raviver des blessures.

Depuis, elle avançait en se disant « on verra bien ». C’était le mieux qu’elle pouvait faire.

Débouchant sur la place du Bourg-de-Four, Hector Vieusseux aperçut justement Noverraz en pleine discussion derrière la vitre de La Clémence avec une jolie femme.  😉

– Je suis navrée de te faire de la peine, mais nous avons fait partie de la France. Pendant quinze ans. Il y aura bientôt deux cents ans que tout cela s’est terminé. Le 31 décembre 2013 exactement.

On la croyait si heureuse, elle ne voulait pas faire de la peine aux autres en leur ôtant leurs illusions.

L’aigle symbolisait le soleil dans plusieurs religions. C’était aussi l’animal initiateur pour les Celtes, un signe de victoire chez les Perses. Au Moyen Âge, il était l’animal le plus clairvoyant de la création. Son acuité visuelle le mettait au-dessus de tous.

Un peu d’histoire ( Source Wikipedia)

Le département réunit la République de Genève, annexée à la France, le pays de Gex, détaché du département de l’Ain, ainsi que la partie nord du département du Mont-Blanc (Bonneville, Cluses, Thonon), soit les cantons suivants : Gex, Ferney-Voltaire, Thoiry, Collonges, Arbusigny, La Roche-sur-Foron, Thorens, Viuz-en-Sallaz, Bonneville, Cluses, Taninges, Samoëns, Carouge, Viry, Chaumont, Frangy, Cruseilles, Annemasse, Bonne, Reignier, Thonon, Évian, Le Biot, Notre-Dame d’Abondance, Lullin, Bons en Chablais, Douvaine, lesquels sont respectivement détachés des départements de l’Ain et du Mont-Blanc.

En 1800, le département est divisé en trois arrondissements, celui de Genève en étant la préfecture et ceux de Bonneville et Thonon les sous-préfectures.

Fin 1813, Genève reprend son indépendance pour rejoindre la Suisse le 31 décembre 1815. Le nouveau département du Mont-Blanc ne comprend plus que la partie occidentale du duché de Savoie (avec Chambéry et Annecy).

Après les Cent-Jours, le duché de Savoie fut recouvré par le royaume de Sardaigne (moins les parties distraites au profit de Genève). Le Pays de Gex revint à l’Ain sauf 6 communes annexées par Genève.