Di Fulvio, Luca «Le gang des rêves» (2016)

Editions Slatkine et Cie (02/06/2016) – 720 pages (premier tome d’une trilogie)

Résumé : – Manhattan, 1909 : Cetta et son fils, renommé Christmas par les fonctionnaires d’Ellis Island, s’élancent dans le rêve américain, fuyant la misère de leur Italie natale…

– New Jersey – Manhattan. 1922 : Ruth, treize ans, fait le mur avec le jardinier pour s’émanciper des mœurs bourgeoises de sa famille…

– Manhattan, 1922 : Les Diamond Dogs, le Gang de Christmas a désormais un nom…

Ce gros roman qui se lit d’un trait nous a bouleversé par son écriture aussi efficace qu’éprouvante. Le style de Di Fulvio ne prend pas le temps de se chausser pour courir mais tous ses personnages prennent corps, même, et surtout, les personnages secondaires. Réflexion sur la violence faite aux femmes, sur l’identité malheureuse, le racisme et l’incommunicabilité sociale, ce roman noir, étouffant dégage une violence animale et rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la pitié, garder l’illusion de la pureté.

Mon avis : 720 pages. 3 jours. Vous me croyez si je vous dis que je n’ai pas lâché le livre (ou presque ?) En le lisant j’avais l’impression d’être au cinéma… de voir l’histoire se dérouler sous mes yeux. Direction le pays de l’espoir, là où tout est possible (enfin où tout était possible au XXème siècle… espérons que ce sera toujours le cas en 2017…) Palpitant, émouvant, attachant… Merci Loup et CatW de m’avoir conseillé cette fresque que j’ai adorée !

Poussons ensemble les portes du fameux « Rêve américain » si cher à tous ceux qui ont quitté l’Europe pour l’Amérique dans les années 20… « Je ne suis pas Italien, je suis Américain » … Point de départ L’Italie, direction l’Amérique : arrivée Lower East Side … visite de Brooklyn… de Manhattan, de Harlem… de la Californie…

Faisons connaissance des immigrés juifs, italiens, polonais… des blancs, des presque blancs, des « nègres ». Explorons le monde de la rue, les beaux quartiers. Le monde de la création aussi : le théâtre, la radio, le cinéma…

Confrontation du monde du cœur et de celui de l’argent. Des pauvres qui agissent spontanément et des riches qui ne savent pas dire merci autrement qu’en payant. La pègre à tous les niveaux : la mafia… Les parrains sensibles et les durs de durs… Un peu comme dans la série « Les Sopranos » … Et l’importance des rencontres, des bonnes comme des mauvaises…

Et la peur… la peur intérieure et extérieure, le mur que l’on construit pour se protéger et au final nous isole. La peur du bonheur, la peur de la solitude. L’influence de l’argent et de la réussite…

Et une fois encore (c’est marrant de rapport à l’image dans beaucoup de livres que j’ai lus récemment) la photo qui révèle le fond des êtres… L’importance aussi des éléments ; les personnages sont renversés par des vagues, des ouragans, des tempêtes … de peur, de frissons, de vie quoi… Alors il ne faut pas hésiter : Plongez … Parfois vous aurez l’impression de couler, de vous noyer… de vous faire aspirer vers le bas… mais quand on touche le fond, on remonte et la lumière est encore plus belle quand on crève la surface… Faut juste y croire… Et y croire encore…

On passe de l’obscurité à la lumière, guidés par le vert émeraude des yeux et le blond soleil des cheveux…

Extraits :

Elle n’était pas attirée par lui mais s’enchantait de ce rire qui éclatait sans que nul n’en comprenne la raison, et qui venait violer, profaner l’atmosphère sinistre de la maison.

Et lorsqu’elle se leva du divan, elle avait dans le regard une douleur et une haine qu’elle avait pourtant cru trop profondément ensevelies pour jamais pouvoir être exhumées

Cetta n’aurait jamais imaginé qu’il puisse exister autant de peuples ni de langues. Elle n’aurait jamais cru que des hommes et des femmes puissent être si petits et d’autres si grands, ni avoir tant de couleurs d’yeux et de cheveux différentes. Elle n’avait pas idée que des gens puissent être si forts ou si faibles, si naïfs ou si fourbes, si riches ou si pauvres – et être tous mélangés. Comme dans la tour de Babel dont le curé parlait à la messe, au village.

Elle l’avait effacé par sa seule volonté, par sa seule pensée: le passé n’existait plus.

«Ne me compare jamais plus à un mort! lança-t-il d’une voix menaçante. Ça porte malheur!»

un monde intérieur qui la tenait éloignée de tout – qui ne la protégeait pas, mais la tenait éloignée.

Les explications ne l’intéressaient pas. Les choses étaient ce qu’elles étaient. Et pourtant, rien ni personne ne pourrait la soumettre. Cetta, tout simplement, ne leur appartenait pas. Elle n’appartenait à personne.

Ils avaient tous des faces de rats, même ceux qui étaient grands et forts. Parce qu’ils venaient des égouts et vivaient dans les égouts.

Mais il adorait menacer les gens. C’était comme tirer avec un pistolet. Mais au lieu de voir le sang jaillir d’une blessure, on le voyait injecter les yeux.

Or, l’amour, ça enflammait, ça consumait, ça faisait devenir beau mais laid aussi. L’amour changeait les gens, ce n’était pas une fable. La vie n’était pas une fable.

Il les entendait parler du ciel et du soleil de leur pays natal, qu’ils avaient fui sans pouvoir s’en débarrasser et gardaient accroché à leurs épaules comme un parasite ou une malédiction;

Quand il est arrivé ici, il n’avait rien. Il a rencontré une femme qui n’avait rien non plus, ils se sont mariés et ils ont continué à n’avoir rien ensemble. Puis je suis né et, pour la première fois, ils ont eu un truc.

Oui, c’était vraiment un autre monde. Et pourtant, c’était aussi le même. Rempli de gens qui n’y arrivaient pas.

Quand on devient adulte, on trouve que tout est moche?»

Certaines questions n’appelaient pas de réponses, parce que la réponse serait aussi pénible que la question.

Le hasard, c’est un coup de pied dans le cul que la vie te donne pour te faire avancer. Le hasard, dans le monde des adultes, c’est une possibilité qu’il ne faut pas gâcher.

«Je ne veux pas vivre comme un malade pour mourir en bonne santé!»

Elle n’avait pas réussi à verser la moindre larme. C’était comme si, en un instant, son corps tout entier s’était transformé en glace.

«Tu sais ce que c’est, l’amour? fit-elle. C’est réussir à voir ce que personne d’autre ne peut voir. Et laisser voir ce que tu ne voudrais faire voir à personne d’autre.»

«L’amour des jeunes, c’est comme un orage d’été, soupira-t-elle d’un ton las. En un instant, l’eau sèche au soleil, et bientôt on ne sait même plus qu’il a plu.»

Un voyou. Et il deviendrait un assassin. Parce que, quand on pense que sa propre vie ne vaut rien, quand on n’a pas de respect pour soi-même, les autres finissent par compter pour du beurre.

Il était passé d’une jeunesse insouciante à une jeunesse désespérée, sans que ni l’une ni l’autre ne laisse de trace en lui.

il comprit qu’il était comme tous les garçons des rues: sans avenir, sans rêves. Seulement plein de rage.

Et il retrouva brusquement ses propres rêves, comme s’ils n’étaient jamais morts mais avaient simplement été mis de côté

Il n’y avait rien, en Californie, qui ne contienne un peu de jaune. Le jaune de l’or que les chercheurs de pépites avaient trouvé, le jaune du soleil qui chauffait le moindre recoin, ou encore le jaune clair, presque blanc, des plages qui faisaient face à l’océan.

Dans l’obscurité de la chambre noire, les sujets photographiés apparaissaient sur le papier comme de nébuleux fantômes.

Pour le moment, je me contente de pleurer.
Mais pleurer ainsi, c’est une libération, tu sais! Pouvoir pleurer toutes les larmes de mon corps, sans les arrêter, sans qu’elles soient prisonnières de ma glace intérieure et sans craindre que ma vie, à son tour, ne rompe toutes ses digues.

Pardonne-moi d’avoir été incapable de grandir et d’être simplement devenue vieille.

Notre rêve doit commencer à rapporter, sinon…
— Sinon, c’est qu’un rêve.

les Indiens ont peut-être raison lorsqu’ils disent que les photos volent l’âme.

À force de poursuivre ses rêves orgueilleux d’accomplissement, il s’était perdu en route.

Avoir peur, c’est pas être lâche. Mais mentir, si!

Il n’y a qu’un crétin qui n’aurait pas peur d’escalader une tour avec une trompette et une épée en bois accrochées à la ceinture!

Tu es un ouragan. Et pour ta gouverne, sache qu’un ouragan, c’est pire qu’une simple catastrophe!

Or, en ce moment, l’Amérique réclame quelque chose de différent. Elle veut du sang, de la vie, des héros négatifs… parce que tout a aussi un côté sombre. L’important c’est qu’à la fin, la lumière triomphe. Vous, dans vos histoires, vous évoquez à la fois la lumière et l’obscurité.

Pour le moment, ce n’est qu’un morceau de papier blanc. Rien d’autre. Mais sur cette page, toi tu peux inscrire tes mots. Et tes mots vont faire naître un personnage. Un homme, une femme, un enfant… Tu vas attribuer un destin à ce personnage. Gloire, tragédie, succès ou défaite.

La première lettre d’un mot. La première lettre d’une phrase. La première lettre d’un destin, d’une vie qui ne dépendrait plus uniquement de lui.

Il n’y avait plus ni questions ni explications. Ce qui avait pu se produire auparavant, le passé, les pensées et les inquiétudes, tout ne semblait qu’un dessin d’enfant sur la plage, effacé en un instant par la réalité impétueuse des vagues de l’océan. Et c’était eux, l’océan. Sans début et sans fin.

elle se sentit submergée par un incontrôlable et périlleux sentiment de bonheur. Voilà ce qui la terrorisait, la suffoquait et lui coupait le souffle. L’écrasait, l’envahissait et la déchirait. La détruisait. Elle était ravagée par une tempête, un fleuve en crue.

Ses yeux se noyèrent de pleurs devant ce bonheur plus grand qu’elle, plus grand que son cœur et que son âme.

Parce qu’elle n’était pas née pour le bonheur, se dit-elle. Parce que le bonheur ressemblait de plus en plus à la violence. Ni l’un ni l’autre n’avaient de limites. Ni l’un ni l’autre n’avaient de périmètre, de clôture. Ils ne pouvaient survivre en captivité. Tous deux étaient sauvages. Des bêtes féroces.

On aurait dit que, tout à coup, le monde lui paraissait une affaire sérieuse, et que le succès et l’argent, au lieu d’accroître sa hardiesse, l’avaient rendu plus prudent. Comme si, maintenant qu’il avait quelque chose à perdre, il n’avait plus le courage de prendre des risques.

On aurait dit que quelque chose en lui s’était tu. Ou que le monde autour de lui s’était tu. À moins qu’il n’ait élevé un mur entre le monde et lui. Comme s’il avait endossé une cuirasse qui l’aurait incroyablement endurci.

Or, dans le silence de sa solitude, elle vivait tout un tumulte de souvenirs et de sensations, anciennes et nouvelles.

 

 

Jérusalmy, Raphaël «Les obus jouaient à pigeon vole» (2016)

Editions Bruno Doucet –  Collection  Sur le Fil dirigée par Murielle Szac  – Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire
(Blois 2016 – Prix du roman historique, coup de cœur des lecteurs de CIC ouest)

Résumé: 1916 : tranchée de première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit une revue littéraire. La revue qu’il tenait au moment de l’impact, annotée de sa main, vient d’être retrouvée en Bavière. C’est du moins ce que prétend l’auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l’impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à rebours qui condense le drame humain en train de se jouer au fond de cette tranchée et le bouleversement qu’il entraîne dans l’âme d’Apollinaire. Car cette journée va être capitale pour la poésie.

 

Mon avis : J’aime beaucoup cet auteur ; j’ai lu de lui Sauver Mozart (voir article) et La Confrérie des chasseurs de livres (voir article) et en voyant ce troisième livre je n’ai pas pu résister …

L’auteur nous raconte ici à sa manière les 24 heures qui précèdent le 17 mars 1916, jour où Guillaume Apollinaire est atteint par un éclat d’obus dans une tranchée. Apollinaire s’est engagé ; il est dans les tranchées en attendant la bataille. Il veut vivre intensément et voilà pourquoi il se retrouve au feu… Il parle du passé, du présent, de l’avenir… Il évoque ses amis (Braque, Picasso… ) qui sont restés à l’abri et les soldats avec qui il cohabite. En quelques pages il nous parle des deux aspects de la guerre : le sordide et le beau. Il parle d’espoir, il parle de poésie (Villon) , de mots… Si vous aimez la poésie je pense que vous allez apprécier et faire comme moi : ressortir le recueil « Calligramme » qu’Apollinaire a écrit sur le front pendant la 1ère Guerre Mondiale (sous-titré  » Poèmes de la paix et de la guerre « )

 

Extraits :

16 mars 1916

Père Ubu est persuadé que ça s’appelle un zeppelin parce que dedans, dit-il en prenant l’accent allemand, z’est plein de boches

Dans la tranchée, chacun a un sobriquet. Tel le caporal Dontacte. Qui est notaire

La guerre n’est pas finie pour autant. D’après les journaux. Et d’après les tripes. Tu la sens, là, dans ton ventre. Ce n’est pas pour rien que les tranchées s’appellent des boyaux

— Apollinaire ? Mais il est à la guerre… — Justement. Et ils pensent à lui. Aux lettres qu’il leur envoie du front. Souvent en vers. Des rimes dansantes. Gaies. Qui rendent la mort anodine

Ce silence. Ce calme trompeur qui ne trompe personne. Pas une mauvaise idée. Un poème sur l’absence de bruit. Et de mots. Quand tout se tait et vous parle

Il y a des écrivains qui meurent riches, dit Kostro. Et d’autres qui ne meurent jamais. — Être immortel, hein ?

Quoique, à la guerre, faire semblant d’être brave, c’est déjà un acte de courage

La fréquentation assidue de l’absurde, la mise à l’épreuve absolue de la vie et de la mort. Péguy est passé par là. Et même Aragon. C’est au tour du grand Apollinaire d’entrer dans l’arène

Il griffonne quelques mots, en rature plusieurs, en laisse d’autres intacts, qu’il souligne, qu’il relie par des flèches. Il inscrit une note dans la marge. Pour plus tard. Passent les jours et passent les semaines… Mais ici, ils passent autrement

Les hommes n’ont pas attendu Verdun pour avoir des gueules cassées. Aux traits éparpillés. Aux regards obliques. Profonds et tristes. Ils ont posé pour Soutine. Pour Modigliani. Et ils ont laissé Picasso leur coller le nez au milieu du front, un nez brisé, aux narines carrées

Elle est rurale mais pas champêtre. Agricole sans être pastorale

Il traque les mots comme d’autres vont à la chasse aux papillons ou à la pêche. Et il t’en apprend de nouveaux

Le masque, c’est comme une prison. Il t’oblige à rêver de liberté.

La phrase flotte. Elle ondule, elle frétille. Elle se dandine. Se regarde dans la glace en faisant la coquette. Ou la fofolle. Elle voudrait tant être parfaite. Parfaitement belle. Elle se trémousse. C’est quand elle bouge qu’elle est la plus vraie, la plus vivante. Il faut absolument la saisir à ce moment-là. En plein ébat. Pour qu’elle n’ait pas l’air d’une danseuse fatiguée. Quand on la couchera par écrit. Si l’on tarde, les mots se bousculent, s’énervent. Deviennent indociles. Comme des bêtes qui sentent qu’on va leur passer le licol autour de l’échine. À trop vouloir fignoler, on risque soi-même de se disperser. De ne pas se souvenir des bonnes formules, mises de côté. Dont la première, instinctive, est souvent la meilleure. Si l’on tergiverse trop, les lapsus, les barbarismes, les solécismes y mettent du leur. Et s’en donnent à cœur joie. Doit-on vraiment les éliminer ? Faire le ménage ? Il y a des impropriétés de langage qui touchent au sublime. Des perversions exquises. Un vrai régal. Eh quoi, toute poésie n’est-elle pas, en fin de compte, un majestueux acte manqué ? Ah, c’est toute une affaire que d’écrire un poème ! Un immense agacement, un terrible plaisir[…]

Une envie folle te prend d’aller faire des pirouettes en plein milieu du champ de bataille. De virevolter vers les marges. Les arbres calcinés. D’aller danser sur la page. De tomber l’uniforme. Et tout ce qui est uniformité. Alors tu envoies les mots faire des pirouettes à ta place. Et tes rimes danser par-dessus le parapet. Et tu jettes ton cahier. Ses interlignes sont les seules tranchées dont tu puisses sortir.

Dans sa tête, un début de strophe danse la ronde. Les mots se tiennent la main puis la lâchent, sortant du cercle, y revenant, invitant d’autres à y entrer. Qui se tiennent timides, indécis, sur le côté. Les quadrilles se font, se défont, se reforment. Exécutant à chaque fois de nouvelles figures. Pas toujours en accord avec la musique. Ou est-ce la musique qui a du mal à les suivre ?

Et joue avec les mots comme on joue avec le feu

Où se trouve donc l’état-major des poètes ? Où diable siègent les haut gradés qui fixent les règles de la versification ? Ordonnent aux mots de se tenir en rangs, à intervalles réglementaires. Dictent la formation des strophes à la façon de centurions disposant leurs troupes en quinconce

Je sais bien que vous n’allez pas vous effondrer là. D’un seul bloc. Comme ça arrive à beaucoup. Les gars comme vous, c’est petit à petit qu’ils tombent en miettes. À force de gamberger. De peser le pour et le contre. De se triturer l’esprit

Une mélodie lui sourd du fond de l’âme. Encore souterraine. Phréatique. Qu’il laisse doucement poindre. Sans la brusquer. Ce n’est que lorsqu’elle débouchera au dehors, telle une source, qu’il s’y abreuvera. Et fera de son chant un ruissellement de paroles

INFO à la fin du livre : À noter que le contenu du Mercure de France du premier mars 1916 est consultable sur Internet à l’adresse suivante : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k201765s/f2.image.langFR

 

Lynch, Paul «La neige noire» (2015)

Résumé : « En 1945, Barnabas Kane, sa femme, Eskra, et leur petit Billy, retrouvent les terres irlandaises après quelques années passées aux États-Unis. Dans le Donegal dont est originaire Barnabas, la famille trime chaque jour dans la ferme dont ils sont devenus propriétaires. Mais, voilà, un terrible incendie réduit en fumée tout ce travail, brûlant le bétail dans d’atroces conditions. Matthew Peoples, leur employé, bravant ces flammes en s’enfonçant dans cette chaleur étouffante, y paiera de sa vie. Barnabas, qui a tenté de le suivre, sera sauvé par les voisins venus en renfort pour éteindre l’incendie. Dès lors, celui que l’on traitera de faux-pays, tenu responsable de la mort de l’un des leurs, se heurtera à l’hostilité du voisinage, aussi bien celle de la veuve Peoples que les autres fermiers.

Paul Lynch nous offre un roman d’une grande force, habité par une nature et des âmes empreints d’une même rudesse inhospitalière. Originaire du Donegal, l’auteur a su décrire comme personne ses paysages sublimes, sa nature âpre, ses habitants rugueux et ses croyances. Malgré ses origines irlandaises, Barnabas sera confronté à la rancœur de ses voisins. Avec Eskra, le duo qu’ils formaient s’effrite peu à peu, lui campé sur ses ambitions terriennes, elle plus objective. Même Bill, leur enfant, leur cache certaines choses. La tension est de plus en plus palpable entre eux et avec les gens du village. L’auteur a su créer une ambiance à la fois oppressante et étouffante, désespérée. Un roman dense »

Mon avis : Dans son précèdent roman, « Un ciel rouge le matin » (voir article) il était question des conditions d’existence de ceux qui débarquent aux Etats Unis sans un sous en poche. Ici il est question du retour d’un Irlandais vers sa terre natale… Et cela va s’avérer pire encore !!!  Après quelques années à New York, Barnabas Kane revient avec sa femme, une américaine… Il n’est plus considéré comme un « local » et il suscite la jalousie et la haine de ses voisins. Ce qui était un retour aux sources va se transformer un cauchemar… Il ne fait pas bon être considéré comme étranger dans son propre pays.

Le roman commence par l’incendie de son étable et la mort de l’un de ses voisins venus l’aider pour éteindre le feu : c’est le début de la fin… Alors qu’il tente de reconstruire son étable et de s’en sortir, les habitants du village vont lui tourner le dos. Le livre est de fait l’illustration d’un conflit qui va opposer un homme à la société dans laquelle il tente de retrouver sa place. C’est un livre marqué par la violence ; la violence du feu, de la nature, des éléments, mais aussi la violence des personnages. La rage de s’en sortir, mais aussi le vide, la solitude, la perte de repères, la suspicion… la descente aux enfers… C’est un livre sur la culpabilité, sur l’orgueil, sur la force de caractère et sur l’effondrement … Nous passons par de moments de dépression, de motivation, des états de découragement suivis de périodes d’optimisme : le chaud et le froid soufflent tout au long du roman, à tous les niveaux : la vie et la mort, le feu et la glace, l’amour et la haine, l’espoir et l’abattement.

J’avais préféré le premier, moins violent mais le talent de cet auteur pour les descriptions et sa façon de décrire la vie à la campagne, les sons, les lumières, les paysages est superbe

Extraits :

Dans la pièce, le crépuscule cisèle des ombres qui s’étirent comme les fauves noirs d’une ménagerie au réveil.

Le champ livré à l’abandon n’est qu’un terrain inégal et bossué, qui s’allonge comme une jambe atrophiée le long d’un pâturage plus vaste dont le sépare une rangée d’arbres

Le feu grondait si fort dans son avidité qu’il ressemblait à une puissance colossale lâchée sur la terre, une force épique dont la brutalité possédait l’énergie féroce d’une mer qui déferle. Des formes humaines dressées face à elle, qui n’avançaient que pour être repoussées.

Un peuplier frissonne sur leur passage, comme si son feuillage était doté de mémoire.

Le festin des oiseaux. En les guettant depuis la fenêtre, elle se persuade que la nature est ainsi faite, voilà tout, mais elle ne peut empêcher le poing de l’épouvante d’étreindre ses entrailles.

La charrue est toujours à sa place sur la parcelle en pointe, immobile comme un animal se préparant à l’attaque, tendu, les crocs prêts à lacérer la gorge de la terre, et pourtant elle ne bouge pas, endure avec une patience de chien le froid mordant et les averses

Si on regarde les nuages d’une certaine manière, ils ressemblent à des îles lointaines sur la mer, au milieu de la brume, et j’imaginais que j’étais un capitaine de bateau parti à l’aventure, qui naviguait pour les rejoindre.

Le hurlement qu’il y a dans ses yeux.

Elle devine un mouvement à l’intérieur de lui, comme une turbulence atmosphérique qui brasserait ses tourbillons vers de lointaines collines, sa lourde massé chargée de vents.

Il ne peut pas indéfiniment tenir la bride à ce qui enfle à l’intérieur de lui – un homme peut-il endiguer la marée par sa seule force, repousser l’implacable océan sans étoiles qui monte pour tout détruire ? Lorsque la lame s’abat sur lui, elle l’engloutit entièrement.

Il secoue la tête avec véhémence, comme pour congédier les mots qu’elle vient de prononcer.

Les gens d’ici sont habités par la crainte de Dieu, mais ils n’ont de chrétien que le nom. Ils ne considèrent que leurs intérêts personnels.

Une photographie, un bout de papier jaunissant et corné qu’elle approche de son nez. Le temps a des odeurs de poussière et de pot-pourri, à quoi se mêlent des parfums indéfinissables qui émanent peut-être du jour où le cliché a été pris.

Il y a pourtant dans leurs yeux une présence qu’ils ne peuvent camoufler, l’expérience des véritables difficultés de la vie, d’une existence aux trop rares promesses.

Mon cœur cognait aussi fort qu’un coup de fusil.

Partout s’exprime la férocité du printemps, ce soulèvement contre les forces de la mort qui renferme un déploiement de puissance continu, capable de dérouler les feuilles des bourgeons et de tirer la fleur de son bulbe.

Un antique faciès modelé par la langue du vent et de la pluie. Sous le parchemin de sa peau, ce ne sont pas des os qui se devinent, mais du bois de tourbe, comme s’il avait été engendré par la mousse, un être sans âge menuisé et sculpté par les soubresauts paresseux de la terre.

C’est déjà l’heure bleue, et on a l’impression que, sous cet éclairage, les choses deviennent plus intenses, comme si la venue du soir prêtait aux arbres davantage de substance, et que la trame de la nature s’enrichissait de mystère.

la bonté finit par s’aigrir au contact de l’amertume

Lorsqu’il est éveillé, le poids des années l’accable si lourdement qu’il craint de ne plus pouvoir quitter son lit ni retourner au cœur du monde, il a l’impression d’avoir été jeté hors de sa propre vie. Des images fugaces lui passent par la tête, des souvenirs impromptus viennent rôder dans son esprit, dangereuses bêtes sauvages en liberté, dont chacune exhale un fumet particulier.

 

 

 

De Giovanni, Maurizio «L’été du commissaire Ricciardi»(2011)

Série :  Commissaire Ricciardi  (Naples 1931)

3ème  enquête

Résumé : En ce mois d’août 1931 à Naples, les fêtes populaires où se côtoient danses endiablées et dévotions à la Vierge battent leur plein. Mais il n’y a pas de trêve estivale pour le crime. Pour le commissaire Ricciardi et son adjoint le brigadier Maione non plus. Ils travaillent même le dimanche, et on ne tarde pas à les prévenir que la duchesse de Camparino a été découverte sans vie dans sa somptueuse demeure. Une balle tirée à travers un coussin a suffi à la tuer. Si, pour le médecin légiste et la police, l’acte criminel ne fait aucun doute, il est en revanche plus difficile d’isoler un suspect. Le commissaire Ricciardi possède le don peu commun de voir, comme en un flash, les derniers instants des morts. Et ce qu’il perçoit le laisse perplexe : la duchesse parle d’un anneau qu’on lui aurait volé…

Mon avis : Ah ce Commissaire aux yeux verts ! Il est de plus en plus cher à mon coeur… En plus de l’amour et de la faim, il découvre un troisième motif pour tuer : la jalousie. De fait il découvre la jalousie. Cette fois c’est l’été à Naples. Mais ce n’est pas ce qui rend la ville plus agréable : la chaleur crée une atmosphère encore plus oppressante que les pluies et le brouillard hivernal. Nous retrouvons les personnages des précédents romans, de plus en plus présents et indispensables. Et l’émotion se renforce au fur et à mesure des romans. On suffoque… et pas seulement à cause de la chaleur… le carcan de la vie italienne de cette époque, la jalousie, la haine, les amours impossibles, la peur de s’aimer et la crainte de se monter au grand jour…

Lisez les enquêtes napolitaines du Commissaire Ricciardi, un être humain, qui comprend et excuse, qui se met à la place des grands comme des petits… Commencez par le premier car l’évolution des personnages est importante. Et laissez-vous guider par l’humanité… mais ne vous y méprenez pas ; il y a les personnages mais il y a aussi un Commissaire extrêmement intelligent et une dissertation sur la difficulté d’aimer, sur la souffrance, la solitude, l’abandon… Encore une merveille que ce roman…

Extraits :

une ville qui tenait la superstition enracinée dans son âme

Il inspirait la méfiance qu’inspire toujours celui qui ne semble pas avoir de vices, donc pas de vertus non plus.

Il s’était scrupuleusement tenu éloigné des passions. Il avait écarté tout sentiment de sa vie, conscient que l’amour peut détruire et corrompre

Même tôt ce matin, pas moyen de respirer, en plus j’ai passé une nuit formidable, à me retourner dans le lit comme sur un gril.

La chaleur rend fou, elle rend intolérant ; des choses que tu supporterais l’hiver, ou au printemps, t’agacent l’été.

Il aimait la manière dont Ricciardi faisait sienne la douleur des victimes et de leurs parents, et aussi sa capacité à comprendre, voire justifier, les motifs de certains crimes, en partageant avec les coupables le drame de leur vie gâchée.

Apparemment, rien n’a changé. Tu as vu l’aube, depuis ton lit, comme chaque jour ; comme chaque jour, l’oreiller à côté de toi ne portait aucune marque.

Ton visage entre mes mains. L’odeur de ta peau. Tu m’as appris qu’on pouvait s’enivrer sans vin, comme disent les chansons. Le temps que je passais loin de toi me semblait du temps perdu.

elle est popote et bénitier

C’est la pire heure du jour. Celle où le soleil n’a aucun respect pour les faibles, il ne pardonne pas.

Mamma, mamma ? Quel mot magique, que je ne prononce plus avec ma bouche, mais avec mon cœur, cent fois par jour.

c’étaient les passions qui généraient les morts violentes, pas la douleur

[…] était une de ces femmes d’un autre temps qui manifestaient leur affection en préparant à manger. Et comme elle était née très pauvre, amour rimait pour elle avec abondance de nourriture et de condiments

Pour les vêtements, on peut se faire conseiller par une amie ou un couturier, mais le choix du parfum reste affaire d’éducation.

La voix ressemblait au raclement d’une lime sur un morceau de papier de verre. Elle faisait frissonner.

Un homme meurt au moment même où il ne représente plus rien pour personne.

Un mort ne mérite ni attention ni amour. Il suffit de pouvoir en recueillir la substance, les richesses. De temps en temps on peut lui offrir une fleur.

L’amour est une illusion. Seul l’intérêt existe, chacun veut avoir ce que possède son voisin. Si vous pensez que l’amour, c’est aimer, vous vous mentez à vous-même. »

Elle a pris notre nom et s’en est revêtue comme d’un habit, se moquant de tous ceux qui, pendant des siècles, l’avaient porté avant elle. Voilà pourquoi je ne veux plus le porter.

elle s’amusait à jouer au chat et à la souris, en se servant de sa beauté comme d’une griffe

une femme libre qui se laissait emporter par la vie et la suivait comme une feuille tombée dans un torrent.

il comparait l’amour à un liquide. Comme de l’eau, mais plus dense, de la fluidité de l’huile, qui envahit chaque espace en prenant la forme du contenant, se faufilant dans les interstices et laissant sa trace sur son parcours.

toutes les deux minutes, il regardait sa montre de gousset pour constater que le temps passait avec une lenteur exaspérante ; lui aussi devait être ralenti par la chaleur, pensa-t-il.

Il réfléchit : le vol de l’enfance et de l’adolescence n’est pas encore un délit. Mais il devrait l’être.

Pour être parfait, un tel bonheur doit rester dans l’ombre ; parce que le quotidien tue le bonheur.

Nous avons trouvé l’assassin, voilà tout. Et comme d’habitude, au lieu de me faire plaisir, cette fin d’enquête me laisse une sorte de vide à l’intérieur.

Mais je vais vous dire une chose : il n’y a pas de délivrance sans douleur. Et on ne cherche pas à se libérer si on ne se sait pas prisonnier. Prendre conscience de cet état de fait est la première étape à franchir.

à force de les tenir comprimées, ces émotions finissent par se répandre et par infecter le sang.

il faut cueillir l’amour, comme on cueille une de ces fleurs.

 

Sur le blog : article sur la série des enquêtes du Commissaire Ricciardi

Les prix littéraires 2017 – La récap

Prix Transfuge Magazine de la rentrée littéraire d’hiver 2017

Meilleur polar étranger : Del Arbol, VictorLa Veille de presque tout – (Actes Sud) 2017  
Meilleur roman hispanique : Jaume Cabre, Le voyage d’hiver (Actes Sud)
Meilleur livre français : Yann Moix, Terreur (Grasset)
Meilleur roman anglo-saxon : Kevin Barry, L’oeuf de Lennon (Buchet/Chastel)
Meilleur roman scandinave : Eirikur Orn Norddahl, Heimska, la stupidité (Métailié)
Meilleur roman asiatique : Pramoedya Ananta Toer, Le monde des hommes, (Zulma)
Meilleur essai : Jean-Marc Le Scouarnec, Toscan ! (Séguier)
Meilleur polar français : Hervé Le Corre, Prendre les loups pour des chiens (Rivages)
Meilleur espoir polar : Claudio Giunta, Solovski, (Masque)
Meilleur livre de cinéma : Serge Toubiana, Les fantômes du souvenir (Grasset)
Meilleur poche étranger : E.M Forster, Arctic Summer (Pavillons Poche)
Meilleur poche français : Thomas Clerc, Intérieur (Folio)

Prix Nadal 2017 : Care Santos  « Media vida »  non traduit encore

Prix littéraire RTL-Lire 2017 : Article 353 du code pénal de Tanguy Viel (Minuit).
les finalistes:  – Une femme au téléphone de Caroles Fives (Gallimard-L’Arbalète) – Sous le compost de Nicolas Maleski (Fleuve) – Le cas Malaussène de Daniel Pennac (Gallimard) – Tout ce dont on rêvait de François Roux (Albin Michel) – Article 353 du code pénal de Tanguy Viel (Minuit).

Prix Hennessy du journalisme littéraire 2017 : David Caviglioli, de l’Obs.
les finalistes:  – David Caviglioli (L’Obs ) – Ariane Chemin (Le Monde) – Thierry Clermont (Le Figaro Littéraire) – Clémentine Goldszal (Les Inrockuptibles, Vanity Fair) – Baptiste Touverey (Books, Vanity Fair)

Prix Anaïs Nin 2017: Nina Leger « Mise en pièce «  (Gallimard) 

Prix du Roman des étudiants France Culture – Télérama 2017 : Gaël Faye « Petit pays »
finalistes: Catherine Cusset « L’autre qu’on adorait », Jean-Paul Dubois « La succession », Gaël Faye « Petit pays », Laurent Mauvignier « Continuer », et Eric Vuillard « 14 juillet »

Prix des Deux Magots 2017 : Kéthévane Davrichewy, L’autre Joseph (Sabine Wespieser)
les finalistes:  –  Kéthévane Davrichewy, L’autre Joseph (Sabine Wespieser)Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) – Eric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud)

Prix Marguerite Puhl-Demange 2017 : Michel Bernard Deux remords de Claude Monet (la table ronde)

Prix Roman France-Télévision 2017 : Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)
Les finalistes: Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) – Régine Detambel, Trois ex (Actes Sud) – Emmanuel Dongala, La Sonate à Bridgetower (Sonata Mulattica) ( Actes Sud) – Michel Jullien, Denise au Ventoux (Verdier) – Laurent Mauvignier, Continuer (Les Editions de Minuit) Shumona Sinha, Apatride (Editions de L’Olivier)

Prix Essais France-Télévision 2017 : Patrizia Paterlini-Bréchot, (Tuer le cancer – Stock) 
Les finalistes: Patrick Boucheron, (collectif), Histoire mondiale de la France (Seuil) – François Cheng, De l’âme(Albin Michel) – Michaël Foessel, La nuit. Vivre sans témoin (Autrement) – Ruwen Ogien, Mes mille et une nuits. La maladie comme drame et comme comédie (Albin Michel) – Patrizia Paterlini-Bréchot, (Tuer le cancer – Stock) – Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs (Gallimard)

Prix de la page 112 : Dominique Rameau « Sanglier »  (José Corti)
les finalistes: Des âmes simples de Pierre Adrian (Les Equateurs); La vie magnifique de Frank Dragon de Stéphane Arfi (Grasset); Face au Styx de Dimitri Bortnikov (Rivages); Autoportrait: remake de Gaspard Delanoë (Plein Jour); Les souhaits ridicules de Pauline Klein (Allia); Un peu tard dans la saison de Jérôme Leroy (La Table Ronde).Terreur de Yann Moix (Grasset); N’être personne de Gaëlle Obiégly (Verticales); Sauf riverains d’Emmanuel Pagano (POL) et Le livre de la faim et de la soif de Camille de Toledo (Gallimard).

Prix de la Bibliothèque nationale de France 2017 :  Jean Echenoz

Prix Régine Desforges 2017 : Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin (Zoé)
– les sélectionnés: Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau (Les Escales) – Désorientale de Négar Djavadi (Liana Levi) – Fils du feu de Guy Boley (Grasset) – Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin (Zoé) – Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci (Gallimard) – Petit pays de Gaël Faye (Grasset) – Rapatriés de Néhémy Pierre-Dahomey (Seuil) – Une bouche sans personne de Gilles Marchand (Aux forges de Vulcain)

Prix Psychologies Magazine –  le prix du roman inspirant 2017 : « Arrête Avec tes mensonges » de Philippe Besson (Julliard) 
– les sélectionnés: Arrête Avec tes mensonges de Philippe Besson (Julliard) – Mon Royaume pour une guitare de Kidi Bebey (Michel Lafon) – Née Contente à Oraibi de Bérengère Cournut (Le Tripode) – La Naissance du sentiment de Jean-François Kervéan (Robert Laffont) – L’Insouciance de Karine Tuil (Gallimard)

Prix du Public Salon du Livre Genève 2017 : Article 353 du code pénal, Tanguy Viel (Minuit) 
les sélectionnés: La Sonate à Bridgetower, Emmanuel Dongala (Actes Sud) – La porte du ciel, Dominique Fortier (Les Escales) – La valse des arbres et du ciel, Jean-Michel Guenassia (Albin Michel) – Chaleur, Joseph Incardona (Finitude) – Jours merveilleux au bord de l’ombre, Rose-Marie Pagnard (Zoé) – Théa, Mazarine Pingeot (Julliard) – La baleine thébaïde, Pierre Raufast (Alma) – Extermination des cloportes, Philippe Ségur (Buchet Chastel) – Romain Gary s’en va-t-en guerre, Laurent Seksik (Flammarion) – Article 353 du code pénal, Tanguy Viel (Minuit)  les 3 finalistes: La Sonate à Bridgetower, Emmanuel Dongala (Actes Sud) – La baleine thébaïde, Pierre Raufast (Alma) – Article 353 du code pénal, Tanguy Viel (Minuit)

Prix RTS du salon du livre de Genève 2017 ( un écrivain suisse ou résidant en Suisse) : Silvia Härri  « Je suis mort un soir d’été »   
les sélectionnés : « Le Dernier Voyage de Soutine » : Ralph Dutli – « Vivre près des tilleuls » : L’AJAR – « L’homme qui voulut acheter une ville » Jean-François Haas – « Autopsie d’un père » Pascale Kramer – Elisa Shua Dusapin « Hiver à Sokcho »

Prix du premier roman jeunesse Gallimard-RTL-Télérama :

Prix Inter : Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)
– les sélectionnés:– Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy (Seuil) – L’homme des bois de Pierric Bailly (P.O.L.) – Le Grand Paris d’Aurélien Bellanger (Gallimard) – Vie de ma voisine par Geneviève Brissac (Grasset) – Trois saisons d’orage de Cécile Coulon (Viviane Hamy) – L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset (Gallimard) – Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard) – La succession de Jean-Paul Dubois (L’Olivier) – Au commencement du septième jour de Luc Lang (Stock) – 14 juillet d’Eric Vuillard (Actes Sud).

Prix du Livre France bleu-Page des libraires 2017 : Louis-Philippe Dalembert « Avant que les ombres s’effacent » , Sabine Wespieser Editeur
les sélectionnés: Par amour, de Valérie Tong Cuong (Editions JC Lattès) – Trois saisons d’orage, de Cécile Coulon(Editions Viviane Hamy) – La Baleine thébaïde, de Pierre Raufast (Editions Alma) – Avant que les ombres s’effacent, de Louis-Philippe Dalembert (Editions Sabine Wespieser) – La Daronne, de Hannelore Cayre (Métailié)

Prix Alexandre-Vialatte 2017: Éric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud) 
 2ème selection: Guy Boley, Fils du feu (Grasset) – Michel Jullien, Denise au Ventoux (Verdier) – Éric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud) – Ali Zamir, Anguille sous roche (Le tripode).

Prix Caméléon 2017 – prix étudiant du roman étranger traduit en français – sera remis à l’auteur Víctor del Árbol et au traducteur Claude Bleton pour le roman La Tristesse du Samouraï, publié chez Actes Sud. Ce roman a largement remporté les votes des jurés étudiants de l’Université Jean Moulin Lyon 3.

13ème Prix des Lecteurs Quais du Polar/20 minutes : Andrée A. Michaud « Bondrée » (Rivages)
les finalistes: Bondrée est arrivé devant Trop de morts au pays des merveilles, de Morgan Audic (Le Rouergue, « Le Rouergue Noir »), Il reste la poussière, de Sandrine Collette (Denoël, « Sueurs froides), Vintage, de Grégoire Hervier (Au Diable Vauvert), Rural noir, de Benoît Minville (Gallimard, « Série noire »), Métamorphosis, Houdini magicien et détective, de Vivianne Perret (Le Masque).

Prix Le Point du Polar européen 2017Hannelore Cayre « La Daronne »
les finalistes : Têtes de dragon, de David Defendi (Albin Michel) – Le Noël du commissaire Ricciardi, de Maurizio de Giovanni (Rivages) – Un cœur sombre, de R. J. Ellory (Sonatine) – La Filière écossaise, de Gordon Ferris (Seuil) – La Maison des brouillards, d’Eric Berg(Slatkine & Cie)

Prix Polar en séries 2017 : « Seules les bêtes » de Colin Niel (Le Rouergue, « Rouergue Noir »)
les finalistes: Andrée A. Michaud « Bondrée » (Rivages), En pays conquis, de Thomas Bronnec (Gallimard, « Série noire »), Hedge Fund, de Tristan Roulot, Philippe Sabbah et Patrick Hénaff (Le Lombard), Jeu d’ombres, de Loulou Dedola et Merwan (Glénat), Kabukicho, Dominique Sylvain (Viviane Hamy), Quand la neige danse, de Sonja Delzongle (Denoël, « Sueurs froides) et Zanzara, de Paul Colize (Fleuve éditions).

Prix du Quai des Orfèvres 2017 :  Pouchairet, Pierre « Mortels Trafics » (Fayard)

Prix Landerneau Polar 2017 : Seules les bêtes de Colin Niel (Le Rouergue)
finalistes: Haute voltige d’Ingrid Astier (Gallimard) – Kaboul express de Cédric Bannel (Robert Laffont) – La daronne d’Hannelore Cayre (Métailié) – Femme sur écoute d’Hervé Jourdain (Fleuve éditions) – Seules les bêtes de Colin Niel (Le Rouergue) – Aveu de faiblesse de Frédéric Viguier (Albin Mchel).

Prix Landerneau des lecteurs 2017 : 
finalistes: Sucre noir de Miguel Bonnefoy (Rivages) – La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset) – Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel) – L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion).

Prix Cazes-Brasserie Lipp 2017 : Eric Neuhoff  « Costa Brava » (Albin Michel),
finalistes: Salim Bachi pour Dieu, Allah, Moi et les autres (Gallimard), Claire Gallois pour Et si tu n’existais pas (Stock), Hubert Haddad pour Premières neiges sur Pondichéry (Zulma), Jérôme Leroy pour Un peu plus tard dans la saison (La Table Ronde), Etienne de Montety pour L’Amant noir (Gallimard) et Laurent Seksik pour Romain Gary s’en va-t’en guerre (Flammarion).

Prix Prix Jean Freustié 2017 : Etienne de Montety pour L’Amant noir (Gallimard)
 finalistes:  L’Amant noir de Etienne de Montety  (Gallimard) – Article 353 du code pénal de Tanguy Viel (Minuit) – Hadamar de Oriane Jeancour Galignani (Grasset).

Prix Henri-Queffelec 2017 : Denis Ducroz « N’approchez pas de l’île Dawson ! » (Guérin)
finalistes: Julien Decoin « Soudain, le large » (Éditions du Seuil) – Thibaut Delort-Laval « Cargo noir » (Éditions Ancre de Marine) – Pascale Dietrich « Une île bien tranquille » (Éditions Liana Levi) – Denis Ducroz « N’approchez pas de l’île Dawson ! » (Éditions Guérin) – Édouard Launet « Sorbonne Plage » (Éditions Stock) – Thierry Monthoriol « Le Baiser de la Tortue » (Éditions Gaïa) – Thierry Vila « Le Cri » (Éditions Grasset)

Prix Goncourt du 1er Roman 2017  : Maryam Madjidi, Marx et la poupée (Le Nouvel Attila)
– les finalistes : Manuel Benguigui, Un collectionneur allemand (Mercure de France) – Maryam Madjidi, Marx et la poupée (Nouvel Attila) – Blandine Rinkel, L’Abandon des prétentions (Fayard) – Alexia Stresi, Looping (Stock)

Prix de la Closerie des Lilas 2017 : Jancourt-Galignani, Oriane « Hadamar » (Grasset)
– les finalistes:      Jancourt-Galignani, Oriane « Hadamar » (Grasset) – Marie-Eve Lacasse  » Peggy dans les phares » (Flammarion) –  Shumona, Sinha « Apatride » (L’Olivier) – Stéphanie Kalfon, Joëlle Losfeld » Les parapluies d’Erik Satie  » (Gallimard) – Tong Cuong, Valérie « Par amour » (J.C lattès) – Coulon, Cecile « Tois saisons d’orage » (Viviane Hamy) – Locandro, Catherine « Pour que rien ne s’efface » (Héloïse d’Ormesson)  2ème sélection : Hadamar de Oriane Jeancourt Galignani, (Grasset) – Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon, (Éditions Joëlle Losfeld) – Par amour de Valérie Tong Cuong, (Éditions J.C. Lattès) – Trois saisons d’orage de Cécile Coulon, (Éditions Viviane Hamy)

Prix de la ville de Deauville 2017 : Frédérique Deghelt, Libertango, (Éditions Actes Sud)
les finalistes : Gérard de Cortanze Zazous  (Éditions Albin Michel) – Hubert Haddad « Premières neiges sur Pondichéry » (Éditions Zulma) – Deghelt Frédérique Libertango (Éditions Actes Sud) – Léon Sarah « Wanderer » (Éditions Héloïse d’Ormesson) – Flammer Ami « Apprendre à vivre sous l’eau » (Éditions Christian Bourgois)

Prix Pulitzer de littérature 2017 : Colson Whitehead (Underground Railroad paraîtra le 23 août prochain aux Éditions Albin Michel, traduit de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin.)

Prix Récamier 2017 : Christophe Ono-dit-Biot  « Croire au merveilleux » (Gallimard)

Prix Mac Orlan 2017 : Olivier Rolin « Baïkal-Amour » (Paulsen)
Prix Joseph-Kessel 2017 : Jean-Pierre Perrin pour son essai Le djihad contre le rêve d’Alexandre, en Afghanistan, de 330 avant J.-C. à 2016 (Seuil)
– les finalistes : Des âmes simples de Pierre Adrian (Éditions des Équateurs) – Tropique de la violence de Nathacha Appanah (Éditions Gallimard) – Écoutez nos défaites ! de Laurent Gaudé (Éditions Actes Sud) – Premières neiges sur Pondichéry de Hubert Haddad (Éditions Zulma) – Ce que tient ta main droite t’appartient de Pascal Manoukian (Éditions Don Quichotte) – La Guerre, et après… de Pauline Maucort (Éditions Les Belles Lettres) – Tunisian Yankee de Cécile Oumhani (Éditions Elyzad) – Le Djihad contre le rêve d’Alexandre de Jean-Pierre Perrin (Éditions du Seuil) – Enfance d’un chaman de Anne Sibran (Editions Gallimard) – Le Cri de Thierry Vila (Éditions Grasset)

Prix Gens de Mer 2017 : « Dans les eaux du Grand Nord » de Ian McGuire 
 1ère sélection : Ian Mc Guire : Dans les eaux du Grand Nord , 10/18 – Nathalie Guibert : Je n’étais pas la bienvenue, Paulsen – Annick Geille : Rien que la mer, Grande Ourse – Morten Stroksnes : Le Livre de la Mer, Gallimard – Yannick Anché : Le Phare de Babel, Moires – Hervé Magnificat : Terre des Vagues, Atlantica – Thierry Vila : Le Cri, Grasset – - Antonio Ferrandiz : Les Voiles de la République, Corsaire éditions – William Finnegan : Jours Barbares, Editions du Sous-Sol – Marie-Hélène Fraissé : L’eldorado polaire de Marin Frobisher, Albin-Michel – Pietro Grossi : Le Passage, Liana Levi – Mike Birch : J’ai chevauché les océans, Arthaud – Marc Girot : L’Air de l’Eternité –  Découvrance – Thierry Dalberto : Girolata, Ancre de Marine

Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs 2017 : Maryam Madjidi, Marx et la poupée (Le Nouvel Attila)
1ère sélection  : Pierre Adrian, Des âmes simples (Equateurs) –   Louis-Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser) –  Nicolas Dickner, Six degrés de liberté (Le Seuil) –  Catherine Gucher, Transcolorado (Gaïa Editions) –  Hubert Haddad, Premières neiges à Pondichéry (Zulma) –  Joël Haroche, L’affaire Rosenblatt (Grasset) –  Maryam Madjidi, Marx et la poupée (Le Nouvel Attila) –  Anna Moï, Le Venin du papillon (Gallimard) –  Shumona Sinha, Apatride (L’Olivier) –  Tanguy Viel, Article 353 du Code Pénal (Minuit)

Prix Maison de la Presse 2017  (48ème): Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, Julliard 
– les finalistes : La vie magnifique de Franck Dragon, Stéphane Arfi, Grasset – Il est temps de suivre un régime et d’apprendre à voler, Michelle Ballanger, Rouergue – Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, Julliard – Mer agitée, Christine Desrousseaux, Kero – Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, Virginie Grimaldi, Fayard – Par amour, Valérie Tong Cuong, Lattès

le Prix Littérature-monde : Anna Moï « Le venin du papillon » , Gallimard

Prix Littérature-monde étranger : Abdelaziz Baraka Sakin « Le messie du Darfour » , Zulma

Prix du Livre de voyage urbain Figaro Magazine/The Penisula Paris 2017 :New York Odyssée de Kristopher Jansma (Rue Fromentin)
finalistes: : Nouvelle jeunesse de Nicolas Idier (Gallimard), De moi, pauvre, je veux parler de Sophie Cassagnes-Brouquet (Albin Michel) et New York Odyssée de Kristopher Jansma (Rue Fromentin)

Grand Prix des Lectrices Elle Roman 2017 : Leïla Slimani « Chanson douce »  (Gallimard)

Grand Prix des Lectrices Elle Policier2017Olivier Norek « Surtensions »

Grand Prix des Lectrices Elle Document 2017:  Mathias Malzieu Journal d’un vampire en pyjama ,( Albin Michel)

Prix des libraires 2017Trois saisons d’orage de Cécile Coulon (Viviane Hamy) 
les finalistes : Trois saisons d’orage de Cécile Coulon (Viviane Hamy)  – Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard) – Equateur d’Antonin Varenne (Albin Michel)

Grand prix SGDL (Société des Gens De Lettres) de la fiction : Valentine Goby, Un paquebot dans les arbres, Actes Sud 
finalistes: Emmanuel Adely, Je paie, Inculte – Julien Blanc-Gras, Briser la glace, Paulsen – Cécile Coulon, Trois saisons d’orage, Viviane Hamy – Valentine Goby, Un paquebot dans les arbres, Actes Sud – Céline Minard, Le Grand Jeu, Rivages – Pierre Senges, Sergio Aquindo, Cendres des hommes et des bulletins, Le Tripode

Prix Historia du polar historique 2017 : Denis Lépée « L’Indienne et le cardinal » , Plon (Plon-Perrin)

Prix Arsène Lupin 2017 :  Laurent Chalumeau « V.I.P » (Grasset)
les finalistes : Audiard Marcel « le cri du corps mourant » – Astier Ingrid « Haute voltige » – Estrada, Christophe « Hilarion » – Le Poulichet Yann « les bras cassés » – Scalèse Laurent « Je l’ai fait pour toi » – Laurent Chalumeau « V.I.P » – Houdini « Le Kaiser et le roi des menottes » – Cabesos Violette « Portrait de groupe avec parapluie » – Morrow, Bradford  » Duel de faussaires » – Maisons Dominique  » On se souvient du nom des assassins » – Kennedy, David James « Malgré elle »

Prix SNCF du Polar 2017 : Franck Bouysse « Grossir le ciel »
– les finalistes :  Burke, Shannon « 911 »; Boyle William « Gravesend », Chainas, Antoine « Pur », Bouysse « Grossir le ciel » , Zupan, Kim  » les arpenteurs »

Prix Marcel Pagnol 2017 :  Laura Alcoba  La danse de l’araignée, (Gallimard)

Prixdes lecteurs L’Express – BFMTV 2017 : Didier Decoin, « Le Bureau des jardins et des étangs » , (Stock).

Prix Méditerranée 2017 : Arditi, Metin L’enfant qui mesurait le monde (Grasset, 2016 et réédité en poche chez Points le 1er juin 2017).
Prix Méditerranée étranger 2017: Ersi Sotiropoulos Ce qui reste de la nuit (Stock),

Le Goncourt de la biographie 2017 : Marianne et Claude Schopp Dumas fils ou l’Anti-Œdipe  (Phébus)

Grand Prix roman noir 2017 – étranger (Beaune) : Alex Taylor « Le verger de marbre » (Gallmeister)

Le Prix du 1er roman policier (Beaune) : Philippe Rouquier « Tant pis pour le Sud »

Le 1er Prix de  la revue America cofondée par François Busnel et Éric Fottorino. : Jours barbares, de William Finnegan,
les finalistes : Jours barbares, de William Finnegan, (Éditions du Sous-sol, traduction de Frank Reichert) – L’Amérique défaite, portraits intimes d’une nation en crise, de George Packer (Éditions Piranah, traduction d’Étienne Dobenesque) – Une mort qui en vaut la peine, de Donald Ray Pollock (Albin Michel, traduction Bruno Boudard) – J’irai danser à Orlando, de Philippe Corbé (Grasset) – Les Furies, de Lauren Groff (Éditions de l’Olivier, traduction de Carine Chichereau) – Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson (Belfond, traduction de Nathalie Peronny) – Les Poilus, d’Harlem de Thomas Saintourens (Tallandier) – Écrire pour sauver une vie: le dossier Louis Till, de John Edgar Wideman, (Gallimard, traduction de Catherine Richard-Mas) – New York Odyssée, de Kristopher Jansma (Rue Fromentin, traduction de Sophie Troff) – Dans la forêt, de Jean Hegland (Gallmeister, traduction de Josette Chicheportiche)

Prix Saint-Maur en Poche du Polar :

Roman français : L’exercice de la médecine de Laurent Seksik (J’ai lu)
Roman étranger : Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda (Folio)
Polar : Tu tueras le père de Sandrone Dazieri (Pocket)
Essai : François Mitterrand de Michel Winock (Folio)
Jeunesse : Max Ducos pour l’ensemble de son œuvre
Coups de coeur de la Griffe Noire
– Le Loup peint de Jacques Saussey  (Livre de poche)
– Manhattan People de Christopher Bollen (Points)
Prix Griffe Noire du Polar de l’année : Ragdoll de Daniel Cole (la Bête noire)
Prix pour l’ensemble de son oeuvre : Maud Tabachnik
Prix « Honoris causa » des lecteurs : Joseph Joffo
Prix Transfuge
Catégorie Poche : L’exercice de la médecine de Laurent Seksik (J’ai lu)
Catégorie Polar : Mémoire cachée de Sebastian Fitzek (Livre de poche)

Prix du Thriller VSD — RTL 2017
meilleur thriller français (parrainé par Michel Bussi) : Le tricycle rouge de Vincent Hauuy
meilleur thriller étranger (parrainé par Douglas Kennedy) : Notre petit secret de Roz Nay
Coup de coeur RTL : Itinéraire d’une mort annoncée de Fabrice Barbeau

Prix des Cinq Continents: 2017
finalistes: L’Amas Ardent de Yamen Manai (Tunisie) aux éditions Elyzad (Tunisie) – Apatride de Shumona Sinha (Inde) aux Editions de l’Olivier (France) – Avant que les ombres s’effacent de Louis Philippe Dalembert (Haïti) aux éditions Sabine Wespieser (France) – Bled de Tierno Monénembo (Guinée) aux éditions Seuil (France) – Palace café d’Anne Defraiteur Nicoleau (Belgique) aux éditions Tamyras (Liban) – Rapatriés de Nehemy Pierre-Dahomey (Haïti) aux éditions Seuil (France) – La Sonate à Bridgetower d’Emmanuel Dongala (Congo) aux éditions Actes Sud (France) – Les Temps de la cruauté de Gary Victor (Haïti) aux éditions Philippe Rey (France) – Le Testament de nos corps de Catherine Lune Grayson (Canada-Québec) aux éditions Mémoire d’encrier (Canada) – Le Venin du Papillon d’Anna Moï (France-Vietnam) aux éditions Gallimard (France)

Prix de littérature de l’Union européenne 2017 : Kallia Papadaki, pour «Dendrites» (maison d’édition, Polis, 2015).

Prix Saint-Simon (42ème) 2017:  Julia Kristeva pour « Je me voyage : mémoires » (Samuel Dock, Fayard)

Prix Orange du livre 2017 : Louis-Philippe Dalembert Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser éditeur)
finalistes : Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, (chez Julliard) ; Cécile Coulon, Trois saisons d’orage (Viviane Hamy) ; Louis-Philippe Dalembert Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser éditeur) ; Simon Johannin, L’été des charognes, (Allia) ; et Pierre Jourde, Winter is Coming (Gallimard).

Le Prix Stanislas 2017 (meilleur premier roman publié à la rentrée littéraire) :  Sébastien Spitzer « Ces rêves qu’on piétine » (L’Observatoire).

Les prix Transfuge 2017

  • Meilleur roman de langue française: Zabor ou Les Psaumes de Kamel Daoud (Actes Sud)
  • Meilleur essai: Traité des gestes de Charles Dantzig (Grasset)
  • Meilleur premier roman: Les Peaux rouges d’Emmanuel Brault (Grasset)
  • Meilleur livre américain: Une odyssée, un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn (Flammarion)
  • Meilleur roman anglophone: Les Buveurs de lumière de Jenni Fagan (Métailié)
  • Meilleur roman scandinave: La Première Pierre de Carsten Jensen (Phébus)
  • Meilleur roman hispanique: La Distance qui nous sépare de Renato Cisneros (Christian Bourgois) ex aequo avec Je suis L’Autre de Berta Vias Mahou (Séguier)
  • Meilleur roman germanophone: Les femmes sont des guitares (dont on ne devrait pas jouer) de Clemens J. Setz (Jacqueline Chambon)
  • Meilleur roman russe: Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina (Noir sur Blanc)
  • Meilleur poche étranger: Les Elus de Steve Sem-Sandberg (10/18)
  • Meilleur poche français: Djibouti de Pierre Deram (Folio)
  • Meilleur livre de cinéma: Dictionnaire du western de Claude Aziza et Jean-Marie Tixier (Vendémiaire)
  • Meilleur espoir polar: Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann (Seuil)
  • Meilleur polar étranger: Le Zoo de Gin Phillips (Robert Laffont)
  • Meilleur polar français:  Comme de longs échos d’Eléna Piacentini (Fleuve)

Prix FNAC 2017 : Bakhita, Véronique Olmi (Albin Michel)
les finalistes : – Ma Reine, Jean-Baptiste Andréa(L’Iconoclaste) – Point cardinal, Léonor de Recondo(Sabine Wespieser) – Bakhita, Véronique Olmi (Albin Michel) – Femme à la mobylette – Jean-Luc Seigle(Flammarion) – Ces rêves qu’on piétine, Sébastien Spitzer (éditions L’Observatoire)

Prix du Journal « Le Monde » 2017L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion)

Prix des libraires de Nancy – Le Point 2017 : L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion)

Prix Roman-News 2017 :  Négar Djavadi  » Désorientale »

Prix : « Envoyé par La Poste » 2017 : Ma Reine, Jean-Baptiste Andréa (L’Iconoclaste)

Prix Livre et Droits de l’Homme par Ville de Nancy : Mes indépendances : chroniques 2010-2016 Kamel Daoud, (Actes Sud)

Prix de la Feuille d’or de la ville de Nancy – France Bleu Lorraine – France 3 Lorraine 2017 : Matthieu Jung “Le triomphe de Thomas Zins” (Anne Carrère Ed.)

Grand Prix de Littérature Policière 2017 : «La Daronne», d’Hannelore CAYRE, Métailié (Noire),
Les  sélectionnés : – Claude AMOZ : La Découronnée  – Ed.Rivages, avril 2017  Franz BARTELT : L’Hôtel du Grand Cerf – Ed.Seuil (Cadre noir), mai 2017 – Grégoire HERVIER : Vintage – Au Diable Vauvert, sept. 2016 – Hugo BORIS : Police – Ed.Grasset, août 2016 – Hannelore CAYRE : La daronne – Ed.Métailié (Noir), mars 2017 – Claude IZNER : La femme serpent – Ed.10/18, 1 juin 2017 – Armel JOB : En son absence (Belgique) – Ed.R.Laffont, février 2017 – Andrée MICHAUD : Bondrée (Canada) – Ed.Rivages, sept. 2016 – Colin NIEL : Seules les bêtes – Ed.Rouergue (Rouergue noir), nov. 2016 – Benoît PHILIPPON : Cabossé – Ed.Gallimard (Série noire), août 2016 – Guillaume RICHEZ : Blackstone – Ed.Fleur sauvage, Pas-de-Calais, mai 2017

Grand Prix de Littérature Policière 2017 – étranger : « Chacun sa vérité », de Sara LOVESTAM (Suède), Robert Laffont (La bête noire),
les sélectionnés : Eydr AUGUSTO (Brésil) : Pssica – Ed.Asphalte (Fictions), février 2017 – Alex BERG (Allemagne) : La fille de la peur – Ed.J.Chambon (Noir), mai 2017 – Andrea CAMILLERI (Italie) : Une lame de lumière – Fleuve Ed., sept. 2016 – Christian KIEFER (Etats-Unis) : Les animaux – Ed.Albin Michel (Terres d’Amérique), déc. 2016 – Arun KRISHNAN (Inde) : Indian psycho – Ed.Asphalte, mai 2017 – Clayton LINDEMUTH (Etats-Unis) : En mémoire de Fred – Ed.Seuil (Cadre noir), mars 2017 – Sara LOVESTAM (Suède) : Chacun sa vérité – Ed.R.Laffont, nov. 2016 – Zygmunt MILOSZEWSKI (Pologne) : La rage – Fleuve Ed., sept. 2016 – Bradford MORROW (Etats-Unis) : Duel de faussaires – Ed.Seuil (policiers), janv. 2017 – J.J.MURPHY (Etats-Unis) : L’affaire de la belle évaporée – Ed.Baker Street, nov. 2016 – Aro SAINT DE LA MAZA (Espagne) : Les muselés – Ed.Actes Noirs, sept. 2016 – Roger SMITH (Afrique du Sud) : Au milieu de nulle part – Ed.Calmann-Lévy, mai 2017 – Alex TAYLOR (Etats-Unis) : Le verger de marbre – Ed.Gallmeister, août 2016

Prix Sade 2017 : Le Motel du voyeur: une enquête, Gay Talese (éditions du sous-sol),
1ère sélection: Le Motel du voyeur: une enquête, Gay Talese (éditions du sous-sol), traduit par Michel Cordillot et Lazare Bitoun. Points sortira le livre en format poche le 19 octobre – Figures pissantes: 1280-2014, Jean-Claude Lebensztejn (Macula, coll. « Patte d’oie ») – Pornarina, Raphaël Eymery (Denoël, coll. « Lunes d’encre ») – Mise en pièces, Nina Leger (Gallimard, coll. « Blanche ») – Martin van Maele (ou Le Diable se cache dans les détails), Catalogue raisonné établi par Luc Binet (Humus), beau-livre à paraître le 12 octobre.- Farrel, de Christophe Bier (Christophe Bier éditeur) – Tombeau pour un amour dans la lumière de sa perte, Jacques Abeille, Petites Pages pour un petit page de Léo Barthe, suivi de Libres Masques, Arnaud Laimé (L’Âne qui butine), coffret – Le Grand Siècle déshabillé, Anthologie érotique du XVIIème siècle, établie et recensée par Jean-Paul Goujon (Robert Laffont, coll. « Bouquins »).

Prix Sade 2017 du 1er roman : « Pornarina: la prostituée-à-tête-de-cheval » de Raphaël Eymery   (Denoël, coll. « Lunes d’encre »)

Prix du Roman des étudiants France Culture-Télérama
1ère sélection: Un certain M. Piekielny, François-Henri Désérable (Gallimard) –  Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon (Actes Sud) –  Point cardinal, Léonor de Récondo (Sabine Wespieser)  –  Summer, Monica Sabolo (Lattès) – Souvenirs de la marée basse, Chantal Thomas (Seuil)

Man Booker International Prize 2017 :
sélection : 4321 de Paul Auster (USA), Faber & Faber, 2017. A paraître le 3 janvier 2018 chez Actes Sud. – History of Wolves d’Emily Fridlund (USA), Weidenfeld & Nicolson, 2016. Paru sous le titre Une histoire des loups, traduit par Juliane Nivelt, le 17 août chez Gallmeister. – Exit West de Mohsin Hamid (Pakistan), Hamish Hamilton, 2017. Ses livres ont été publiés en France chez Stock, Denoël et Grasset. – Elmet de Fiona Mozley (Royaume Uni), JM Originals, John Murray, 2017. – Lincoln in the Bardo de George Saunders (USA), Bloomsbury, 2017. Ses livres ont été publiés en France chez Gallimard et L’Olivier.- Autumn d’Ali Smith (Royaume Uni), Hamish Hamilton, 2016. L’œuvre de l’écrivain est disponible en France chez L’Olivier.

Le Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire :  Jean-Claude Schmitt « Les rythmes au Moyen Âge » (Gallimard), 

Prix du Roman historique :Stéphane Audeguy  » Histoire du lion Personne «  (Seuil).

Prix Augustin-Thierry : Florence Tamagne « Le crime du Palace. Enquête sur l’une des plus grandes affaires criminelles des années 1930″ (Payot), qui retrace les mystères autour du crime d’Oscar Dufrenne, le 25 septembre 1933.

Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique : « Pereira prétend », un album de Pierre-Henry Gomont publié aux éditions Sarbacane

Prix Filigranes 2017  :
les finalistes : Jean-Baptiste Andrea pour Ma reine (L’Iconoclaste) – Miguel Bonnefoy pour Sucre noir (Rivages) – Laetitia Colombani pour La tresse (Grasset) – Etienne Deslaumes pour Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner (Buchet-Chastel) – Thomas Gunzig pour La vie sauvage (Au diable vauvert) – Gilles Paris pour Le vertige des falaises (Plon) – Evelyne Pisier pour Et soudain, la liberté (Les Escales)

Prix littéraire de la Vocation 2017 (41ême édition) : Simon Johannin, »L’été des charognes »  (Allia) et Nina Léger « Mise en pièces » (Gallimard) 

Prix Le Livre de Poche (catégorie Polar ) 2017: « Papillon de nuit », de R.J. Ellory
Prix des lecteurs du Livre de Poche / le choix des libraires (catégorie littérature)  2017 Durian Sukegawa  » Les délices de Tokyo »
Prix  du Livre de Poche / le choix des libraires   2017 : « Toute la lumière que nous ne pouvons voir »  d’Anthony Doerr 

Prix du Polar Romand 2017 (Lausan’noir)
les finalistes : Antonio Albanese, Voir Venise et vomir, BSN Press – Nicolas Feuz, Horrora Borealis, TheBookEdtion – Joseph Incardona, Chaleur, Finitude – Marie Javet, La petite fille dans le miroir, Plaisir de Lire – Joël Jenzer, Enflammés, 180° éditions – Steve Mons, Fascination, L’Age d’Homme – Quentin Mouron, L’âge de l’héroïne, La grande Ourse – Marie-Jeanne Urech, Malax, Hélice Hélas – Marc Voltenauer, Qui a tué Heidi ?, Slatkine & Cie – Mark Zellweger, Xtrème préjudice, Eaux Troubles

Prix Violeta Negra 2017
sélectionnés : Santiago Roncagliolo: Peine capitale (Métailié) – Maurizio De Giovanni: Et l’obscurité fut (Fleuve) – Andreu Martin: Société noire (Asphalte) – Valerio Varesi: Le fleuve des brumes (Agullo) – Parker Bilal: Meurtres rituels à Imbaba (Seuil) – Giancarlo De Cataldo & Carlo Bonini:  Suburra (Métailié)

Prix Relay des voyageurs
les finalistes :

Prix du Sénat du livre d’histoire 2017:
les finalistes :

Prix du livre Lorientales2017 :
les finalistes:

Prix Marco Polo Venise :
les finalistes :

Grand Prix de la Biographie politique 2017 :
Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie roman :

Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie roman étranger :

Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, catégorie document/biographie :

Prix littéraire du « Monde » 2017 :
les finalistes :

 

Prix Patrimoines 2017
les finalistes :

Prix de la langue française 2017 :
les finalistes :

Prix Nobel de littérature :

Prix Femina :
1ère sélection : L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic (L’Olivier) – Ma reine de Jean-Baptiste Andrea (L’Iconoclaste)  Des châteaux qui brûlent d’Arno Bertina (Verticales) Indocile d’Yves Bichet (Mercure de France) Sucre noir de Miguel Bonnefoy (Rivages) Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard) Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud (Flammarion) Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) La serpe de Philippe Jaenada (Julliard) Kong de Michel Le Bris (Grasset) L’empereur à pied de Charif Madjalani, (Seuil) Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel) Le songe du photographe de Patricia Reznikov (Albin Michel) L’ordre du jour d’Eric Vuillard (Actes Sud) L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion).

Prix Femina étranger :
1ère selection : C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood traduit de l’anglais par Michèle Albaret-Maatsch (Robert Laffont) – Le cœur battant de nos mères de Britt Bennett traduit de l’anglais par Jean Esch (Autrement) – Les huit montagnes de Paolo Cognetti traduit de l’italien par Anita Rochedy (Stock) – Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls d’Eivind Hofstad Evjemo traduit du norvégien par Terje Sinding (Grasset) – Vera de Karl Geary traduit de l’anglais par Céline Leroy (Rivages) – Le passé de Tessa Hadley traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet (Bourgois) – La salle de bal d’Anna Hope traduit de l’anglais par Elodie Leplat (Gallimard) – Aux confins du monde de Karl Ove Knausgaard traduit du norvégien par Marie-Pierre Fiquet (Denoël) – La vie en temps de paix de Francesco Pecorao traduit de l’italien par Marc Lesage (J-C. Lattès) – Cox ou la course du temps de Christoph Ransmayr traduit de l’allemand par Bernard Kreiss (Albin Michel) – La tanche d’Inge Schilperoord traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin (Belfond) – Underground Railroad de Colson Whitehead traduit de l’américain par Serge Chauvin (Albin Michel) – Ecrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till de John Edgar Wideman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Richard-Mas (Gallimard).

Prix Femina Essai :
sélection :

Grand prix du roman de l’Académie française :
1ère sélection :

Man Booker Prize 2017:

Grand prix de littérature américaine 2017 :
1 ère sélection: Attachement féroce, de Vivian Gornick (Rivages), traduit par Laetitia Devaux – Demain sans toi, de Baird Harper (Grasset), traduit par Brice Matthieussent – Les fantômes du vieux pays, de Nathan Hill (Gallimard), traduit par Mathilde Bach – New York Odyssée, de Kristopher Jansma (Rue Fromentin), traduit par Sophie Troff – Les animaux, de Christian Kiefer (Albin Michel), traduit par Marina Boraso – Par le vent pleuré, de Ron Rash (Le Seuil), traduit par Isabelle Reinharez – A malin malin et demi, de Richard Russo (Quai Voltaire), traduit par Jean Esch – L’obscure clarté de l’air, de David Vann (Gallmeister), traduit par Laura Derajinski.

Prix Renaudot 2017 Romans :
1 ère sélection : Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil) – Indocile d’Yves Bichet (Mercure de France) – Le fou du roi de Mahi Binebine (Stock) – Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem (Stock) – Un certain M. Piekielny de Jean-François Désérable (Gallimard) – Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus (Grasset) – La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset)Innocence d’Eva Ionesco (Grasset) – La serpe de Philippe Jaenada (Julliard) – Le chemin des fugues de Philippe Lacoche (Rocher) – Toutes les familles heureuses d’Hervé Le Tellier (J.-C. Lattès) – Fief de David Lopez (Seuil) – L’empereur à pied de Charif Madjalani (Seuil) – Le Songe du photographe de Patricia Reznikov (Albin Michel) – Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau (Grasset) – Nos années rouges d’Anne-Sophie Stefanini (Gallimard) – L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion)

Prix Renaudot essais 2017 :
1 ère sélection: De l’ardeur de Justine Augier (Actes Sud) – Dieu, Allah, moi et les autres de Salim Bachi (Gallimard) – Sexe et mensonges de Leïla Slimani (Les Arènes) – La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (Grasset)

Prix Renaudot Poche :

Prix Renaudot des lycée

Prix Goncourt  :
1ère sélection : Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil) – Taba-Taba de Patrick Deville (Seuil) – Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard) – Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud (Flammarion) – La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset)Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) – La serpe de Philippe Jaenada (Julliard) – Nos vies de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel) – Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel) – Niels d’Alexis Ragougneau (Viviane Hamy) – Trois jours chez ma tante de Yves Ravey (Minuit) – Summer de Monica Sabolo (J-C. Lattès) – Les rêveuses de Frédéric Verger (Gallimard) – L’ordre du jour d’Eric Vuillard (Actes Sud) – L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion)

Prix Goncourt des lycéens :

Prix Médicis :
1ère sélection: Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) – Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud (Flammarion) – Un certain M. Pikielny de François-Henri Désérable (Gallimard) – Ton père de Christophe Honoré (Mercure de France) – Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas (Seuil) – L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic (L’Olivier) – Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil) – Une fille dans la jungle de Delphine Coulin (Grasset) – Une chance folle d’Anne Godard (Minuit) – La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset)Sans Véronique d’Arthur Dreyfus (Gallimard) – Avant que les ombres s’effacent de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser) – Fief de David Lopez (Seuil) – Grand frère de Mahir Guven (Philippe Rey)

Prix Médicis étranger :
1ère sélection

Prix Médicis essais :
1ère sélection

Prix Jean Giono 2017 :
1ère sélection : Une fille dans la jungle, par Delphine Coulin (Grasset) – Un certain M. Piekielny, par François-Henri Désérable (Gallimard) – Mille ans après la guerre, par Carine Fernandez (Les Escales) – La Disparition de Josef Mengele, par Olivier Guez (Grasset) – La Muette, par Alexandre Lacroix (Don Quichotte) – Summer, par Monica Sabolo (J.-C. Lattès) – Les Rêveuses, par Frédéric Verger (Gallimard) – L’Art de perdre, par Alice Zeniter (Flammarion) – La Nostalgie de l’honneur, par Jean-René Van der Plaetsen (Grasset)

Prix Décembre :
1ère sélection

Prix Premier roman 2017 :
1ère sélection

Prix Premier roman étranger 2017 :

1ère Prix Interallié :
1ère sélection : (17 titres) : Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil) – De l’ardeur de Justine Augier (Actes Sud) – Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem (Stock) – Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud (Actes Sud) – Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard) – Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus (Grasset) – La gloire des maudits de Nicolas d’Estienne D’Orves (Albin Michel) – Les vents noirs d’Arnaud de la Grange (J.-C. Lattès) – Villa Kerylos d’Adrien Goetz (Grasset) – La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset) – La serpe de Philippe Jaenada (Julliard) – Le chemin des fugues de Philippe Lacoche (Rocher) – Toutes les familles heureuses d’Hervé Le Tellier (J.-C. Lattès) – Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau (Grasset) – Summer de Monica Sabolo (J.-C. Lattès) – L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski de Romain Slocombe (Robert Laffont) – La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (Grasset)

Prix de Flore :
1ère sélection : L’invention des corps de Pierre Ducrozet (Actes Sud) New moon de David Dufresne (Seuil) Les panthères grises de Patrick Eudeline (La Martinière) La disparition de Karen Carpenter de Clovis Goux (Actes Sud) Innocence de Eva Ionesco (Grasset) Cortex d’Ann Scott (Stock) Mobile home de Marion Vernoux (L’Olivier) Parlez-moi encore de lui de Lisa Vignoli (Stock) Paname Underground de Zarca (Goutte d’Or).

Prix Georges Brassens :

Prix Wepler-Fondation La Poste :
1ère sélection : Comme une rivière bleue, Paris 1871 de Michèle Audin (Gallimard) – La fonte des glaces de Joël Baqué P.O.L) – Black Village de Lutz Bassmann (Verdier) – Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia de Jean-François Billeter (Allia) – Transport d’Yves Flank (L’antilope) – Une chance folle d’Anne Godard (Minuit) – Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) – Petites reines de Jimmy Lévy (Cherche-Midi) – La Bosco de Julie Mazzieri (Corti) – Le presbytère d’Ariane Monnier (Lattès) – La fin de Mame baby de Gaël Octavia (Gallimard) – Les fils conducteurs de Guillaume Poix (Verticales) – Le camp des autres de Thomas Vinau (Alma éditeur)

Prix du Style 2017
1ère sélection : Kaouther Adimi, Nos richesses, Seuil – Jakuta Alikavazovic, L’Avancée de la nuit, L’Olivier – Michèle Audin, Comme une rivière bleue, Gallimard
Saphia Azzeddine, Sa mère, Stock – Miguel Bonnefoy, Sucre noir, Rivages – Delphine Coulin, Une fille dans la jungle, Grasset – Cyril Dion, Imago, Actes Sud
Marc Dugain, Ils vont tuer Robert Kennedy, Gallimard – Brigitte Giraud, Un loup pour l’homme, Flammarion – Caroline Laurent, Et soudain, la liberté, Les Escales
Gaëlle Nohant, Légende d’un dormeur éveillé, Héloïse d’Ormesson – Véronique Olmi, Bakhita, Albin Michel – Monica Sabolo, Summer, JC Lattès – Chantal Thomas, Souvenirs de la marée basse, Seuil

Prix Nicolas Bouvier 2017 :
les finalistes :

Prix Roger Nimier 2017  :
les finalistes :

Prix Mystère de la critique 2017 – Français :

Prix Mystère de la critique 2017 – Etranger :

Prix Nice Baie des Anges 2017 :

Prix Françoise Sagan 2017 :
les finalistes :

Prix Senghor  2017:

Prix François Mauriac 2017:

Prix « une vie » Le Parisien Magazine 2017:

Prix du Livre européen 2017 – catégorie fiction –

Prix du meilleur livre étranger 2017 :

Prix du meilleur livre étranger 2017 – essai :

Prix Sang d’encre 2017 :

Prix Littéraire 30 Millions d’Amis 2017

Prix Polar Michel Lebrun 2017 (Anciennement Prix du roman policier francophone de la ville du Mans) :

Prix Ouest 2017 (créé en 1992, il est décerné à un roman dont l’action se déroule dans le Grand Ouest (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Poitou-Charentes) ou à un roman écrit par un auteur originaire de ces régions.) :

Prix Festival Polar de Cognac roman français :
1 ère sélection

Prix Festival Polar de Cognac roman étranger :

Prix Festival Polar de Cognac roman jeunesse :

Prix Festival Polar de Cognac bande dessinée (série) :

Prix Festival Polar de Cognac bande dessinée (unitaire) :

 

 

et pour tout savoir en détails :        http://www.livreshebdo.fr/prix-litteraires   et   https://www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/liste-des-prix-litteraires-francais-et-francophones/65269

De Giovanni, Maurizio «Le printemps du commissaire Ricciardi»(2013)

Série :  Commissaire Ricciardi  (Naples 1931)

2ème enquête

Résumé :  Luigi Alfredo Ricciardi, commissaire à la questure royale de Naples, a un don particulier : il voit la souffrance des morts et les entend « parler ». Aidé de son fidèle adjoint, il enquête dans les quartiers pauvres de la ville où on a découvert le corps de la vielle Carmela Calise, cartomancienne et usurière à ses heures. Que va révéler la morte au commissaire ? Les secrets de ses clients sont bien gardés.

En ce printemps de l’année 1931, la ville de Naples a l’odeur de la haine, du sang et des amours déçues.

Mon avis : Plus je découvre le Commissaire Ricciardi et plus je l’apprécie pour son humanité. Le thème sous-jacent : le monde de ceux qui ont envie de croire au bonheur, à l’avenir… Mais malheureusement il ne suffit pas de le souhaiter… et les moyens pour y parvenir tournent au cauchemar… Entre les envies qui nécessitent des moyens financiers qui nous font défaut et le besoin de croire en l’avenir en se faisant guider par des diseuses de bonne aventure… On ajoutera cette fois ci une réflexion sur les difficultés engendrées par le fait d’être beaux… Tout comme la laideur, la beauté peut se convertir en malédiction car elle attire la haine, l’envie, la solitude, les faux sentiments… ( tiens comme dans le dernier Amélie Nothomb « Riquet à la houppe ») et toujours cette mélancolie, cette solitude… Deux enquêtes se déroulent en parallèle : le meurtre d’une vielle femme et l’agression d’une jeune femme. A première vue rien ne les relie.. Les amours impossibles ou difficiles sont au centre de ce roman : un couple en désamour, le brigadier Maione et son éloignement programmé avec sa femme qui ne se remet pas de la mort de l’un de ses fils, la relation à distance du Commissaire et de sa voisine… A nouveau un joli moment de lecture…

Extraits :

il voyait la douleur.
La douleur qui dévaste, la douleur qui revient. Il percevait la colère, l’amertume, même l’ironie hautaine de la dernière pensée qui accompagnait la mort. Il savait que la mort naturelle réglait correctement ses comptes avec la vie.

À vrai dire, personne ne le comprenait. Sa manière de travailler, solitaire et silencieuse, son apparent manque de faiblesses, l’absence de ragots sur sa vie privée n’incitaient ni à la camaraderie, ni à la solidarité.

Pour le régime en place, le fascisme devait imposer, dans les grandes villes, l’image de la sécurité et de l’optimisme

Elle pensait que si deux routes avaient pour destin de se réunir, tôt ou tard elles se réuniraient, quels que soient les kilomètres qui les séparaient.

il détestait sa manie de ne pas porter de chapeau ; il la considérait comme de l’indifférence, du mépris à l’égard d’autrui. En ville, on disait « hommes en cheveux » pour parler des pauvres, ceux qui n’avaient ni nom, ni famille, qui, la nuit, s’agglutinaient sous les porches, et, le jour, chipaient les bourses.

L’usure est vile, pensait Ricciardi : elle fait partie des délits les plus tristes parce qu’elle tire profit de la confiance pour en abuser ensuite contre celui qui l’a donnée. À la manière d’une sangsue, elle pompe le travail, les espoirs, les attentes : elle vole l’avenir.

Ils n’étaient pas si différents, après tout, ces deux métiers. La cartomancienne et l’usurière suçaient confiance et espérances, tarissaient les cœurs.

C’était une des choses « venues après » : à tout moment, elle avait besoin de voir le ciel.

« Venues après » avoir perdu son sourire, l’envie de rire, le désir de regarder la mer. Après. Elle séparait sa vie en « avant » et « après ».

Elle lui avait donné la lumière et, lui, il avait éteint la sienne.

Il suivait ses gestes bien connus, comme s’il écoutait son disque préféré et passé des milliers de fois : il prévoyait ses mouvements, étudiait ses pas.

Davantage encore que de t’embrasser et de te serrer dans mes bras, j’aimerais prendre place dans tes rêves. Et y demeurer seul pour toi.

Tu sais ce que je pense ? Qu’il est facile d’être ensemble quand tout va bien. C’est plus difficile quand il y a une montagne à gravir, qu’il fait froid et que le vent souffle. Alors, peut-être que pour trouver un peu de chaleur, l’un des deux doit se rapprocher un petit peu plus de l’autre. C’est quelqu’un qui vit dans le froid qui te le dit. Et qui n’a personne pour le réchauffer.

Mais pour moi, il n’y a pas de hiérarchie dans la douleur, la mienne plus que la tienne, la tienne plus que la mienne. La douleur parfois peut réunir. Vous devriez peut-être parler un peu, le soir. À moi, ce froid dont je te parlais, je le sens le soir. Et alors… je me mets devant ma fenêtre et je prends un peu l’air. J’écoute de la musique à la radio. Et je vais me coucher en espérant ne pas faire de rêves.

Tu te rends compte que ça fait trois ou quatre ans que je ne prescris plus de purges, pour ne pas être pris pour un fasciste ?

Il y a un moment où on meurt. Non, je ne parle pas de l’instant précis de la mort, mais de celui où s’amorce un processus irréversible qui mène inévitablement à la mort. Ça peut durer des armées, mais on ne peut pas l’éviter. Un verre de vin, une cigarette. La goutte qui fait déborder le vase. Je trouve des tumeurs, des lésions aux poumons, des foies en charpie. Et ça peut être aussi une parole, un regard. Un amour. Un fils. Qui peut dire quand on commence à mourir ?

 

Sur le blog : article sur la série des enquêtes du Commissaire Ricciardi

Glasfurd, Guinevere « Les mots entre mes mains » (RL2016)

Auteur : Guinevere Glasfurd vit dans les Fens, près de Cambridge. Auteur de nouvelles remarquées, elle a obtenu une bourse du Arts Council England pour l’écriture des Mots entre mes mains, son premier roman.

Résumé : Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français.

Un roman de passion et de liberté qui nous plonge dans une fresque envoûtante des Pays-Bas au «siècle d’or », à la manière de La Jeune Fille à la perle.

Un premier roman remarquable. Une histoire d’amour qui ne tombe jamais dans le sentimental, portée par une héroïne inoubliable. The Times

Un petit bijou du genre est Les mots entre mes mains (Préludes) de la britannique Guinevere Glasfurd, qui revient avec une grâce qui pourrait rappeler celle de ses compatriotes Julian Barnes et de Tracy Chevalier (on lui souhaite le même succès que ses deux aînés). Guinevere Glasfurd raconte l’histoire vraie d’Helena Jans van der Strom , qui fut la servante de Descartes, avec lequel elle aura une liaison. Entre ces deux êtres que tout oppose va naître une belle relation d’amour, même si interdite. Un livre complètement addictif, qui nous fait voir l’auteur du Discours de la méthode sous un autre jour et revivre une époque où la liberté des femmes et leur accès à la connaissance étaient un rêve inaccessible.  Huffington Post

Mon avis : Environ 450 pages qui défilent à grande vitesse… Amsterdam au XVIIème siècle. Deux personnages principaux, Helena et Descartes.

Je pense que tous ceux qui aiment les récits de Tracy Chevalier et les fresques historiques qui mêlent l’Histoire avec un grand H et le romancé vont adorer. Une femme forte, qui bouscule les idées reçues et souhaite s’instruire, un grand philosophe qui semble à prime abord inabordable mais va se révéler moins fermé qu’il ne le semble… Une histoire fondée sur des faits réels qui nous plonge dans les Pays Bas au XVIIème siècle ; point de départ Amsterdam… puis découverte d’autres villes hollandaises comme Deventer, Leyde, Santpoort, Amersfoort à l’époque. J’ai bien aimé la façon dont la romancière dépeint la vie dans ces petites villes ; on a par moment l’impression de se promener avec Helena, la servante qui refuse d’être considérée comme telle et qui va vivre une histoire d’amour difficile avec Descartes. Livre romantique ? Effectivement il y a une part de romantisme mais il y a principalement une histoire d’amour cachée et une fascination pour l’intelligence, la force de cette jeune femme qui va assumer sa condition de « mère célibataire » avec dignité, sans jamais accepter de se faire traiter comme une moins que rien et qui ne va jamais s’abaisser à demander de l’aideet qui va s’accrocher à sa plume pour grandir et s’évader. Magnifique ce personnage de femme forte qui va apprendre à écrire à son amie, qui va puiser en elle la magie des mots et du dessin … Aucun misérabilisme, beaucoup de sensibilité, de dignité dans cette figure du féminisme de l’époque.

J’ai beaucoup aimé et je recommande. Et j’ai aussi aimé découvrir davantage le personnage de Descartes.

Extraits :

On aurait dit qu’il venait de mordre dans un citron en croyant que c’était une pêche.

C’est bizarre de penser à un mari, aussi bizarre que si je portais une culotte.

Comme les pièces de monnaie, les promesses brillent d’autant plus qu’elles sont neuves.

Ces dernières sont aussi raides que des piquets et cachent sous leurs vêtements immaculés un caractère tout en ongles et en dents.

Il possède des plans de Paris, de Londres, d’Édimbourg, de Berlin, de contrées inconnues qui semblent appartenir au monde des rêves, plus chimériques que réelles. Sur l’un de ses murs est accrochée une carte du monde où l’on voit des poissons aussi gros que des navires, des arbres surmontés de plumes, des chats qui ont la taille de moutons. J’imagine ces poissons qui peuvent avaler un bateau, ces peuples qui vivent au loin sur la terre ferme, comme moi. Sur ces cartes, les routes maritimes vers l’Orient sont indiquées par des lignes. Parfois, je me dis que la Terre se transformerait peut-être en balle si je les tirais toutes en même temps.

Je dois me contenter de ma propre compagnie. Au moins, j’y suis habituée ; je sais quelles questions me poser et quelles réponses il vaut mieux éviter.

— Nous commençons tous quelque part. Moi. Lui. Même toi. » Il trace un trait sur la table avec son doigt. « Un encouragement, une rencontre fortuite, une conversation – il y a tant de façons de mettre une existence en mouvement.

je le murmure tout bas pour être sûre de m’en souvenir, afin que la nuit ne l’efface pas de mon esprit comme elle le fait de mes rêves.

On est en pleine nuit et mon cerveau est rempli de papillons qui se brûlent les ailes.

Cela ne le gênerait pas de parler à un arbre s’il pensait qu’il l’écoute. Je pourrais en être un ;  un arbre plonge ses racines dans le sol ; en revanche, le vent qui secoue ses branches, les oiseaux qui nichent parmi ses feuilles viennent de loin.

Persuadé d’avoir apporté la preuve de ce qu’il avançait, le Monsieur me prend par le bras et me fait rebrousser chemin – les objections que j’aurais pu avoir, en paroles ou en pensées, s’effacent du même coup.

« Avec les mots, Helena, c’est différent. Ils me clouent à la page. »

Nous nous arrêtons sur le pas de la porte. Derrière nous, il y a la promenade que nous venons d’effectuer, et, devant, la fin de la journée et le travail encore à faire. Là où je suis, je peux voir ma vie de tous les côtés à la fois. Un pas de plus, et je serai à l’intérieur, à nouveau seule.

Les livres ont de la force. Ils ont des conséquences. Certains ouvrages sont brûlés et leurs auteurs emprisonnés, ou pire.

« Si l’on met tout en doute, que peut-on croire ?
— La vérité – celle que l’on peut prouver. Dieu dirige nos esprits vers elle. La connaissance ne suffit pas ; sans compréhension, elle n’est rien. Le doute nous libère de nos doutes et nous entraîne plus loin que vous ne l’imaginez. À partir de ce doute universel, point fixe et inamovible, il est possible d’aboutir à la connaissance de Dieu, de soi-même, de tout ce qui existe sur Terre. »

Je ne veux pas paraître brusque, mais il me semble, tout d’un coup, que j’ai en moi un oiseau qui cherche à s’envoler.

Je me représente chaque lettre et sa forme dans mon esprit. Il faut que la plume soit mon doigt, le papier ma main.

La chandelle vacille, avec, au centre, la lumière la plus vive. Sur le mur passent les ombres des rêves et des souvenirs. Le voile noir du sommeil se dépose sur moi.

Parfois, avec lui, j’ai l’impression qu’on m’a demandé de vider la mer et que pour cela, on ne m’a donné qu’une tasse.

J’écris des messages que je n’envoie pas, j’en regroupe plusieurs sur la même feuille – des nœuds à une ficelle qui s’allonge pour marquer le passage du temps.

J’utilise un feuillet à part pour noter mes idées. C’est seulement une fois qu’elles ont fait leur chemin jusqu’à mes doigts, si proches de la page qu’elles pourraient sauter dessus, que je commence à dessiner.

Alors, nous nous mettons à parler, avec des silences lorsque les mots ne viennent pas.

La vie est ainsi faite – elle nous pousse, sans relâche, que nous le voulions ou non.

 

En savoir plus :

Mini site sur le livre : http://www.livredepoche.com/annonces/guinevere/index.html

Site : https://guinevereglasfurd.com/2016/01/09/book-of-the-month/

 

Goby, Valentine « Sept jours » (08/2003)

Auteur : Ecrivaine française née à Grasse en 1974. Elle vit en région parisienne. Ses thèmes de prédilection sont: La place des femmes, leur corps, les yeux des femmes à cause de leur corps, de leur sexe, comment une femme regarde et change le monde, par amour, par envie, par orgueil, par ennui, par vengeance, en tant que sœur, mère, fille, amante. Comment l’Histoire les affecte, comme elles l’affectent, du Paris contemporain à la Provence atemporelle, à l’Afrique de l’après-guerre, à la Bretagne des années 1940. Les lieux, comment les lieux nous traversent, comment nous les traversons, comme l’espace nous façonne et comment nous le transformons. L’enfance, comment elle nous survit et s’acharne à nous habiter, dans chaque moment de la vie, dans chaque âge et en toutes circonstances, comment chaque geste est porteur d’une histoire toujours ancrée dans l’enfance. Ce qui est valable pour un homme est valable pour une nation, alors l’Histoire, la grande, me passionne aussi, c’est en elle que je cherche et trouve les racines de toutes les blessures présentes, je l’explore, la dissèque, comme les origines individuelles. ( source) .

Ses romans :  La note sensible, 2002 – Sept Jours, 2003 – L’Antilope blanche, 2005 – Petit éloge des grandes villes, recueil de textes, 2007 – L’échappée, 2007  – Qui touche à mon corps je le tue , 2008 – Des corps en silence, 2010 – Banquises, 2011 – Kinderzimmer, 2013 – Méduses, 2013 – Baumes (Collection Essences- Actes Sud), 2014 – Un paquebot dans les arbres, 2016
Résumé : «Comme ils sont beaux. Mes enfants.
Ils sont assis, tous les quatre, sur le muret. Immobiles. Silencieux. La maison dans le dos. En face, la mer.
Ils regardent loin devant. Et loin derrière ; un soupir, un sourire pâle, un battement de cils. Les volets clos, les bagages posés sur le gravier, le soleil de septembre… c’est le décor d’un commencement ; d’un épilogue. L’un et l’autre peut-être.
Un homme remonte l’allée, aveuglé de lumière. Dans sa main, il tient une Bible, le livre du début et de la fin ; ou l’inverse. Il ne sait pas que les quatre ombres assises là-bas, sur le muret, ont elles aussi peuplé un vide immense.
Ébauché un monde.
En sept jours.»

Quatre frères et sœurs se retrouvent, entre les murs de la maison où ils ont grandi. Seuls pour la première fois. En quête d’une rencontre. À la recherche d’un point de départ, au-delà des liens du sang.

 

Mon avis : Cela se confirme. J’aime la façon d’écrire de Valentine Goby. Cette poésie, cette intimité, cette sensibilité. Ses images font ressurgir non seulement ses émotions mais les nôtres. L’importance de la maison de notre enfance, les souvenirs qui surgissent en fonction des images, des odeurs, des bruits. Le rapport avec les personnes disparues et avec les personnes qui restent, la disparition d’un monde. Et l’importance des liens sépia de ces photos d’enfance… A la mort de leur mère, les quatre enfants se retrouvent pour la dernière fois dans la bastide qui était en quelque sorte le ciment familial pour la dernière fois C’est l’heure du partage. C’est aussi la dernière ( ?) réunion familiale des quatre enfants ( deux filles et deux hommes) qui ont des vies et des caractères bien différent et qui sont difficilement conciliables après le départ de la Maman. Avec en toile de fond : l’avenir des relations entre eux maintenant que l’héritage doit être partagé…

Ce qui est drôle c’est que j’ai eu l’impression de me replonger dans un mélange de deux livres sur la nostalgie que je viens de lire récemment : le livre d’ Anne-Marie Garat, «La Première Fois » mélangé à celui de Florence Seyvos, Florence «La sainte famille».

 

Extraits :

Le diaphragme s’ouvre et se referme dans un beau bruit mat. Je viens de prendre ma première photographie. Une solitude volée à ma mère.

J’enroule un drap autour de moi. Le vent s’engouffre dans la toile. Elle gonfle comme les voiles d’un bateau. J’écarte le tissu qui ondule, un autre m’enveloppe.

Jamais photographiés, les aloès. Superbe découpe de pointes et d’épines, reflets moirés des feuilles, explosion géométrique de la rosette.

Je ne distinguais vraiment que les trois premières lettres de chaque mot, prolongeant l’un infiniment :rêverie, réversible, révolu, révolte, butant sur l’autre avec obstination.

Un nuage passe sur le soleil. Ils sont plusieurs qui s’effilochent vers la mer, lambeaux des cumulus accrochés aux montagnes. Un voile d’ombre au bas des collines, un frisson sur la peau. Je marche vers la maison. Un à un, les pans de nuages vont se rejoindre sur l’eau. Heure après heure, près des côtes, ils vont fomenter des orages.

Nous chantons tous ensemble. Faux, peut-être ; mais de concert.

J’ai oublié de tirer les rideaux. Le soleil joue sur le mur, à quelques centimètres de mes yeux. Des taches jaunes et rouges sur le crépi blanc. Je voudrais dormir, remettre à plus tard la journée qui vient. La repousser, l’accélérer. Y être le moins possible

La maison repeinte, les meubles changés.
D’autres voix, d’autres odeurs.

J’ai eu envie de pleurer. J’ai frotté mes yeux comme l’enfant sort du sommeil. Lorsque je les ai ouverts, rien n’avait changé.

On appelle ça, je crois, une charnière. Un moment, de durée variable où, plus ou moins confusément, la vie bascule. Un accouchement, en quelque sorte. L’accomplissement d’une naissance et, aussitôt, l’appréhension de l’inconnu. Sentir, à l’intérieur de soi, se fondre la fin et le commencement.

 

 

De Giovanni, Maurizio : Les enquêtes du Commissaire Ricciardi

De Giovanni, Maurizio

Série :  Les enquêtes du Commissaire Ricciardi  (Naples 1931)

Cette série d’enquêtes se déroule dans le Naples des années 1930, à l’époque du fascisme. Luigi Ricciardi est issu d’une famille noble. Après la mort de ses parents il habite avec l’ancienne gouvernante, Rosa, qui a toujours vécu avec la famille. Son équipe est composée du brigadier Maione qui vit dans les quartiers chauds de Naples, du médecin légiste antifasciste Modo et d’un indic, le travesti Bambinella.

Sa caractéristique principale est de pouvoir percevoir les dernières paroles et les ultimes sensations des victimes de mort violente. Il a ce « don » ou cette « malédiction » depuis qu’il a découvert, alors qu’il était enfant, un cadavre dans les vignes du domaine familial. C’est un être solitaire (amoureux à distance d’une voisine), triste, désenchanté, incorruptible, qui va au bout des choses et refuse d’abandonner des enquêtes avant d’être sûr d’avoir mis la main sur le vrai coupable. Il met la justice au-dessus de la notoriété et refuse de se laisser manipuler politiquement par ses supérieurs.

 

11 tomes dont le 5ème sort en français début 2017

 

Tome 1 : L’hiver du commissaire Ricciardi (2007 – 2011 pour le Français)

Résumé : En cette fin de mois de mars 1931, un vent glacial souffle sur Naples. Le théâtre royal San Carlo s’apprête à donner Cavalleria Rusticana et Paillasse avec le célèbre ténor Arnaldo Vezzi, artiste de renommée mondiale et ami du Duce. Mais le chanteur est retrouvé sans vie dans sa loge, la gorge tranchée par un fragment acéré de son miroir brisé. Chose étrange, alors que les murs sont éclaboussés de sang, le manteau et l’écharpe de l’artiste sont parfaitement propres.

L’affaire est confiée au commissaire Ricciardi, peu apprécié par ses supérieurs en raison de son caractère et de ses méthodes atypiques, mais reconnu comme un enquêteur de valeur. Ce que peu de gens savent, c’est que le commissaire est un homme tourmenté, traumatisé par la vision d’un cadavre dans l’enfance. Il est hanté par des visions dès qu’il est confronté à la mort violente ; il « voit », comme inscrit sur une pellicule, les derniers instants des êtres qui passent de vie à trépas et va jusqu’à éprouver leur souffrance…

Maurizio De Giovanni fait de Naples une peinture désenchantée dans ce roman d’atmosphère où la vie et le spectacle se mêlent dangereusement.

Mon avis : (voir article)

 

Tome 2 : Le Printemps du commissaire Ricciardi (2008 – 2013 pour le Français)

Résumé :  Luigi Alfredo Ricciardi, commissaire à la questure royale de Naples, a un don particulier : il voit la souffrance des morts et les entend « parler ». Aidé de son fidèle adjoint, il enquête dans les quartiers pauvres de la ville où on a découvert le corps de la vielle Carmela Calise, cartomancienne et usurière à ses heures. Que va révéler la morte au commissaire ? Les secrets de ses clients sont bien gardés.

En ce printemps de l’année 1931, la ville de Naples a l’odeur de la haine, du sang et des amours déçues.

Mon avis : (voir article)

 

Tome 3 : L’été du commissaire Ricciardi (2009 – 2014 pour le Français)

Résumé : En ce mois d’août 1931 à Naples, les fêtes populaires où se côtoient danses endiablées et dévotions à la Vierge battent leur plein. Mais il n’y a pas de trêve estivale pour le crime.

Pour le commissaire Ricciardi et son adjoint le brigadier Maione non plus. Ils travaillent même le dimanche, et on ne tarde pas à les prévenir que la duchesse de Camparino a été découverte sans vie dans sa somptueuse demeure. Une balle tirée à travers un coussin a suffi à la tuer. Si, pour le médecin légiste et la police, l’acte criminel ne fait aucun doute, il est en revanche plus difficile d’isoler un suspect. Le commissaire Ricciardi possède le don peu commun de voir, comme en un flash, les derniers instants des morts. Et ce qu’il perçoit le laisse perplexe : la duchesse parle d’un anneau qu’on lui aurait volé…

Dans une langue pittoresque et pleine d’humour, Maurizio de Giovanni continue de nous régaler avec ses romans à l’ambiance typiquement napolitaine et avec son commissaire ombrageux, romantique et terriblement attachant

Mon avis : (voir article)

 

Tome 4 : L’automne du commissaire Ricciardi (2010 – 2015 pour le Français)

Résumé : Cette enquête automnale clôt le cycle des Saisons du commissaire Ricciardi. Les nuages sont bas sur la ville de Naples. Durant la semaine qui précède le jour des morts, on a retrouvé le cadavre d’un enfant. C’est un « scugnizzo », un de ces gamins des rues. À première vue, il semble qu’il soit mort de malnutrition, mais il se révèle qu’il a ingéré de la mort aux rats. L’enfant avait été plus ou moins accueilli dans un foyer catholique où règnent violence et mauvais traitements. Le commissaire Ricciardi et son adjoint Maione vont avoir le plus grand mal à poursuivre leur enquête car la ville s’apprête à recevoir Mussolini et la Questure préférerait classer l’affaire.

Mon avis : (voir article)

 

Tome 5 : Le Noel du commissaire Ricciardi (2011 – fin février 2017 pour le Français)

Résumé : Nous sommes toujours à Naples en 1931, sous le régime de Mussolini. Riches ou pauvres, tous se préparent aux fêtes de Noël, le moment le plus important de l’année. Et pourtant, en cette période de réjouissances où on édifie des crèches monumentales et où on pense au souper du réveillon, une note discordante résonne : dans un luxueux appartement du port, on retrouve les corps d’un « centurion » de la milice fasciste et de son épouse. La femme a la gorge tranchée et l’homme a été lardé de nombreux coups de couteau. Lorsque le commissaire Ricciardi arrive sur les lieux, il perçoit, comme à l’accoutumée, les dernières paroles des morts. Mais ne le conduiront-elles pas sur une fausse piste ? Et pourquoi une statue de saint Joseph a-t-elle été fracassée ? L’assassin a-t-il voulu délivrer un message ? Don Pierino, le prêtre ami de Ricciardi aura peut-être des réponses à ces questions, tandis que le brigadier Maione, fidèle adjoint du commissaire, se retrouvera malgré lui mêlé de très près à l’affaire, dont les dessous révèlent bien sûr la face noire de la ville en ces années troublées. Le commissaire a d’autant moins l’esprit à la fête que ses amours se compliquent, entre l’insistance passionnée de Livia et la froideur incompréhensible d’Enrica.

Mon avis : (voir article)

 

De Giovanni, Maurizio «L’hiver du commissaire Ricciardi»(2011)

Série :  Commissaire Ricciardi  (Naples 1931) – 1ère enquête

Résumé : En cette fin de mois de mars 1931, un vent glacial souffle sur Naples. Le théâtre royal San Carlo s’apprête à donner Cavalleria Rusticana et Paillasse avec le célèbre ténor Arnaldo Vezzi, artiste de renommée mondiale et ami du Duce. Mais le chanteur est retrouvé sans vie dans sa loge, la gorge tranchée par un fragment acéré de son miroir brisé. Chose étrange, alors que les murs sont éclaboussés de sang, le manteau et l’écharpe de l’artiste sont parfaitement propres.

L’affaire est confiée au commissaire Ricciardi, peu apprécié par ses supérieurs en raison de son caractère et de ses méthodes atypiques, mais reconnu comme un enquêteur de valeur. Ce que peu de gens savent, c’est que le commissaire est un homme tourmenté, traumatisé par la vision d’un cadavre dans l’enfance. Il est hanté par des visions dès qu’il est confronté à la mort violente ; il « voit », comme inscrit sur une pellicule, les derniers instants des êtres qui passent de vie à trépas et va jusqu’à éprouver leur souffrance…

Maurizio De Giovanni fait de Naples une peinture désenchantée dans ce roman d’atmosphère où la vie et le spectacle se mêlent dangereusement.

Mon avis : J’avais déjà craqué pour les enquêtes contemporaines du Commissaire Lojacono du même auteur (voir liste alphabétique par auteurs) . Je suis ravie de retrouver l’ambiance particulière du Naples de De Giovanni. J’ai découvert les « Quartiers espagnols », qui datent de l’époque (XVIème siècle) ou les garnisons espagnoles y étaient installées pour réprimer les révoltes. Ces quartiers mal famés sont les hauts lieux de la prostitution et de la criminalité napolitaine, bien loin de la carte postale 😉 Un commissaire solitaire et taciturne, qui pense que la faim et l’amour sont à l’origine de tous les crimes (voir portrait un peu plus détaillé dans l’article sur cette série de romans). Aidé cette fois par un prêtre amoureux d’Opéra, nous allons investir les coulisses du théâtre San Carlo et la vie des personnes qui travaillent dans ce milieu. J’aime infiniment cette empathie qui est peut-être la caractéristique principale du Commissaire. Et une fois encore ( en plus c’est l’hiver) ambiance entre noir et gris, des personnages taiseux … ou même les œuvres au programme de l’Opéra (Cavalleria rusticana – Paillasse ) sont brutales et dramatiques et non sans rapport avec l’enquête…

Extraits :

En poussant la porte, il reconnut comme chaque matin l’odeur familière de son bureau : vieux livres, journaux, un peu de poussière d’autrefois, et des souvenirs. Le cuir du vieux fauteuil, des deux chaises face au bureau, du sous-main usé, vert olive. L’encre de l’encrier en cristal encastré dans le porte-lettres.

le crime est la face obscure du sentiment : la même énergie qui meut l’humanité peut aussi la pervertir. Elle l’infecte et suppure en explosant ensuite dans la sauvagerie et dans la violence.

Il n’aimait pas les endroits bondés, cette promiscuité d’âmes, de sensations et d’émotions. Les influences réciproques qui faisaient de la foule quelque chose de totalement différent des personnes qui la composaient. Il avait l’expérience de la bête qu’une foule pouvait engendrer.

Certains uniformes, qu’on les porte ou non, cela ne fait pas de différence. Vous et moi, on a toujours l’uniforme sur le dos.

Le lendemain matin, le vent froid n’avait pas perdu de son intensité : de lourds nuages noirs caracolaient dans le ciel, laissant les rayons du soleil illuminer par intermittence des fragments de ville ; comme des projecteurs dirigés au hasard pour souligner des détails dépourvus d’importance.

tenir deux conversations simultanément, l’une avec la bouche et l’autre avec les yeux.

Il vous arrachait le cœur de la poitrine, l’emportait au ciel pour le laver aux rayons du clair de lune et à la lumière des étoiles, et vous le rendait brillant, remis à neuf. Quand il avait fini de chanter, j’étais en larmes ; et je ne m’étais pas rendu compte que j’avais pleuré.

Mais la science peut s’appuyer sur les impressions. Elle les confirme, ou les dément.

Même s’il chante cent fois la même chose, cent fois le public ira l’écouter. Et pourquoi ? Parce que, à chaque fois, le public entend quelque chose de différent. C’est à chaque fois un nouvel enchantement.

L’amour s’éteint. Les bras qui vous serraient deviennent des barrières qui vous repoussent. Le visage que vous caressiez du regard pendant son sommeil devient le signe de votre fin.

Est-ce qu’il vaut mieux être aveugle de naissance ou le devenir ? Ne pas connaître les couleurs ou se contenter de leur souvenir ?

Je crois dans les hommes et dans leurs émotions. À l’amour, à la haine. À la faim. À la souffrance par-dessus tout.

« Et alors ? Selon vous, une personne a combien de possibilités de construire un peu de bonheur ?
— Autant qu’elle veut, madame. Peut-être aucune. Mais des illusions, si. Chaque jour, à chaque instant. Mais ce ne seront que des illusions. »

Entre nous deux il y a toujours deux dialogues : l’un en paroles, l’autre en regards.

Notre métier s’étend doucement, doucement, et, comme une nappe d’eau qui inonde une cave, il finit par remplir toute la vie. C’est pas bien.

Le fait est que je suis témoin, jour après jour, de la souffrance que des humains infligent volontairement à d’autres humains. Il m’est difficile de penser à l’amour autrement que comme le principal mobile des crimes

il aurait fait un merveilleux acteur de cinéma, pas le nouveau, mais de cinéma muet : ses expressions étaient si parlantes qu’on aurait pu se passer d’intertitres, la musique aurait suffi.

les enfants, ils sont pas habitués à avoir trop d’argent. Ça devient vite mal élevé, les gosses, avec trop d’argent.

Mais je me suis accrochée à la vie : avec les ongles, avec les dents. Elle émerveillait tout le monde, cette petite araignée de fille, tellement attachée à la vie.

C’est comme ça que font les chiens errants avec qui je me suis battue dans la rue. Il était pareil. Pire qu’un chien. Les chiens, ils rient pas.

 

Sur le blog : article sur la série des enquêtes du Commissaire Ricciardi

Philippon, Benoît «Cabossé» (RL2016)

Résumé : Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée»… Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…

Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

Mon avis : recommandé par mon amie Laurence, j’ai de suite été « accrochée ». Un OLNI (Objet livresque non identifié) totalement déjanté comme il y en a peu. Une pépite brute ce livre ! Un vrai gros coup de cœur pour ce livre totalement hors normes … Premier coup de cœur de l’année…

Le Raymond, il était un peu en vrac quand il y vu le jour… Construit façon puzzle mal assemblé… et une rencontre va sublimer sa vie.. Bienvenue dans le monde des cabossés de la vie…

La rencontre du Minotaure et de la Walkyrie comme l’auteur le dit à un moment : jouissif, détonnant… Un livre surprenant… La force brute qui recouvre la poésie de l’amour… Le trésor d’humanité dans une gangue mal dégrossie. Un livre magnifique, qui te mets les larmes aux yeux. Une écriture coup de poing et caresse.. Des images humanistes.. les aléas de la vie.. Cru, violent, mais jamais vulgaire…

Les rencontres qui illuminent une vie au détour du destin … des paumés qui te tracent la route et te donnent les moyens de t’en sortir un peu… Un couple d’homos improbable, une pute avec un cœur immense dans sa camionnette , une centenaire Mamie flingueuse.. Une galerie de personnage époustouflante qui sert le parcours road-movies américain dans le Cantal d’un mec qui colore sa vie au travers des clichés du cinéma . Un voyage entre l’ombre et la lumière, la noirceur de l’âme et les étincelles…beaucoup d’étincelles.. la luciole et les lumières du cœur… La rencontre de la force et du fragile, la naissance de la confiance… l’apprentissage du lâcher prise, de l’abandon, du faire confiance…

Extraits :  ( il y a des fulgurances, des émotions à chaque page… j’ai fait un petit choix mais ce serait génial de lire vos extraits à vous dans les commentaires )

Il parle pas beaucoup. Des fois, il parle pas du tout. Mais on comprend chaque mot qu’il dit pas.

[…] tu vois pas le platane, tu finis en miettes de thon dans un reste de boîte de conserve concassée que t’appelais autrefois ta caisse.

On est fait de 95 % d’eau, il paraît, alors si tu les pleures, c’est quoi les 5 % qui restent ? Les os ? L’âme ? Les regrets ?

À l’ère du tout numérique, une cabine téléphonique perdue au milieu de nulle part, c’était romanesque. Mieux, c’était cinématographique.

Tu sais, une femme dans les années 50, c’était un peu comme les homosexuels aujourd’hui. On les tolérait tout juste, on leur donnait des droits au compte-gouttes.

Ce gamin était un écorché. Il cicatrisait pas. Volontairement. Il gardait la chair à vif. Pour pas oublier qu’il avait mal. Et se rappeler. De pas pardonner. Et de pas se pardonner à lui-même.

Brûlure au troisième degré. Il a pas mis d’écran total, il aurait dû. Cette meuf a un sourire à vous cramer l’épiderme et vous brûler le cœur. Putain, qu’est-ce qu’il est chaud, ce sourire !

La route. Les pointillés au sol. Comme une ponctuation. Les trois petits points ne closent pas la phrase, ils la laissent en suspension. Ils signifient qu’à la fin de cette phrase il y a une suite. Mais on sait pas encore laquelle.

Trois petits points disent sans dire. Ils laissent planer le doute. Ou la suggestion. On voudrait révéler plus mais on ne préfère pas. On voudrait en savoir plus mais on préfère deviner. L’histoire est pas finie, même si elle en a l’air. Tout est encore possible même si tout semble verrouillé. Mais justement, c’est pas un point final, pas un point d’exclamation, ni même d’interrogation. Ces trois petits points lient le présent à l’avenir. Comme une corde fragile. Une perspective qui s’enfonce dans la brume.

 

Penny, Louise «La nature de la bête» (2016)

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 11 : Le retour de la bête  ( paru au Canada en septembre 2016)

Résumé : Chaque jour, ou presque, le jeune Laurent Lepage invente une catastrophe : des dinosaures dans le village, des arbres qui marchent, un débarquement d’extraterrestres. Le garçon de neuf ans à l’imagination si fertile que plus personne ne le croit. Pas même Armand Gamache et Reine-Marie, qui ont pris leur retraite à Three Pines. Cependant, quand l’enfant disparaît, il faut bien envisager que l’une de ses histoires puisse être vraie. Une traque effrénée se met en branle pour le retrouver. Au fin fond de la forêt, Gamache et ses anciens lieutenants de la SQ, Jean-Guy Beauvoir et Isabelle Lacoste, déterrent de sombres secrets qui mènent à un meurtre, à une trahison et à Ruth Zardo, la vieille poète excentrique. Un monstre est autrefois venu à Three Pines, il y a semé le malheur, et le voilà de retour. En refusant de prêter foi à un enfant, l’ex-inspecteur-chef n’a-t-il pas joué un rôle funeste dans ce qui est arrivé ?

Mon avis : Armand Gamache en retraite anticipée… Vous y croyez, vous ? Pénard, tranquillou en train de couler des jours heureux avec sa femme et son chien … Faite confiance à Louise Penny, ça ne va pas durer ! J’ai beaucoup aimé cette enquête « passation de jalon » entre lui et Isabelle Lacoste. N’étant pas canadienne j’ai appris des choses sur la justice de ce pays qui peut demander des procès à huis clos en cas de crimes atroces. J’ai également fait la connaissance de l’ingénieur canadien Gerald Bull, assassiné le 22 mars 1990 à Uccle (Bruxelles) ; une enquête passionnante où j’ai retrouvé avec plaisir Gamache et son clan, les habitants de Three Pines. Attention si l’idée est inspirée d’un fait réel cela demeure un roman et ce n’est pas l’histoire de ce fait divers. J’ai aussi aimé les sujets abordés : la retraite, la relation entre le concepteur et l’objet, entre le créateur et la création, et comme toujours les analyses de caractères et la psychologie des personnages. Le côté obscur des gens, les failles, la lumière, les remords, les regrets, le poids du passé … un tout bon Gamache donc !

Extraits :

Il reste la partie amusante. Rebâtir.

Mais ils savaient l’un et l’autre que les mots sont des armes, eux aussi. Quand ils forment un récit, leur pouvoir est presque sans limites.

Ce mot incongru s’était échoué sur son rivage et y avait planté des racines, des vrilles. Mot liseron.
Après.

Elle était encore étonnée et ravie par l’existence d’un maintenant.
Et voilà que l’après avait envahi le maintenant.

À vrai dire, elle savourait encore l’ici et maintenant. Mais, sur la ligne d’horizon, l’après s’approchait lentement.

Quand elle était bouleversée, Reine-Marie aimait hacher, mesurer, touiller. Suivre une recette. En cuisine, tout est en ordre. Pas d’approximations. Pas de surprises.
C’était à la fois créatif et apaisant, le résultat, réconfortant et prévisible.

BIEN voulait dire bête, inquiet, emmerdeur, névrosé.

Des livres d’histoire. Des ouvrages de référence. Des biographies. Des romans, des essais. Des récits s’alignaient sur les murs, les isolaient du monde extérieur en même temps qu’ils les raccordaient à lui.

— Chhh ? fit Myrna. C’est le bruit que font les secrets qui s’échappent de toi ?

La création est-elle indissociable de son créateur ? Est-ce important de faire la différence ?

Savoir ne rimait pas toujours avec pouvoir. Savoir était parfois paralysant.

Et voilà que, du fond de son cachot, il avait réussi à s’évader. À se faufiler entre les barreaux. Par le verbe.

La nature, elle le savait, a horreur du vide, et les villageois, face à un vide d’information, y engouffraient leurs propres peurs. La ligne de démarcation entre les faits et l’invention, le réel et l’imaginaire, devenait floue. Les amarres qui retenaient chacun aux bonnes manières s’effritaient. On les voyait, les entendait, les sentait se désagréger.

Pour un tueur, le chaos est un refuge.

Il aperçut la vieille gare, les volets clos. Le lien ferroviaire avait été sectionné, à la façon d’une artère, et le village, naguère dynamique, avait dépéri. À petit feu.

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, il s’agit d’une représentation assez fidèle d’une enquête pour meurtre. Toutes sortes de fragments à première vue sans lien et insignifiants qui, une fois réunis, forment un tout mortel.

Tout ce que je veux dire, c’est que certains camouflent leur côté sombre et d’autres leur lumière. Quant à toi, mon ami, c’est un croissant que tu as à l’intérieur.

Penny, Louise : La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Photo : Neil Young (Montreux 2016)