Perry, Anne «Meurtre en écho» (2017)

23ème enquête de William Monk

Sorti le 17 aout 2017

Résumé : Le commandant Monk a déjà vu la mort. Trop souvent de près. Mais le meurtre de ce Hongrois, retrouvé dans un entrepôt du bord de la Tamise, s’avère aussi cruel qu’atypique. Doigts disloqués, lèvres découpées, cadavre transpercé d’une baïonnette et entouré de dix-sept bougies éteintes dans le sang… Tout évoque un rituel glaçant qui place d’emblée ce crime loin des mobiles habituels. Tandis que sa femme Hester essaie d’aider un homme surgi de son passé qui se trouve mêlé à l’affaire, Monk tente de pénétrer la petite communauté hongroise londonienne, repliée sur elle-même. Et alors que le premier meurtre rituel se mue en une série terrifiante, il va lui falloir combattre la défiance, l’hostilité et les menaces de ceux qu’il est censé protéger.

Mon avis : Un des plus réussis. Comme chaque fois, je ne résiste pas. Cette fois les héros sont Esther, Monk et leur « Fils adoptif » Scuff qui assiste le Docteur des pauvres, Crow dans son dispensaire. Surgit un fantôme du passé d’Esther, un chirurgien qui était avec elle en Crimée… Plongeon dans un passé enfoui, tant pour Esther que pour les proches. La problématique principale qui lie tous les principaux protagonistes… des faits refoulés, oubliés, des cauchemars relatifs à des pans du passé. Ajouté à ces problématiques un assassin décime la communauté hongroise… crime raciste ? crime rituel ? crime religieux ? règlement de compte personnel ? Difficile d’enquêter au milieu d’une population qui parle principalement le hongrois……

Extraits :

Cet homme était correct, mais c’était un étranger quand même.

Mais… plus on tient à quelque chose, plus on risque de souffrir.

Si vous rêviez d’un métier prévisible et sans histoire, vous auriez dû devenir comptable. Ou marchand de légumes.

La douleur, la peur et même le simple embarras réduisaient bien des gens au silence.

Le violet symbolise le pouvoir, le pouvoir qu’on a sur autrui, un pouvoir ténébreux.

Il détestait les sociétés secrètes sous toutes leurs formes. Elles conféraient à leurs membres un pouvoir dont ils abusaient presque toujours.

Un lien naturel unissait ceux qui partageaient des racines et des souvenirs similaires, et surtout l’espoir complexe de construire une vie nouvelle dans un autre pays.

ils portaient le deuil de leurs certitudes, d’un passé et de lieux familiers, en oubliant parfois que ceux-ci étaient associés à des moments douloureux.

Certains parlent du passé comme s’il était toujours avec eux, comme un vêtement invisible. D’autres semblent vouloir s’en défaire, ne jamais regarder en arrière.

« Personne ne peut changer le passé, disait-il. L’avenir, si. Tout ce qu’on fait le façonne d’une manière ou d’une autre. »

Vivre le présent signifiait enterrer tout cela au fond de soi et sceller la porte, comme pour une cave où on ne voudrait plus jamais pénétrer. L’entrée cachée à dessein par un meuble placé devant.

En général, la magie associée aux bougies est bénéfique, censée apporter la paix, la santé, la guérison, ce genre de choses. Pas un fichu meurtre !
— Néanmoins, vous dites que le violet représente le pouvoir ?
— Oui. Ou la capacité d’agir, l’efficacité.

Une demi-vérité est le pire des mensonges, parfois.

Les malades veulent votre aide, pas votre pitié, disait-elle. Par conséquent, vous devez être aussi fort que possible, et aussi plein d’énergie et de bon sens que possible !

Être chrétien, ça dépend de ce qu’on fait, pas d’où on vient

Le soutien émotionnel était une chose délicate, insaisissable. Un mot maladroit, une fausse note d’encouragement pouvait soudain ressembler à une marque de condescendance, ou trahir un manque de compréhension de sa part, et effacer tout ce qu’elle avait pu dire de positif avant.

Le tétanos peut s’attraper par des plaies, même petites, expliqua-t-elle. Si tu dois soigner une blessure qui a été causée par un morceau de ferraille, assure-toi qu’elle saigne avant de recoudre. Assez pour évacuer le sang qui a été en contact avec le métal.

vous devez vous tourner vers le passé et examiner les souvenirs qui vous font peur. Quand vous les verrez, ils perdront le pouvoir qu’ils exercent sur vous.

Les vieilles plaies peuvent rester à vif. Se remettre à saigner si on arrache les bandages.

Article : La série des enquêtes de William Monk

Giacometti – Ravenne « L’Empire du Graal » (2016)

Giacometti – Ravenne « L’Empire du Graal »  (2016)

11ème enquête du Commissaire Antoine Marcas :  Voir sujet global : « Série Commissaire Antoine Marcas »

Résumé : Oubliez tout ce que vous savez sur le Graal.

Palais pontifical de Castel Gandolfo. Sur ordre du pape, les cinq cardinaux les plus influents du Vatican prennent connaissance d’un rapport explosif rédigé par Titanium, le leader mondial des algorithmes. Le compte à rebours de l’extinction de l’Église catholique a commencé.
Paris, Hôtel des ventes de Drouot. En remontant une filière de financement du terrorisme, Antoine Marcas, le commissaire franc-maçon, assiste à la mise aux enchères d’un sarcophage du Moyen Âge. Un sarcophage unique au monde, car il contient selon le commissaire-priseur, les restes d’un… vampire.
C’est le début de la plus étrange aventure d’Antoine Marcas.
Une enquête périlleuse qui va le mener, en France et en Angleterre, sur la piste de la relique la plus précieuse de la chrétienté.
Le Graal. Une enquête aux frontières de la raison qui ressuscite Perceval, le roi Arthur et la geste légendaire des chevaliers de la Table ronde.

Mon avis : Et c’est parti pour un, non deux voyages… La quête du Graal de Marcas et une plongée dans la quête de Perceval ! Bienvenue en forêt de Brocéliande… J’ai adoré. Si le monde continue comme maintenant, la foi catholique sera prochainement réduite à une peau de chagrin et l’Islam gouvernera le monde. Mais jusqu’où l’Eglise est-elle prête à aller pour triompher ? Entre thriller ésotérique, guerre de religions, fable et légende… Amour entre père et fils, entre mari et femme, fidélité chevaleresque, un petit zeste d’Indiana Jones … du glauque, de la quête, du merveilleux, du rêve et du cauchemar… et aussi beaucoup d’informations historiques, des précisions sur les apports des maçons dans la culture actuelle (la manière de marcher des tailleurs de pierre – les chiffres le 3, le 5, le 7) et petits détails intéressants, un cours sur l’héraldique …Une fois encore sous le charme des aventures du Commissaire Marcas. La chasse au Graal est ouverte…. Et une belle révision de Chrétien de Troyes en prime…Mais je pense que certains vont trouver la légende arthurienne un peu trop présente..

Extraits :

Il m’a parlé d’ours polaires assis sur la banquise. Avec le réchauffement climatique, ces plantigrades voient leur territoire se réduire d’année en année, plaque de glace après plaque de glace, et finissent par couler dans l’océan. Ce rapport lui inspirait la même crainte, ce serait l’équivalent d’un réchauffement climatique pour l’Église.
Albertini devint livide.
— Soyez précis.
— C’est pourtant limpide. L’Église est un ours, assis sur une vaste banquise, une banquise durcie par la foi de plus d’un milliard de fidèles.

La pluie et le vent torturaient son parapluie avec un sadisme inhabituel en cette période de l’année.

ses parents lui avaient inoculé le virus d’une merveilleuse maladie. Une fièvre qui donnait à celui qui en était frappé la faculté de remonter le temps. La maladie de l’histoire.

N’écoute jamais les adultes. Il faut toujours croire aux contes de fées.

Sa vie affective était devenue plus désertique que le Sahara et le Gobi réunis. Comme le chevalier du conte…

Elle lui lança un regard aussi acéré que le gros couteau de boucher avec lequel elle s’apprêtait à découper la chair tendre et rosée.

Les hommes veulent du merveilleux.

l’Église est empoisonnée par le rationalisme et que l’antidote consiste à injecter du merveilleux à haute dose. En l’occurrence le Graal.

Eh bien Star Wars, c’est la Force, l’Église catholique, c’est la Foi. À la différence que vous, ça fait deux mille ans que vous projetez le même film. Malheureusement pour vous, vous avez zappé les effets spéciaux.

Chrétien de Troyes publie son Conte du Graal autour de 1190, or à cette époque l’Occident subit de graves revers en Terre sainte. À la tête de ses armées, Saladin prend Jérusalem et la plupart des places fortes de la région. Les chrétiens sont expulsés, massacrés ou envoyés en esclavage. Il ne reste plus que quelques bastions comme Tyr et Antioche. Face à la catastrophe, le pape Grégoire VIII lance la troisième croisade. Le Graal est une magnifique parabole d’une nouvelle quête, celle de la reconquête de la Terre sainte. Ce n’est pas un hasard si les écrivains continuateurs de Chrétien de Troyes vont tous axer la quête du Graal dans une optique de plus en plus chrétienne.

je place la science au firmament, non pas comme une idole, mais comme une manifestation de l’esprit de Dieu.

on ne faisait plus rêver en parlant de l’odeur de vieux cuir des reliures et du plaisir sensuel à tourner les pages de papier.

Une uchronie, c’est quand tu modifies le sens des événements, que tu imagines un autre destin à l’Histoire. Que se serait-il passé si César avait échappé au poignard de Brutus ? Si Napoléon l’avait emporté à Waterloo ?

Un monde sans couleur est un monde sans âme. Un esprit sans couleur est un esprit sans vie.

la tradition ésotérique française. Une tradition souvent dédaignée au pays de Descartes et de Voltaire, mais fondatrice, car elle plongeait ses racines dans un incroyable terreau imaginaire, historique et culturel. Où se retrouvaient dans une chaîne séculaire aussi bien l’alchimiste Nicolas Flamel, les fées de Brocéliande, le dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, ou les énigmatiques Cathares hérétiques de Montségur. La substantifique moelle de ses best-sellers mondiaux se nourrissait, sans état d’âme, de ce fabuleux patrimoine légendaire.

Quelle est cette couleur qui baigne notre cerveau, fruit de millions d’années d’évolution ? Il fut un temps où nous avions un arc-en-ciel en tête : nous avions foi en l’avenir, dans le progrès. Nous rêvions d’utopie, d’un monde plus juste, plus beau. Eh bien, en ce troisième millénaire, cette couleur a viré au gris. Un gris sans âme, sans rêve, sans espoir. Et ce gris se densifie jusqu’à devenir noir. Un noir de peur, de méfiance, d’intolérance propagées par les journaux, la télévision, la radio et les réseaux sociaux. Les politiques ne nous apportent aucune espérance. L’insécurité, le chômage et le terrorisme ont tout gangrené. Nos cerveaux ont pris la couleur de la nuit.

Le bleu des nuits célestes, l’orange des aubes d’été, le vert naissant des printemps, l’or jaune du soleil, le rouge des passions. Des teintes éclatantes pour colorer à nouveau le cerveau des hommes. C’est ce que j’essaye de faire humblement dans mes romans. Je ne suis qu’un modeste peintre qui redonne de l’éclat à l’imaginaire des hommes. Tel est mon but, réveiller en vous le sens du merveilleux… ou du conte de fées. Appelez ça comme vous voudrez.

Ré-enchanter le monde, voilà l’enjeu de ce troisième millénaire. Sinon, nous laisserons à nos enfants un monde en gris et en noir.

Pour cette église du polar, le genre repose sur deux piliers d’airain. Le style, l’écriture si tu préfères, et la dénonciation de l’injustice sociale. Or, je n’ai ni la prétention d’avoir une plume dorée à l’or fin, ni le désir, et encore moins le talent, d’imiter les grands du genre, un Manchette, un Ellroy, un Burke ou un Pouy. Le polar marque le quotidien au fer rouillé du réel, alors que le thriller ésotérique le sublime. Je ne suis pas non plus Umberto Eco… Moi, je succombe avec délices aux sortilèges de l’ésotérisme ! Je ne suis qu’un modeste romancier qui veut faire rêver ses lecteurs. Mais ce rêve n’entre pas dans les canons de l’orthodoxie…

Best-seller ! Chut… malheureux ! Tu abordes un autre tabou. Tu prononces le mot honni. Dans les cénacles élitistes littéraires, plus tu as de lecteurs plus tu deviens suspect. Très… français comme vision. Mon Dieu, cachez ces chiffres de vente ! Haro sur ces engeances littéraires souillées de marketing, véritables insultes à la pureté originelle du livre !

Il fut un temps où les vampires et les morts-vivants étaient tout aussi réels pour nos ancêtres que la pluie ou le soleil.

Le vampire, le mort-vivant, qu’il soit d’origine démoniaque ou issu du corps d’un mortel, a traversé et influencé toutes les civilisations. Qu’importe son nom ou ses incarnations. Incubes et succubes chez les Mésopotamiens, Lamia et Empusa pour les Grecs, Stryges dans la Rome impériale, Aluka pour les juifs, Dhampires en Bohême, Nosferat ou Strigoïs en Roumanie, toutes ces créatures ont toujours infesté les campagnes à la tombée de la nuit pour puiser leur vie dans le sang.

Ainsi, en Irlande, il fallait éviter de croiser le Dearg-Dul au coin d’une forêt sombre, les soirs de pleine lune. Les Écossais, eux, craignaient la Baobhan Sith, une fée à l’allure envoûtante qui hurlait à la mort dans la lande. Et parfois même, les vivants buvaient le sang des défunts afin de s’approprier leur force et leur courage, comme certaines tribus vikings du Danemark.

Le symbole de l’homme qui marche pourrait indiquer cette progression. Il sort de la tombe de l’ignorance pour aller vers la lumière. Vers le Graal.

— « La souffrance a ses limites, pas la peur. » Arthur Koestler

Tout est symbole. Si le langage parle à l’esprit, le symbole, lui, parle à l’âme. Là où les mots renvoient à des choses ou à des concepts, par le biais de la raison, le symbole, lui, fait appel à l’émotion ; il fait vibrer en chacun des sensations inconnues, des souvenirs oubliés et il en dévoile les correspondances profondes et véritables

— Mais c’est la vérité.
— La vérité de la raison, oui. Mais celle de l’imaginaire est tout autre.

Une pénombre diffuse colorait en sombre toute la partie inférieure de la construction.

L’héraldique, les hiéroglyphes de la féodalité, comme le disait votre bon vieux Victor Hugo.

Un blason se décrypte en fonction de quatre éléments fondamentaux. La couleur, la partition, les pièces et les meubles. La combinaison de ces quatre éléments explique l’extraordinaire variété des armoiries.

Ici, commençait un château obscur et merveilleux où seuls les chevaliers archivistes et paléographes pouvaient chevaucher entre les murailles de papier.

Mille vies n’auraient pas suffi pour dévorer les quatre-vingt-cinq kilomètres de linéaires entreposés dans ce royaume souterrain. Un royaume peuplé de fantômes parcheminés.

(Les archives) : C’est le cœur nucléaire des origines du christianisme – et, comme dans les centrales atomiques, il faut se protéger de sa radioactivité.

Vous lisez le français ?
— Oui, n’est-ce pas la langue de la diplomatie vaticane ?

À Brocéliande, continua l’écrivain, Morgane fut recueillie par Merlin qui lui apprit les secrets de la magie, puis lui confia la tâche de mettre à l’épreuve les chevaliers qui se lançaient dans la quête du Graal.

— C’est la Grande Ourse, reconnaissable entre toutes : elle a la forme d’une casserole.
— Exact. Ursa Major. C’est fascinant.
— Je ne vois pas en quoi, répliqua Antoine, c’est la constellation la plus banale de la voûte étoilée.
— Pour toi, mais dans la tradition celtique, elle est connue sous un autre nom bien plus mystérieux : Karr Arzhur, le Chariot d’Arthur. Parce que le nom d’Arthur vient du mot « ours », Arzhen breton ou Arth en gallois… Voilà pourquoi le plantigrade orne son blason et que le surnom d’Arthur est le roi des ours.

De tous les feux qui enflamment l’esprit, l’imagination est le plus puissant, déclara Theobald, surtout quand on fait souffler le vent dans le bon sens. Déjà nos spécialistes travaillent à préparer l’opinion, à l’orienter… croyez-moi, aujourd’hui, entre les algorithmes et le Big Data, jamais la science n’a été aussi proche de Dieu.

L’imaginaire ! Les hommes en ont aussi sûrement besoin que l’air, l’eau ou la foi. L’Église a commis une faute impardonnable en abandonnant l’imaginaire des hommes à l’industrie du divertissement culturel. Et aux autres religions. Nous devons à nouveau offrir du rêve à nos fidèles.

Était-il possible que l’on puisse abuser les hommes jusqu’à leur faire croire tout et son contraire ? Ou alors la science de manipulation avait-elle atteint un tel point qu’elle servait les intérêts de Dieu ?

Fort est celui qui assume ses faiblesses, faible est celui qui les nie.

Chacun est parti affronter la Quête, son arme favorite à la main. Qui, son courage légendaire, qui, sa volonté de fer, qui, son intelligence hors pair. Et pourtant, tous ont échoué. Parce que tous ont cru que le Graal était une conquête, alors qu’il est un destin. Et un destin ne se conquiert pas, il se mérite.

Le miracle est dans l’œil de celui qui le vit

Si ce que nous savons nous élève, c’est ce que nous ignorons qui nous révèle.

… l’adversaire intérieur. C’était bien l’homme qui le nourrissait par ses frayeurs irrépressibles, qui lui donnait corps par ses peurs incontrôlées.

Il est plus facile de tuer un démon que vaincre sa peur du démon

Pour l’enfant de Cornouailles, où chaque arbre a une âme et chaque pierre sa légende, le merveilleux était aussi quotidien que la rosée du matin. Toutefois, il avait appris à se méfier de ses propres impulsions. L’intelligence du cœur n’est pas innée. À chaque intuition, il fallait une pierre d’angle.

L’art des signes n’a rien à voir avec la magie. C’est une haute science : là où les hommes aveuglés par eux-mêmes ne voient que passer le hasard, celui qui connaît l’alphabet du destin peut lire dans le grand livre de la vie.

Son caractère était pareil à un paysage qui se dévoilait progressivement : peu à peu surgissaient des parcelles inattendues.

l’important n’est pas de connaître son avenir, l’important c’est d’y participer en pleine confiance.

Savez-vous qu’en latin gauche se dit sinister ?
— Comme sinistre ?
— Exactement, dans la science des signes visibles, tout ce qui va vers la gauche est mauvais présage.

le visage figé par une douleur devenue muette d’être trop vive. Il ne sentait plus ni son corps ni sa vie. La souffrance ne brise pas la volonté, non, elle la broie, l’émiette au vent et il n’en reste que cendres.

La logique est une folle boussole dans les champs magnétiques du merveilleux.

Infos :

Mythologie :

Asmodée, gardien des trésors enfouis : Le nom Asmodée viendrait de l’altération du nom d’un démon avestique, Aešma-daeva, littéralement démon de la colère qui pourrait aussi signifier en hébreu « celui qui fait périr ». Il est mentionné dans le livre de Tobit, III.8, chassé du corps de Sara par l’archange Raphaël. Traduit en latin par Asmodeus, sa signification est « Le souffle ardent de Dieu ». ( voir sur wikipédia)

Visite de Paris :
– La rue Henry-de-Jouvenel est la plus courte de Paris. Elle ne compte que trois numéros dont le premier a été donné à ce long mur de pierres, gravé en lettres noires, « Bateau ivre » de Rimbaud.
– la rue Férou. C’est là qu’Alexandre Dumas, dans Les Trois Mousquetaires, place la demeure d’Athos.
– Galerie Vivienne : L’escalier monumental du numéro 13 conduit à l’ancienne demeure de Vidocq après sa disgrâce

Les chiffres : le 3, le 5, le 7 …
En symbolique, le cinq représente l’être humain – les cinq sens, les cinq doigts de la main qui servent à saisir la matière. C’est aussi l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci, celui qui a les bras et les jambes écartés dans un pentagone. Et en hébreu, la signification du chiffre 5 est : « saisissement ».Voltaire : — Ce chantre des Lumières, franc-maçon sur le tard, grand pourfendeur de l’Église toute sa vie, termine sa lettre « en baisant humblement les pieds » du Saint-Père.

 

Sansom, C.J. «Lamentation» (2016)

Auteur : Né en 1952 à Édimbourg, Sansom a suivi ses études à l’université de Birmingham, où il a obtenu un Bachelor of Arts (Licence) et un Ph.D. (Doctorat) en Histoire. Après de multiples emplois, il a décidé de se « recycler » en tant qu’avocat-conseil. Il a quitté son travail afin de devenir écrivain à temps plein.

Les Larmes du diable a gagné le prix Ellis Peters du roman historique décerné par la Crime Writers’ Association en 2005 et il fut finaliste du même prix pour ses romans Dissolution et Prophétie.

La plupart de ses livres se déroulent au XVIe siècle et son personnage principal est l’avocat Matthew Shardlake, qui travaille pour lord Thomas Cromwell dans les deux premiers romans de la série, puis pour l’Archevèque Thomas Cranmer dans les deux suivants et enfin pour la reine Catherine Parr dans le dernier. Il a également écrit « Un hiver à Madrid » qui est un thriller d’espionnage qui se déroule en Espagne en 1940 et « Dominion » ( Et si les nazis avait conquis l’Angleterre ? Et si la Seconde Guerre mondiale avait pris fin en 1940 ? Soudain, l’Histoire prend un tout autre tournant…)

Série « Matthew Shardlake »

Tome 5 « Lamentation »

Mêlant histoire et suspense, une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, l’avocat bossu, humaniste et brillant, chargé de sauver la reine d’une terrifiante chasse aux hérétiques. Mais quand les amis Protestants sont plus dangereux que les ennemis Catholiques, à qui peut-on se fier ? Et si par sa loyauté, Shardlake s’était frayé une voie royale vers le bûcher ? Un sixième tome qui clôt le règne d’Henri VIII, sur fond de tensions religieuses, de machinations et de passions.

Sombres machinations, passions dévastatrices et tensions religieuses au cœur de l’Angleterre tourmentée des Tudor ; une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, le talentueux avocat bossu, confronté au plus grand des défis : sauver la reine.

Rien ne va plus au royaume des Tudor : alors qu’il s’apprête à pousser son dernier soupir, le tyrannique Henri VIII tente un ultime rapprochement avec le catholicisme dans l’espoir de recommander son âme à Dieu. La chasse aux hérétiques protestants est de nouveau ouverte, les bûchers ne désemplissent plus.

C’est dans ce contexte explosif que Matthew Shardlake est contacté par Catherine Parr, sixième épouse du souverain. Celle-ci est terrifiée : fervente protestante, elle a couché ses pensées dans un journal intime qui a disparu, et dont quelques feuillets ont été retrouvés chez un imprimeur… fraîchement assassiné. Et si les conseillers catholiques du roi avaient en leur possession la preuve de l’hérésie de la reine ? Que risque-t-elle si l’affaire arrive aux oreilles d’Henri VIII ?

Prêt à tout pour aider sa fidèle protectrice, Shardlake se lance dans une enquête particulièrement dangereuse. À qui se fier ? Les amis protestants seraient-ils plus dangereux que les ennemis catholiques ? Comment infiltrer le milieu des fanatiques sans risquer d’être soi-même accusé d’hérésie et de finir au bûcher ?

 

Contexte (note de l’auteur)

En 1532-1533, Henri VIII avait rejeté la suprématie du pape sur l’Église d’Angleterre, mais durant le restant de son règne il oscilla entre deux tendances : le maintien des rituels catholiques traditionnels, d’une part, et l’évolution vers des pratiques protestantes, d’autre part. Ceux qui souhaitaient garder les rituels traditionnels – certains d’entre eux auraient même souhaité faire de nouveau allégeance à Rome – étaient appelés conservateurs, traditionalistes, voire papistes. Ceux qui voulaient adopter les pratiques luthériennes, et plus tard les pratiques calvinistes, étaient appelés radicaux ou protestants. Les termes « conservateur » et « radical » n’avaient alors aucune connotation politique.

En 1546, la pierre de touche de la croyance acceptable était l’adhésion à la doctrine catholique traditionnelle de la « transsubtantiation », selon laquelle le pain et le vin consacrés au cours de la célébration par le prêtre de l’Eucharistie deviennent véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ. Henri VIII ne s’écarta jamais de cette croyance traditionnelle. Selon l’« Acte des six articles », de 1539, nier ce dogme constituait une trahison, le coupable étant passible du bûcher. L’autre article de foi fondamental selon Henri VIII était la « suprématie royale », à savoir que Dieu avait décidé qu’en matière de doctrine les monarques, et non pas le pape, étaient les arbitres suprêmes dans leur pays.

Mon avis: C’est toujours un plaisir de retrouver Matthew Shardlake et Barak… L’Histoire et l’histoire sont une fois de plus au rendez-vous. Un gros pavé, certes, mais fascinant de bout en bout. Extrêmement bien documenté une fois encore, nous vivons les derniers mois du Roi et les magouilles pour accéder à la régence… Notre brave avocat va au-devant des pires dangers, il navigue en eaux troubles, ne sait pas trop à qui se fier… Son entourage est bien peu fiable… les ennemis sont partout. Au péril de sa vie et de ses deux employés, Barak et Nicholas, il va tenter de mener l’enquête pour voler une fois encore au secours de la Reine Catherine. Il va en parallèle travailler sur une sombre histoire d’héritage qui va opposer un frère et une sœur… Espérons qu’il va arriver vivant à la fin de l’épisode et que nous allons le retrouver pour la suite…

Extraits :

Ils avaient tous les trois fait leur ascension sous Thomas Cromwell, avant de virer vers la faction conservatrice du Conseil privé après la chute de Cromwell, pliant et se contorsionnant selon le sens du vent, hommes toujours à deux visages sous un seul bonnet.

Comme vous vous en êtes sans doute déjà rendu compte, soupira-t-il, la cour est un endroit où règnent la peur et la haine. La véritable amitié en est totalement absente. Même au sein d’une famille. Les Seymour se querellent et se donnent des coups de griffes comme des chats.

Vous connaissez la devise de la reine ?
— “Faire œuvre utile”.

On ne sait jamais, conclut-il d’un air sombre, si les fous sont toujours aussi idiots qu’ils le paraissent.

Vous savez, repris-je après quelques secondes, j’ai toujours considéré que les gens qui ont une fois inébranlable, qu’ils soient d’un bord ou de l’autre, sont les hommes les plus dangereux. Mais, tout récemment, je me suis demandé si je ne me trompais pas et si les pires n’étaient pas ceux qui, comme certains personnages très haut placés à la cour – Wriothesley ou Rich –, passent d’un bord à l’autre pour satisfaire leur ambition.

En ce qui concerne les questions de foi, répondit-il d’un ton chagrin, il vaut mieux parler avec la sagesse du serpent qu’avec l’innocence de la colombe, selon les propres paroles de Jésus-Christ.

 

Lien vers : Série « Matthew Shardlake » : http://www.cathjack.ch/wordpress/?p=1139

 

Image : Catherine Parr, sixième épouse du souverain

Morton, Kate «Les brumes de Riverton» (2007)

Auteur : née en 1976, romancière australienne. Elle est connue pour ses romans gothiques. Elle a une maîtrise de littérature victorienne et un doctorat sur le gothique dans la littérature contemporaine.

Un étonnant premier roman d’une jeune Australienne, devenu un best-seller dans son pays, qui marque le retour de la grande saga à l’anglaise.

Résumé :  » Au mois de novembre dernier, j’ai fait un cauchemar. On était en 1924 et je me retrouvais à Riverton « . Eté 1924 : au cours d’une grande soirée donnée au château de Riverton, le poète Robert Hunter se suicide sous les yeux des sœurs Hartfort. Les deux femmes ne se reparleront plus jamais après le drame. Hiver 1999 : une jeune cinéaste prépare un film sur ce scandale des années 20. Il ne reste plus qu’un seul témoin vivant de l’époque, Grace Bradley, alors domestique au château. Mais Grace a changé de vie, tiré un trait sur Riverton et ses secrets, ou du moins le croit-elle. Car le passé lentement se réveille…

Mon avis : La pure saga romantique, le roman « féminin » mais pas dans le sens péjoratif… à la Daphné du Maurier… à la Downton Abbey… (Ce qui me fait penser que j‘ai toujours en attente le livre de Tatiana de Rosnay «Manderley for ever»)… Et bien mon côté midinette a bien aimé. Une saga romantique, au début du XXème siècle… avec des femmes de chambre, des amours illicites, la noblesse victorienne… Au moment où elle est sollicitée pour donner des informations pour aider à la véracité d’une reconstruction historique sur un tournage de film, Grace se replonge dans les souvenirs. Ils remontent à la surface, et la vue de certaines photos la fait replonger dans son passé. Il y aura les bons et les mauvais moments : la trame de sa vie va nous faire traverser un siècle. Moi j’aime ce genre de romans et l’ambiance Angleterre victorienne.

Extraits :

Les souvenirs consignés depuis une éternité dans les coins les plus reculés de ma tête ont commencé à s’insinuer par les fissures de ma mémoire.

Alors que les mites ont dévoré des pans entiers de mes souvenirs récents, je découvre que le passé lointain, lui, est clair et net. Ils ont tendance à revenir souvent me rendre visite, ces spectres du passé, et je constate avec étonnement qu’ils ne me dérangent pas outre mesure.

J’avais oublié, je crois, qu’il y avait des souvenirs lumineux au milieu de toute cette noirceur.

j’entends toujours aussi bien. C’est juste qu’avec l’âge j’ai appris à n’écouter que ce que j’ai envie d’entendre.

la société changeait à un rythme trop rapide, trop implacable pour lui, et l’ère nouvelle qui menaçait de le rattraper lui donnait le vertige. Il cherchait à se raccrocher aux coutumes et certitudes de l’ancien temps.

Le sang s’efface, comme l’esprit du temps ; il ne reste bientôt plus que des noms et des dates.

Sauf qu’évidemment ceux qui vivent dans les souvenirs des autres ne meurent jamais vraiment.

J’avais l’impression d’avoir soulevé la couverture d’un beau livre au papier brillant, de m’être laissé enchanter par l’histoire… et d’avoir dû reposer le volume trop tôt à mon goût

Dans sa vie une dame ne devrait voir son nom dans les journaux qu’en deux occasions : l’annonce de son mariage et son faire-part de décès.

la cuisine émettait fumées et sifflements, telles les nouvelles automobiles qu’on voyait traverser le village en brillant de mille feux.

Alors que dans ma jeunesse j’ai multiplié les efforts pour me conformer à l’idéal de la mode – bras squelettiques, seins inexistants, teint cadavérique –, c’est exactement mon allure d’aujourd’hui. Malheureusement, ça me va moins bien qu’à Coco Chanel…

Ce beau visage si familier, sculpté comme tous les visages par les mains efficaces de l’Histoire. Marqué par des ancêtres et un passé dont il ne sait pas grand-chose.

ces souvenirs qui deviennent tout à coup plus réels que ma vie actuelle et dans lesquels je m’évade sans préambule

je commençais à me sentir chez moi dans le passé, alors que, dans le lieu étrange et fade qu’on s’accorde à appeler le présent, je me sens dans la peau d’une visiteuse.

On a beau connaître un lieu par cœur, le simple fait de le regarder d’en haut change tout.

On ne pouvait même plus dire qu’elle versait des larmes ; ses yeux semblaient souffrir d’une fuite permanente.

Comment les étages successifs de la mémoire ont-ils pu se dissoudre et les spectres du passé revenir à la vie, le tout en si peu de temps ?

Un enfant, ça vous prend un bout de votre cœur et ça le traite ou le maltraite comme ça lui chante ; avec les petits-enfants, c’est différent. La culpabilité, la responsabilité qui pèsent sur la relation mère-fils ou mère-fille sont absentes. La voie de l’amour est libre.

Dans la vie, les tournants ne sont pas si évidents. Ils surviennent sans qu’on les remarque, sans qu’on les définisse comme tels. Il y a des occasions manquées, des désastres qu’on fête parce qu’on ne sait pas encore… Les tournants ne sont mis au jour que plus tard, par les historiens.

Pour être heureuse, elle avait besoin de constater l’insatisfaction d’autrui ; sinon, elle n’avait aucun scrupule à fabriquer de toutes pièces le malheur de quelque pauvre âme qui ne voyait rien venir. J’ai vite appris que, pour survivre, je devais rester dans mon coin et surveiller mes arrières.

Art cruel et paradoxal que la photographie, cette façon d’entraîner de force vers l’avenir ce que l’on a capturé sur l’instant, ces moments qu’on aurait dû laisser s’évaporer avec le passé, qui ne devraient survivre que dans les mémoires, les souvenirs ; des moments qu’on devrait entrevoir, sans plus, à travers la brume des événements ultérieurs. Les photos nous obligent à voir les gens tels qu’ils étaient avant que leur avenir pèse sur eux de tout son poids, avant qu’ils sachent comment ils vont finir.

En moi, la tension se relâche. Suivie par la désintégration. Un million de particules infimes chutent dans l’entonnoir du temps.

les êtres qui poussent tout seuls, comme les plantes en pleine nature, retournent tôt ou tard à l’état sauvage.

Même mes paupières me lâchent. Elles fonctionnent mal. On dirait une paire de stores vénitiens au cordon usé.

— À la place, je suis devenue archéologue. Ce qui n’est pas si différent, quand on y pense.
— Les victimes sont mortes depuis plus longtemps, voilà tout.
— Tout juste. C’est Agatha Christie qui m’en a donné l’idée, au départ. Ou plutôt un de ces personnages. Il dit à un moment à Hercule Poirot : « Vous auriez fait un bon archéologue. Vous êtes doué pour recréer le passé. »

Où s’en vont donc les souvenirs d’enfance ? Il doit y en avoir tant ! Toutes ces choses vécues qui nous apparaissent sur le moment neuves et parées de couleurs vives… Les enfants sont-ils tellement absorbés par l’instant, justement, qu’ils n’ont ni le loisir ni le désir de mémoriser ces images ?

L’évasion, l’aventure, j’aurais pu les vivre à la pointe de ma plume.

Au début, les histoires d’amour ne se préoccupent que du présent. Mais il y a toujours un moment – à la faveur d’un événement, d’un échange, d’un invisible facteur déclenchant – où passé et avenir entrent à nouveau dans le champ de conscience des amants.

— Charles Darwin ? Évidemment. Qu’est-ce que ça a à voir avec… ?
— L’adaptation, tu te souviens ? Celui qui survit est celui qui sait le mieux s’adapter. Eh bien, certains sont mieux armés que d’autres dans ce domaine.
— S’adapter à quoi ?
— À la guerre. À ne plus compter que sur ses propres capacités intellectuelles pour survivre. Aux nouvelles règles du jeu qui nous sont imposées.

 

 

Bennett, Alan «La Reine des lectrices» (2009)

Résumé : Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture? Si, tout d’un coup, plus rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux?

C’est à cette drôle de fictions que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d’autres défilent sous l’œil implacable d’Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s’inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d’aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l’implacable protocole de la maison Windsor.

C’est en maître de l’humour décalé qu’Alan Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

Mon avis : Un petit livre ( tout petit 120 pages) très sympa bourré d’humour et qui est moins anodin qu’il n’y parait… C’est fou ce que le temps octroyé à la lecture peut mettre la pagaille dans l’organisation… Quand les livres prennent le pas sur le protocole, quand on commence à poser des questions sur des livres/auteurs à des gens qui ne lisent pas.. Et en plus, la Reine semble par le biais de la lecture se rapprocher des gens… Est-elle malade ? Est-ce de la sénilité ? Quel remède à la lecture ? Il convient de faire le vide, d’éloigner cette menace, de faire disparaitre les livres.. Et en plus.. elle envisage l’écriture.. et pas simplement ses mémoires « people »… Alerte maximale ! et en même temps petit manuel explication à l’usage de ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse devenir «  livre-addict ».. Et rien que d’imaginer la tête de Sarkozy quand la Reine lui pose une question sur Jean Genet… j’explose de rire !

Merci à toi , You, de me l’avoir recommandé. J’ai passé un excellent moment! Petit livre à glisser dans la valise pour les vacances…

Extraits :

Il lui arrivait de lire, bien sûr, comme tout le monde, mais l’amour des livres était un passe-temps qu’elle laissait volontiers aux autres. Il s’agissait d’un hobby et la nature même de sa fonction excluait qu’elle eût des hobbies – qu’il s’agisse du jogging, de la culture des roses, des échecs, de l’escalade en montagne, de la décoration des gâteaux ou des modèles réduits d’avions.

Tout hobby implique une préférence ; et les préférences devaient être évitées, car elles excluent trop de gens.

Sa charge impliquait qu’elle manifeste de l’intérêt envers un certain nombre d’activités, non qu’elle s’y intéresse pour de bon. De surcroît, lire n’était pas agir. Et elle était une femme d’action.

Une fois que je commence un livre, je le termine. C’est ainsi qu’on était élevé jadis : qu’il s’agisse des livres, des tartines beurrées ou de la purée de pommes de terre, il fallait toujours finir ce qu’il y avait dans son assiette. Ma philosophie n’a jamais varié sur ce point.

Elle découvrait également que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n’étaient pas assez longues pour lire autant qu’elle l’aurait voulu.

Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d’autres vies, d’autres mondes

Elle en tira la conclusion qu’il valait mieux rencontrer les auteurs dans les pages de leurs livres, puisqu’ils vivaient sans doute autant dans l’imagination de leurs lecteurs que leurs personnages.

Après tout (comme elle le nota dans un carnet), les romans ne sont pas nécessairement conçus pour suivre le plus court chemin, d’un point à un autre. »

la maladie d’Alzheimer est ordinaire, mais la reine n’est pas quelqu’un d’ordinaire, donc la reine ne peut pas avoir la maladie d’Alzheimer.

Lorsqu’on a quatre-vingts ans, les événements ne se produisent plus : ils se reproduisent.

 

 

Sansom C. J. Série « Matthew Shardlake »

C. J. Sansom est un écrivain anglais de romans de fictions criminelles. La plupart de ses livres se déroulent au XVIe siècle et son personnage principal est l’avocat Matthew Shardlake, qui travaille pour lord Thomas Cromwell. Son récent roman, Winter in Madrid (Un Hiver à Madrid) est un thriller d’espionnage qui se déroule en Espagne en 1940.
Sansom a suivi ses études à l’université de Birmingham, où il a obtenu un Bachelor of Arts (Licence) et un Ph.D. (Doctorat) en Histoire. Après de multiples emplois, il a décidé de se « recycler » en tant qu’avocat-conseil. Il a quitté son travail afin de devenir écrivain à temps plein.
Les larmes du diable a gagné le prix Ellis Peters du roman historique décerné par la Crime Writers’ Association en 2005 et fut finaliste du même prix pour son roman Dissolution.

Série « Matthew Shardlake »
Dissolution (2004),
Les Larmes du diable (Dark Fire) (2005),
Sang royal (Sovereign) (2007),
Prophétie (Revelation) (2008),
Corruption (Heartstone) (2011)
Lamentation (2014) – paru en français chez Belfond le 26 avril 2016
 
« Dissolution « 
 
En 1537, l’Angleterre est déchirée par une violente période de transition religieuse : les réformistes s’apprêtent à dissoudre tous les anciens monastères catholiques. C’est dans cette atmosphère chaotique qu’un matin, Matthew Shardlake, brillant avocat disciple d’Erasme, est reçu au cabinet de l’autoritaire lord Cromwell, chef des réformistes. Ce dernier le somme de se rendre au monastère de Swansea, théâtre de rumeurs sordides, dans lequel Shardlake va découvrir le cadavre décapité de son confrère, Robin Singleton…
Un assassinat inexplicable, des traces de rituel païen, une congrégation frappée de mutisme : l’avocat devra résoudre, une à une, toutes les facettes de cette profonde et macabre énigme. »
 
« Les larmes du diable »Dans le Londres étouffant de l’été 1540, les esprits s’échauffent : la jeune Elizabeth Wentworth vient d’être reconnue coupable du meurtre de son cousin. Du fait de son étrange comportement, tous la croient habitée par le démon. Tous, sauf son oncle, et Matthew Shardlake, brillant avocat, bien décidé à découvrir la vérité.
Mais c’est compter sans Thomas Cromwell et la nouvelle mission dont il charge Matthew : lui rapporter les « larmes du diable », le feu grégeois inventé par les alchimistes byzantins. Cromwell n’a que douze jours pour offrir cette arme redoutable à Henry VIII et regagner ainsi ses faveurs.
Douze jours, c’est le délai qu’il accorde également à Matthew pour prouver l’innocence d’Elizabeth.« Sang royal »Dans la magnificence sulfureuse de l’Angleterre des Tudor, une enquête périlleuse pour l’attachant et talentueux avocat bossu Matthew Shardlake, égaré dans le dédale des complots de la cour du sanguinaire Henry VIII.
Automne 1541. Une spectaculaire caravane se déploie sur une route du Yorkshire. Henry VIII et sa cour se rendent à York, afin d’assister à la reddition de la ville, siège d’une rébellion papiste.
Matthew Shardlake se trouve déjà sur place. Chargé de rédiger les pièces juridiques adressées au roi, il accepte avec réticence une mission très spéciale de l’archevêque Cranmer : veiller sur la sécurité d’un dangereux prisonnier, Broderick, l’un des chefs de la conspiration, qui est transféré à Londres pour y être interrogé.
Mais les événements vont prendre une tournure inquiétante. Un artisan est assassiné, de mystérieux papiers sont subtilisés… La découverte d’un secret terrifiant, impliquant le roi lui-même, va entraîner Matthew dans une enquête des plus téméraires, et lui faire connaître le pire des sorts pour un sujet d’Henry VIII : la prison de la Tour de Londres…

« Prophétie »

Complots politiques, déchirements religieux et meurtres en série, une plongée captivante dans l’atmosphère trouble de l’Angleterre des Tudor et une enquête en terrain miné pour le brillant avocat bossu Matthew Shardlake. Le dernier volet d’une série qui a connu un succès phénoménal outre-Manche, par l’« un des meilleurs auteurs actuels de romans policiers historiques » selon P. D. James.
Angleterre, 1543. Après la Réforme, le retour de Henry VIII au catholicisme fait régner la terreur dans tout le pays. Censure, persécution, bûcher… Personne n’est à l’abri d’une condamnation pour hérésie.
Réhabilité depuis peu et chargé de défendre un jeune exalté interné à l’asile de Bedlam, l’humaniste Matthew Shardlake entend se tenir à l’écart des conflits. Jusqu’à ce que l’un de ses pairs soit retrouvé noyé dans la fontaine de Lincoln’s Inn, la gorge tranchée.
Au nom de leur vieille amitié et par affection pour la veuve du défunt, Matthew se lance à la poursuite du coupable. Mais, quand plusieurs meurtres étrangement similaires sont commis coup sur coup, son enquête prend une tournure inquiétante.
Une piste s’impose peu à peu : celle d’un tueur inspiré par l’Apocalypse de saint Jean…

Mon avis:   4ème enquête Alors une fois de plus l’enquête est passionnante. Et comme pour les romans de J.F. Parrot et Nicolas Le Floch.. on s’attache aux personnages, et on en apprend plus sur la vie de l’époque. Gros pavé mais plus on avance et plus on veut connaître la suite.
Contexte historique : les dernières épousailles de Henri VIII ( avec Catherine Parr) .. http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Parr

« Corruption »

Été 1545. Alors que le pays se prépare à repousser les troupes françaises, Matthew Shardlake se voit confier une mission délicate par la reine : enquêter sur l’étrange suicide de Michael Calfhill. Fils d’une fidèle suivante, ce précepteur a été retrouvé pendu après avoir déposé plainte contre les Hobbey, un couple chargé de protéger les biens de son ancien élève Hugh Curteys. Mais de quelles « monstruosités » Hugh aurait-il été la victime ? Et pourquoi le troublant jeune homme se montre-t-il si peu concerné par cette affaire ? Avec acharnement, et au péril de sa vie, Matthew entreprend de sonder les odieux secrets des Hobbey. À leur suite, c’est toute la corruption des institutions que l’avocat va mettre au jour. Et dans un royaume régi par le pouvoir et l’argent, certains sont prêts à tout pour conserver leurs privilèges…

Mon avis:  Une fois de plus j’ai retrouvé l’avocat bossu, son assistant Barak. Je suis partie sur les routes, et j’ai tremblé pour Matthew. Un personnage sensible, intelligent, qui se bat et qui est humain, qui nous fait découvrir les dessous de la politique. Contexte : 1545 bataille navale de Portsmouth entre la France et l’Angleterre

« Lamentation »

Mêlant histoire et suspense, une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, l’avocat bossu, humaniste et brillant, chargé de sauver la reine d’une terrifiante chasse aux hérétiques. Mais quand les amis Protestants sont plus dangereux que les ennemis Catholiques, à qui peut-on se fier ? Et si par sa loyauté, Shardlake s’était frayé une voie royale vers le bûcher ? Un sixième tome qui clôt le règne d’Henri VIII, sur fond de tensions religieuses, de machinations et de passions.
Sombres machinations, passions dévastatrices et tensions religieuses au coeur de l’Angleterre tourmentée des Tudor ; une nouvelle enquête de Matthew Shardlake, le talentueux avocat bossu, confronté au plus grand des défis : sauver la reine.
Rien ne va plus au royaume des Tudor : alors qu’il s’apprête à pousser son dernier soupir, le tyrannique Henri VIII tente un ultime rapprochement avec le catholicisme dans l’espoir de recommander son âme à Dieu. La chasse aux hérétiques protestants est de nouveau ouverte, les bûchers ne désemplissent plus.
C’est dans ce contexte explosif que Matthew Shardlake est contacté par Catherine Parr, sixième épouse du souverain. Celle-ci est terrifiée : fervente protestante, elle a couché ses pensées dans un journal intime qui a disparu, et dont quelques feuillets ont été retrouvés chez un imprimeur… fraîchement assassiné. Et si les conseillers catholiques du roi avaient en leur possession la preuve de l’hérésie de la reine ? Que risque-t-elle si l’affaire arrive aux oreilles d’Henri VIII ?
Prêt à tout pour aider sa fidèle protectrice, Shardlake se lance dans une enquête particulièrement dangereuse. À qui se fier ? Les amis protestants seraient-ils plus dangereux que les ennemis catholiques ? Comment infiltrer le milieu des fanatiques sans risquer d’être soi-même accusé d’hérésie et de finir au bûcher ?
Mon avis: voir article

 

Je conseille vivement cette série.

 

Du même auteur : sur le blog : « un hiver à Madrid » (2008)

pas encore lu « Dominion » (2014) Belfond

 

Perry Anne « Série William Monk »

Cette série a pour cadre le Londres des années 1850 et 1860, et met en scène, un trio de détectives : William Monk, ancien policier devenu détective privé et frappé d’amnésie, Hester Latterly, infirmière s’étant dévouée auprès de Florence Nightingale lors de la guerre de Crimée, et Oliver Rathbone, avocat.

1990 Un étranger dans le miroir – The Face of a Stranger

Résumé : Dans le Londres des années 1850 William Monk, inspecteur de police chevronné, se réveille à l’hôpital. Violemment agressé il y a quelques semaines, il a perdu la mémoire. Ce qu’il s’empresse bien de taire à ses supérieurs, qui auraient tôt fait de l’exclure manu militari de la police londonienne. Revenu à la vie professionnelle, il mène parallèlement une enquête sur le meurtre d’un jeune aristocrate, et sur lui-même. Il découvre d’abord qu’il n’était ni très sympathique ni très aimé, et qu’il avait laissé tomber sa famille, d’origine trop modeste, pour mieux réaliser ses ambitions. Il se rend compte aussi qu’il avait été mêlé de très près au meurtre sur lequel son supérieur, qui veut sa peau, le laisse investiguer…
Mon avis :C’est le 1er d’une série avec pour personnage principal, Monk ( pas Adrian .. William ).. J’ai reçu ce livre il y a un an lors de l’achat plusieurs livres de poche 10 – 18 ..
Je suis prise par l’intrigue, le personnage… bref je fais connaissance et je pense que je suis en train de me dire que si je vois les autres je vais me laisser tenter… Encore une série à lire dans l’ordre…
Alors oui : je l’ai dévoré. Du suspense tout au long du livre. Par contre, nettement plus policier qu’historique…il se passe dans le Londres de 1850; quelques références à la vie et à l’époque .. mais sinon… il est valable par l’intrigue, les personnages, l’ambiance un peu étrange dûe au fait que Monk enquête à la fois sur le crime et sur sa vie pour essayer de recouvrer la mémoire… à lire.

1991 Un deuil dangereux –  A Dangerous Mourning

Résumé :
La famille Moidore n’avait encore jamais connu de scandale, bien à l’abri dans sa demeure de Queen Anne Street. Mais la famille va être frappée par un drame atroce : la fille de Sir Basil Moidore est assassinée. L’inspecteur William Monk est sommé de retrouver le coupable au plus vite et d’épargner autant que possible la famille. Peu aidé, tant par l’hostilité de ses supérieurs que par les séquelles de son amnésie, Monk devra lire derrière les silences et les ombres pour parvenir à résoudre cette nouvelle enquête. Heureusement, sa complice Hester Latterly viendra lui prêter main-forte.« En plongeant son héros dans le Londres des années 1850 avec délectation et sadisme, Anne Perry est entrée dans la cour des plus grands. Voici du neuf et du neuf éblouissant. »
Mon avis : :c’est « pilpatant »…. à lire impérativement dans l’ordre! fini . genial jusqu’à la derniere page!
1992 Défense et trahison – Defend and Betray

Résumé :Après une brillante carrière militaire au service de la couronne d’Angleterre en Inde, l’estimé général Thaddeus Carlyon rencontre la mort, non dans l’affrontement d’une bataille, mais au cours d’un élégant dîner londonien. Accident ou homicide ? La belle Alexandra, épouse du général, confesse bientôt son meurtre, passible du gibet. William Monk, Hester Latterly et Oliver Rathbone travaillent d’arrache-pied pour faire tomber le mur de silence élevé par l’accusée et la famille de son mari ; ils cherchent désespérément une réponse à ce sombre et effrayant mystère, afin de sauver la vie d’une femme.
Mon avis : de plus en plus accro! J’adore les personnages, les enquetes, les intrigues, le suspense, le coté social.. tout quoi !
1993 Vocation fatale –  A Sudden, Fearful Death

Résumé :Une nouvelle enquête s’offre au détective William Monk.
En lui demandant son aide, Mrs. Julia Audley Penrose le plonge dans l’embarras, car il s’agit d’un problème difficile : une agression sexuelle dont a été victime sa sœur. Seuls le professionnalisme de Monk et l’aide précieuse d’Hester Latterly – elle-même confrontée à la mort violente d’une patiente, étranglée à l’hôpital de Londres où elle travaille – et de Lady Callandra, sa bienfaitrice, permettront de résoudre cette douloureuse affaire.
Mon avis : J’ai fait une découverte et je les lâche plus! J’adore! Ce quatuor (Détective, infirmière, Lady et Avocat qui finit toujours par fonctionner ensemble et qui est formidable.. en plus de l’enquête, il y a la personnalité des intervenants, et il y a l’enquête, et le souci de sauver les accusés…

1994 Des âmes noires – The Sins of the Wolf

Résumé : Hester Latterly est engagée par une riche famille écossaise pour accompagner une vieille dame à Londres.
Son unique consigne ? Lui faire avaler son remède pour le cœur, qu’elle a fragile. Dans le train, Hester se lie d’amitié avec sa patiente, lui administre le médicament puis s’endort. À son réveil, la vieille dame a rendu l’âme. L’autopsie révèle qu’il s’agit d’un empoisonnement, et Hester, accusée du meurtre, est emprisonnée. Tous les amis de la jeune femme se mobilisent : Monk part pour Edimbourg afin d’y mener enquête avec le soutien de Rathbone, d’Hester et de Callandra.
Ensemble, ils finiront par découvrir la vérité… et bien plus encore. Cette nouvelle enquête de William Monk donne l’occasion à Anne Perry de nous fournir une illustration supplémentaire de l’ingéniosité parfois perverse avec laquelle elle explore les dessous de l’Angleterre du XIXe siècle.

Mon avis : Palpitant jusqu’au bout.. et Florence Nightingale est même de la partie.. J’adore et je plonge de plus en plus dans l’Angleterre du XIXème… avec la vie des riches, la description des pauvres à la « Dickens » par moments… un régal.. et les personnages récurrents sont attachants.. et les intrigues ne se dénouent qu’au dernier moment…
1995 La Marque de Caïn –  Cain His Brother

Résumé :Angus Stonefield, époux et père modèle et dévoué, homme d’affaires intègre, a disparu depuis trois jours. Le seul point sombre de la vie de cet homme exceptionnel était Caleb, son frère jumeau maléfique, aussi détestable qu’Angus était aimable et aimé. Deux frères jumeaux que tout oppose… sauf la disparition d’Angus qui fait de Caleb un suspect parfait. Quand Monk s’en mêle, les certitudes disparaissent… jusqu’au dénouement! Avec Monk, l’Angleterre victorienne devient un élément romanesque. Ses lieux servent de territoires aux investigations du fringant détective. Au fond, Monk est bel et bien un héros de son temps.

Mon avis : Comme toujours j’ai pas lâché .. mais pour une fois, j’ai deviné… mais j’ai quand même été surprise à la fin… Une belle description des bas-fonds insalubres …….. comme toujours , je me réjouis de lire le suivant..
1996 Scandale et calomnie –  Weighed in the Balance

Résumé :Le prince Friedrich, héritier déchu d’un petit État allemand, meurt des suites d’un accident de cheval dans ~1 a demeure de Lord et Lady Wellborough, dans le Berkshire. La comtesse Zorah Rostova, qui a autrefois eu une liaison avec le prince, accuse son épouse Gisela de l’avoir assassiné. Poursuivie en diffamation, elle demande à Oliver Rathbone d’assurer sa défense. Ce dernier accepte, subjugué par le charme étrange de la comtesse. Pour cette septième aventure de Monk, les amateurs d’Anne Perry retrouveront avec plaisir leurs héros préférés.

Mon avis :au début moins emballée. Sauf coté historique et politique. En effet les 3 héros récurrents, Monk, l’avocat et Esther enquetent mais il font moins « équipe » que d’habitude.. Mais l’histoire est tellement étrange qu’on se passionne une fois de plus. Les personnages sont une fois de plus totalement atypiques… Une fois encore : je me réjouis de lire le prochain…
1997 Un cri étranglé  – The Silent Cry

Résumé :De quoi peuvent bien être coupables un père et un fils de la bonne société londonienne pour mériter la sanglante correction qui leur a été infligée dans un des quartiers les plus sordides de la ville ? Au vu des témoignages, le sergent Evan semble très vite penser que le fils, Rhys Duff, toujours entre la vie et la mort, et incapable de parler ou d’écrire pour raconter les faits, n’est pas aussi innocent qu’il y paraît.
« Si elle cède au pittoresque, sans avoir la prétention de jouer à l’historienne ou à la sociologue, Anne Perry ne mâche pas ses mots pour autant. Lorsqu’elle soulève le voile, rien ne lui échappe: prostitution, inceste, pédophilie, avortements clandestins, corruption – inutile de dire que ceux qui tiennent le haut du pavé ne sont pas les moins compromis. Une enquête de William Monk, c’est le dépaysement assuré. »

Mon avis :une nouvelle réussite. Monk retrouve petit à petit ses souvenirs.. par bribes. Cette fois Sir Oliver est moins présent… et Hester davantage… Une autre virée dans les bas-fonds… mais là j’avais pas mal deviné… avec toutefois des zones d’ombre…

1997 Mariage impossible – Whited Sepulchres [titre britannique]  ou A Breach of Promise

Résumé : Killian Melville, jeune architecte de génie, vient de découvrir que Lambert, son principal client et ami, a décidé de le marier à sa fille unique, Zillah Lambert. Il a même déjà annoncé cette union par voie de presse. Melville refuse, mais expliquer au Tout-Londres que le fiancé rompt son engagement reviendrait à couvrir d’opprobre la jeune promise. Pourtant, rien ni personne ne parvient à convaincre Melville d’accepter ce mariage pour éviter le procès au cours duquel il renonce à fournir la moindre explication. Le lendemain, on le retrouve mort, empoisonné. Les recherches de l’inspecteur Monk vont se révéler vaines ; on conclut au suicide. Un peu vite… À la faveur d’une autre enquête, Monk découvrira (enfin) la clef de l’histoire.

Mon avis : magnifique ! j’adore ces personnages, ces intrigues, l’ambiance de Londres-…  

1999 Passé sous silence –  The Twisted Root

Résumé : La fête donnée en l’honneur du prochain mariage de Miriam Gardiner dans la maison londonienne de son fiancé, Lucius Stourbridge, aurait dû être l’un des plus beaux jours de sa vie. Mais, au cours de la soirée, Miriam disparaît soudainement sans laisser de trace. Soucieux d’éviter le scandale, Lucius charge William Monk de l’enquête, et lui révèle que son cocher, Treadwell, a également disparu. Monk est bouleversé par la détresse de Lucius : son récent mariage avec Hester Latterly l’a rendu sentimental. Et puis, lorsque le corps de Treadwell est découvert, il comprend que cette mort est liée à un terrible secret … Miriam, suspectée du meurtre, est arrêtée. Pour William Monk, la course contre la montre commence…

Mon avis : Un des meilleurs !!!!!!!!!!! Tout le monde est là. tout le monde cherche et s’implique de son coté! le sujet est bon

2000 Esclaves du passé  – Slaves of Obsession

Résumé : William et Hester Monk sont invités à dîner chez les Alberton, des amis de Lady Callandra. Le repas est animé par les vives discussions entre Daniel Alberton, riche marchand d’armes, et sa fille Merrit, jeune idéaliste an iesclavagiste qui prend fait et cause pour un autre convive, Lyman Breeland, officier de l’Union américaine, venu acheter des fusils qu’Alberton a déjà promis à Philo Trace, un gradé de la Confédération sudiste.
Très vite, Daniel Alberton explique à Monk qu’il est victime de chantage et lui demande de l’aider à se sortir de cette mauvaise passe. En effet, le maître chanteur menace de le livrer à un scandale qui ruinerait sa réputation et sa carrière. Alors que Monk commence son enquête, Casbolt, beau-frère et associé de Daniel Alberton et cousin de sa femme Judith, vient réveiller Monk en pleine nuit – Alberton et Merrit ont disparu. Au terme de quelques recherches, leurs craintes se confirment : les caisses de fusils et de munitions ont été volées, et ils découvrent Alberton assassiné, dont Monk retrouve la montre dans la cour de l’entrepôt, preuve apparemment indiscutable de sa culpabilité.

Mon avis : Monk et Hester en Amerique en pleine guerre et l’expérience de la Crimée qui ressurgit; le passé oublié de Monk qui remonte un tantinet… Une course contre la montre pour retrouver les coupables… et le dénouement tout à la fin….. Suspense garanti.
2001 Funérailles en bleu – Funeral in Blue

Résumé : Deux femmes sont retrouvées mortes dans l’atelier d’un peintre londonien. L’une d’elles, Elissa Beck, était une joueuse invétérée, accablée de dettes au point d’avoir ruiné son mari. Ce dernier est immédiatement soupçonné… Afin d’y voir plus clair dans cette affaire un peu trop simple à son goût et qui le touche de près, Monk va devoir s’allier, bien malgré lui, avec son meilleur ennemi, le commissaire Runcorn. L’enquête le mènera jusqu’à Vienne, sur les traces du passé trouble des Beck, héros du soulèvement contre la tyrannie des Habsbourg qui secoua l’Autriche en 1848.

Mon avis : Rathbone manque au casting! On va découvrir un pan de la jeunesse de Monk et Runcorn, l’époque ou ils étaient amis… Kristian Beck, personnage que nous connaissons déjà sera au centre de l’enquête.. encore un personnage qui sort de l’ombre.

2002 Mort d’un étranger – Death of a Stranger

Résumé : Londres, 1862.
Le corps d’un respectable directeur d’une société de chemins de fer, Nolan Baltimore, est découvert dans une maison close du quartier de Coldbath Square, non loin du dispensaire où chaque nuit, Hester, la femme du détective William Monk, apporte soins et réconfort aux prostituées. Celles-ci sont les premières suspectes et le scandale fait bientôt la une des journaux. Alors que Monk enquête sur une fraude risquant de causer une catastrophe ferroviaire, il découvre bientôt d’étranges liens entre cette affaire et le meurtre de Coldbath Square.
Mais le détective, amnésique depuis six ans, va aussi se trouver confronté au cours de cette enquête à hauts risques avec son mystérieux passé… Le temps est-il venu pour lui de lever le voile sur son identité ?

Mon avis :ha-le-tant…. Une enquete qui va replonger Monk dans son passé… il va devoir affronter des personnes qu’il avait connues il y a longtemps. Va-t-il avoir onte de ce qu’il va découvrir? Va-t-il recouvrer un pan de sa mémoire? Est-il quelqu’un de bien? une horrible personne? Comme je sais que d’autres lisent la série je ne vais rien dévoiler… mais c’est un tout bon!!!!

2004 Meurtres sur les docks – The Shifting Tide

Résumé : En 1873, sur les bords de la Tamise, un marin est assassiné et une cargaison d’ivoire dérobée à bord d’un bateau appartenant à l’armateur londonien Clément Louvain. Celui-ci fait appel à William Monk pour récupérer son ivoire au plus vite… Voici le plus ‘smart’ des détectives anglais plongé dans un univers rude et qu’il connaît fort mal : celui des marins et des docks brumeux de la Tamise. Quittant à regret la terre ferme pour le monde de la marine marchande, Monk, avec l’aide précieuse d’Hester, sa femme, et du jeune Scuff, un orphelin cockney qu’il a recruté pour l’occasion, devra pourtant avoir le pied marin pour venir à bout de cette affaire semée d’embûches.

Mon avis : le résumé est faux… Esther est dans une galère toute autre et elle n’aide pas Monk…… Elle tente de mener à bien un tout autre défi : une clinique pour les filles des rues à Portpool Lane, où elle travaille bénévolement, et ou il se passe bien des choses…. Excellent polar . On est sur les docks, et la reconstitution de la vie dans ce coin là est fascinante…..

 2006 Meurtres souterrains – Dark assassin

Résumé : L’heure est aux mutations dans le Londres victorien ! Et tandis que partout dans la ville des travaux de grande envergure se dessinent, dont celui de la rénovation du système des égouts, William Monk est porté à la tête d’une brigade fluviale. Lors d’une patrouille sur la Tamise, il est témoin d’un drame : un couple chute dans les eaux glacées et trouve la mort dans l’instant… D’abord convaincu par la thèse de l’accident, Monk ne parvient pas à chasser certaines incohérences de son esprit : la soudaine rupture de fiançailles des victimes et la vigueur avec laquelle la jeune femme dénonçait les forages poussent bientôt notre détective à chercher une lueur dans les tréfonds londoniens… Avec une ingéniosité sans cesse renouvelée, Anne Perry poursuit sa brillante exploration du crime…

Mon avis : Et je retrouve Monk pour sa 15ème aventure ! Une fois de plus je me rends compte qu’il est important de suivre cette série dans l’ordre! Un tout bon ! extremement instructif en plus sur les travaux menés à Londres. Monk enquète. avec son meilleur ennemi… Esther enquete de son coté… 2 enquetes s’imbriquent ( une de la police métropolitaine et une de la police fluviale) sur 2 suicides; ceux d’un père et de sa fille… mais ces suicides ne seraient-ils pas des meurtres?

2009 Mémoire coupable – Execution Dock

Résumé : Après une course-poursuite effrénée, William Monk, inspecteur de la police fluviale londonienne, réussit enfin à mettre la main sur Jericho Phillips. Accusé du meurtre d’un garçon de treize ans et soupçonné de prostituer de jeunes mineurs sur son bateau, Phillips ressort pourtant libre du tribunal, grâce à la stratégie de défense employée par le célèbre avocat et ami de Monk, Sir Oliver Rathborne. Jetant le discrédit sur les forces de police, cette affaire devient la bête noire du plus coriace détective de Sa Majesté. Aidé par sa femme Hester, Monk décide de réouvrir l’enquête et découvre que certains gentlemen de la bonne société londonienne n’étaient pas si étrangers à l’odieux commerce de Phillips…
« Une intrigue captivante, des personnages crédibles et le souci du détail historique…ce roman ne fera que renforcer le rang, d’une taille déjà fort appréciable, des admirateurs de Perry. » « Publishers Weekly »

Mon avis :  On plonge dans le sordide, dans la prostitution enfantine… Cette enquete signera-t-elle la fin e l’amitié de Sir Olivier et des Monk ? La loyauté et l’amitié triompheront-ils de l’horreur ? La justice et la police ont elles leurs limites…. L’amour des enfants est-il plus fort que le droit et la justice?? Suspense et passion…

 2010: La fin justifie les moyens – « Acceptable Loss »

Résumé : L’infâme proxénète Jericho Philips est mort. Pourtant, Monk reste persuadé que d’innocentes victimes souffrent encore. Quand son instinct lui souffle d’aller fouiller dans les activités du beau-père de Rathbone, l’inspecteur sait qu’il ne va pas aimer ce qu’il va découvrir… Dans l’univers du chantage, du vice et de la corruption, les vérités déclenchent des ouragans.

Mon avis :   C’est la suite de « Mémoire coupable ».. à lire impérativement à la suite.
Encore une fois on tremble pour nos héros…… Monk, Hester, Oliver vont-ils sortir indemnes de l’aventure ???????????

  2011: Une mer sans soleil  – « A sunless Sea »

Résumé :  Sur la jetée de Limehouse, la brume dérobe au jour de terribles secrets… Peu après le suicide d’un honorable docteur, c’est le corps d’une femme que l’on retrouve mutilé. Trop averti pour croire aux coïncidences, Monk ne tarde pas à pénétrer l’envers trouble du commerce pharmaceutique. Une affaire qui menace de compromettre les plus hautes sphères de la société…

Mon avis : 18ème aventure de Monk. Un meurtre atroce. une femme évicérée, un éminent professeur qui se suicide dans un parc, une enquete dans le monde de l’opium… et voici nos héros qui partent enqueter.. Esther, Sir Oliver, Monk, son ancien patron et « meilleur ennemi ».. tout le monde est de la partie…
Et le suspense va durer.. Enquête de tous les protagonistes, recherche de témoins, le tout sur fond de procès et de scandale politique possible. On pénètre dans le monde des vendeurs d’opium.. Et cette fois on est persuadés qu’il est important d’a les lire dans l’ordre car sinon on perd de nombreuses allusions aux enquêtes passées et au « fil rouge »…

2013 : Une question de justice  Blind Justice  (19ème enquête)

Résumé : Nommé juge depuis peu, Rathbone doit faire face à un dilemme complexe : rendre la justice en violant le secret professionnel ou laisser acquitter un coupable. Mais en livrant une pièce à conviction qui accable le révérend Taft, il n’imagine pas que cette décision menace de compromettre son avenir… Dès le lendemain, le révérend et sa famille sont retrouvés morts. Et il n’en faut pas plus pour que Rathbone soit rendu coupable de la tragédie…
Pris au piège d’une affaire délicate, le détective William Monk va devoir démêler la vérité s’il veut sauver la carrière de son fidèle ami olivier Rathbone.

Mon avis : Enquête très spéciale. Pas de sang, mais plongée dans le monde de la corruption. Une fois encore toute la petite bande est mobilisée pour aide n ami. Et cette fois, une aide inattendue se profile. Une fois encore, il saute aux yeux que cette série doit se lire dans l’ordre car qui n’a pas lu les deux livres précédents va ne pas être dans le coup. Et j’aime toujours autant les aventures de Monk et Cie. Bonne plongée dans le monde de la justice.

2014 : Du sang sur la Tamise (20ème enquête)

Résumé : Londres, 1856. Alors que le canal de Suez sonne l’ère du progrès, William Monk se voit confronté à une affaire sans précédent. Sous ses yeux, un navire explose sur la Tamise et cause la perte de nombreux passagers. Pour la police, le coupable de l’attentat est vite trouvé. Mais ne s’agirait-il pas surtout de couvrir la vérité à l’aide d’un bouc émissaire ? Hanté par les images du drame, Monk est prêt à se dresser contre une autorité corrompue pour que justice soit faite…

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2015 : Le couloir des ténèbres (21ème enquête)

Résumé : Magnus Rand, un médecin rusé, et son frère Hamilton, un chimiste de génie, sont prêts à tout pour remédier à la fatale maladie « du sang blanc ». Dans l’annexe du Royal Naval Hospital de Londres, à Greenwich, alors qu’Hester Monk s’occupe d’un des patients des frères Rand, le richissime Bryson Radnor, elle dcouvre trois jeunes enfants terrifiés et apprend avec stupeur qu’ils ont été emprisonnés par le frères Rand à des fins expérimentales. Mais les frères Rand sont trop près de leur but pour permettre à quiconque de révéler leurs expériences. Hester est enlevée avant d’avoir pu les dénoncer.

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2016 : Vengeance en eau froide  (22ème enquête)

Résumé : Monk est appelé par McNab, chef du service des douanes, lorsqu’un cadavre est repêché dans la Tamise. Il constate rapidement que le noyé a reçu une balle dans le dos. L’homme, un faussaire, s’est évadé alors qu’il était sur le point d’être interrogé par des douaniers. Quelques jours plus tard, une seconde évasion a lieu. Le prisonnier parvient à s’échapper alors que Pettifer, le douanier à sa poursuite, se noie malgré l’aide de Monk. McNab pense que les deux hommes cherchaient à cambrioler l’entrepôt d’un homme d’affaires important, Aaron Clive. Alors que Monk poursuit son enquête, une partie de son passé lui est révélée : il a été marin en Californie. Mais il est soudain arrêté pour le meurtre de Pettifer. Cette arrestation a été commanditée par McNab, qui le hait depuis toujours, sans que Monk ne se souvienne pourquoi à cause de son amnésie. Le soutien et les efforts de ses amis seront-ils suffisant à sortir Monk de ce mauvais pas ?

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2017 : « Meurtre en écho » (23ème enquête)

Résumé : Le commandant Monk a déjà vu la mort. Trop souvent de près. Mais le meurtre de ce Hongrois, retrouvé dans un entrepôt du bord de la Tamise, s’avère aussi cruel qu’atypique. Doigts disloqués, lèvres découpées, cadavre transpercé d’une baïonnette et entouré de dix-sept bougies éteintes dans le sang… Tout évoque un rituel glaçant qui place d’emblée ce crime loin des mobiles habituels. Tandis que sa femme Hester essaie d’aider un homme surgi de son passé qui se trouve mêlé à l’affaire, Monk tente de pénétrer la petite communauté hongroise londonienne, repliée sur elle-même. Et alors que le premier meurtre rituel se mue en une série terriffiante, il va lui falloir combattre la défiance, l’hostilité et les menaces de ceux qu’il est censé protéger

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