Beaton M.C. « Série Agatha Raisin enquête »

Auteur: Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde). Ses romans de type romances sont quant à eux publiés sous les pseudonymes d’Ann Fairfax, Jennie Tremaine, Helen Crampton, Charlotte Ward et Sarah Chester.
Agatha Raisin, c’est une Miss Marple d’aujourd’hui. Une quinqua qui n’a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !
« L’Agatha Raisin de M.C. Beaton est un véritable trésor national. » The Times

« Série Agatha Raisin enquête » (résumé, mon  avis et extraits de la série dans cet article)
   – Tome 1 : La quiche fatale – La vengeance est un plat qui se mange chaud (2016)
   – Tome 2 : Remède de cheval – Quand le chat n’est pas là, le véto trinque (2016)
   – Tome 3 : Pas de pot pour la jardinière – Qui s’y frotte s’y pique (2016)
   – Tome 4 : Randonnée mortelle – Danger ! Terrain miné ! (2016)
   – Tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire – Parlez ou taisez-vous à jamais (2017)
   – Tome 6 : Vacances tous risques – Bons baisers de Chypre

Avis global sur la série : Un grand merci à Marie-France et à Albin – Michel qui m’ont permis de recevoir les tomes 5 et 6. Et comme j’aime commencer par le début, j’ai donc lu toute la série. Les épisodes de la série télévisée sont sympas mais loin d’égaler les livres ; déjà les personnages ne correspondent pas du tout à l’idée que je m’en fais en lisant les livres ! Plein d’humour et d’esprit, les tribulations d’Agatha dans les Costwolds vaut son pesant de cacahuètes ! Le moins qu’on puisse dire c’est que la paisible campagne anglaise avec ces jolis petits villages est loin d’être un havre de tranquillité…

01 – La quiche fatale – La vengeance est un plat qui se mange chaud (2016)

Résumé : Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Mon avis : Agatha débarque dans le village et coté intégration, cela ne va pas comme sur des roulettes ! Pour être le centre du monde, comme à son habitude lorsqu’elle habitait Londres, elle va inventer un stratagème qui va la tourner en ridicule … de plus cela va la mettre dans un sacré pétrin. C’est enlevé, trépidant et rigolo ! S’intégrer dans un petit village où l‘on est considéré comme étranger   si on est pas natif du coin est loin d’être évident… Quand en plus elle se met à enquêter …

Extraits :

Elle parvenait à ses fins en incarnant à elle seule les deux personnages du numéro « gentil flic-méchant flic », usant tantôt d’intimidation, tantôt de cajolerie avec ses interlocuteurs.

elle était vêtue d’une robe Laura Ashley qui rappela à Agatha les couvre-lits de ses chambres.

Comme Londres sentait bon le béton mouillé, les vapeurs d’essence et de gasoil, les détritus, le café chaud, les fruits et le poisson, toutes ces odeurs si chères et familières à Agatha !

un gentleman maigre et âgé qu’on aurait dit sorti d’une histoire de fantômes de l’ère édouardienne, propriétaire d’un domaine sur la colline surplombant le village.

Mais en matière de conversation, Agatha n’était habituée qu’à trois registres : autoritaire avec ses employés, insistant avec les médias, onctueux avec ses clients.

elle désirait plus que tout faire partie intégrante de cet univers de vieilles traditions anglaises, synonymes de beauté et de sécurité, et pourtant elle restait en dehors, spectatrice. Mais au fond, se demanda-t-elle, avait-elle jamais vraiment fait partie intégrante de quelque chose, à part le monde éphémère des relations publiques ?

On croisait partout des jeunes femmes poussant leurs bébés ou leurs enfants en bas âge dans des landaus et des poussettes, comme on appelle ces chars que les mères envoient avec aplomb dans les jambes de ceux qui n’ont pas d’enfants.

Londres, qui, encore récemment, l’enveloppait tel un manteau bigarré, lui semblait maintenant une suite à n’en plus finir de rues solitaires remplies d’inconnus.

tu sais pourquoi tous les Basques s’appellent Albert ? Parce qu’Albert est basque, ma poulette !

Il y a des gens dont la personnalité ne s’exprime pas dans la décoration intérieure. Pour ça, il faut être attaché à son foyer.

une fois à la retraite, votre cerveau, habituellement si actif, n’a plus rien que des futilités à se mettre sous la dent. Dans quelques mois, croyez-moi, vous vous serez adaptée et vous vous investirez dans de bonnes actions.

Les vieilles maisons craquent et soupirent quand elles se préparent pour la nuit.

Je vous ai apporté une bouillotte, parce que quand on a eu une grosse frayeur, tous les radiateurs du monde n’arrivent pas à vous réchauffer.

 

02 – Remède de cheval – Quand le chat n’est pas là, le véto trinque (2016)

 Résumé : Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats. Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.

Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident. Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l’affaire de La Quiche fatale, il s’agit bien d’un meurtre. À l’étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l’avis de son entreprenante voisine. Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginaient…

Mon avis : Agatha s’ennuie de Londres et envisage d’y retourner our remonter une société ; mais entre-temps elle est toujours dans son cottage et… elle tombe amoureuse de son voisin ; inutile de préciser que sa façon de draguer fait plutôt fuir sa pauvre victime ! Et en plus elle se retrouve l’heureuse propriétaire d’un chat ! Hilarant ! Une fois encore, Agatha va se mettre en danger et se mettre les habitants du village à dos en imaginant qu’un décès accidentel est en réalité un meurtre… Elle va remettre le couvert et se mettre à enquêter… Une fois encore la police locale tente de lui faire comprendre qu’il faut laisser faire la police… Je me suis bien amusée.

Extraits :

Elle décida que ses retrouvailles avec son chat lui apportaient un grand réconfort, puis se demanda si elle en était réduite au statut de dame de la campagne, condamnée à s’extasier sur son animal domestique.

un épais brouillard était descendu sur le village, un brouillard glacial qui étouffait tous les bruits et transformait les buissons en agresseurs prêts à bondir.

Mais la salle d’attente d’un vétérinaire est un endroit singulier où, rongé d’inquiétude pour son animal de compagnie, le plus brave des hommes – ou la plus brave des femmes – devient un être timoré.

Les propriétaires terriens n’ont plus aucune intimité de nos jours ! Quand c’est pas des fouineurs de votre espèce, c’est ces damnés d’écologistes qui parcourent mes terres avec leur sac sur le dos en mangeant des barres de céréales diététiques et en pétant. Vous savez ce qui détruit la couche d’ozone ? C’est les toqués de la diététique, qui bouffent leurs immondes barres complètes aux noix et qui lâchent leurs pets partout dans la nature. Ils émettent des tas de gaz nocifs. Faudrait les abattre.

il était difficile d’imaginer que, de nos jours, on enterrait encore les morts dans de vieux cimetières jouxtant les églises.

Tous les vieux cimetières d’Angleterre n’étaient-ils pas pleins à craquer depuis la fin du dix-neuvième siècle ?

Les gens sont devenus tellement intransigeants avec les fumeurs.
– C’est du puritanisme. Qui est-ce qui a dit, déjà, que si les puritains étaient opposés aux combats d’ours et de chiens, ce n’était pas à cause des souffrances qu’ils infligeaient aux ours, mais du plaisir que la foule y prenait ?

Agatha entendit presque ses rêves s’écrouler autour d’elle, morceau par morceau.

Elle marcha donc à ses côtés, le pas lourd et furieux, en l’écoutant s’extasier sur les plantes et les fleurs. Elle avait obscurément conscience qu’elle était jalouse du paysage et qu’elle aurait aimé être l’objet de certains de ses transports.

– Vous êtes pardonné.
– Je ne cherchais pas à me faire pardonner, juste à m’expliquer.
– Alors pourquoi avoir dit que vous étiez désolé ? »

 

03 – Pas de pot pour la jardinière – Qui s’y frotte s’y pique (2016)

Résumé : De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Mon avis : Toujours aussi marrante et impossible notre Agatha… La voici qui se lance dans le jardinage pour couper l’herbe sous les pieds à la nouvelle venue, qu’elle découvre installée et très proche de son voisin à son retour de vacances… Gagner le concours de la meilleure tarte, gagner celui du plus beau jardin, quand on ne sait si cuisiner ni jardiner… ne peut se faire sans petits dommages collatéraux.. Du coup les personnes qui ont la main verte sont visées par un malfaiteur qui détruit leurs plus belles fleurs, et qui finira par faucher une belle plante à deux pieds ! Et c’est reparti sur les traces du meurtrier pour Agatha… J’aime décidément beaucoup cet humour et la description de la vie dans ces petits villages « so british »

Extraits :

elle se faisait l’effet de n’être ni plus ni moins que la vieille fille du village ; il ne lui manquait même pas les chats.

“Peut-être que Mrs Raisin est comme une sorte de vautour, et que tant qu’elle n’est pas au village, rien de mal ne peut arriver.”

Elle fait tout comme il faut et elle est fort gentille avec tout le monde, mais elle est froide comme un glaçon. Comme si elle faisait semblant.

Voyons, fit la voix de la logique dans sa tête, la vendeuse ne pensait pas à toi. – Oh, que si ! hurla sa sensibilité meurtrie.

elle avait l’intention de manger jusqu’à n’en plus pouvoir. Sa silhouette pouvait attendre.

Or il y avait chez la nouvelle Agatha Raisin quelque chose qui était capable de se tendre vers la moindre manifestation de chaleur, comme une plante brûlée par le gel se tend vers le soleil, si bien que petit à petit, elle se mit à lui répondre avec une égale amabilité.

Le printemps était si mauvais qu’on avait du mal à croire qu’une plante puisse fleurir sous la pluie cinglante et les rafales de vent froid.

Elle se demanda vaguement ce que le fait de ne porter qu’une seule couleur révélait sur la psychologie d’une femme.

Peut-être qu’elle se méfiait parce que les nappes de la salle de restaurant étaient roses, de même que les serviettes, songea-t-elle. Les restaurants qui optaient pour des nappes roses avaient toujours quelque chose de suspect.

les étoiles scintillaient, froides et lointaines, à mille lieues de la détresse éprouvée par une petite dame d’âge mûr qui croyait avoir non seulement fichu en l’air la soirée, mais aussi réduit à néant ses espoirs d’amour.

celui qui est en proie à une obsession n’est jamais rassasié.

Quand on ne s’est encore jamais occupé de jardinage, quelle contribution peut-on apporter à une conversation qui consiste en un va-et-vient constant d’un nombre époustouflant de noms latins ?

« M’est avis que ça ne serait jamais arrivé dans le temps. Dans le temps, y avait pas d’étrangers qui venaient habiter au village. »

Mais à Londres, songea-t-elle, toutes ces années que j’y ai vécues, je ne savais pas me faire des amis. Mon seul ami, c’était mon travail. Aujourd’hui, j’essaie de tirer le meilleur parti des gens qui m’entourent.

Et puis elle a du charme, et le charme nous empêche toujours de voir au-delà des apparences. »

Elle s’en alla, le pas aussi raide que celui d’un chat indigné.

Elle éprouvait de nouveau cette sensation bien connue de regarder la vie en spectatrice.

il se sentait isolé au milieu de l’habituelle gentillesse des gens du coin, cette gentillesse si particulière que l’on rencontre dans les villages et qui ne va jamais plus loin que la surface.

c’est le genre de gars qui, quand il a son diplôme de justesse, si encore il l’obtient, tient le capitalisme pour responsable de ses mauvais résultats. Qui, ensuite, n’arrive pas à trouver du travail et refuse de croire que se présenter à un entretien d’embauche avec un jean déchiré et des manières de malappris soit la cause de son échec.

Plus une fille est brillante, plus elle est sexuellement naïve. En entrant à la fac, elle s’imagine que le fait de se mettre avec un homme est un signe de féminisme, d’affranchissement, et sans s’en rendre compte elle va petit à petit financer toutes ses dépenses, laver ses chaussettes et préparer ses repas : elle devient encore plus dépendante que sa propre mère ne l’était. Tout ça, c’est une histoire de sexe.

 

04 – Randonnée mortelle – Danger ! Terrain miné ! (2016)

Résumé : Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Mon avis :

Ce n’est pas mon préféré. En effet il y a moins de place pour les habitants du village et j’ai trouvé moins dépaysant. Mais c’est toujours un plaisir et la vie amoureuse d’Agatha est me semble-t-il sur le point de se corser…

Extraits :

Personne ne disait plus « misérable » de nos jours. Mais « défavorisé », ou quelque chose de ce genre, comme si changer de mot pouvait effacer la tristesse, la violence et le désespoir. Les bien-pensants alimenteraient toujours les commérages sur la pauvreté de ces quartiers, mais personne n’y mourait de faim, à part quelques vieux retraités mal armés pour réclamer les aides qui leur étaient dues. C’était davantage une pauvreté de l’âme qui sévissait là-bas, quand l’imagination ne se nourrit plus que de vidéos violentes, de boisson et de drogues.

Tout ce que je dis, c’est pour ton bien.
– Pourquoi les gens qui vous disent que tout ça, c’est pour votre bien, en profitent-ils toujours pour glisser une petite saloperie ?

pourquoi lorsque quelqu’un dit quelque chose de cruel ou de blessant, il essaye toujours de se protéger en disant : “Ce n’était qu’une plaisanterie. Vous n’aimez pas les plaisanteries ?”

Il y a des êtres ainsi faits, qui se fichent en fait pas mal de l’environnement, des baleines ou de quoi que ce soit, mais se servent de la défense de ces causes pour accaparer le pouvoir.

Il avait entendu parler de ce genre d’homme, mais n’avait encore jamais rencontré des types comme lui : prétendant avoir des vues progressistes et en fait, ayant les mêmes idées que le plouc américain de base.

Ce n’est pas facile d’apprécier la campagne quand on ne l’aperçoit qu’à travers des arbres et des champs défilant derrière un pare-brise.

Si la route du cœur d’un homme passe par son estomac, je n’ai aucune chance.

Vous savez, j’ai rêvé de lui si longtemps que j’ai réalisé tout à coup qu’il ne pouvait pas être au niveau de mon rêve et de mes attentes. J’étais déconnectée de la réalité.

 

05 – Pour le meilleur et pour le pire – Parlez ou taisez-vous à jamais (2017)

 Résumé : Incroyable mais vrai  : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin  !
Hélas, le conte de fées est de courte durée  : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire «  oui  », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.
Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Mon avis :

Elle s’en voit de toutes les couleurs notre pauvre amoureuse ! On ne peut pas dire qu’elle a bien choisi les hommes de sa vie ! Elle a bien réussi sa vie professionnelle mais pour le reste c’est une autre histoire. Son passé la rattrape et c’est pas du gâteau … Elle a le chic pour s’attirer les ennuis, en voulant se persuader que ce qui l’ennuie n’existe pas… Je l’aime de plus en plus !

Extraits :

Non seulement l’amour lui mettait un bandeau sur les yeux mais, comme elle n’avait jamais pu laisser quelqu’un s’approcher d’elle, elle pensait que cette absence de communication était peut-être normale.

il se demandait comment le potager du restaurant pouvait produire des petits pois surgelés d’un vert aussi vif.

Je ne suis pas de ces gens qui sont intarissables sur leur “ressenti”, et je n’en vois pas l’intérêt.

Les femmes manquant d’estime d’elles-mêmes, avait-elle lu récemment, aimaient souvent des hommes incapables de rendre l’amour et l’affection qu’on leur témoignait.

Les morts ont un aspect différent quand l’esprit s’est envolé.

Toujours pleine d’espoir, elle gobait toutes les promesses des publicités jusqu’au moment où elle essayait le produit.

C’est un homme très particulier. Je crois qu’il a dans l’esprit des petits compartiments rigoureusement étanches

Elle avait le sentiment que si le vent dissipait brumes et brouillards, elle se sentirait mieux. L’automne semblait s’insinuer jusque dans son cerveau, avec son obscurité, ses feuilles mortes et le spectre menaçant de la décrépitude et de la vieillesse.

On était toujours dans le pays de George Orwell, où les gens ont de mauvaises dents ou pas de dents du tout.

Les fées du logis naissaient ainsi, elles ne le devenaient pas. Pour être une bonne femme d’intérieur, il fallait un talent à part, comme pour être ballerine ou chanteuse d’opéra.

C’est un sacré boulot d’avoir un certain âge, pensa sombrement Agatha, et ce sera encore pire quand je serai vieille, entre les pets, l’incontinence, les dents et les cheveux qui se font la malle. Oh là là, je voudrais être morte ! Et sur cette pensée réjouissante, elle redescendit.

L’ambition est une drogue puissante, tu sais. J’ai cravaché sans arrêt. Je ne me suis jamais vraiment arrêtée pour regarder en arrière

06 – Vacances tous risques – Bons baisers de Chypre

 Résumé : God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d’Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C’est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l’élu de son cœur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l’a-t-elle retrouvé, pas le temps de s’expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l’enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités…

Mon avis : Sympa ce « guide touristique » des endroits à visiter à Chypre ! Si le personnage d’Agatha devient de plus en plus attachant car elle dévoile de plus en plus ses fêlures et qu’elle me touche avec sa volonté de croire au grand amour, j’ai regretté l’ambiance britannique du petit village anglais, les coutumes typiquement campagnardes. Décidemment les hommes qui l’entourent sont des mufles ! Mais j’ai apprécié la description des britanniques en vacances, du besoin de faire un groupe et les petites phrases assassines. Bref, j’espère que la prochaine enquête se déroulera à nouveau sur sol britannique et je me réjouis de la retrouver !

Extraits :

« Pensez-vous vraiment avoir pris la bonne décision ? Je veux dire, les hommes n’aiment pas beaucoup qu’on les traque.
– Et comment fait-on alors pour en trouver un ? »

Les touristes britanniques, quant à eux, étaient immédiatement identifiables à leurs vêtements, leurs visages pâles et contrits, et cet air un peu irrésolu des Anglais à l’étranger.

On aime à penser que Famagouste est le cadre des actes II à V de l’Othello de Shakespeare.

Pourquoi tiens-tu autant à cette andouille, à ce poisson froid ? murmurait une voix à son oreille.

On sentait des odeurs de pin, et les cigales bavardaient en échangeant leurs petits bruits de scie.

La foule les suivait, véritable tour de Babel de commérages.

On aime les touristes par ici, et en particulier les Britanniques, même quand ils nous connaissent mieux. Dieu seul sait pourquoi ! Il y a aussi beaucoup d’expats britanniques et même de plus en plus chaque année. Les Chypriotes turcs sont si occupés à faire des reproches aux Turcs du continent qu’ils risquent de se réveiller un jour dépassés en nombre par de vieux Anglais arthritiques vivant sur leur pension.

Elle se rappela brusquement une collègue mariée de sa période londonienne qui lui avait raconté à quel point elle détestait aller dîner chez des gens avec son mari. Elle craignait l’autopsie de la soirée qui l’attendait systématiquement de retour à la maison. « Pourquoi as-tu dit ça ? Tu as vu la tête de machin quand tu as dit ça ? Tu n’aurais pas pu trouver quelque chose de mieux à te mettre ? Avec tout ce que tu dépenses en vêtements ! »

Maintenant qu’elle avait un homme dans sa vie, tous ces modèles anciens refaisaient surface. Il faut dire aussi que les hommes naissent avec une capacité incroyable à pousser les femmes à se sentir coupables de tout.

La nuit est encore jeune et nous ne le sommes plus.

Donnez-m’en une aussi.
– Vous n’en achetez jamais vous-même ?
– Non. Cela signifierait admettre que je suis un fumeur. Cela dit, les fumeurs sont généralement on ne peut plus pressés d’offrir leurs clopes. Comme ça, ils font un nouvel accro.

Les gens qui ont mauvais caractère semblent toujours avoir plus de poids.

– Vous n’avez pas de cœur !
– Peut-être, mais j’ai l’esprit pratique. »

– Donc vous avez attendu votre chevalier blanc sur son blanc destrier, et tout ce qui vous reste, c’est l’odeur du crottin ?