{"id":10179,"date":"2020-01-13T16:21:59","date_gmt":"2020-01-13T15:21:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10179"},"modified":"2025-01-06T11:14:06","modified_gmt":"2025-01-06T09:14:06","slug":"nohant-gaelle-la-femme-revelee-rlh2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10179","title":{"rendered":"Nohant, Ga\u00eblle \u00abLa femme r\u00e9v\u00e9l\u00e9e\u00bb (RLH2020)"},"content":{"rendered":"\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Paris en 1973, Ga\u00eblle Nohant vit aujourd\u2019hui \u00e0 Lyon.\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6656\">L\u00e9gende d\u2019un dormeur \u00e9veill\u00e9<\/a>\u00a0<\/span>(prix des Libraires 2018) est son troisi\u00e8me roman apr\u00e8s <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10569\">L\u2019Ancre des r\u00eaves<\/a><\/span> (prix Encre Marine, 2007) et <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3197\">La\u00a0Part des flammes<\/a>\u00a0<\/span>(prix France Bleu\/Page des libraires, 2015 et prix du Livre de Poche, 2016) Elle a \u00e9galement publi\u00e9 L\u2019Homme d\u00e9rout\u00e9 (nouvelles) en \u00a02010. En 2020 elle publie \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10179\">La femme r\u00e9v\u00e9l\u00e9e<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb et en 2023 \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Nohant, Ga\u00eblle \u00ab\u00a0Le bureau de l\u2019\u00e9claircissement des destins\u00a0\u00bb (RLH2023) 410 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17968\">Le bureau de l&rsquo;\u00e9claircissement des destins<\/a><\/span>\u00a0\u00bb \u00a0.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9ditions Grasset \u2013 02.01.2020 \u2013 381 pages,<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d\u2019emprunt dans un h\u00f4tel miteux. Elle a abandonn\u00e9 brusquement une vie dor\u00e9e \u00e0 Chicago, un mari fortun\u00e9 et un enfant ch\u00e9ri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit gar\u00e7on. Pourquoi la jeune femme s\u2019est-elle enfuie au risque de tout perdre ?<br \/>Vite d\u00e9pouill\u00e9e de toutes ressources, d\u00e9sorient\u00e9e, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se r\u00e9inventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d\u2019enfants et part \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un Paris o\u00f9 la grisaille de l\u2019apr\u00e8s-guerre s\u2019\u00e9claire d\u2019un d\u00e9sir de vie retrouv\u00e9, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s. A travers l\u2019objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l\u2019humanit\u00e9 des humbles et des invisibles.<br \/>Dans cette vie pr\u00e9caire et encombr\u00e9e de secrets, elle se d\u00e9couvre des forces et une libert\u00e9 nouvelle, tisse des amiti\u00e9s profondes et se laisse traverser par le souffle d\u2019une passion amoureuse.<br \/>Mais comment vivre traqu\u00e9e, d\u00e9chir\u00e9e par le manque de son fils et la douleur de l\u2019exil ? Comment apaiser les terreurs qui l\u2019ont pouss\u00e9e \u00e0 fuir son pays et les siens ? Et comment, surtout, se pardonner d\u2019\u00eatre partie ?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir \u00e0 Chicago. Elle retrouve une ville chauff\u00e9e \u00e0 blanc par le mouvement des droits civiques, l\u2019opposition \u00e0 la guerre du Vietnam et l\u2019assassinat de Martin Luther King. Partie \u00e0 la recherche de son fils, elle est entra\u00een\u00e9e au plus pr\u00e8s des \u00e9meutes qui font rage au c\u0153ur de la cit\u00e9. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec d\u00e9termination son destin, quels que soient les sacrifices.<br \/>Au fil du chemin, elle aura gagn\u00e9 sa libert\u00e9, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-\u00eatre, la possibilit\u00e9 d\u2019apaiser les blessures du pass\u00e9. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, h\u00e9ro\u00efne en route vers la modernit\u00e9, vibrant \u00e0 chaque page d\u2019une troublante intensit\u00e9, habit\u00e9e par la gr\u00e2ce d\u2019une \u00e9criture ample et sensible.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<br \/>C\u2019est le r\u00e9cit d\u2019une petite fille qui a d\u00e9couvert le ghetto de Chicago avec son grand-p\u00e8re et qui va devenir au fil des ans une femme forte et ind\u00e9pendante. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une blanche qui est outr\u00e9e de voir de quelle mani\u00e8re les Noirs am\u00e9ricains sont trait\u00e9s. Quand elle se rendra compte que sa vie actuelle, qu\u2019elle a choisi pour la protection et le confort financier est en opposition compl\u00e8te avec les valeurs qui lui ont \u00e9t\u00e9 inculqu\u00e9es pendant son enfance, elle va modifier son comportement et se retrouver vite en grand danger. Eliza\/Violet va devoir fuir pour rester fid\u00e8le \u00e0 elle-m\u00eame, en abandonnant tout derri\u00e8re elle (\u00e0 part son appareil photo) pour ne pas renier son \u00e2me et sauver sa vie et le seul moyen de survivre sera l\u2019exil. Le d\u00e9but peut sembler un peu l\u00e9ger\u00a0: une femme qui fuit et se fait d\u00e9rober les bijoux qu\u2019elle avait emport\u00e9 pour assurer son installation \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Mais apr\u00e8s ce d\u00e9but un peu romance, tout bascule. Au centre du roman deux villes\u00a0: Chicago et Paris. \u00a0Chicago\u00a0en 1950 et vingt ans apr\u00e8s : le ghetto noir, mais aussi les soul\u00e8vements qui vont avoir lieu \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60\u00a0: Le Mobe, le Black Power, les clivages raciaux, les Black Panthers, Nixon, la Guerre du Vietnam, les assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy. Un livre sur la libert\u00e9, sur la presse, sur les politiques, sur les mobilisations contre le racisme, contre la guerre du Vietnam. Un livre aussi sur la violence faite aux femmes, tant \u00e0 Chicago sur Eliza qu\u2019\u00e0 Paris sur Rosa. Un livre sur les marginalis\u00e9s, les exil\u00e9s, les personnes ravag\u00e9es par la vie qu\u2019elle va mettre en lumi\u00e8re et d\u00e9fendre tout au long de sa vie, tant \u00e0 Chicago qu\u2019\u00e0 Paris.<br \/>Le tout sur fond de deux belles histoires d\u2019amour, sur le poids du pass\u00e9, sur le rapport m\u00e8re-fils, sur le temps fig\u00e9 et suspendu dans l\u2019attente d\u2019un amour du pass\u00e9, sur l\u2019importance de garder la t\u00eate haute et avancer. C\u2019est aussi un livre sur le dur choix d\u2019une femme d\u2019abandonner son fils pour le pr\u00e9server mais avec toujours un but ultime\u00a0: le retrouver.<br \/>Un magnifique t\u00e9moignage et hommage aussi \u00e0 la photographie et au travail des photographes de terrain. A travers l\u2019objectif elle m\u2019a donn\u00e9 envie de d\u00e9couvrir\/red\u00e9couvrir l\u2019\u0153uvre de Doisneau, Lewis Hine, Alfred Stieglitz, Willy Ronis, Russel Lee. Une belle immersion aussi dans le monde des caves abritant les joueurs de jazz et de blues&#8230;<br \/>J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment aim\u00e9 cette description de la fonction \u00ab\u00a0bouclier\u00a0\u00bb de l\u2019appareil photo qui permet de mettre une distance entre la personne qui prend la photo et le sujet. Cela permet de se soustraire \u00e0 l\u2019\u00e9motion pour se recentrer sur le cot\u00e9 technique et cadrage mais au final, lors de la r\u00e9v\u00e9lation sur du papier photographique, le terme technique \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lation\u00a0\u00bb porte bien son nom. En effet il r\u00e9v\u00e8le la sensibilit\u00e9 et le regard de celui\/celle qui prend le clich\u00e9 et r\u00e9v\u00e8le au monde la r\u00e9alit\u00e9 qui est vue par l\u2019\u0153il qui prend la photo\u00a0; de fait elle peut aussi bien montrer une sc\u00e8ne ou influencer.<br \/>Un coup de coeur sur fond historique.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme si usurper son identit\u00e9 l\u2019avait charg\u00e9e d\u2019une responsabilit\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard, d\u2019un myst\u00e9rieux devoir qu\u2019il lui incombe d\u2019\u00e9lucider.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle a forc\u00e9 sur le maquillage, comme on repeindrait un immeuble en train de s\u2019effondrer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ici, le pass\u00e9 se fait obs\u00e9dant. Les plaques au-dessus des porches rappellent que tel po\u00e8te ou tel homme politique a v\u00e9cu l\u00e0, les statues veillent sur les squares et les carrefours. Je me demande si tous ces bras de pierre ne finissent pas par vous ligoter. \u00c0 Chicago c\u2019est l\u2019inverse, on ne courtise que le futur. Comme s\u2019il fallait oublier le sang vers\u00e9 pour b\u00e2tir la ville, ce sang venu de tous les coins du monde se m\u00ealer \u00e0 celui des abattoirs. On se h\u00e2te de d\u00e9truire pour reconstruire de nouveaux symboles de fiert\u00e9 et de puissance, toujours plus hauts, plus arrogants. Le pass\u00e9 est cette boue qui s\u2019accroche \u00e0 nos chaussures, cet accent qui trahit notre origine. Ce sont ces souvenirs qui nous d\u00e9chirent.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une foi humaniste dont les ap\u00f4tres avaient pour noms Voltaire, Rousseau, Victor Hugo ou \u00c9mile Zola.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne faut pas trop s\u2019attacher \u00e0 ces objets qui vous tirent vers la tombe, vous murmurant que votre vie a perdu sa boussole.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme si je n\u2019en finissais pas de tomber d\u2019une falaise et qu\u2019autour de moi le paysage s\u2019estompait, me laissant pour seul rep\u00e8re cette chute interminable.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment lui faire comprendre que la beaut\u00e9 d\u00e9passe l\u2019esth\u00e9tique\u00a0? Pour moi, elle est l\u2019\u00e9motion qui na\u00eet d\u2019une parcelle de v\u00e9rit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Elle n\u2019a pas d\u2019\u00e2ge, de couleur de peau, de classe sociale. Elle peut \u00eatre marqu\u00e9e, tatou\u00e9e, ind\u00e9chiffrable.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est une guerri\u00e8re qui prot\u00e8ge ses secrets. Ses faux cils, son rouge \u00e0 l\u00e8vres et son fard sont des peintures de guerre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re l\u2019objectif, cette nature morte rec\u00e8le l\u2019\u00e9trange beaut\u00e9 des ruines.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne m\u2019y sens plus tout \u00e0 fait une \u00e9trang\u00e8re, ni v\u00e9ritablement chez moi. C\u2019est une parenth\u00e8se, une enclave que j\u2019am\u00e9nage.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du plus loin que je me souvienne, la solitude m\u2019a toujours manqu\u00e9, comme on aspire \u00e0 l\u2019air des montagnes quand on grandit dans la trame serr\u00e9e des villes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis des mois, j\u2019habite ce corps comme un v\u00eatement vol\u00e9. Je l\u2019ai forc\u00e9 \u00e0 l\u2019invisibilit\u00e9, j\u2019\u00e9tais une proie concentr\u00e9e sur des signaux de danger infimes, peut-\u00eatre imaginaires. J\u2019avais oubli\u00e9 qu\u2019on pouvait vibrer d\u2019autre chose que d\u2019angoisse.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lasse qu\u2019on sourie et murmure dans mon dos, je choisis de dispara\u00eetre derri\u00e8re l\u2019objectif. De devenir cet \u0153il qui voyait tout et gravait sur pellicule les mille petites trahisons d\u2019un soir, comme on range des fleurs de cigu\u00eb et de belladone dans un herbier, pour s\u2019immuniser contre leur pouvoir.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les apparences\u2026 Parfois on a besoin de s\u2019y raccrocher, c\u2019est tout ce qui reste.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors sa voix rauque s\u2019est \u00e9lev\u00e9e dans le silence, portant celle de tous les Noirs du Sud qui avaient fui la s\u00e9gr\u00e9gation et le Ku Klux Klan pour embrasser un r\u00eave falsifi\u00e9 dans la fournaise des aci\u00e9ries, les cha\u00eenes de montage qui cassaient le corps et la t\u00eate.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on apprend \u00e0 vivre ensemble, la peur dispara\u00eet et les pr\u00e9jug\u00e9s avec. Encore faut-il offrir les m\u00eames chances \u00e0 tout le monde\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">les Maghr\u00e9bins \u00e9taient les Noirs des Fran\u00e7ais.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m\u2019interroge sur le besoin qu\u2019ont les hommes de se fabriquer des inf\u00e9rieurs, sous toutes les latitudes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce temps-l\u00e0, la s\u00e9curit\u00e9 me paraissait le bien le plus pr\u00e9cieux, celui qui gouvernait tous les autres. Pour la trouver, je m\u2019\u00e9tais choisi un refuge qui s\u2019\u00e9tait referm\u00e9 sur moi.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Partir n\u2019est pas le plus difficile, a-t-il murmur\u00e9. Le plus dur, c\u2019est de se pardonner de ne pas \u00eatre rest\u00e9.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai appris \u00e0 t\u2019aimer, comme on se coule dans la musique en la laissant \u00e9tirer le c\u0153ur et l\u2019\u00e2me vers d\u2019infinies m\u00e9tamorphoses.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai ferm\u00e9 les yeux et j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 ce que tu me disais toujours\u00a0: c\u2019est lorsque nous avons r\u00e9alis\u00e9 notre impuissance que nous devenons vraiment libres.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais tu vois, on ne peut pas rattraper le pass\u00e9. Je l\u2019ai compris quand j\u2019\u00e9tais l\u00e0-bas. \u00c7a m\u2019a lib\u00e9r\u00e9e. \u00c0 force de l\u2019attendre, je m\u2019emp\u00eachais de vivre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous ressemblez \u00e0 une maison dont on a ferm\u00e9 les volets pour affronter un tr\u00e8s long hiver.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous sommes d\u00e9visag\u00e9s quelques secondes, comme deux arbres foudroy\u00e9s qui doutent d\u2019\u00eatre encore debout.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et toujours un appareil photo\u2026 Ton arme et ton bouclier.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">je constate que derri\u00e8re le racisme, il y a la rapacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me qui a besoin de fabriquer des esclaves. Le probl\u00e8me, ce n\u2019est pas la peur ou la haine de l\u2019autre. Ces barri\u00e8res-l\u00e0, on peut les repousser, les faire tomber. Le probl\u00e8me, c\u2019est ce ventre qui a toujours faim, de main d\u2019\u0153uvre \u00e0 bas prix, d\u2019hommes d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">d\u00e9couvrir qu\u2019au c\u0153ur du danger, l\u2019objectif du Leica me permettait de me d\u00e9tacher de moi-m\u00eame.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Autrice\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Paris en 1973, Ga\u00eblle Nohant vit aujourd\u2019hui \u00e0 Lyon.\u00a0L\u00e9gende d\u2019un dormeur \u00e9veill\u00e9\u00a0(prix des Libraires 2018) est son troisi\u00e8me roman apr\u00e8s L\u2019Ancre des r\u00eaves (prix Encre Marine, 2007) et La\u00a0Part des flammes\u00a0(prix France Bleu\/Page des libraires, 2015 et prix du Livre de Poche, 2016) Elle a \u00e9galement publi\u00e9 L\u2019Homme d\u00e9rout\u00e9 (nouvelles) en &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10179\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10180,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[35,202,98,43,12,24,100,958,105,233,78],"tags":[297,472,435,968,584,264,195,434],"class_list":["post-10179","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coup-de-coeur-lectures","category-etats-unis","category-france","category-histoire","category-litterature-france","category-musique","category-paris","category-rlh2020","category-roman","category-usa","category-xxeme","tag-exil","tag-liberation-de-la-femme","tag-liberte","tag-marginalisation","tag-photographie","tag-presse","tag-racisme","tag-segregation"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10179","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10179"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10179\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21453,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10179\/revisions\/21453"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10180"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10179"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10179"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10179"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}