{"id":1047,"date":"2014-08-29T14:07:44","date_gmt":"2014-08-29T13:07:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1047"},"modified":"2024-11-23T16:17:36","modified_gmt":"2024-11-23T14:17:36","slug":"lynch-paul-un-ciel-rouge-le-matin-03-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1047","title":{"rendered":"Lynch, Paul \u00ab\u00a0Un ciel rouge, le matin\u00a0\u00bb (03.2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Paul Lynch est un auteur irlandais est n\u00e9 en 1977 \u00e0 Limerick dans le Donegal et vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Dublin. Il a \u00e9t\u00e9 journaliste et critique de cin\u00e9ma \u00e0 Sunday Tribune de 2007 \u00e0 2011 et a \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le Sunday Times. Il est actuellement \u00e9crivain \u00e0 temps plein.<br \/>\nSon premier roman, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1047\"><span style=\"color: #0000ff;\">Un ciel rouge, le matin<\/span><\/a>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2014), a \u00e9t\u00e9 unanimement salu\u00e9 par la presse comme une r\u00e9v\u00e9lation et finaliste du Prix du Meilleur Livre \u00e9tranger. A suivi \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3898\">La Neige noire<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2015), r\u00e9compens\u00e9 par le Prix Libr&rsquo;\u00e0 Nous et largement pl\u00e9biscit\u00e9 par les lecteurs. Il publie \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13087\">Grace<\/a> \u00bb<\/span>\u00a0en 2019, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14213\">\u00a0Au-del\u00e0 de la mer\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (RL2021), \u00abLe Chant du proph\u00e8te\u00bb (RLH2025)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : (paru chez Albin Michel) Tableau \u00e2pre et t\u00e9n\u00e9breux de l\u2019Irlande du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et de sa brutale r\u00e9alit\u00e9 sociale, <em>Un ciel rouge, le matin<\/em> poss\u00e8de la puissance d\u2019\u00e9vocation des paysages du Donegal o\u00f9 il se d\u00e9roule en partie. Le lyrisme sombre et po\u00e9tique de Paul Lynch, qui signe l\u00e0 un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Printemps 1832. Coll Coyle, jeune m\u00e9tayer au service d\u2019un puissant propri\u00e9taire anglais, apprend qu\u2019il est expuls\u00e9 avec femme et enfants de la terre qu\u2019il exploite. Ignorant la raison de sa disgr\u00e2ce, il d\u00e9cide d\u2019aller voir l\u2019h\u00e9ritier de la famille, qui r\u00e8gne d\u00e9sormais en ma\u00eetre. Mais la confrontation tourne au drame\u00a0: Coll Coyle n\u2019a d\u2019autre choix que de fuir. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une v\u00e9ritable chasse \u00e0 l\u2019homme, qui va le mener de la p\u00e9ninsule d\u2019Inishowen \u00e0 Londonderry puis aux \u00c9tats-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d\u2019espoirs d\u00e9\u00e7us, son odyss\u00e9e tragique parle d\u2019oppression et de vengeance, du lien visc\u00e9ral qui unit les hommes \u00e0 leur terre.<em> Paul Lynch, pour Un ciel rouge, le matin, a fait partie de la selection pour le prix du meilleur livre \u00e9tranger 2014 (cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0romans\u00a0\u00bb).<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Paul Lynch poss\u00e8de un talent sensationnel, h\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00e9crivains tels que Cormac McCarthy ou Sebastian Barry. Consacrez-lui toute votre attention, car il est en train de cr\u00e9er son propre territoire litt\u00e9raire<\/em>.\u00a0\u00bb\u00a0Colum McCann<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Magnifiquement \u00e9crit (et tr\u00e8s bien traduit). Une phrase \u00e0 elle seule d\u00e9crit ce roman puissant \u00abLe monde s\u2019enfonce dans la nuit, les oiseaux enfouissent la t\u00eate sous leur aile. Il r\u00e8gne un grand silence jusqu\u2019\u00e0 ce que les nuages cr\u00e8vent, et un d\u00e9luge descend sur la terre impassible.\u00bb Roman sur la duret\u00e9 de l\u2019existence, la sauvagerie des hommes et des \u00e9l\u00e9ments\u2026 Toutes les tonalit\u00e9s du noir et du gris de l\u2019existence et de la nature qui est en ad\u00e9quation avec la mis\u00e8re et le d\u00e9sespoir. Une chasse \u00e0 l\u2019homme qui commence en Irlande et qui se termine aux Etats unis. Un monde dur, qui va au-del\u00e0 des limites du supportable, de l\u2019inhumain, qui va au bout de la peur, de la m\u00e9chancet\u00e9 humaine. Une descente aux enfers pour un homme coupable \u2026 de ne pas avoir ot\u00e9 sa casquette pour saluer\u2026..Une description de l\u2019Irlande du XIX\u00e8me si\u00e8cle et des conditions d\u2019existence de ceux qui d\u00e9barquent aux Etats Unis sans un sous en poche.. Parfois une magnifique lumi\u00e8re et des couleurs, qui toujours vient de la nature\u2026 Et l\u2019humanit\u00e9 est quand m\u00eame l\u00e0, aux travers de l\u2019amiti\u00e9 qui va lier deux compagnons d\u2019infortune. Lisez le\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>D\u2019abord il n\u2019y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la br\u00e8che de lumi\u00e8re matinale \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du monde. Cette rougeur qui se r\u00e9pand fait p\u00e2lir la clart\u00e9 des \u00e9toiles, les collines \u00e9mergent de l\u2019ombre et les nuages prennent consistance.<\/p>\n<p>Sur les murs, la paresseuse retraite des ombres<\/p>\n<p>Ses poings se ferment, il monte en lui une esp\u00e8ce de tumulte, un bouillonnement \u00e9cumeux de rivi\u00e8re enfi\u00e9vr\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 ce que la col\u00e8re le submerge<\/p>\n<p>Surgies de l\u2019ab\u00eeme nocturne, les ramures tendent leurs doigts d\u00e9charn\u00e9s pour s\u2019agriffer \u00e0 son visage tandis qu\u2019il se sauve loin de l\u2019horreur qu\u2019il vient de voir, les ronces ont des mains crochues de sorci\u00e8re qui lui tailladent la chair, il lutte avec une fureur aveugle. Chaque goul\u00e9e d\u2019air est une \u00e9charde de verre qui rugine ses poumons<\/p>\n<p>Les jacinthes des bois penchent la t\u00eate, comme pour d\u00e9plorer en silence la fugacit\u00e9 de leur existence<\/p>\n<p>Il ouvre les yeux sur un monde opaque et uniforme, et d\u00e9j\u00e0 le souvenir de ses r\u00eaves s\u2019est perdu.<\/p>\n<p>Le brouillard s\u2019enroule \u00e0 lui et colle comme une peau, la route s\u2019ach\u00e8ve l\u00e0 o\u00f9 se porte son regard<\/p>\n<p>L\u2019air impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019humidit\u00e9, une mer maussade sous un linceul de brume. Dans le silence irr\u00e9el il ne per\u00e7oit que l\u2019\u00e9cho de ses propres pas<\/p>\n<p>il se tourne alors vers la mer et sa vacuit\u00e9 insondable, la poitrine oppress\u00e9e, son regard se perd dans le lointain o\u00f9 le temps et l\u2019espace semblent fig\u00e9s. Aucune vie ne para\u00eet l\u2019animer, un vide qui ne conna\u00eet ni l\u2019amour ni l\u2019\u00e9preuve, une puissante mar\u00e9e sans m\u00e9moire, inchang\u00e9e, \u00e9ternelle<\/p>\n<p>Ils cherchent \u00e0 toute force les chemins du repos, mais leur c\u0153ur est aussi agit\u00e9 que les vagues de la mer.<\/p>\n<p>La suite indistincte des jours qui se ressemblent. La pluie s\u2019installe, le cr\u00e9pitement de sa chute ne leur laisse pas de repos<\/p>\n<p>son regard se voile, il parcourt en pens\u00e9e la distance qui le s\u00e9pare de chez lui, et son sourire s\u2019\u00e9vanouit en silence<\/p>\n<p>Un grand ciel plomb\u00e9 o\u00f9 le soleil se cache, c\u2019est tout ce qui reste du monde en train de sombrer<\/p>\n<p>Le soir embrasse l\u2019obscurit\u00e9 br\u00fblante. Venu du trouble brasier du couchant, un brouillard rampant s\u2019avance vers eux. Il regarde se former la nappe qui s\u2019installe au-dessus du bateau, impalpable drap mortuaire qui ternit le ciel nocturne et \u00e9touffe la rumeur de l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n<p>L\u2019orbe d\u2019un soleil rouge vogue au-dessus des buttes noires, semant dans le ciel ses copeaux de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans la vall\u00e9e, le d\u00e9clin du soleil fait na\u00eetre aupr\u00e8s des hommes leurs jumeaux tiss\u00e9s d\u2019ombre, de noires r\u00e9pliques qui miment inutilement les mouvements de leur besogne<\/p>\n<p>Nos vies, nos destin\u00e9es, nos histoires englouties par des forces plus vastes. Mon histoire qui se m\u00eale d\u00e9sormais \u00e0 la v\u00f4tre, et celle-ci qui ira le moment venu se nouer \u00e0 une autre. Et ainsi de suite jusqu\u2019\u00e0 l\u2019infini. Il n\u2019y a rien de plus \u00e0 ajouter.<\/p>\n<p>L\u2019homme laisse ses paroles suspendues en l\u2019air, un mur de silence les s\u00e9pare, puis il r\u00e9plique<\/p>\n<p>La joie qui \u00e9clate en lui comme une flamb\u00e9e de lumi\u00e8re pr\u00eate \u00e0 d\u00e9border<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Paul Lynch est un auteur irlandais est n\u00e9 en 1977 \u00e0 Limerick dans le Donegal et vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Dublin. Il a \u00e9t\u00e9 journaliste et critique de cin\u00e9ma \u00e0 Sunday Tribune de 2007 \u00e0 2011 et a \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le Sunday Times. Il est actuellement \u00e9crivain \u00e0 temps plein. 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