{"id":10712,"date":"2020-04-20T17:22:25","date_gmt":"2020-04-20T16:22:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10712"},"modified":"2020-04-20T17:23:30","modified_gmt":"2020-04-20T16:23:30","slug":"ammaniti-niccolo-anna-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10712","title":{"rendered":"Ammaniti, Niccol\u00f2 \u00abAnna\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Niccol\u00f2 Ammaniti (n\u00e9 le 25 septembre 1966 \u00e0 Rome) est un \u00e9crivain italien et un r\u00e9alisateur contemporain. Il est notamment le cr\u00e9ateur et le r\u00e9alisateur de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e Il miracolo. \u00c9tudiant en sciences biologiques, Niccol\u00f2 Ammaniti abandonne ses \u00e9tudes peu avant ses examens. La l\u00e9gende veut que les esquisses de sa th\u00e8se se soient transform\u00e9es en Branchies, son premier roman (1994). Il est consid\u00e9r\u00e9 par la critique comme le chef de file du mouvement cannibale, apparu dans les ann\u00e9es 1990.<br \/>Il a publi\u00e9\u00a0: Branchies, \u00c9ditions du F\u00e9lin, 1999 ((it) Branchie, Ediesse, 1994) &#8211; Anche il sole fa schifo, Rai Eri, 1997, 91 p. &#8211; Et je t&#8217;emm\u00e8ne, Grasset, 2001 ((it) Ti prendo e ti porto via, Mondadori, 1999) &#8211; Je n&rsquo;ai pas peur, Grasset, 2002 ((it) Io non ho paura, Einaudi, 2001Prix Viareggio 2001 &#8211; Comme Dieu le veut, Grasset, 2008 ((it) Come Dio comanda, Mondadori, 2006), Prix Strega 2007 &#8211; La F\u00eate du si\u00e8cle, Laffont, 2011 ((it) Che la festa cominci, Einaudi, 2009) &#8211; Moi et toi, Laffont, 2012 ((it) Io e te, Einaudi, 2010) &#8211; <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10712\">Anna<\/a>, Grasset, 2016 ((it) Anna, Einaudi, 2015)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Editions Grasset \u2013 14.09 2016 \u2013 pages &#8211; trad. Myriem Bouzaher<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>&nbsp;:<br \/>Sicile, 2020. Un virus mortel, \u00ab la Rouge \u00bb, a d\u00e9ferl\u00e9 sur l\u2019Europe quatre ans auparavant et d\u00e9cim\u00e9 la population adulte ; les jeunes, eux, sont prot\u00e9g\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la pubert\u00e9. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit fr\u00e8re de quatre ans.<br \/>Elle doit affronter le monde ext\u00e9rieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affam\u00e9s, l\u2019odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des m\u00e9dicaments, des bougies, des piles, des bo\u00eetes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d\u2019instructions que lui a l\u00e9gu\u00e9 leur m\u00e8re avant d\u2019\u00eatre emport\u00e9e par la maladie.<br \/>Lorsqu\u2019Astor dispara\u00eet, Anna part \u00e0 sa recherche, pr\u00eate \u00e0 d\u00e9fier les bandes d\u2019enfants sauvages qui errent \u00e0 travers les rues d\u00e9sertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l&rsquo;ordre appartient au pass\u00e9 et les r\u00e8gles d&rsquo;autrefois ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es. Pour r\u00e9ussir \u00e0 sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde \u00e0 l&rsquo;abandon o\u00f9 la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d&rsquo;une civilisation qui a couru \u00e0 sa propre perte.<br \/>Une v\u00e9ritable odyss\u00e9e des temps modernes o\u00f9 s&rsquo;entrem\u00ealent lumi\u00e8re et t\u00e9n\u00e8bres, un duel permanent entre la vie et la mort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Apart\u00e9<\/strong>&nbsp;: En cette p\u00e9riode de confinement, ce livre a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 par Victor del Arbol lors d\u2019une conversation dans lequel il sugg\u00e9rait aussi la lecture d\u2019autres romans \u00ab&nbsp;confinement&nbsp;\u00bb tels que <em>Mort \u00e0 Venise de Thomas Mann<\/em>, <em>Le D\u00e9cam\u00e9ron de Boccace<\/em>, <em>Une vie de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez<\/em>, <em>La Peste de Camus<\/em>.<br \/>Je rajoute \u00e0 sa liste le classique de <em>Alessandro Manzoni Les Fianc\u00e9s<\/em> (en italien I promessi sposi) et <em>La Quarantaine de J. M. G. Le Clezio<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mon avis<\/strong>&nbsp;: En 2020, en Italie, un virus qui a pour nom \u00ab&nbsp;la rouge&nbsp;\u00bb s\u2019attaque aux voies respiratoires des plus de 14 ans. &nbsp;Ce virus qui \u00e9pargne les enfants et qui ne tue que les adultes. Seuls les jeunes survivent et dans ce monde sans adultes, ils d\u00e9montrent d\u2019une facult\u00e9 d\u2019adaptation surprenante. Le livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit avant la pand\u00e9mie qui touche le monde entier actuellement mais comme nous le savons, il y a dej\u00e0 eu des virus qui ressemblent en 2003 et 2012. &nbsp; Tout comme le Covid19, je trouve plut\u00f4t rassurant qu\u2019une \u00e9pid\u00e9mie \u00e9pargne d\u2019une certaine fa\u00e7on les jeunes (enfin les enfants dans cette dystopie).<br \/>Le roman nous parle d\u2019enfance et d\u2019adolescence (de moins de 14 ans) dans un monde sans adultes. C\u2019est un roman sur la volont\u00e9 de survie, sur l\u2019espoir, sur l\u2019envie de vivre, de fuir le foyer infectieux pour arriver l\u00e0 ou le virus n\u2019est pas pr\u00e9sent et avoir sa vie devant soi\u2026&nbsp; Il nous raconte le parcours d\u2019Anna, jeune fille de 13 ans, et de son petit fr\u00e8re Astor.&nbsp; Nous sommes dans une Sicile d\u00e9vast\u00e9e, et Anna se retrouve involontairement \u00e0 devoir jouer le r\u00f4le de m\u00e8re et s\u2019occuper de son petit fr\u00e8re. C\u2019est un livre qui a pour th\u00e8me l\u2019espoir. Ce qui magnifique dans le personnage d\u2019Ana c\u2019est qu\u2019elle ne se laisse pas abattre, qu\u2019elle croit en l\u2019avenir, malgr\u00e9 ce terrible virus.<br \/>Le genre humain adulte dans son ensemble a disparu de l\u2019univers d\u2019Anna. Le virus est en effet mortel pour les plus de 14 ans et c\u2019est lui le v\u00e9ritable ennemi dans ce roman, m\u00eame si Anna et son fr\u00e8re vont faire des rencontres peu amicales. Il tue, et on a beau tout faire pour lui \u00e9chapper, rien n\u2019y fait. Le seul rem\u00e8de serait de ne jamais atteindre la pubert\u00e9, ce qui est bien \u00e9videmment impossible. Accompagn\u00e9e d\u2019un chien \u00ab&nbsp;Berger de Maremme&nbsp;\u00bb qui va s\u2019attacher \u00e0 Anna, la jeune fille va traverser la Sicile \u00e0 la poursuite d\u2019un futur hypoth\u00e9tique qui existerait hors des fronti\u00e8res. C\u2019est un roman sur l\u2019adolescence, sur une fillette qui n\u2019a pour guide qu\u2019un petit cahier laiss\u00e9 par sa m\u00e8re disparue, petit cahier auquel elle va s\u2019accrocher. Le cahier en question a un autre objectif&nbsp;: que la jeune fille apprenne \u00e0 lire \u00e0 son petit fr\u00e8re Astor.<br \/>Pour survivre (et s\u2019occuper de son petit fr\u00e8re) elle va devoir affronter le monde en ruine et trouver toute seule les r\u00e9ponses \u00e0 ses questions. Mais les choses vont se compliquer car le petit fr\u00e8re en question va \u00eatre enlev\u00e9 alors qu\u2019elle est sortie pour essayer de trouver des m\u00e9dicaments pour le soigner. Elle va partir \u00e0 sa recherche en compagnie d\u2019un jeune qui l\u2019accompagnera dans son p\u00e9riple. &nbsp;Ce qui est frappant aussi c\u2019est de se rendre compte qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans elle se retrouve parmi les \u00ab&nbsp;vieux&nbsp;\u00bb alors qu\u2019elle devrait normalement commencer \u00e0 faire ses premiers pas dans la vie d\u2019adulte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout au long de ce roman, on n\u2019a pas vraiment l\u2019impression que les jeunes ont besoin des adultes\u2026 Anna avance, pouss\u00e9e par l\u2019urgence et l\u2019espoir, elle va vers son futur en traversant un monde fini et mort. Le pr\u00e9sent a beau \u00eatre sans espoir et totalement mort, pour Anna l\u2019avenir existe et il faut aller le chercher l\u00e0 o\u00f9 il est. Il n\u2019y a qu\u2019une chose \u00e0 faire pour survivre et elle ne se pose pas de questions\u2026 elle avance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Extraits<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils se disputaient parfois, mais en g\u00e9n\u00e9ral chacun respectait les int\u00e9r\u00eats de l\u2019autre tout en ne les comprenant pas.<br \/>Et peu \u00e0 peu ces m\u00eames diff\u00e9rences qui les avaient pouss\u00e9s \u00e0 se chercher se transform\u00e8rent en une l\u00e9zarde qui chaque jour les s\u00e9parait un peu plus. Sans se le dire, ils la laiss\u00e8rent s\u2019\u00e9largir, certains qu\u2019aucun des deux ne serait capable de la refermer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Souvent les souvenirs s\u2019entrem\u00ealent avec les choses \u00e9crites et les r\u00eaves, et m\u00eame ceux dont elle \u00e9tait certaine, avec le temps, se d\u00e9coloraient comme une aquarelle dans un verre d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette chose-l\u00e0, \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas sa m\u00e8re. Devant ces restes, la fillette pressentit que la vie est un ensemble d\u2019attentes. Parfois si br\u00e8ves qu\u2019on n\u2019a pas le temps de s\u2019en rendre compte, parfois si longues qu\u2019elles semblent infinies, mais avec ou sans patience, elles ont toutes une fin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses pens\u00e9es lentement s\u2019effilochaient d\u2019un \u00e9cheveau embrouill\u00e9, se perdant en route.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans \u00e9lectricit\u00e9 le temps s\u2019allongea. Les heures s\u2019encha\u00eenaient les unes aux autres dans des jours qui se tra\u00eenaient avec une lenteur exasp\u00e9rante. Tous les bruits avaient disparu. Le tintement pr\u00e9cis des cloches de l\u2019\u00e9glise du village. Les sonneries des portables. Le vrombissement des avions. Les ronflements du camion poubelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les arbres s\u2019agrippaient les uns aux autres comme s\u2019ils avaient peur de s\u2019\u00e9crouler vers l\u2019aval. Le lierre enserrait les ch\u00eanes, retombait en grappes et transformait le terrain, parsem\u00e9 de trous et de roches, en un enchev\u00eatrement vert et plein d\u2019emb\u00fbches.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la mort de ses parents, elle avait plong\u00e9 dans une solitude si insondable et si obtuse qu\u2019elle en fut h\u00e9b\u00e9t\u00e9e pendant des mois, mais pas une fois, pas une seconde, l\u2019id\u00e9e d\u2019en finir ne l\u2019avait effleur\u00e9e, car elle pressentait que la vie est plus forte que tout. La vie ne nous appartient pas, elle nous traverse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est cela notre devoir, c\u2019est cela qui est \u00e9crit dans notre chair. Il faut aller de l\u2019avant, sans regarder derri\u00e8re soi, car l\u2019\u00e9nergie qui nous envahit, nous ne pouvons la contr\u00f4ler, et m\u00eame d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, amoindris, aveugles, nous continuons \u00e0 nous nourrir, \u00e0 dormir, \u00e0 nager en luttant contre le tourbillon qui nous tire vers le bas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le petit point solaire fondit comme du beurre dans une po\u00eale noire, s\u2019\u00e9largit en une coupole orange, quitta les collines en teignant le ciel d\u2019\u00e9cumes violac\u00e9es et poussa ses rayons jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4tel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;\u00c0 la fin, ce qui compte c\u2019est pas combien de temps dure la vie,&nbsp;mais comment tu la vis. Si tu la vis bien, \u00e0 fond, une vie courte vaut autant qu\u2019une vie longue. Tu crois pas&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019espoir, laisse-le aux d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Il existe les questions et il existe les r\u00e9ponses. Les \u00eatres humains sont capables de transformer un probl\u00e8me en solution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parler avec lui \u00e9tait difficile, les mots \u00e9taient trop lourds pour \u00eatre prononc\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Niccol\u00f2 Ammaniti (n\u00e9 le 25 septembre 1966 \u00e0 Rome) est un \u00e9crivain italien et un r\u00e9alisateur contemporain. Il est notamment le cr\u00e9ateur et le r\u00e9alisateur de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e Il miracolo. \u00c9tudiant en sciences biologiques, Niccol\u00f2 Ammaniti abandonne ses \u00e9tudes peu avant ses examens. 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