{"id":11176,"date":"2020-06-30T19:28:58","date_gmt":"2020-06-30T17:28:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11176"},"modified":"2025-10-28T16:20:58","modified_gmt":"2025-10-28T14:20:58","slug":"inaba-mayumi-20-ans-avec-mon-chat-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11176","title":{"rendered":"Inaba, Mayumi \u00ab 20 ans avec mon chat \u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice\u00a0<\/strong>: n\u00e9e le 8 mars 1950 \u00e0 Saya (ville fusionn\u00e9e en 2005 pour former la ville de Aisai) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 30 ao\u00fbt 2014 (\u00e0 64 ans), est une po\u00e9tesse et femme de lettres japonaise. Elle remporte le prix Tanizaki en 2011 pour La P\u00e9ninsule aux 24 saisons.<\/p>\n<p>Ses \u0153uvres traduites en fran\u00e7ais\u00a0: 1999\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11176\">20 ans avec mon chat<\/a>\u00a0<\/span>(2014\u00a0\u2013 2011)\u00a0:\u00a0La P\u00e9ninsule aux 24 saisons\u00a0(2018) 1992\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9329\">La Valse sans fin<\/a>\u00a0<\/span>(2019) \u2013 2010: mille ans pour aimer (2023) &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Inaba, Mayuni \u00ab\u00a0Le pont Hurlevent\u00a0\u00bb (2024) 166 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23123\">Le pont Hurlevent<\/a> <\/span>\u00bb (2016 &#8211; 2024) &#8211; traductrice : \u00c9lisabeth Suetsugu (\u00e9ditions Philippe Picquier)<\/p>\n<p>Editions Philippe Picquier \u2013 07.01.2016 \u2013 195 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:\u00a0Tout a commenc\u00e9 avec la rencontre d&rsquo;un chaton \u00e9gar\u00e9. Une boule de poils vaporeuse accroch\u00e9e de toutes ses griffes au grillage d&rsquo;un coll\u00e8ge pr\u00e8s de T\u00f4ky\u00f4. Une chatte friande de sardines et de bonite aigre-douce, qui va s&rsquo;introduire dans la vie de l&rsquo;auteur pour tr\u00e8s longtemps. M\u00ee va partager avec elle quatre-vingts saisons, la rendre sensible \u00e0 l&rsquo;odeur du vent, aux signes de la nature, \u00e0 la temp\u00e9rature de la lumi\u00e8re, et accompagner chacune des transformations de sa vie.<br \/>\nCar ce roman \u00e9toil\u00e9 de po\u00e8mes est aussi celui d&rsquo;une femme habit\u00e9e par le d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9crire et qui, les yeux pos\u00e9s sur M\u00ee blottie \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, va se transformer en \u00e9crivain.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : J\u2019ai pris beaucoup de plaisir \u00e0 lire ce petit roman po\u00e9tique qui parle de la relation fusionnelle entre une femme et un chat qu\u2019elle va recueillir tout b\u00e9b\u00e9 et qui va partager, ou devrais-je dire diriger sa vie pendant vingt ans. La chatte en question va passer avant tout dans sa vie, et elle va vivre et respirer pour et en fonction de sa chatte. Dans une ville, Tokyo, on ne peut pas louer un appart quand on a un chien ou chat, elle va choisir ses logements en fonction de la chatte, qui passera avant sa vie et son mari et l\u2019accompagner dans la vie et la mort. La rencontre avec cette boule de poils va transformer sa vie et lui permettre de faire ce qu&rsquo;elle a toujours voulu faire : \u00e9crire.<br \/>\nSi vous ne voulez pas avoir les larmes aux yeux, ne le lisez pas. Mais moi je le recommande \u00e0 toutes celles et ceux qui ont une fois connu une relation fusionnelle avec un animal.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Le sable s\u2019infiltrait entre les tatamis, dans les rainures des fen\u00eatres, sans piti\u00e9, et les tissus jaunissaient en un clin d\u2019\u0153il. J\u2019avais beau essuyer, essuyer encore, me battre chaque semaine avec le vent o\u00f9 se m\u00ealaient des grains de sable, c\u2019\u00e9tait peine perdue, si bien que pour lui r\u00e9sister, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 d\u2019habiller la maison de jaune ou d\u2019orange, tapis, rideaux, coussins \u00e9taient couleur d\u2019agrume. Si la m\u00eame couleur couvrait tout, la poussi\u00e8re ne se verrait plus. Gr\u00e2ce \u00e0 cette d\u00e9coration pop, mon int\u00e9rieur \u00e9tait plein de gaiet\u00e9 et j\u2019avais l\u2019impression de p\u00e9n\u00e9trer dans un champ rempli de pavots.<\/p>\n<p>Une maison est une chose myst\u00e9rieuse. Les voix sont \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. On sent une pr\u00e9sence. Chaque pi\u00e8ce a son odeur, de m\u00eame que l\u2019air qui emplit l\u2019espace entoure ses occupants et les r\u00e9conforte. Sans doute les sentiments de ceux qui l\u2019avaient fait construire impr\u00e9gnaient-ils jusqu\u2019au moindre recoin.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 moi, sans rien comprendre \u00e0 la nature des chats, je trouvais bien myst\u00e9rieux ces \u00eatres humains qui passent leur vie \u00e0 se laisser mener par le bout du nez par cet animal qu\u2019on d\u00e9signe sous le nom de chat.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Est-ce que c\u2019est vraiment un chat\u00a0? Ne serait-ce pas plut\u00f4t une nouvelle esp\u00e8ce d\u2019animal nomm\u00e9e\u00a0<em>couardise<\/em>\u00a0avec une t\u00eate de chat\u00a0?\u00a0\u00bb avait-on envie de dire, tant elle se d\u00e9fiait du monde qui l\u2019entourait, tant elle \u00e9tait sur le qui-vive.<\/p>\n<p>je regardais sans me lasser le chat endormi, roul\u00e9 en boule, comme si la queue et la t\u00eate \u00e9taient nou\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce que je voulais faire\u00a0? Ecrire. Pour cela, il me fallait acheter du temps. Et pour acheter du temps, il me fallait gagner de l\u2019argent\u2026<\/p>\n<p>L\u2019intimit\u00e9 s\u2019est install\u00e9e sans une parole, et le temps a rendu ce lien indissoluble.<\/p>\n<p>Quoi, il\u00a0n\u2019y aurait dans cette ville magnifiquement vivante qu\u2019est T\u00f4ky\u00f4 aucun endroit o\u00f9 les hommes et les chats puissent vivre ensemble\u00a0? Quelle mis\u00e8re\u00a0! H\u00e9riss\u00e9e de col\u00e8re et vibrante d\u2019indignation, je parcourais la ville en tous sens, la tristesse au c\u0153ur.<\/p>\n<p>Nora signifie en japonais chat errant, chat libre qui n\u2019a pas de maison, souvent chat de goutti\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne meurt pas d\u2019\u00eatre n\u00e9, ni d\u2019avoir v\u00e9cu, ni de vieillesse. On meurt de\u00a0<em>quelque chose<\/em>\u2026 Tous les hommes sont mortels\u00a0: mais pour chaque homme sa mort est un accident\u00a0\u00bb, affirme Simone de Beauvoir. En est-il de m\u00eame pour les animaux\u00a0?<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re traversait la fen\u00eatre. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9clat du soleil qui se montrait du c\u00f4t\u00e9 de la mer. Ce soleil de la capitale, je l\u2019avais vu nombre de fois. Mais il avait une couleur diff\u00e9rente. Je le percevais d\u2019une fa\u00e7on radicalement autre. C\u2019\u00e9tait le premier matin muet que je d\u00e9couvrais, car de nulle part ne me parvenait la voix f\u00e9line. J\u2019ai regard\u00e9 la lumi\u00e8re distraitement. Pourrais-je ou non m\u2019y accoutumer, c\u2019\u00e9tait le premier soleil d\u2019un matin o\u00f9 M\u00ee \u00e9tait absente.<\/p>\n<p><em>\u00ab La nuit s\u2019est bris\u00e9e pour ne pas se refermer<br \/>\n<\/em><em>Quelque part traversant la nuit un coq a chant\u00e9<br \/>\n<\/em><em>Les arbres aux mille \u00e9cus les azal\u00e9es les acacias<br \/>\n<\/em><em>Les plantes que tu aimais autrefois les arbres<br \/>\n<\/em><em>Posent leur ombre au-dessus de toi\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: n\u00e9e le 8 mars 1950 \u00e0 Saya (ville fusionn\u00e9e en 2005 pour former la ville de Aisai) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 30 ao\u00fbt 2014 (\u00e0 64 ans), est une po\u00e9tesse et femme de lettres japonaise. Elle remporte le prix Tanizaki en 2011 pour La P\u00e9ninsule aux 24 saisons. 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