{"id":11307,"date":"2020-07-23T18:20:40","date_gmt":"2020-07-23T16:20:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11307"},"modified":"2024-10-11T17:45:20","modified_gmt":"2024-10-11T15:45:20","slug":"ruiz-olivia-la-commode-aux-tiroirs-de-couleurs-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11307","title":{"rendered":"Ruiz, Olivia \u00abLa commode aux tiroirs de couleurs\u00bb (2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: nom de sc\u00e8ne d&rsquo;Olivia Blanc, est une auteure-compositrice-interpr\u00e8te, chanteuse, actrice, r\u00e9alisatrice et romanci\u00e8re fran\u00e7aise n\u00e9e le 1er janvier 1980 \u00e0 Carcassonne.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b> : \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Ruiz, Olivia \u00abLa commode aux tiroirs de couleurs\u00bb (2020)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11307\">La commode aux tiroirs de couleurs<\/a><\/span>\u00bb (2020) &#8211; \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Ruiz, Olivia \u00ab\u00a0Ecoute la pluie tomber\u00a0\u00bb (2022) 179 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20966\">Ecoute la pluie tomber<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2022)<\/p>\n<p>JCLatt\u00e8s \u2013 03.06.2020 \u2013 197 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: A la mort de sa grand-m\u00e8re, une jeune femme h\u00e9rite de l&rsquo;intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d&rsquo;une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et d\u00e9rouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, d\u00e9voilant les secrets qui ont scell\u00e9 le destin de quatre g\u00e9n\u00e9rations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste \u00e0 nos jours. La commode aux tiroirs de couleurs signe l&rsquo;entr\u00e9e en litt\u00e9rature d&rsquo;Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entrem\u00eale trag\u00e9dies familiales et tourments de l&rsquo;Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l&rsquo;exil.<br \/>\n\u00a0\u00bb Un magnifique roman sur l&rsquo;exil. Un petit bijou. \u00a0\u00bb Le Parisien \u00a0\u00bb Une fresque familiale vibrante. \u00a0\u00bb Version Femina \u00ab\u00a0Un texte d\u00e9licat, po\u00e9tique et poignant\u00a0\u00bb. RTL \u00ab\u00a0Par la gr\u00e2ce d&rsquo;un livre, les racines refleurissent. \u00a0\u00bb Courrier de l&rsquo;Ouest \u00ab\u00a0Cette \u00e9pop\u00e9e ne s&rsquo;oublie pas. \u00a0\u00bb Le Figaro \u00ab\u00a0Le partage est la morale de ce r\u00e9cit ardent\u00a0\u00bb. Le Monde des livres \u00ab\u00a0Un \u00e9mouvant premier roman autour d&rsquo;une lign\u00e9e de femmes frondeuses, marqu\u00e9es par le d\u00e9racinement\u00a0\u00bb.<br \/>\nElle \u00ab\u00a0Un superbe premier roman\u00a0\u00bb. Europe 1 \u00a0\u00bb Une r\u00e9ussite. \u00a0\u00bb Causette \u00ab\u00a0Rac\u00e9 comme du Almod\u00f3var. Un coup d&rsquo;\u00e9clat et un coup de ma\u00eetre. Une \u00e9crivaine d\u00e9mente\u00a0\u00bb. Le Point<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: J\u2019ai ador\u00e9\u00a0! Un livre sur les racines, sur la transmission de l\u2019histoire familiale. Une histoire de femmes, une histoire sur les non-dits..<br \/>\nC\u2019est l\u2019histoire du d\u00e9racinement, de l\u2019arriv\u00e9e de familles qui arrivent d\u2019Espagne \u2026 c\u2019est \u00ab\u00a0la retirada\u00a0\u00bb en 1939, c\u2019est la fuite des espagnols vers la France. C\u2019est la difficult\u00e9 de s\u2019int\u00e9grer, c\u2019est un livre sur l\u2019identit\u00e9, les r\u00e9fugi\u00e9s. L\u2019Abuela c\u2019est les souvenirs, c\u2019est les racines, c\u2019est le socle, c\u2019est la m\u00e9moire, c\u2019est toutes les femmes en une seule.<br \/>\nEt m\u00eame s\u2019il y a des drames, il y a cette vivacit\u00e9, ce soleil, cette marche en avant, cette \u00e9nergie, les couleurs du Sud. Il y a l\u2019importance de la langue, de l\u2019identit\u00e9, de l\u2019int\u00e9gration mais aussi du clan, de la transmission des g\u00e8nes, des origines, du sang des g\u00e9n\u00e9rations qui coulent dans nos veines. Il y a l&rsquo;amour, la complicit\u00e9, les rapports entre femmes, l&rsquo;importance de la famille&#8230;<br \/>\nCette fa\u00e7on de partager qui me fait penser \u00e0 certaines des chansons d\u2019Olivia, avec cet amour de l\u2019Espagne, de la famille, de la musique, ce cot\u00e9 tactile et latin des gens qui s\u2019embrassent\u2026 Et ces mots de l\u2019enfance, ces touches de souvenirs par des mots espagnols qui \u00e9maillent le recit.<br \/>\nPar moments j\u2019ai pens\u00e9 aux livres de Lydie Salvayre, cette romanci\u00e8re que j\u2019aime tant.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>\u00c7a p\u00e9tarade en moi comme le moteur d\u2019une Harley. Je me reprends. C\u2019est vraiment tout ce qu\u2019elle d\u00e9teste, la sensiblerie.<\/p>\n<p>Mieux vaut croire au P\u00e8re No\u00ebl et souffrir d\u2019apprendre son inexistence que de ne pas go\u00fbter au plaisir de la r\u00eaverie infinie qu\u2019il engendre, non\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est si facile de partir quand on ignore que c\u2019est peut-\u00eatre pour toujours.<\/p>\n<p>Autour de nous, les familles \u00e9taient d\u00e9chir\u00e9es, se disloquaient en larmes, oubliant la morsure du vent tant celle des c\u0153urs \u00e9tait violente.<\/p>\n<p>J\u2019adorais parler le fran\u00e7ais, je me sentais toute neuve en le pratiquant\u00a0; mais les occasions manquaient.<\/p>\n<p>Je l\u2019aimais bien, mais je trouvais mes r\u00eaves beaucoup trop grands pour lui. Cela annihilait toute ambigu\u00eft\u00e9 dans nos rapports, malgr\u00e9 le rosissement de ses joues d\u00e8s que nous nous effleurions.<\/p>\n<p>Cela ne me faisait pas r\u00eaver, moi, tout ce qu\u2019elle trouvait rassurant. Un travail. Un mari. Le sens des responsabilit\u00e9s. Est-ce qu\u2019un cheval sauvage s\u2019inqui\u00e8te d\u2019avoir les sabots entretenus\u00a0?<\/p>\n<p>Comme toute gosse de quinze ans, j\u2019avais besoin d\u2019un cadre. Le mien s\u2019\u00e9tait fissur\u00e9 de trop de non-dits.<\/p>\n<p>Les lois intra-muros ne sont pas les lois de la rue, ni des\u00a0lois universelles, ce n\u2019est pas \u00e7a la libert\u00e9. La libert\u00e9, c\u2019est \u00eatre soi-m\u00eame dedans et dehors.<\/p>\n<p>Je me dis qu\u2019il est fou et c\u2019est ce que j\u2019aime chez lui. \u00c0 viser l\u2019impossible on peut atteindre au moins le merveilleux.<\/p>\n<p>Ah oui, savoir d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient pour savoir o\u00f9 l\u2019on va.<\/p>\n<p>Avant, je parvenais \u00e0 m\u2019oublier dans chacun des minuscules fils qui composent le tissu. J\u2019\u00e9tais l\u2019un d\u2019eux, je voyageais dans le tissage, \u00e0 m\u2019y fondre, \u00e0 m\u2019y perdre, pour ne pas penser et mettre tout ce que j\u2019\u00e9tais au bon accomplissement de mon ouvrage. Je ne sais plus\u00a0m\u2019abandonner, je suis verrouill\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs\u00a0c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il danse. Au moins l\u00e0, il en dit, des choses. Il le dessine avec son corps, ce sac\u00a0de n\u0153uds qui l\u2019a fait passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa vie et qui m\u2019est rest\u00e9 incompr\u00e9hensible. S\u2019il n\u2019avait pas eu la danse, il aurait implos\u00e9 probablement, \u00e0 toujours tout garder comme \u00e7a. Pire qu\u2019un Espagnol. Au moins, nous, on communique, on exulte, m\u00eame si on se d\u00e9tourne du fond, de nos fonds, par pudeur.<\/p>\n<p>Le souvenir, c\u2019est bien quand il te porte. S\u2019il te ralentit ou m\u00eame te fige, alors il faut le faire taire. Pas dispara\u00eetre. Juste le faire taire, car \u00e0 chaque moment de ta vie, le\u00a0souvenir peut avoir besoin que tu le r\u00e9veilles pour laisser parler tes fant\u00f4mes. Ils ont tant de choses \u00e0 nous apprendre si on se penche un peu sur ce qu\u2019ils nous ont laiss\u00e9.<\/p>\n<p>Je voudrais dispara\u00eetre, ou mieux, ne pas avoir exist\u00e9 du tout. Je voudrais qu\u2019aucun futur ne m\u2019attende plus jamais.<\/p>\n<p>Qu\u2019il est lourd le silence quand on n\u2019a pas d\u2019outil pour l\u2019an\u00e9antir.<\/p>\n<p>Imagine, si d\u00e8s le d\u00e9part l\u2019humanit\u00e9 avait adopt\u00e9 un langage universel comme celui des sourds-muets\u00a0! Regarde \u00e0 quel point cela aurait chang\u00e9 notre vie et celle de tous les gens comme nous. Ceux qui ont quitt\u00e9 leur m\u00e8re-patrie contre leur gr\u00e9, je veux dire. Arriv\u00e9s en France, on aurait pu s\u2019expliquer, leur raconter ce qui se passait chez nous et nous a forc\u00e9s \u00e0 nous installer chez eux. Plut\u00f4t que de rester prostr\u00e9s, \u00e0 s\u2019excuser d\u2019\u00eatre l\u00e0, alors qu\u2019on essayait simplement de ne pas mourir\u00a0!<\/p>\n<p>Comprendre d\u2019o\u00f9 je viens me sauvera peut-\u00eatre, moi\u00a0; rencontrer des personnes qui pourraient m\u2019en dire plus sur mon histoire m\u2019y aidera s\u00fbrement.<\/p>\n<p>Pour moi comme pour beaucoup d\u2019immigr\u00e9s, qui ne sont ni d\u2019ici ni de l\u00e0-bas, le voyage est une autre r\u00e9sidence, comme la langue est une maison. Le mouvement, chez moi, est un ancrage. Entendre et parler espagnol en revanche, c\u2019est fredonner l\u2019air de ma premi\u00e8re berceuse. C\u2019est redevenir l\u2019enfant que j\u2019ai \u00e9t\u00e9, c\u2019est \u00eatre au plus pr\u00e8s de ce que je suis. Avant que la vie ne m\u2019esquinte.<\/p>\n<p>Ah, la culpabilit\u00e9\u00a0! En voil\u00e0 encore une belle, de nos sp\u00e9cialit\u00e9s, qui ne sert qu\u2019\u00e0 nous faire perdre du temps. D\u00e9leste-toi de \u00e7a,\u00a0<em>mi\u00a0cielo.<\/em>\u00a0Tire des le\u00e7ons de tes erreurs au lieu de t\u2019apitoyer.<\/p>\n<p>Le caf\u00e9 nous rappelait que notre diff\u00e9rence \u00e9tait une richesse si nous le d\u00e9cidions. Ta m\u00e8re a fait de sa latinit\u00e9 une force.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait dans cet \u00e9tat morose, pas la fatigue d\u2019une bonne grippe, non, la fatigue du cafard, ce spleen si fort qu\u2019il nous \u00e9crase les \u00e9paules et nous rend marshmallow.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: nom de sc\u00e8ne d&rsquo;Olivia Blanc, est une auteure-compositrice-interpr\u00e8te, chanteuse, actrice, r\u00e9alisatrice et romanci\u00e8re fran\u00e7aise n\u00e9e le 1er janvier 1980 \u00e0 Carcassonne. 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