{"id":11418,"date":"2020-08-12T20:01:35","date_gmt":"2020-08-12T18:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11418"},"modified":"2024-08-25T11:40:49","modified_gmt":"2024-08-25T09:40:49","slug":"ferrante-elena-lamie-prodigieuse-le-nouveau-nom-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11418","title":{"rendered":"Ferrante, Elena \u00abL\u2019amie prodigieuse\u00bb &#8211; \u00abLe nouveau nom\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: (n\u00e9e, selon ses propres dires, en 1943 \u00e0 Naples) est une \u00e9crivaine italienne. L\u2019auteur derri\u00e8re le pseudonyme tient absolument \u00e0 rester dans l\u2019ombre et refuse par cons\u00e9quent la publicit\u00e9 et les apparitions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, acceptant seulement en de rares occasions les interviews \u00e9crites. Lors de celles-ci, elle a reconnu \u00eatre une femme, m\u00e8re de famille, et que son \u0153uvre \u00e9tait d\u2019inspiration autobiographique. En particulier, dans La frantumaglia, l\u2019auteur r\u00e9v\u00e8le \u00e0 ses lecteurs des aspects de la personnalit\u00e9 d\u2019Elena Ferrante en lui donnant notamment une origine (m\u00e8re couturi\u00e8re s\u2019exprimant en napolitain) une date (1943) et un lieu de naissance (Naples).<\/p>\n<p><strong>La s\u00e9rie<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019amie prodigieuse\u00a0\u00bb est suivi du \u00ab\u00a0Nouveau nom\u00a0\u00bb puis de\u00a0\u00ab\u00a0Celle qui fuit et celle qui reste\u00a0\u00bb, et se conclut avec \u00ab\u00a0L\u2019enfant perdue\u00a0\u00bb. Les deux premiers tomes de la saga culte d\u2019Elena Ferrante viennent d\u2019\u00eatre adapt\u00e9s en s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e par Saverio Costanzo.<\/p>\n<p><strong>En plus de la s\u00e9rie<\/strong>\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019amie prodigieuse\u00a0\u00bb elle a \u00e9crit aussi d\u2019autres romans \u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019Amour harcelant\u00a0\u00bb (1995), \u00ab\u00a0Les Jours de mon abandon\u00a0\u00bb (2004) , \u00ab<\/em><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6539\"><em>\u00a0Poup\u00e9e vol\u00e9e<\/em><\/a><em>\u00a0\u00bb (2009)<\/em><\/p>\n<p><strong>Page sur la S\u00e9rie<\/strong>\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10634\">Ferrante, Elena \u00ab\u00a0L\u2019amie prodigieuse\u00a0\u00bb \u2013 S\u00e9rie<\/a>\u00a0\u00a0(t\u00e9tralogie)<\/p>\n<p>Gallimard \u2013 7.1.2016 \u2013 554 pages \/ Folio \u2013 3.1.2017 \u2013 640 pages \u2013 Elsa Damien (Traduction)<\/p>\n<p><strong>Tome 2\u00a0: \u00ab\u00a0Le nouveau nom\u00bb (<\/strong>Storia del nuovo cognome)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Naples, ann\u00e9es soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l\u2019a trahie en s\u2019associant aux fr\u00e8res Solara, les camorristes qui r\u00e8gnent sur le quartier et qu\u2019elle d\u00e9teste depuis son plus jeune \u00e2ge. Pour Lila Cerullo, n\u00e9e pauvre et devenue riche en \u00e9pousant l\u2019\u00e9picier, c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une p\u00e9riode trouble : elle m\u00e9prise son \u00e9poux, refuse qu\u2019il la touche, mais est oblig\u00e9e de c\u00e9der.<br \/>\nElle travaille d\u00e9sormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara. De son c\u00f4t\u00e9, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses \u00e9tudes au lyc\u00e9e et est \u00e9perdument amoureuse de Nino Sarratore, qu\u2019elle conna\u00eet depuis l\u2019enfance et qui fr\u00e9quente \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019universit\u00e9. Quand l\u2019\u00e9t\u00e9 arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la m\u00e8re et la belle-soeur de Lila, car l\u2019air de la mer doit l\u2019aider \u00e0 prendre des forces afin de donner un fils \u00e0 Stefano.<br \/>\nLa famille Sarratore est \u00e9galement en vacances \u00e0 Ischia et bient\u00f4t Lila et Elena revoient Nino. Le nouveau nom est la suite de L\u2019amie prodigieuse, qui \u00e9voque l\u2019enfance et l\u2019adolescence de Lila et Elena. Avec force et justesse, Elena Ferrante y poursuit sa reconstitution d\u2019un monde, Naples et l\u2019Italie, et d\u2019une \u00e9poque, des ann\u00e9es cinquante \u00e0 nos jours, donnant naissance \u00e0 une saga romanesque au souffle unique.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>(J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 le lire en fran\u00e7ais et je l\u2019ai fini en italien. Je vous mets donc les extraits dans les deux langues vu que j\u2019ai les deux versions sous la main)<\/p>\n<p>Le jour du mariage de Lila est de fait le jour de la fin de son mariage. Son mari la trahit et comme elle est enti\u00e8re, elle ne pardonnera jamais. Quant \u00e0 Len\u00f9, elle se rend compte que m\u00eame si Antonio est son petit ami officiel, Nino est toujours celui qui compte dans son c\u0153ur.<br \/>\nDans ce deuxi\u00e8me tome nous assistons \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019amour pour Lila et \u00e0 sa descente aux enfers. La vie de femme mari\u00e9e (trop jeune) de cette adolescente commente de mani\u00e8re abominable\u00a0; le cauchemar est au rendez-vous\u00a0: \u00a0trahison et viol. La question de la transmission des g\u00e8nes est au c\u0153ur du roman. Les fils sont syst\u00e9matiquement compar\u00e9s aux p\u00e8res, dans toutes les familles.<br \/>\nPour ce qui est de Len\u00f9, elle se retrouve d\u2019une certaine mani\u00e8re abandonn\u00e9e\u00a0; elle se retrouve seule, elle perd son mod\u00e8le et une partie d\u2019elle-m\u00eame. Lors de vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 qu\u2019elles passeront ensemble, Lila va d\u00e9couvrir la passion d\u00e9vorante et Len\u00f9 le d\u00e9sespoir. Elle se r\u00e9fugie dans ses \u00e9tudes mais m\u00eame celles-ci ont perdu leur attrait\u00a0; elle va s\u2019accrocher. Elle passe le bac, quitte Naples pour faire des \u00e9tudes sup\u00e9rieures \u00e0 Pise. Toujours en retrait, elle subit de plein fouet la dictature des classes sociales. \u00ab\u00a0On ne na\u00eet pas noble, on le devient\u00a0\u00bb, disait P\u00e9trarque \u2026 cela ne semble pas \u00eatre \u00e9vident pour la pauvre Len\u00f9 qui a bien du mal \u00e0 assumer ses origines\u2026<br \/>\nMais m\u00eame si leurs vies semblent se s\u00e9parer, le lien qui les unit est visc\u00e9ral et leurs vies se croisent et se recroisent. Toutes deux d\u00e9couvrent l\u2019amour mais je ne peux pas vous raconter car il faut vivre avec elles ce qu\u2019elles ressentent. J\u2019ai toujours autant aim\u00e9 cette plong\u00e9e dans l\u2019Italie des ann\u00e9es 60\u2026 et Lila a toute mon admiration&#8230; mais je crois que j&rsquo;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le premier..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><em>Possibile che i genitori non muoiano mai, che ogni figlio se li covi dentro inevitabilmente? Dunque da me davvero sarebbe sbucata mia madre, la sua andatura zoppa, come un destino?<br \/>\n<\/em>\u00c9tait-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de mani\u00e8re in\u00e9luctable\u00a0?<\/p>\n<p><em>Fece una smorfia di disagio, divent\u00f2 seria. Attacc\u00f2 a parlare del marito con una sorta di accettazione repulsiva.<br \/>\nNon era ostilit\u00e0, non era bisogno di rivalsa, non era nemmeno disgusto, ma un tranquillo disprezzo, una disistima che investiva tutta la persona di Stefano come acqua infetta nella terra.<br \/>\n<\/em>Elle eut une moue de malaise et devint s\u00e9rieuse. Elle se mit \u00e0 parler de son mari avec une esp\u00e8ce d\u2019acceptation pleine de r\u00e9pulsion. Ce n\u2019\u00e9tait pas de l\u2019hostilit\u00e9, elle ne voulait pas de revanche, ce n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas du d\u00e9go\u00fbt, il s\u2019agissait plut\u00f4t d\u2019un m\u00e9pris paisible, d\u2019une perte totale d\u2019estime qui touchait toute la personne de Stefano, comme l\u2019eau pollu\u00e9e souille toute la terre.<\/p>\n<p><em>Ma la condizione di moglie l\u2019aveva chiusa in una sorta di recipiente di vetro, come un veliero che naviga a vele spiegate in uno spazio inaccessibile, addirittura senza mare.<br \/>\n<\/em>Mais sa condition d\u2019\u00e9pouse l\u2019avait enferm\u00e9e dans une sorte de r\u00e9cipient de verre, comme un voilier naviguant toutes voiles dehors dans un espace inaccessible o\u00f9 il n\u2019y avait m\u00eame pas la mer.<\/p>\n<p><em>Ma ha una forza dentro che non riesco a piegare. \u00c8 una forza cattiva che rende inutili le buone maniere, tutto. Un veleno.<br \/>\n<\/em>Mais elle a en elle une force que je n\u2019arrive pas \u00e0 plier. C\u2019est une force mal\u00e9fique qui rend inutiles les bonnes mani\u00e8res, qui rend tout inutile. C\u2019est un poison.<\/p>\n<p><em>La sentii veramente nemica e capace di tutto. Sapeva rendere incandescente la nervatura della brava gente, accendeva nei petti il fuoco della distruzione.<br \/>\n<\/em>\u00a0Je la vis vraiment comme une ennemie capable de tout. Elle savait chauffer \u00e0 blanc les nerfs des braves gens et jeter un feu destructeur dans les c\u0153urs.<\/p>\n<p><em>\u00abCos\u2019\u00e8 successo quando ti ho fatta? Un incidente, un singhiozzo, una convulsione, \u00e8 mancata la luce, s\u2019\u00e8 fulminata una lampadina, \u00e8 caduta la bacinella con l\u2019acqua dal com\u00f2? Certo qualcosa ci dev\u2019essere stato, se sei nata cos\u00ec insopportabile, cos\u00ec diversa dalle altre\u00bb<br \/>\n<\/em>\u00ab Mais qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9 quand tu es venue au monde ? Un accident, un hoquet, une convulsion, ou bien la lumi\u00e8re s\u2019est \u00e9teinte, une ampoule a \u00e9clat\u00e9, la bassine d\u2019eau est tomb\u00e9e de la commode ? Il a bien d\u00fb se passer un truc pour que tu naisses comme \u00e7a, tellement insupportable et diff\u00e9rente des autres ! \u00bb<\/p>\n<p><em>Restavo indietro, in attesa.<br \/>\nLei invece si prendeva le cose, le voleva davvero, se ne appassionava, giocava al tutto o niente, e non temeva il disprezzo, lo scherno, gli sputi, le mazzate.<br \/>\n<\/em>Je demeurais en retrait, en attente. Alors qu\u2019elle, elle s\u2019emparait des choses, elle les voulait vraiment, se passionnait, jouait le tout pour le tout sans crainte des railleries, du m\u00e9pris, des crachats et des coups.<\/p>\n<p><em>Descriveva minutamente una sensazione di morte imminente: calo di energia, sonnolenza, una forte pressione al centro dellatesta, come se tra cervello e ossa del cranio ci fosse una bolla d\u2019aria in continua espansione, l\u2019impressione che tutto si muovesse in fretta per andarsene, che la velocit\u00e0 di ogni movimento di persone e cose fosse eccessiva e la urtasse, la ferisse, le causasse dolori fisici nella pancia come dentro gli occhi. Diceva che tutto questo si accompagnava a un ottundimento dei sensi, come se l\u2019avessero avvolta nell&rsquo;ovatta e le sue ferite non le venissero dal mondo reale ma da un\u2019intercapedine tra il suo corpo e la massa di cotone idrofilo dentro cui si sentiva imballata. Ammetteva d\u2019altra parte che la morte imminente le pareva cos\u00ec assodata da toglierle il rispetto per qualsiasi cosa, innanzitutto per se stessa, come se niente pi\u00f9 contasse e tutto meritasse di essere guastato.<br \/>\n<\/em>Elle d\u00e9crivait avec minutie son sentiment de mort imminente\u00a0: baisse d\u2019\u00e9nergie, somnolence, une forte pression au milieu de la t\u00eate, comme si elle avait entre le cerveau et les os du cr\u00e2ne une bulle d\u2019air en expansion perp\u00e9tuelle, et la sensation que tout bougeait tr\u00e8s vite comme pour fuir, que les gens et les choses\u00a0se mouvaient rapidement et ne faisaient que la heurter, la blesser et lui causer des douleurs physiques au ventre et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des yeux. Elle expliquait que cela s\u2019accompagnait d\u2019un engourdissement des sens, comme si elle \u00e9tait envelopp\u00e9e dans de la ouate et que ses blessures ne lui venaient pas du monde r\u00e9el mais d\u2019un interstice entre son corps et la masse de coton hydrophile dans laquelle elle se sentait emprisonn\u00e9e. Par ailleurs, elle admettait que l\u2019imminence de sa mort lui paraissait tellement certaine que cela lui \u00f4tait tout respect pour les choses, et en premier lieu pour elle-m\u00eame, comme si plus rien ne comptait et que tout pouvait \u00eatre d\u00e9truit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Page sur la S\u00e9rie<\/strong>\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10634\">Ferrante, Elena \u00ab\u00a0L\u2019amie prodigieuse\u00a0\u00bb \u2013 S\u00e9rie<\/a>\u00a0\u00a0(t\u00e9tralogie)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: (n\u00e9e, selon ses propres dires, en 1943 \u00e0 Naples) est une \u00e9crivaine italienne. 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