{"id":11431,"date":"2020-08-14T19:37:32","date_gmt":"2020-08-14T17:37:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11431"},"modified":"2020-08-14T19:40:15","modified_gmt":"2020-08-14T17:40:15","slug":"pugno-laura-sirenes-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11431","title":{"rendered":"Pugno, Laura \u00abSir\u00e8nes\u00bb (2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: Laura Pugno, n\u00e9e en 1970, est romanci\u00e8re et po\u00e9tesse. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par plusieurs prix, dont le prestigieux Premio Campiello Selezione Letterati en 2017, il Frignano per la Narrativa, il Premio Dedalus, il Libro del Mare e il Premio Scrivere Cinema per la sceneggiatura. Son univers litt\u00e9raire s&rsquo;inspire largement du genre post-apocalyptique, du monde sauvage et des r\u00e9flexions philosophiques sur le non-humain.<br \/>\nSir\u00e8nes est son premier roman traduit en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Editeur\u00a0: Inculte-Derni\u00e8re Marge \u2013 3.6.2020 \u2013 171 pages (Traduit par Marine Aubry-Morici)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Dans un monde post-apocalyptique, domin\u00e9 par les \u00ab\u00a0yakuza\u00a0\u00bb, l&rsquo;humanit\u00e9 s&rsquo;\u00e9teint peu \u00e0 peu, victime du cancer noir provoqu\u00e9 par les rayons d&rsquo;un soleil maudit. Les riches vivent d\u00e9sormais sous terre, r\u00e9fugi\u00e9s dans les bunkers d'\u00a0\u00bbUnderwater\u00a0\u00bb. Pour le bon plaisir de la \u00ab\u00a0yakuza\u00a0\u00bb, on \u00e9l\u00e8ve des sir\u00e8nes destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre consomm\u00e9es sous forme de viande de mer. Mais dans ce monde qui se divise d\u00e9sormais entre ceux qui meurent et ceux qui jouissent, Samuel, simple surveillant dans un bassin d&rsquo;\u00e9levage, se laisse un jour tenter par le plus dangereux des plaisirs : il s&rsquo;unit \u00e0 une sir\u00e8ne femelle.<br \/>\nAinsi na\u00eet Mia, mi-sir\u00e8ne, mi-humaine, un \u00eatre hybride porteur, peut-\u00eatre, d&rsquo;un nouvel espoir<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Nous sommes au Japon, dans un futur o\u00f9 une \u00e9pid\u00e9mie de cancer de la peau, le cancer noir tue les \u00eatres humains. Les humains sont oblig\u00e9s de vivre en int\u00e9rieur et s\u2019ils doivent s\u2019aventurer dehors, il est imp\u00e9ratif que leur corps soit enti\u00e8rement couvert. Les pauvres n\u2019ont d\u2019autre avenir que la mort ; quant aux personnes qui peuvent payer, elles se sont r\u00e9fugi\u00e9es\u00a0 sous les mers. Le tout sous la domination de la Mafia japonaise, les Yakusas.<br \/>\nDans ce monde malade, qui court \u00e0 sa perte, les sir\u00e8nes jouent un r\u00f4le essentiel\u00a0: elles sont la nourriture des humains, mais elles sont aussi l\u2019objet de tous les fantasmes. Ces \u00eatres de la mer sont les cr\u00e9atures qui s\u2019approchent le plus des humains, qui, comme il se doit, succombent aux chants de ces cr\u00e9atures aquatiques.<br \/>\nQuand sa compagne Sadako d\u00e9c\u00e8de, Samuel, qui travaille dans un centre de reproduction de sir\u00e8nes \u00e0 des fins d\u2019abattage et de consommation, d\u00e9cide d\u2019enfreindre les lois et de s\u2019accoupler avec une sir\u00e8ne. De cet acte naitra une sir\u00e8ne mi-humaine, ce qui semblait impossible\u2026 la suite je vous laisse la d\u00e9couvrir. Je me permets juste de vous signaler que ce livre est terriblement froid et peu romantique et que les sir\u00e8nes n\u2019ont rien \u00e0 voir avec les gentilles cr\u00e9atures qui peuplent nos r\u00eaves et nos dessins anim\u00e9s. Vous ne les verrez plus jamais de la m\u00eame fa\u00e7on.<br \/>\nJe n\u2019ai pu m\u2019emp\u00eacher de faire le rapprochement avec le livre d&rsquo; <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9562\">Agustina Bazterrica \u00a0\u00ab\u00a0Cadavre exquis\u00a0\u00bb (RL2019)<\/a> . Le climat est de plus en plus un probl\u00e8me et j&rsquo;esp\u00e8re juste ne jamais conna\u00eetre la fin du monde car si l&rsquo;apr\u00e8s-monde devait \u00eatre comme celui que nous propose l&rsquo;autrice, je pr\u00e9f\u00e8re ne pas le voir.. Gla\u00e7ant! Les personnages sont fascinants mais pour s&rsquo;y attacher, bonne chance!<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>On l\u2019appelait cancer, mais c\u2019\u00e9tait bien plus qu\u2019une prolif\u00e9ration affol\u00e9e de cellules. C\u2019\u00e9tait, du moins selon le Mermaid Liberation Front, le ch\u00e2timent divin pour ce que l\u2019esp\u00e8ce humaine avait fait aux sir\u00e8nes.<\/p>\n<p>Elles vous regardaient avec des yeux vides, \u00e9teints, d\u2019un vert marine ou d\u2019outremer, les membranes nictitantes de leurs paupi\u00e8res pareilles \u00e0 des morceaux de plastique sale, leur visage presque encore un museau \u2013 semblable \u00e0 celui d\u2019une vache, pensa Samuel \u2013, tandis que ce qui compliquait leur corps, c\u2019\u00e9tait leur longue chevelure \u2013 si tant est que l\u2019on p\u00fbt d\u00e9signer ainsi l\u2019unique masse \u00e9lastique bleu-vert ou azur vif qui descendait le long de leur dos et ondoyait dans l\u2019eau comme les tresses de la plus belle des adolescentes \u2013, leurs bras vert clair aux mains palm\u00e9es et leurs seins toujours gros et lourds aux mamelons vert fonc\u00e9, tr\u00e8s durs, dont sortait, pendant l\u2019\u0153strus, un lait douce\u00e2tre.<\/p>\n<p>Aussi voraces que leur r\u00e9putation le disait, les sir\u00e8nes, une fois dompt\u00e9es et domestiqu\u00e9es, ne chantaient pas pour l\u2019oreille humaine. Elles \u00e9mettaient parfois un cri strident de mouette ou de phoque, mais leur v\u00e9ritable chant \u00e9tait un appel ultrason, qui rendait les chiens fous et, bien qu\u2019il f\u00fbt imperceptible pour lui, peut-\u00eatre l\u2019homme aussi.<\/p>\n<p>Quelque chose avait chang\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re, dans les couches protectrices qui s\u00e9paraient la Terre de son \u00e9toile, et d\u00e9sormais le soleil semblait vouloir d\u00e9vorer l\u2019humanit\u00e9, tel un dieu mauvais. Un dieu azt\u00e8que qui aurait exig\u00e9 des sacrifices.<\/p>\n<p>Le monde dans lequel Samuel \u00e9tait n\u00e9 ne connaissait pas l\u2019existence des sir\u00e8nes. Il \u00e9tait enfant lorsque, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la p\u00eache d\u2019un premier sp\u00e9cimen \u2013 la grande d\u00e9couverte \u2013, eut lieu l\u2019H\u00e9catombe.<\/p>\n<p>Quand on \u00e9tait soumis au\u00a0<em>memory cleansing<\/em>, le souvenir heureux qui pr\u00e9c\u00e9dait imm\u00e9diatement le traumatisme acqu\u00e9rait une plus grande intensit\u00e9.<\/p>\n<p>les demi-albinos, avec leur peau blanc argent\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement plus douce que les autres, \u00e9taient les sir\u00e8nes les plus semblables \u00e0 la femelle de l\u2019esp\u00e8ce homo sapiens.<\/p>\n<p>Que ces ch\u00e8res cr\u00e9atures, f\u00e9roces reines de la mer, fussent \u00e9lev\u00e9es dans le seul but d\u2019\u00eatre envoy\u00e9es \u00e0 l\u2019abattoir la d\u00e9go\u00fbtait.<\/p>\n<p><strong>Mythologie<\/strong> : Yemanj\u00e1, l&rsquo;Afro-Br\u00e9silienne, d\u00e9esse des eaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: Laura Pugno, n\u00e9e en 1970, est romanci\u00e8re et po\u00e9tesse. 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