{"id":11528,"date":"2020-08-28T19:01:34","date_gmt":"2020-08-28T17:01:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11528"},"modified":"2024-10-25T16:38:44","modified_gmt":"2024-10-25T14:38:44","slug":"martinez-carole-les-roses-fauves-rl2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11528","title":{"rendered":"Martinez, Carole \u00abLes roses fauves\u00bb (RL2020)"},"content":{"rendered":"<p><b>L\u2019auteur<\/b> : N\u00e9e en 1966, Carole Martinez est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e des lecteurs. Apr\u00e8s avoir test\u00e9 plusieurs m\u00e9tiers, elle d\u00e9cide de rejoindre le corps enseignant et donne des cours de fran\u00e7ais dans un coll\u00e8ge difficile de la banlieue parisienne. C&rsquo;est \u00e0 la\u00a0faveur d&rsquo;un cong\u00e9 parental qu&rsquo;elle commence \u00e0 \u00e9crire et publie en 2077 chez Gallimard \u00ab\u00a0<i>Le coeur cousu<\/i>\u00ab\u00a0, sorte de conte inspir\u00e9 des histoires que lui racontait sa grand-m\u00e8re espagnole. D&rsquo;abord port\u00e9 par le public puis rep\u00e9r\u00e9 par les critiques, ce roman a rafl\u00e9 tous les prix des lecteurs : Prix Renaudot des lyc\u00e9ens, Prix Ouest France \u00e9tonnants voyageurs et s&rsquo;est vendu \u00e0 plus de 20 000 exemplaires. En 2011 Carole Martinez a publi\u00e9 deux ouvrages : \u00ab\u00a0L&rsquo;oeil du t\u00e9moin\u00a0\u00bb, un roman policier pour la jeunesse et \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2105\">Du domaine des Murmures<\/a> <\/span>\u00bb, un roman pour adulte, r\u00e9compens\u00e9 par le Goncourt des lyc\u00e9ens. \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2139\">La terre qui penche<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (12.09.2015) a obtenu le prix de la Feuille d&rsquo;or de la ville de Nancy &#8211; France Bleu Lorraine &#8211; France 3 Lorraine. Elle revient avec \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11528\">Les roses fauves<\/a><\/span>\u00a0\u00bb \u00e0 la RL2020, puis \u00e0 la RL2024 elle publie \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Martinez, Carole \u00ab\u00a0Dors ton sommeil de brute\u00a0\u00bb (RLE2024) 400 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21023\">Dors ton sommeil de brute<\/a><\/span>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Gallimard \u2013 20.08.2020 \u2013 346 pages<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Peu apr\u00e8s la sortie de mon premier roman, Le coeur cousu, une lectrice m&rsquo;a racont\u00e9 une coutume espagnole dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence : dans la sierra andalouse o\u00f9 \u00e9taient n\u00e9es ses a\u00efeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de coeur qu&rsquo;elle bourrait de bouts de papier sur lesquels \u00e9taient \u00e9crits ses secrets. A sa mort, sa fille a\u00een\u00e9e en h\u00e9ritait avec l&rsquo;interdiction absolue de l&rsquo;ouvrir.<br \/>\nJ&rsquo;ai m\u00e9tamorphos\u00e9 cette lectrice en personnage. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste o\u00f9 elle travaille, elle se dit combl\u00e9e par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, tr\u00f4ne une armoire de noces pleine des c\u0153urs en tissu des femmes de sa lign\u00e9e espagnole. Lola se demande si elle est faite de l&rsquo;histoire familiale que ces c\u0153urs interdits contiennent et dont elle ne sait rien.<br \/>\nSommes-nous \u00e9crits par ceux qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s ? Il faudrait d\u00e9chirer ces c\u0153urs pour le savoir.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Et voila mon premier livre de la RL2020&#8230;<br \/>\nJe suis une inconditionnelle de Carole Martinez mais je dois dire qu\u2019elle m\u2019a quelque peu d\u00e9rout\u00e9e avec ce roman. C\u2019est l\u2019histoire de quatre femmes : une posti\u00e8re, Lola, sa lign\u00e9e d\u2019a\u00efeules \u00ab\u00a0Dolores\u00a0\u00bb \u2013 et en particulier Dolores-In\u00e8s, Marie une habitante du village o\u00f9 se d\u00e9roule l\u2019histoire et la romanci\u00e8re qui est de fait la narratrice du roman.<br \/>\nCertes Carole Martinez reste une magnifique conteuse mais ces roses laissent derri\u00e8re elle un parfum d\u2019inachev\u00e9\u2026 Certes le style po\u00e9tique est au rendez-vous, sa magie op\u00e8re, les personnages sont entre le r\u00e9el et la fiction, le surnaturel est l\u00e0. Le th\u00e8me de la famille, du lien qui relie toutes les g\u00e9n\u00e9rations de femmes de cette famille, l\u2019importance des racines (familiales et florales) ,cette mal\u00e9diction de la fuite qui les poursuit depuis la premi\u00e8re fuite lors de \u00ab\u00a0la Retirada\u00a0\u00bb \u2026<br \/>\nL\u2019id\u00e9e de cette amiti\u00e9 improbable qui nait entre la narratrice et cette jeune femme seule qui vit cloitr\u00e9e dans son jardin \u2013 tout comme son a\u00efeule avant elle \u2013 et ne sort que pour aller \u00e0 la poste est une superbe id\u00e9e de d\u00e9part. J\u2019ai toutefois regrett\u00e9 que les affres de la cr\u00e9ation de la romanci\u00e8re interf\u00e8rent \u00e0 ce point dans l\u2019histoire.<br \/>\nLes trois personnages \u2013 Lola, Dolores et Marie \u2013 sont toutes trois des femmes qui vont aimer, qui vont tout donner. Toutes trois vont aimer, \u00eatre follement aim\u00e9es \u2026 mais l\u2019amour est une rose v\u00e9n\u00e9neuse qui \u00e9touffe tout sur son passage.<br \/>\nLa vie est comme les fleurs\u2026 qui sait ce qui peut na\u00eetre une fois la graine sem\u00e9e ? Ce qui certain c\u2019est que les roses \u2013 fauves ou blanches \u2013 seront des actrices mal\u00e9fiques dans le destin des trois personnages.<br \/>\nLe pass\u00e9 et le pr\u00e9sent des unes et des autres \u2013 car c\u2019est un roman de femmes, \u2013 les hommes n\u2019ayant que des existences tr\u00e8s limit\u00e9es dans le temps dans le r\u00e9cit \u2013 vont se r\u00e9v\u00e9ler etre des existences miroir. \u00a0Les secrets de famille sont pr\u00e9sents, les fant\u00f4mes du pass\u00e9, l\u2019histoire de l\u2019Espagne \u00e9galement et le merveilleux dans lequel baigne le r\u00e9cit m\u2019a s\u00e9duite. Un tr\u00e8s joli conte nourri par des souvenirs, des sensations, la transmission, l&rsquo;espagnitude. Mais &#8211; il y a un petit mais &#8211; qui fait que ce livre n\u2019est pas un coup de c\u0153ur\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>la coutume voulait que les filles a\u00een\u00e9es h\u00e9ritent du c\u0153ur cousu de leur m\u00e8re morte. Les femmes de cette famille\u00a0n\u2019avaient pas grand-chose \u00e0 s\u2019offrir, pas de terre, pas de maison, pas de bijoux, mais elles savaient toutes \u00e9crire, elles s\u2019enseignaient \u00e7a de m\u00e8re en fille, et leurs c\u0153urs d\u00e9bordaient de secrets.<\/p>\n<p>Elle prom\u00e8ne un jardin dans son portefeuille\u2026 Un jardin, mais aucun visage. Ni p\u00e8re, ni m\u00e8re, ni enfants, ni amoureux, ni m\u00eame un chat. Elle ne garde dans son sac que des photos de roses et de radis. Ses compagnons de vie\u2026<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, ses sentiments sont toujours sous\u00a0<span id=\"page_28\" title=\"28\" role=\"doc-pagebreak\"><\/span>contr\u00f4le, lisses, retenus par quelque lien int\u00e9rieur. Pas d\u2019agitation, pas de trouble, pas d\u2019\u00e9moi. Son p\u00e8re lui a inculqu\u00e9 le go\u00fbt de l\u2019ordre et de la ma\u00eetrise, il est mort, mais il faut toujours le satisfaire\u00a0: marcher droit, co\u00fbte que co\u00fbte, marcher droit, ne pas se plaindre, ne pas jouer les mijaur\u00e9es, marcher droit, ne pas faire sa midinette, esp\u00e9rer lui plaire.<\/p>\n<p>Elle, que le parfum d\u2019un narcisse suffit \u00e0 combler, elle qui \u00e9prouve un tel plaisir \u00e0 regarder pousser ses plants de tomates, \u00e0 faire griller une aubergine, \u00e0 concentrer l\u2019\u00e9t\u00e9 en gel\u00e9e de m\u00fbres, elle se mentirait\u00a0! Elle ne vivrait ici, au jardin, que pour se prot\u00e9ger du monde ext\u00e9rieur\u00a0! Elle ferait semblant d\u2019\u00eatre heureuse\u00a0!<\/p>\n<p>Nous nous enfon\u00e7ons dans la p\u00e9nombre, nous traversons un salon \u00e0 peine plus large qu\u2019un couloir dont les murs sont couverts de biographies, de M\u00e9moires f\u00e9minins. Lola ne lit que \u00e7a, des vies de femmes, des textes qu\u2019elle qualifie de \u00ab\u00a0sinc\u00e8res\u00a0\u00bb et, comme elle aime d\u00e9vorer les vies jusqu\u2019au bout, elle pr\u00e9f\u00e8re les vies des mortes. Ses livres reposent l\u00e0 dans de t\u00e9n\u00e9breux rayonnages comme autant de petits cercueils.<\/p>\n<p class=\"txtcourantjustif\" style=\"margin: 0cm; text-align: justify; text-indent: 30.6pt; line-height: 15.1pt;\">L\u2019espagnol, la langue des regrets, des secrets, des pri\u00e8res, des fant\u00f4mes. C\u2019est sans doute pour les \u00e9pargner, pour \u00e9touffer la nostalgie, dans le but de laisser tout cela de c\u00f4t\u00e9, d\u2019avancer sans esp\u00e9rer revenir sur ses pas, c\u2019est sans doute pour que cesse l\u2019exil, que sa m\u00e8re a refus\u00e9 d\u2019apprendre cette langue-l\u00e0 \u00e0 ses filles, de leur l\u00e9guer les recettes de cuisine et tout ce qui pouvait \u00eatre\u00a0<span id=\"page_105\" title=\"105\" role=\"doc-pagebreak\"><\/span>associ\u00e9 \u00e0 la terre perdue. M\u00eame la musique\u00a0!<\/p>\n<p>Elle se sent soudain plus seule qu\u2019une fleur plong\u00e9e dans l\u2019eau insipide d\u2019un soliflore et qui regarderait le jardin \u00e0 travers une vitre sans parvenir \u00e0 se souvenir de ses parfums.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la fen\u00eatre, la laque noire de la nuit s\u2019\u00e9claire de nouveau, toute craquel\u00e9e d\u2019arcs \u00e9lectriques.<\/p>\n<p>De l\u2019\u00e9criture \u00e0 la lecture tout circule, de l\u2019auteur au personnage et du personnage au lecteur, les fronti\u00e8res sont poreuses.<\/p>\n<p>Elle aime cette id\u00e9e un peu folle, le mot qui grippait son existence a \u00e9clat\u00e9, un mot n\u2019est rien que des lettres accroch\u00e9es les unes aux autres.<\/p>\n<p>Tous les mots sont us\u00e9s, il les a susurr\u00e9s si souvent, \u00e0 tant d\u2019autres, dans la vie comme au cin\u00e9ma. Il faudrait les laver \u00e0 grande eau pour les revivifier ou en inventer de nouveaux\u00a0!<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre avons-nous une double vie, peut-\u00eatre habitons-nous un autre monde quand nous sommes endormis, un monde dont nous ne gardons pas le souvenir. Qui suis-je quand je dors\u00a0? Qui suis-je quand j\u2019\u00e9cris\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur : N\u00e9e en 1966, Carole Martinez est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e des lecteurs. Apr\u00e8s avoir test\u00e9 plusieurs m\u00e9tiers, elle d\u00e9cide de rejoindre le corps enseignant et donne des cours de fran\u00e7ais dans un coll\u00e8ge difficile de la banlieue parisienne. C&rsquo;est \u00e0 la\u00a0faveur d&rsquo;un cong\u00e9 parental qu&rsquo;elle commence \u00e0 \u00e9crire et publie en 2077 chez Gallimard \u00ab\u00a0Le &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11528\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11529,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[23,98,47,12,1223,105,1224],"tags":[254,90,184,455,617,627,1225,1167,372,178,1037,833,273,410,1178,817,333],"class_list":["post-11528","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-espagne","category-france","category-guerre-espagne","category-litterature-france","category-rl2020","category-roman","category-traditions","tag-amitie","tag-contes","tag-creation","tag-ecriture","tag-fantastique","tag-femmes","tag-fleurs","tag-gitan","tag-handicap","tag-magie","tag-malediction","tag-merveilleux","tag-passion","tag-relations-mere-fille","tag-retirada","tag-secrets-de-famille","tag-sexualite"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11528"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11528\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21031,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11528\/revisions\/21031"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11529"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}