{"id":11579,"date":"2020-09-04T11:59:33","date_gmt":"2020-09-04T09:59:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11579"},"modified":"2020-09-04T12:13:14","modified_gmt":"2020-09-04T10:13:14","slug":"fives-carole-terebenthine-rl2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11579","title":{"rendered":"Fives, Carole \u00abT\u00e9r\u00e9benthine\u00bb (RL2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: n\u00e9e le 12 novembre 1971 est une femme de lettres fran\u00e7aise. Elle vit et travaille \u00e0 Paris.<br \/>\nApr\u00e8s une licence de philosophie, Carole Fives entre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des beaux-arts o\u00f9 elle obtient le dipl\u00f4me national sup\u00e9rieur d&rsquo;expression plastique (DNSEP). Elle a enseign\u00e9 les arts plastiques dans la r\u00e9gion de Lille pendant douze ans.<br \/>\nEn 2010 para\u00eet un premier recueil de nouvelles, Quand nous serons heureux (Passage\/Points Seuil). En 2018, le roman Tenir jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aube est pr\u00e9sent sur les listes des prix Fnac, M\u00e9dicis et Wepler. Il est en cours d\u2019adaptation pour le cin\u00e9ma.<br \/>\nDans son roman \u00ab\u00a0T\u00e9r\u00e9benthine\u00a0\u00bb paru en 2020, elle raconte le parcours de trois \u00e9tudiants aux Beaux-arts. Le d\u00e9clencheur de ce texte a \u00e9t\u00e9 le suicide de son professeur de peinture aux Beaux-arts, probablement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019un f\u00e9minicide.<\/p>\n<p>Gallimard \u2013 20.08.2020 \u2013 172 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0Certains, ou plut\u00f4t devrais-je dire certaines, se sont \u00e9tonn\u00e9s du peu d&rsquo;artistes femmes cit\u00e9es dans notre programme d&rsquo;histoire de l&rsquo;art. Je leur ai donn\u00e9 carte blanche aujourd&rsquo;hui. Mesdemoiselles, c&rsquo;est \u00e0 vous ! \u00ab\u00a0Quand la narratrice s&rsquo;inscrit aux Beaux-Arts, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, la peinture est consid\u00e9r\u00e9e comme morte. Les professeurs d\u00e9couragent les vocations, les galeries n&rsquo;exposent plus de toiles.<br \/>\nDevenir peintre est pourtant son r\u00eave. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l&rsquo;\u00e9cole. Un lieu de cr\u00e9ation en marge, en rupture. Pendant ces ann\u00e9es d&rsquo;apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le m\u00e9pris. L&rsquo;avenir semble bouch\u00e9. Mais quelque chose r\u00e9siste, intens\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Le dessin et la peinture sont devenus inexistants \u2013 ou presque &#8211; dans le cursus des Beaux-Arts. Place aux nouvelles technologies, \u00e0 l\u2019art conceptuel\u00a0!<br \/>\nDans ce roman nous assistons au d\u00e9gommage en r\u00e8gle de l\u2019Ecole des Beaux-Arts. La peinture n\u2019y a plus sa place, la peinture en France n\u2019a plus sa place, seules les nouvelles techniques plasticiennes ont la cote.<\/p>\n<p>Un livre \u00e0 charge contre les professeurs, les experts, les \u00e9l\u00e8ves. J\u2019avoue avoir \u00e9t\u00e9 mal \u00e0 l\u2019aise pendant tout le livre. Tout dans ce livre donne envie de poser les pinceaux et de se tourner vers l\u2019ordinateur\u2026 Un livre qui d\u00e9nonce le machisme, la mauvaise ambiance, le manque de respect, le manque flagrant d\u2019encouragement des professeurs quand on a une vocation de peintre, pire m\u00eame, la volont\u00e9 de pi\u00e9tiner les r\u00eaves, \u00a0le d\u00e9nigrement\u00a0 de la place des femmes dans le monde de l\u2019Art.<br \/>\nJe me r\u00e9jouissais de parcourir les couloirs et les salles des Beaux-Arts mais je n\u2019y ai vu que r\u00e8glements de compte et m\u00e9chancet\u00e9, harc\u00e8lement et mauvais esprit.<br \/>\nBien s\u00fbr il y a des phrases et des citations de peintres qui m\u2019ont beaucoup plu, j\u2019ai relev\u00e9 des r\u00e9flexions int\u00e9ressantes sur la peinture du XX\u00e8me si\u00e8cle, mais pour le cot\u00e9 artistique, il semble qu\u2019il faille vite vite \u00e9viter les Beaux-Arts\u2026<br \/>\nJ\u2019esp\u00e9rais retrouver un peu l\u2019esprit du livre magnifique de Maylis de Kerangal \u00ab \u00abUn monde \u00e0 port\u00e9e de main\u00bb (<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6926\">voir article sur le blog<\/a>) \u00a0c\u2019est tout le contraire.<br \/>\nCette peinture au vitriol du monde de l\u2019apprentissage de l\u2019art en France est fond\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rience de la romanci\u00e8re qui a troqu\u00e9 ses pinceaux pour la plume \u2026 mais je n\u2019ai pas aim\u00e9 cette plong\u00e9e dans le n\u00e9gativisme, la lamination des r\u00eaves et la perspective de mettre sa passion au placard pour suivre la mode\u2026 M\u00eame si au final, il y a une petite note lumineuse, qui arrive trop tard\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Beaux-Arts\u00a0? Tu veux finir sous les ponts\u00a0?\u00a0Ou sur le trottoir\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais n\u2019y a-t-il pas l\u00e0 une question que tout artiste se pose, comment d\u00e9cide-t-on qu\u2019une \u0153uvre est enfin termin\u00e9e\u00a0? Quand sait-on qu\u2019on a pos\u00e9 l\u2019ultime touche\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Car, comme vous le savez, en art, tout est toujours une question de rupture.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>E France, le premier type qui fait fortune, il s\u2019ach\u00e8te une r\u00e9sidence secondaire ou un 4 \u00d7 4, s\u00fbrement pas une \u0153uvre d\u2019art.<\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre un espace de libert\u00e9 absolue, la toile est ce lieu o\u00f9 un geste en impose un autre, puis un autre, et o\u00f9 enfin le chaos s\u2019ordonne. C\u2019est un dialogue silencieux, tu te confies et la toile te r\u00e9pond, les \u00e9changes s\u2019intensifient, jusqu\u2019\u00e0 ce que tu la gifles de tes coups de pinceau, de tes coups de raclette. La toile r\u00e9siste et t\u2019apprend que seule tu ne peux rien, qu\u2019entre elle et toi il va falloir trouver un accord, m\u00eame pr\u00e9caire, m\u00eame fragile.<br \/>\nParfois les pinceaux tombent, la distance s\u2019abolit et c\u2019est le corps-\u00e0-corps, le peau-\u00e0-peau : la toile a tant \u00e0 offrir.<\/p>\n<p>Tu vois pour la premi\u00e8re fois un Hopper en vrai, tu te demandes si tu ne le pr\u00e9f\u00e9rais pas en carte postale finalement.<\/p>\n<p>Et puis il y a Rothko, le choc Rothko. Tu avais d\u00e9j\u00e0 vu les toiles immenses de ce peintre sur des catalogues, dans des magazines. Jamais en vrai. Tu flottes au milieu des\u00a0monochromes en suspension, tu te perds, tu oublies pourquoi tu es l\u00e0.\u00a0C\u2019est une pure exp\u00e9rience de la couleur, du silence, puis finalement une grosse envie de chialer. Tu sais que beaucoup de gens ressentent \u00e7a, tu sais que tu n\u2019es pas la premi\u00e8re \u00e0 craquer devant Rothko, que ses toiles sont connues pour faire \u00e9clater le spectateur en sanglots, lui faire baisser les armes. Ce que l\u2019art conceptuel s\u2019emploie depuis des d\u00e9cennies \u00e0 d\u00e9truire, ce que l\u2019art conceptuel refoule depuis des ann\u00e9es, \u00e9clate sur les toiles de Rothko\u00a0: l\u2019\u00e9motion. Toute l\u2019intelligence du monde ne peut rien y faire, l\u2019art est avant tout une affaire d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, avec l\u2019art conceptuel, c\u2019est que c\u2019est un peu \u201capr\u00e8s moi, le d\u00e9luge\u201d\u2026<\/p>\n<p>\u2014\u00a0En plus il confond l\u2019odeur de la t\u00e9r\u00e9benthine et du white spirit\u2026 comme si on avait assez de fric pour diluer \u00e0 la t\u00e9r\u00e9benthine\u2026<\/p>\n<p>le dessin c\u2019est \u00ab\u00a0premi\u00e8rement les proportions, secondement les proportions et \u00e0 la fin, encore les proportions\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tu penses \u00e0 cette phrase de Picasso, la peinture n\u2019est pas faite pour d\u00e9corer les appartements. C\u2019est un instrument de guerre offensive contre l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0 elle s\u2019\u00e9loigne, tout en secouant ses m\u00e8ches fuchsia. De dos, elle te fait penser \u00e0 un vieux pinceau furibond.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0C\u2019est de plus en plus fonc\u00e9, non\u00a0? Tu veux atteindre le noir total\u00a0? Tu veux faire un Soulages\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Tu connais sa th\u00e9orie, plus c\u2019est noir, plus il y a de lumi\u00e8re\u2026<br \/>\n\u2014\u00a0Je trouve \u00e7a d\u00e9pass\u00e9, le clair-obscur, \u00e0 l\u2019\u00e8re des \u00e9crans\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette action qui date du d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a060 s\u2019appelle\u00a0<em>Tirs<\/em>. L\u2019artiste, Niki de Saint Phalle, essaie de tuer la peinture, dans ce qu\u2019elle appelle une guerre sans victime. En effet, la peinture ressuscite aussit\u00f4t, \u00e0 travers les tableaux color\u00e9s, issus de ces performances.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Son professeur aux Beaux-Arts lui avait dit qu\u2019elle \u00e9tait peintre dans l\u2019\u00e2me. Mais elle lui avait oppos\u00e9 que la peinture \u00e9tait d\u00e9mod\u00e9e. Que les artistes intelligents pratiquaient d\u2019autres activit\u00e9s, et qu\u2019elle voulait donc faire autre chose.<\/p>\n<p>L\u2019art n\u2019attend personne. L\u2019art ne se soucie de personne. L\u2019art se tait \u00e0 moins qu\u2019on lui parle.<br \/>\n(Marlene Dumas)<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est \u00e9tudiant aux Beaux-Arts qu\u2019on est compl\u00e8tement d\u00e9c\u00e9r\u00e9br\u00e9. Mais tu as beau r\u00e9p\u00e9ter aux professeurs, toujours aussi d\u00e9concert\u00e9s par ta pratique picturale, que si tu peins c\u2019est parce que tu ne sais pas t\u2019exprimer autrement, ils r\u00e9clament du discours, de l\u2019\u00e9crit, du sens. Du concept. Un artiste \u00e0 la fin du\u00a0XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle ne peut pas se contenter de produire des \u0153uvres, il doit aussi produire leur explication.<\/p>\n<p>Avec ses \u00e9ternels sweats \u00e0 capuche gris clair, assortis \u00e0 ses yeux d\u00e9lav\u00e9s, et son teint p\u00e2le, Luc traverse la vie comme une esquisse, insaisissable.<\/p>\n<p>C\u2019est un texte ind\u00e9chiffrable, un texte en suspens. Tu traites les mots comme les images, en transparence. La peinture laisse passer la lumi\u00e8re, elle n\u2019est pas cet \u00e9cran qui ne renvoie qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame, la peinture irradie, et les mots petit \u00e0 petit viennent s\u2019inscrire dans ses glacis, ses coulures, ses fragilit\u00e9s.<br \/>\nEt puis les mots envahissent l\u2019espace, prennent la place des figures, des corps, des mouvements. Les mots prolif\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 envahir la totalit\u00e9 de la toile.<\/p>\n<p>Je vois la peinture comme un acte de r\u00e9sistance. Oui, la peinture cr\u00e9e des images qui r\u00e9sistent au flux d\u2019images existant. Le temps de la peinture est diff\u00e9rent de celui de la photographie, de la t\u00e9l\u00e9vision. La peinture n\u2019est pas un simple enregistrement du r\u00e9el\u2026 Elle a plus \u00e0 voir avec la m\u00e9moire, la dur\u00e9e, l\u2019\u00e9motion, elle donne des images plus persistantes, c\u2019est ce que je crois\u2026<\/p>\n<p>Regardez ce qui se passe aux \u00c9tats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Chine\u00a0! Partout il y a une vitalit\u00e9 incroyable de la peinture\u00a0! Sauf en France o\u00f9 l\u2019on veut des \u0153uvres pas choquantes, pas politiques, pas d\u00e9coratives, pas sexuelles\u2026 \u00e0 la fin, qu\u2019est-ce qu\u2019il reste\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si j\u2019avais su, j\u2019aurais rat\u00e9 ma vie plus t\u00f4t.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: n\u00e9e le 12 novembre 1971 est une femme de lettres fran\u00e7aise. Elle vit et travaille \u00e0 Paris. Apr\u00e8s une licence de philosophie, Carole Fives entre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des beaux-arts o\u00f9 elle obtient le dipl\u00f4me national sup\u00e9rieur d&rsquo;expression plastique (DNSEP). Elle a enseign\u00e9 les arts plastiques dans la r\u00e9gion de Lille pendant douze ans. 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