{"id":11592,"date":"2020-09-05T19:10:20","date_gmt":"2020-09-05T17:10:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11592"},"modified":"2020-09-05T19:22:16","modified_gmt":"2020-09-05T17:22:16","slug":"mayeras-maud-reflex-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11592","title":{"rendered":"Mayeras, Maud \u00ab Reflex \u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Maud Mayeras est une romanci\u00e8re fran\u00e7aise, Elle est n\u00e9e le 6.10.1981 \u00e0 Limoges o\u00f9 elle vit toujours. Son premier livre, \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6816\">H\u00e9matome\u00a0<\/a>\u00bb est paru aux \u00e9ditions Calmann-L\u00e9vy dans la collection Suspense en 2006. Sept ans plus tard, son second roman intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11592\">Reflex<\/a>\u00a0\u00bb est \u00e9dit\u00e9 aux \u00e9ditions Anne Carri\u00e8re. En 2016 elle publie \u00ab\u00a0Lux\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Anne Carri\u00e8re \u2013 03.10.2013 \u2013 365 pages \/ Pocket \u2013 12.03.2015 \u2013 480 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Iris Baudry est photographe de l&rsquo;identit\u00e9 judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appel\u00e9e sur des sc\u00e8nes de crime pour immortaliser les corps martyris\u00e9s des victimes. Iris est discr\u00e8te, obsessionnelle, d\u00e9termin\u00e9e. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassin\u00e9 onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans cette ville maudite o\u00f9 son fils a disparu, l\u00e0 o\u00f9 son croque-mitaine de m\u00e8re garde quelques hideux secrets enfouis dans sa d\u00e9mence, l\u00e0 ou s\u00e9vit un tueur en s\u00e9rie dont la fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9corcher ses victimes en rappelle une autre.<\/p>\n<p>La canicule ass\u00e8che la ville, d\u00e9trempe les corps et \u00e9chauffe les esprits, les monstres se r\u00e9v\u00e8lent et le brasier qu&rsquo;Iris croyait \u00e9teint va s&rsquo;enflammer \u00e0 nouveau dans l&rsquo;objectif de son reflex.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Noir c\u2019est noir\u00a0! Quelle maestria\u00a0! Un thriller psycho- psychologique comme je n\u2019en ai pas lu souvent. J\u2019avais dej\u00e0 fait la connaissance de cette autrice en lisant, \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6816\">H\u00e9matome\u00a0<\/a>\u00bb mais l\u00e0 c\u2019est encore un cran au-dessus. On plonge dans l\u2019horreur, dans le glauque, dans l\u2019inimaginable, dans le suspense (et l\u00e0 elle fait tr\u00e8s fort jusqu\u2019au pont final). Les relations familiales sont loin d\u2019etre faciles et les ann\u00e9es qui passent n\u2019y changent pas grand-chose\u2026 Plusieurs histoires se m\u00e9langent, et les pi\u00e8ces de ce puzzle finissent par se mettre en place. Machiav\u00e9lique et diabolique, hautement addictif et c\u2019est un roman que j\u2019ai commenc\u00e9 et que je n\u2019ai pas pu l\u00e2cher ! Moi qui lis g\u00e9n\u00e9ralement plusieurs livres \u00e0 la fois, cette fois-ci, impossible de d\u00e9coller ! Il faut quand m\u00eame avoir l\u2019estomac bien accroch\u00e9\u2026 Ce qui s\u2019imprime dans la pellicule de l\u2019appareil photo s\u2019imprime dans \u00a0l\u2019iris de l\u2019\u0153il et dans la m\u00e9moire d\u2019Iris..<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>[Les photographies] sont la preuve que quelque chose a \u00e9t\u00e9 l\u00e0 et n&rsquo;est plus. Comme une tache. Et leur immobilit\u00e9 est d\u00e9routante. On peut leur tourner dos, mais quand on revient, elles sont toujours l\u00e0 en train de vous regarder.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;aime pas le bruit de mes pas sur les pav\u00e9s secs. Cet autre c\u0153ur qui fait semblant de battre pr\u00e8s de moi et qui n&rsquo;existe pas.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;aime pas le silence, il appelle les mauvaises pens\u00e9es.<br \/>\nJe laisse souvent entrer les bruits. Le ronflement des moteurs et les mots roturiers des pi\u00e9tons. Ils p\u00e9n\u00e8trent par la fen\u00eatre et me rassurent.<\/p>\n<p>Les riverains nous attendaient, des femmes surtout, pour la plupart encore en robe de chambre. Un chien hargneux dans les bras de l\u2019une, du vide \u00e0 serrer dans les bras de l\u2019autre. De la curiosit\u00e9 dans tous les yeux avides, qui voulaient voir l\u2019horreur, qui cherchaient des histoires \u00e0 raconter autour du gigot du dimanche.<\/p>\n<p>Pour oublier son rire, j&rsquo;ai tent\u00e9 de comprendre ceux qui avaient cherch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;effacer. Pour oublier son visage, j&rsquo;en ai cherch\u00e9 d&rsquo;autres plus ab\u00eem\u00e9s. Pour oublier la douceur de sa peau, je me suis entour\u00e9e de corps froids. Et, pour oublier son odeur, j&rsquo;ai choisi la puanteur de la mort.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu les dessins creus\u00e9s par les larmes, comme deux blessures sur ses joues. Elles avaient coul\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce que ses yeux soient vides.<\/p>\n<p>Je n\u2019aime pas le souffle des fant\u00f4mes. Souvent prisonniers des murs que je visite, ils caressent mes \u00e9paules. Ils m\u2019invitent \u00e0 rester. Ils tirent sur mes manches et mendient mon temps.<\/p>\n<p>Je n\u2019aime pas les au revoir, ils m\u2019obligent \u00e0 mentir presque chaque fois.<\/p>\n<p>Un nouveau bleu sur mon corps. Un de plus, parmi les autres qui vont et viennent depuis des ann\u00e9es. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Les contes pour enfants sont terrifiants et merveilleux, on y souffre, on y saigne, on y meurt et, parfois, on y vit heureux.<\/p>\n<p>J\u2019essaie simplement de comprendre ce qui peut pousser un esprit \u00e0 se tordre \u00e0 tel point qu\u2019il devient capable de ces choses-l\u00e0. Je tente juste de mettre le doigt sur les raisons qui rendent capable de franchir la limite fragile entre le bien et le mal, les raisons qui permettent de commettre de pareilles horreurs.<\/p>\n<p>L\u2019averse, dehors, rend la fen\u00eatre aveugle. Je ne vois plus que ce rideau humide qui recouvre les rues, les toits et les derniers passants.<\/p>\n<p>Des petits pas de vieux et des mains qui sucraient les fraises entre les menottes. Martin se rappelait les avoir entendues tinter durant tout le trajet.\u00a0<em>Cling clang, cling clang<\/em>. Comme le tra\u00eeneau du P\u00e8re No\u00ebl.<\/p>\n<p>Je n\u2019aime pas les adieux. Ils ne me font rien. Ni bien ni mal. Que dalle. Les adieux sont une foutue perte de temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Maud Mayeras est une romanci\u00e8re fran\u00e7aise, Elle est n\u00e9e le 6.10.1981 \u00e0 Limoges o\u00f9 elle vit toujours. 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