{"id":11694,"date":"2020-09-16T17:58:28","date_gmt":"2020-09-16T15:58:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694"},"modified":"2024-09-08T12:37:31","modified_gmt":"2024-09-08T10:37:31","slug":"de-kerangal-maylis-kiruna-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694","title":{"rendered":"De Kerangal, Maylis \u00abKiruna\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0:\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d\u2019Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l\u2019histoire, la philosophie et l\u2019ethnologie.<br \/>\nElle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de 1991 \u00e0 1996, avant de faire deux s\u00e9jours aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 Golden dans le Colorado en 1997. Elle reprend sa formation en passant une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019EHESS \u00e0 Paris en 1998.<\/p>\n<p><b>Ses romans\u00a0<\/b>: Je marche sous un ciel de tra\u00eene, 2000, 222 p. \u2013 La Vie voyageuse, 2003, 240 p. \u2013 Ni fleurs ni couronnes, 2006, 135 p. \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7502\">Dans les rapides<\/a><\/span>\u00a0(2006) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2260\">Corniche Kennedy<\/a>,<\/span>\u00a0Paris, 2008, 177 p. \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16104\">Naissance d\u2019un pont<\/a><\/span>, Paris, 2010, 336 p. ( Prix M\u00e9dicis 2010 \u2013 Prix Franz Hessel 2010) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3026\">Tangente vers l\u2019est<\/a><\/span>, Paris, \u00c9ditions Verticales, 2012, 134 p. (Prix Landerneau 2012) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=34\">R\u00e9parer les vivants<\/a>,<\/span> 2013, 281 p. (Grand prix RTL-Lire 2014 \u2013 Roman des \u00e9tudiants \u2013 France Culture-T\u00e9l\u00e9rama 2014 \u2013 Prix Orange du Livre 2014 \u2013 Prix des lecteurs de l\u2019Express-BFM TV 2014 \u2013 Prix Relay 2014) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241\">\u00c0 ce stade de la nuit<\/a>,<\/span> 2015, 80 p. \u2013 Un chemin de tables -2016 \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6926\">Un monde \u00e0 port\u00e9e de main<\/a><\/span>\u00a0(2018) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694\">Kiruna<\/a><\/span>\u00a0(2019) \u2013 Ariane espace (nouvelle \u2013 2020) \u2013 Cano\u00ebs (2021) &#8211; Servoz &#8211; avec Joy Sorman &#8211; (2022) &#8211; Un archipel (2022) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"De Kerangal, Maylis\u00a0 \u00ab\u00a0Jour de ressac\u00a0\u00bb (RLE2024) 256 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806\">Jour de ressac<\/a><\/span> (2024)<\/p>\n<p><em>Editions de la Contre-All\u00e9e \u2013 18.01.2019 \u2013 160 pages<\/em><\/p>\n<p><em>Kiruna, de Maylis de Kerangal, est le troisi\u00e8me texte d\u2019une s\u00e9rie produite dans le cadre du programme \u00ab Mineurs d\u2019un autre monde \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Dot\u00e9e d&rsquo;une carte blanche dans le cadre d&rsquo;un programme de r\u00e9sidences intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Mineurs d&rsquo;un autre monde\u00a0\u00bb, Maylis de Kerangal prend un vol \u00e0 destination de Kiruna, en Laponie su\u00e9doise. En 2004 les r\u00e9sultats d&rsquo;un diagnostic des sols r\u00e9v\u00e8lent que la ville menace de s&rsquo;effondrer. L&rsquo;existence de Kiruna est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 celle de la mine ; la d\u00e9cision est alors prise de d\u00e9m\u00e9nager la ville de quelques kilom\u00e8tres afin que l&rsquo;exploitation des sols puisse se prolonger.<br \/>\nSur le mode du reportage litt\u00e9raire, l&rsquo;auteure nous emm\u00e8ne \u00e0 la d\u00e9couverte de l&rsquo;une des plus grandes exploitations mini\u00e8res encore en activit\u00e9, tout en dressant le portrait d&rsquo;hommes et plus particuli\u00e8rement de femmes qui ont marqu\u00e9 l&rsquo;histoire des lieux, manifestant l&rsquo;importance de leurs luttes pour obtenir consid\u00e9ration, reconnaissance et autorit\u00e9 au sein de cette industrie mini\u00e8re.<br \/>\nUne approche kal\u00e9idoscopique\u00a0: Nous suivons l\u2019auteure dans son exploration des lieux au fil de chapitres courts, \u00e0 travers lesquelles elle nous livre autant de points de vue que d\u2019informations pour appr\u00e9hender Kiruna dans ses multiples dimensions : historique, urbanistique, \u00e9conomique, politique, g\u00e9ographique et humaine. Mais surtout, au fil de ses recherches et de ses rencontres, se dresse le portrait sensible d\u2019hommes et plus particuli\u00e8rement de femmes qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire des lieux, manifestant ainsi l\u2019importance de leurs luttes pour obtenir consid\u00e9ration, reconnaissance et autorit\u00e9 au sein de cette industrie mini\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<br \/>\nEh bien non\u00a0! la Laponie ce n\u2019est pas que la maison du P\u00e8re No\u00ebl\u00a0!<br \/>\nBienvenue \u00e0 Kiruna, en Laponie su\u00e9doise la ville qui abrite la plus grande mine de fer du monde, dans la contr\u00e9e o\u00f9 habitent encore les S\u00e1mis, dernier peuple autochtone d\u2019Europe. D\u2019ailleurs il est un peu question des S\u00e1mis dans ce petit r\u00e9cit car ils se mobilisent pour la sauvegarde de leur territoire et craignent que l\u2019exploitation de la mine ne d\u00e9truise \u00e0 jamais la r\u00e9gion.<br \/>\nUn endroit ou la mine et la ville sont deux entit\u00e9s intimement li\u00e9es et c\u2019est la raison pour laquelle une ville Kiruna 2 va devoir \u00eatre construite pour remplacer la premi\u00e8re, menac\u00e9e d\u2019effondrement au fur et \u00e0 mesure de l\u2019exploitation de la mine qui sape les fondations de la premi\u00e8re.<br \/>\nC\u2019est aussi l\u2019arriv\u00e9e des femmes dans un monde totalement masculin\u00a0; et pour y arriver, il va falloir ouvrir le monde de la mine aux femmes et leur permettre d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des m\u00e9tiers r\u00e9serv\u00e9s aux hommes\u00a0; dans un premier temps en surface, puis dans les profondeurs de la terre.\u00a0: la premi\u00e8re femme chauffeur, conductrice d\u2019engins, puis mineure de fond\u2026<br \/>\nJ\u2019aime la mani\u00e8re de conter ce monde\u00a0: les images de maintenant et des ann\u00e9es 1900 qui parfois se superposent et s\u2019appellent l\u2019une l\u2019autre, par la simple \u00e9vocation g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par une photographie d\u2019\u00e9poque\u2026<br \/>\nLa visite de Kiruna, la description des maisons, de l\u2019Eglise \u00ab\u00a0qui ressemble \u00e0 une\u00a0<em>k\u00e5ta<\/em>\u00a0(tente) lapone, confia les sculptures \u00e0 son ami Chris Eriksson et les peintures \u00e0 un autre de ses proches, le Prince Eug\u00e8ne. Ce qui frappe d\u2019embl\u00e9e, c\u2019est sa forme extraordinaire, complexe, h\u00e9riss\u00e9e, pointue, et aussi cette couleur sang-de-b\u0153uf, ce rouge profond, uniforme, r\u00e9parti en couche \u00e9paisse sur les planches et les rondins de bois, sur les \u00e9cailles sculpt\u00e9es.\u00a0\u00bb<br \/>\nKiruna, la porte du grand Nord, une ville qui est ouverte aux \u00e9trangers, aux r\u00e9fugi\u00e9s, aux demandeurs d\u2019asile qui s\u2019int\u00e8grent\u00a0: le froid \u00e9tant semble-t-il plus ext\u00e9rieur (Ah oui il fait froid pour les pauvres gens qui d\u00e9barquent du Grand Sud) qu\u2019int\u00e9rieur. Il peut faire \u00a0-40\u00b0C l&rsquo;hiver et +30\u00b0C l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u2026<br \/>\nA chaque rencontre avec Maylis de Kerangal, je tombe sous le charme\u00a0: une fois encore j\u2019aime sa sensibilit\u00e9, sa mani\u00e8re de d\u00e9crire les gens et les lieux..<br \/>\nEt j\u2019en profite pour dire combien j\u2019appr\u00e9cie cette maison d\u2019\u00e9dition qui publie des textes qui sortent de l\u2019ordinaire (voir\u00a0: <strong><a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3461\">Les Pigeons de Paris de Victor del \u00c1rbol\u00a0<\/a>(2016)\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle est l\u00e0, close et mate, plus noire que le ciel, dress\u00e9e au-del\u00e0 d\u2019une surface plane, et claire \u2013 la clart\u00e9 fluorescente de la neige dans la nuit. Est-elle proche ou lointaine\u00a0? Je n\u2019en sais rien, il manque une silhouette humaine dans le paysage. Ce qui me frappe sur-le-champ, c\u2019est son emprise.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai cherch\u00e9e comme on cherche la porte de cet espace inconnu sur quoi s\u2019appuient nos existences, espace dont je ne sais s\u2019il est vide ou plein, s\u2019il est creus\u00e9 d\u2019alv\u00e9oles, de grottes ou de galeries, perc\u00e9 de tunnels ou am\u00e9nag\u00e9 de bunkers, s\u2019il est habit\u00e9, s\u2019il est vivant.<\/p>\n<p>Intimement li\u00e9s, les destins de la mine et de la ville sont d\u00e9sormais pris dans une m\u00eame impasse\u00a0: si la mine continue de s\u2019\u00e9tendre sans que rien ne bouge, les habitants, menac\u00e9s, finiront par vider les lieux.<\/p>\n<p>cette jeune femme sonde tout de m\u00eame l\u2019int\u00e9rieur de la terre, la mati\u00e8re du sous-sol. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de projeter sur son visage intelligent un imaginaire de t\u00e9n\u00e8bres, de temps follement \u00e9pais, de galeries, de fossiles, de s\u00e9diments, de tr\u00e9sors, imaginaire de roman auquel elle est totalement \u00e9trang\u00e8re, puisque concr\u00e8te, directe, pr\u00e9cise, puisque d\u00e9testant descendre \u00ab\u00a0au fond\u00a0\u00bb,\u00a0<em>\u00e7a m\u2019angoisse<\/em>\u00a0dit-elle en riant,\u00a0<em>je pr\u00e9f\u00e8re de loin les mines \u00e0 ciel ouvert.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0:\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d\u2019Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l\u2019histoire, la philosophie et l\u2019ethnologie. Elle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de 1991 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11695,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[632,193,579,12,133,78,192],"tags":[863,437,1236,1235,1238,1237,412,106],"class_list":["post-11694","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-632","category-etude-de-societe","category-laponie","category-litterature-france","category-suede","category-xxeme","category-xxieme-siecle","tag-condition-feminine","tag-ecologie","tag-exploitation-miniere","tag-mine","tag-non-fiction","tag-pionniere","tag-temoignage","tag-voyage"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11694"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11694\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20813,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11694\/revisions\/20813"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}