{"id":1197,"date":"2014-10-14T10:41:21","date_gmt":"2014-10-14T09:41:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1197"},"modified":"2018-07-11T15:47:05","modified_gmt":"2018-07-11T14:47:05","slug":"ledig-agnes-juste-avant-le-bonheur-05-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1197","title":{"rendered":"Ledig, Agn\u00e8s \u00abJuste avant le bonheur\u00bb (05.2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: romanci\u00e8re fran\u00e7aise n\u00e9e en 1973. M\u00e8re de trois enfants, elle a commenc\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;un de ses trois fils, atteint d\u2019une leuc\u00e9mie. Pour r\u00e9pondre aux questions que posaient tous ceux qui se pr\u00e9occupaient de Nathana\u00ebl, elle tenait un bulletin hebdomadaire. Un professeur de m\u00e9decine qui suivait l&rsquo;enfant lui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son don de transmission et l&rsquo;a encourag\u00e9e \u00e0 \u00e9crire. \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1213\">Marie d\u2019en haut<\/a>\u00ab\u00a0, a remport\u00e9 le \u00ab\u00a0coup de c\u0153ur des lectrices\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0Femme actuelle\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1197\">Juste avant le bonheur<\/a>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2013) a remport\u00e9 le prix Maison de la Presse. \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1404\">Pars avec lui<\/a>\u00a0\u00bb para\u00eet en 2014, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2959\">On regrettera plus tard<\/a>\u00ab\u00a0, para\u00eet en 2016, et \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4715\">De tes nouvelles<\/a>\u00a0\u00bb (la suite) en 2017 aux \u00e9ditions Albin Michel.\u00a0<span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #424242; font-family: lato,'helvetica neue',helvetica,arial,verdana; font-size: 17px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; line-height: 28.9px; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6590\">\u00abDans le murmure des feuilles qui dansent\u00bb<\/a> (2018) toujours aux \u00e9ditions Albin Michel.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: <\/strong>Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de f\u00e9e. Caissi\u00e8re dans un supermarch\u00e9, elle \u00e9l\u00e8ve seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d\u2019une vie difficile. Pourtant, un jour particuli\u00e8rement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme g\u00e9n\u00e9reux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ? Agn\u00e8s Ledig, auteur de <em>Marie d\u2019en haut<\/em>, Coup de c\u0153ur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle, poss\u00e8de un talent singulier : celui de m\u00ealer aux \u00e9pisodes les plus dramatiques de l\u2019existence optimisme, humour et tendresse. Dans ce roman o\u00f9 l\u2019\u00e9motion est pr\u00e9sente \u00e0 chaque page, elle nous fait passer avec une \u00e9nergie communicative des larmes au rire, elle nous r\u00e9concilie avec la vie. <em>Juste avant le bonheur<\/em> fait partie de ces (trop) rares livres qu\u2019on a envie de rouvrir \u00e0 peine referm\u00e9s, tout simplement parce qu\u2019ils font du bien !<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0: <\/strong>Un livre qui parle au c\u0153ur\u2026 La pluie, l\u2019\u00e9claircie, le soleil, la foudre, l\u2019embellie et l\u2019arc en ciel\u2026 J\u2019ai essuy\u00e9 ma petite larme \u00e9mue, puis j\u2019ai pleur\u00e9 et enfin j\u2019ai souri avec beaucoup d\u2019\u00e9motion. Un livre qui permet de croire en l\u2019\u00eatre humain.. et qui montre que la lumi\u00e8re existe.. si on veut la voir\u2026 Ce livre m&rsquo;a beaucoup touch\u00e9. Pas un style flamboyant.. mais\u00a0 une discussion avec une personne que j&rsquo;ai ressentie comme \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb et sensible. J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9.<\/p>\n<p>Je suis tr\u00e8s contente de ne pas avoir connu le th\u00e8me du livre avant de le lire. Peut-\u00eatre l\u2019aurais-je abord\u00e9 diff\u00e9remment\u2026 Beaucoup de sensibilit\u00e9, de tendresse, un livre sur des personnes \u00e0 l\u2019\u00e9coute d\u2019elles-m\u00eames et des autres, avec beaucoup d\u2019humour aussi ( j&rsquo;adore la description des oignons) . La vie quotidienne, les bonheurs simples de la vie, l\u2019importance de la nature\u00a0: vagues, orages, \u00e9toiles, \u00e9claircies, montagne, en ad\u00e9quation avec les \u00eatres. Un tr\u00e8s joli moment de lecture qui va me pousser \u00e0 d\u00e9couvrir les deux autres livres de cette romanci\u00e8re (et sage-femme) dans les plus brefs d\u00e9lais.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:\u00a0 <em>(et j&rsquo;ai fait le tri dans ces jolies phrases ! )<\/em><\/p>\n<p>Exergue\u00a0: Les gens que nous avons aim\u00e9s ne seront plus jamais o\u00f9 ils \u00e9taient, mais ils sont partout o\u00f9 nous sommes.\u00a0\u00bb Alexandre Dumas<\/p>\n<p>Quand c\u2019est une question de survie, on range au placard les grands id\u00e9aux qu\u2019on s\u2019\u00e9tait fabriqu\u00e9s gamine. Et on encaisse, on se tait, on laisse dire, on subit<\/p>\n<p>Le privil\u00e8ge de la beaut\u00e9\u00a0: att\u00e9nuer le mauvais caract\u00e8re. Toujours. On pardonne tout aux jolies femmes, avant m\u00eame qu\u2019elles n\u2019aient ouvert la bouche<\/p>\n<p>Le SBAM la saoule depuis belle lurette. Sourire \u2013 Bonjour \u2013 Au revoir \u2013 Merci<\/p>\n<p>Et que dire de ces grappes d\u2019assur\u00e9s sociaux qui viennent r\u00e9clamer un arr\u00eat de travail parce que leur poil dans la main s\u2019est transform\u00e9 en baobab\u00a0?<\/p>\n<p>Parfois, dans la vie, on a le sentiment de croiser des gens du m\u00eame univers que nous\u2026 Des extra-humains, diff\u00e9rents des autres, qui vivent sur la m\u00eame longueur d\u2019onde, ou dans la m\u00eame illusion. C\u2019\u00e9tait mon impression aujourd\u2019hui\u2026 Et \u00e7a fait du bien<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Je ne colle pas avec le d\u00e9cor. \u2013\u00a0On ne vous demande pas de vous accrocher au mur<\/p>\n<p>La tristesse s\u2019est install\u00e9e au fond de lui sans lui demander son avis. Elle se sent chez elle. Il a beau essayer de se divertir, rien n\u2019y fait, elle est l\u00e0, tapie dans un coin, pr\u00eate \u00e0 resurgir au moindre rel\u00e2chement. La fum\u00e9e dans une maison qui se consume, vous ouvrez une porte et elle s\u2019engouffre, s\u2019immisce dans toutes les petites ouvertures, vient piquer les yeux et emp\u00eacher de respirer. Quels pompiers appeler pour ce genre d\u2019incendie<\/p>\n<p>Ben oui, morte\u00a0! Le contraire de vivante. Comme la nature d\u2019un tableau de ma\u00eetre, dont on a coup\u00e9 les fleurs, cueilli les fruits, et qui ne garderont leur couleur et leur beaut\u00e9 qu\u2019au travers de la toile du peintre.<\/p>\n<p>C\u2019est un joli sentiment, la tendresse, tu devrais essayer<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9vidence n\u2019a pas besoin de beaucoup de temps pour sauter aux yeux. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement instantan\u00e9<\/p>\n<p>La vie est l\u00e9g\u00e8re comme une plume quand le souffle qui la porte est anim\u00e9 d\u2019amour et de tendresse<\/p>\n<p>En usant d\u2019euph\u00e9mismes, en ne disant pas les choses comme elles sont, ils s\u2019imaginent qu\u2019elles n\u2019existeront pas tout \u00e0 fait, que leur r\u00e9alit\u00e9 s\u2019en trouvera att\u00e9nu\u00e9e<\/p>\n<p>il y a chez elle ce truc en plus qu\u2019ont certaines personnes. L\u2019incandescence. Cette chose qui r\u00e9chauffe et fait vibrer \u00e0 la fois<\/p>\n<p>il vaut mieux avoir de bonnes raisons d\u2019\u00eatre heureux que de bonnes raisons d\u2019\u00eatre malheureux.<\/p>\n<p>la poisse, c\u2019est comme la b\u00eatise humaine, elle est in\u00e9puisable<\/p>\n<p>L\u2019empathie, c\u2019est tendre la main \u00e0 celui qui est dans le trou, ce n\u2019est pas sauter dedans pour l\u2019aider \u00e0 remonter.<\/p>\n<p>Vous devriez vous m\u00e9fier des profils, \u00e7a vous enferme dans une vision st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des gens. Vous feriez mieux de les regarder en face<\/p>\n<p>Il se replonge dans sa lecture, pr\u00e9f\u00e9rant \u00eatre happ\u00e9 par une histoire plut\u00f4t que de ressasser la sienne.<\/p>\n<p>Au temps des sorci\u00e8res, les larmes d\u2019homme devaient \u00eatre tr\u00e8s recherch\u00e9es. C\u2019est rare comme la bave de crapaud<\/p>\n<p>Il faut savoir pleurer quand c\u2019est vraiment n\u00e9cessaire. Pour un oignon, je ne vois pas trop la raison, \u00e0 moins d\u2019avoir une tendresse particuli\u00e8re pour ce l\u00e9gume et ne pas supporter de le couper en deux<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il sait que ce n\u2019est pas gagn\u00e9, qu\u2019il faudra encore du temps, la seule chose qui compte, c\u2019est de remonter vers la surface. Quel que soit l\u2019angle ou la vitesse d\u2019ascension. La surface. Rien que de ressentir qu\u2019elle existe encore lui met du baume au c\u0153ur.<\/p>\n<p>Tu peux tendre la main \u00e0 quelqu\u2019un, mais tu ne peux pas le sortir du trou dans lequel il s\u2019enfonce s\u2019il ne prend pas la main que tu lui tends. \u00c0 moins d\u2019y tomber avec lui, ce qui ne r\u00e9sout pas les choses. On est \u00e0 deux au fond du trou, mais on est quand m\u00eame au fond du trou<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle.\u00a0\u00bb Ce proverbe arabe, je l\u2019applique depuis des ann\u00e9es<\/p>\n<p>Parce que la m\u00e9chancet\u00e9 est son oxyg\u00e8ne quotidien.<\/p>\n<p>La petite lampe du salon est faible, mais suffisante. Trop de lumi\u00e8re \u00e9blouirait les mots<\/p>\n<p>Le d\u00e9sespoir et la tristesse n\u2019ont jamais aid\u00e9 personne \u00e0 combattre les \u00e9preuves<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Si vous mettez la barre trop haut, aucun homme ne sera assez grand pour la franchir. Ils passeront tous en dessous. \u2013\u00a0Vous mesurez combien\u00a0?<\/p>\n<p>Et vous verrez, il y a un moment o\u00f9 vous allez rire de bon c\u0153ur et o\u00f9 vous culpabiliserez de le faire. Quand on vit un grand malheur dans sa vie, on a l\u2019impression que le regard des autres ne nous autorise pas \u00e0 \u00eatre joyeux, alors que tout au fond de soi, on sent que c\u2019est cela qui permet de se maintenir en vie<\/p>\n<p>C\u2019est vrai, c\u2019est ridicule, un homme qui se confie. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019ils ne le font pas. Les femmes ont juste compris que le ridicule ne tue pas. Et que parfois m\u00eame, \u00e7a fait du bien. Pas d\u2019\u00eatre ridicule, de dire ce qu\u2019on a sur le c\u0153ur. Les hommes en ont un aussi, non\u00a0?<\/p>\n<p>Discret sourire sur des l\u00e8vres de femme. Celui d\u2019un compliment qui la touche. Et du rose aux joues. Comme deux p\u00e9tales qui seraient venus se poser l\u00e0<\/p>\n<p>Ses derniers petits morceaux d\u2019espoir se d\u00e9tachent les uns apr\u00e8s les autres, comme une banquise qui se morcelle et qui part fondre dans la mer devenue trop chaude<\/p>\n<p>Le silence a cette vertu de laisser parler le regard, miroir de l\u2019\u00e2me. On entend mieux les profondeurs quand on se tait<\/p>\n<p>Et puis quand on quitte le long fleuve tranquille de l\u2019existence, on d\u00e9couvre des voies parall\u00e8les, certes plus difficiles \u00e0 naviguer, mais plus int\u00e9ressantes, plus riches que celles du flot commun qu\u2019on emprunte par facilit\u00e9<\/p>\n<p>Deux heures qu\u2019ils marchent, deux heures de silence, toujours, juste les montagnes qui parlent, des ruisseaux\u00a0porte-parole et des bruissements de feuillage en \u00e9missaires<\/p>\n<p>Ce qui compte, c\u2019est d\u2019avoir ouvert la serrure d\u2019une porte souvent ferm\u00e9e \u00e0 double tour.<\/p>\n<p>Le soleil scintille sur cet \u00e9pais manteau blanc, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une interminable guirlande de No\u00ebl qui s\u2019allumerait en plein jour. Et quand on enfonce les doigts dans la neige, il y a une minuscule couche de glace qui se brise \u00e0 la surface, comme une immense cr\u00e8me br\u00fbl\u00e9e<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas volontaire de la part des gens, mais pour beaucoup, vous incarnez la mort et la tristesse, et la mort fait peur. C\u2019est humain, c\u2019est normal.\u00a0Vous ne pouvez compter que sur vous-m\u00eame pour vous reconstruire. \u00c7a ne vous emp\u00eache pas d\u2019avoir des amis. Et ceux qui restent sont les bons.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas de la faute des gens. Ils ne se fient qu\u2019aux apparences. Il faut gratter pour voir ce qu\u2019il y a au fond. Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous \u00e0 la surface. Des gros remous d\u2019abord, qui vont gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par dispara\u00eetre. Peu \u00e0 peu, la surface redevient lisse et paisible. Mais la grosse pierre est quand m\u00eame au fond.<\/p>\n<p>La vie s\u2019apparente \u00e0 la mer. Il y a le bruit des vagues, quand elles s\u2019abattent sur la plage, et puis le silence d\u2019apr\u00e8s, quand elles se retirent<\/p>\n<p>Elle va. Des hauts et des bas. Des pas tr\u00e8s hauts et des tr\u00e8s bas, mais elle tient le coup<\/p>\n<p>Le temps n\u2019aide pas \u00e0 oublier mais \u00e0 s\u2019habituer. Comme les yeux qui s\u2019accoutument au noir.<\/p>\n<p>On s\u2019en sort parce qu\u2019on n\u2019a pas le choix<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: romanci\u00e8re fran\u00e7aise n\u00e9e en 1973. M\u00e8re de trois enfants, elle a commenc\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;un de ses trois fils, atteint d\u2019une leuc\u00e9mie. Pour r\u00e9pondre aux questions que posaient tous ceux qui se pr\u00e9occupaient de Nathana\u00ebl, elle tenait un bulletin hebdomadaire. 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