{"id":12005,"date":"2020-10-28T18:58:53","date_gmt":"2020-10-28T16:58:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12005"},"modified":"2022-11-07T17:28:51","modified_gmt":"2022-11-07T15:28:51","slug":"barbash-tom-beautiful-boy-rl2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12005","title":{"rendered":"Barbash, Tom \u00ab Beautiful Boy \u00bb (RL2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Dipl\u00f4m\u00e9 de Stanford et de l\u2019universit\u00e9 de l\u2019Iowa, Tom Barbash s\u2019est fait conna\u00eetre en France en 2015 avec un recueil de nouvelles, Les Lumi\u00e8res de Central Park, largement salu\u00e9 par la presse. Il vit aujourd\u2019hui en Californie et enseigne la litt\u00e9rature au California College of Arts.<\/p>\n<p>Albin-Michel \u2013 30 septembre 2020 \u2013 416 pages\u00a0 (Traductrice\u00a0: H\u00e9l\u00e8ne Fournier) \u2013 Titre original \u00ab\u00a0The Dakota Winters\u00a0\u00bb(2018)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: New York, 1980. A l\u2019angle de la 72e Rue et de Central Park West, le Dakota Building impose sa silhouette \u00e9trange et l\u00e9gendaire. De retour d\u2019une mission humanitaire en Afrique, le jeune Anton Winter y retrouve ses parents et l\u2019appartement familial. Son p\u00e8re, Buddy, animateur vedette de la t\u00e9l\u00e9vision qui a fui les projecteurs apr\u00e8s une d\u00e9pression nerveuse, lui demande alors de l\u2019aider \u00e0 relancer sa carri\u00e8re. Or, dans cet immeuble o\u00f9 l\u2019on croise Mick Jagger, Gore Vidal, Lauren Bacall ou Ted Kennedy, vit aussi un certain John Lennon, qui pourrait \u00eatre utile \u00e0 Buddy pour reconqu\u00e9rir le c\u0153ur du public. Mais \u00e0 mesure qu\u2019Anton s\u2019investit dans sa mission et se lie d\u2019amiti\u00e9 avec le chanteur, il ne peut que remettre en question l\u2019influence de son p\u00e8re sur ses propres ambitions, tandis qu\u2019un certain Mark David Chapman s\u2019appr\u00eate \u00e0 faire couler le sang\u2026<\/p>\n<p>Apr\u00e8s <em>Les Lumi\u00e8res de Central Park<\/em>, Tom Barbash signe un magnifique roman, entre r\u00e9cit d\u2019apprentissage et fresque sociale, qui interroge la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et les relations p\u00e8re-fils, tout en faisant revivre le New York de sa jeunesse et l\u2019auteur de \u00ab Beautiful Boy \u00bb, chanson que Lennon d\u00e9dia \u00e0 son fils Sean sur son dernier album.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Bienvenue dans l\u2019univers du \u00ab\u00a0Dakota Building\u00a0\u00bb, (cet immeuble mythique qui est une parcelle de l\u2019histoire de la ville \u00e0 lui-tout seul), de Buddy Winter, de John Lennon (ce sont pour moi les trois personnages principaux du livre), du fils de Buddy, Anton, qui occupe une grande place dans le livre mais est de fait une sorte de anti-h\u00e9ros. Un fils qui est de fait l\u2019ombre de son p\u00e8re, qui \u00e0 la fois vit dans son sillage et est sa b\u00e9quille, son roc, mais tente aussi de lui \u00e9chapper, de s\u2019affirmer en tant qu\u2019individu, de se construire une vie propre, ce qui l\u2019entraine de fait \u00e0 mettre sa vie en danger<br \/>\nUn livre qui respire et vibre comme New-York (enfin comme New-York normalement), un New-York qui p\u00e9tille, fourmille, sans cesse en mouvement. Un livre qui fait revivre les ann\u00e9es 70\/80, ces ann\u00e9es de folie, de d\u00e9mesure et de libert\u00e9, un livre qui regorge d\u2019anecdotes, dans lequel on croise une myriade de personnes connues (monde de la politique, des m\u00e9dias, du sport, de la culture, du show-business, du cin\u00e9ma). Dans ces ann\u00e9es 70-80, les t\u00e9nors des m\u00e9dias et de la vie sociale forment une soci\u00e9t\u00e9 de lumi\u00e8re. Mais ces lumi\u00e8res sont artificielles et cette vie dans laquelle les moteurs sont l\u2019argent et la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 est destructrice et conduit les gens \u00e0 p\u00e9ter les plombs. C\u2019est le cas de Buddy Winter, qui disjonctera en direct, tout comme John Lennon avait explos\u00e9 lors d\u2019une altercation dans une bo\u00eete de nuit. Ce livre est aussi une immersion dans le monde de la t\u00e9l\u00e9vision et des talks-shows que j\u2019ai trouv\u00e9 particuli\u00e8rement int\u00e9ressante.<br \/>\nBuddy va se trouver sans \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision mais il n\u2019est pas dans ses moyens de vivre sans travailler, et il n\u2019est pas dans son mode de fonctionnement de renoncer \u00e0 la gloire, aux paillettes et aux lumi\u00e8res.<br \/>\nLe Dakota n\u2019est pas qu\u2019un immeuble, c\u2019est une adresse, certes, mais c\u2019est surtout le reflet d\u2019une condition sociale et ne plus avoir les moyens d\u2019y vivre serait l\u2019aveu de l\u2019\u00e9chec, de la d\u00e9ch\u00e9ance sociale. Et comment accepter un statut d\u2019ex-star\u00a0? et le regard des gens qui va avec\u2026<br \/>\nCe n\u2019est pas dans le caract\u00e8re de Buddy de se ressourcer en allant affronter les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9chain\u00e9s. Pour reprendre sa place au sein des personnalit\u00e9s m\u00e9diatiques, des questions se posent \u2026 faut-il s\u2019appuyer sur ses forces et ses faiblesses, laisser transparaitre un c\u00f4t\u00e9 humain et empathique ou faut-il manier humour, ironie et attaques pour faire rire aux d\u00e9pens des autres\u00a0? Faut-il faire le Show \u00e0 n\u2019importe quel prix\u00a0? Vivre sa vie comme un combat ?\u00a0 Faire rire ce n\u2019est pas facile, et si le rire ne s\u2019appuie pas sur le r\u00e9el, il sonne faux\u00a0; mais la v\u00e9rit\u00e9, cela fait mal\u2026<\/p>\n<p>Un livre qui nous entraine, qui nous speede, qui est plein d\u2019humour et qui est de fait un document sur l\u2019\u00e9poque. Mais pas que\u2026<\/p>\n<p>Le Dakota, un immeuble divis\u00e9 en deux, comme la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine\u00a0: les flamboyants et les invisibles. Ce livre est le livre des contrastes, des oppositions, c\u2019est la personnification de l\u2019Am\u00e9rique. Ceux qui r\u00e9ussissent, ceux qui s\u2019enlisent, les gagneurs, les suiveurs, l\u2019apparence, le r\u00eave am\u00e9ricain\u2026 Une question se pose\u00a0: existe-t-il une deuxi\u00e8me chance, une deuxi\u00e8me vie quand la r\u00e9ussite vous l\u00e2che\u00a0? Comme l\u2019auteur le dit tr\u00e8s justement \u00ab\u00a0<em>Au cas o\u00f9 tu te serais demand\u00e9 s\u2019il y avait un deuxi\u00e8me acte dans la vie d\u2019un Am\u00e9ricain.<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est le temps d\u2019apr\u00e8s tant pour Buddy que pour Lennon\u2026 A la diff\u00e9rence qu\u2019ils ne le vivent pas de la m\u00eame mani\u00e8re\u2026 Pas seulement pour une histoire d\u2019argent. Lennon sera toujours Lennon\u2026 ex-Beatles peut-\u00eatre mais toujours star\u00a0! Et co\u00efncidence pour co\u00efncidence, cette p\u00e9riode est un nouveau d\u00e9part \u00e0 la fois pour Buddy et pour Lennon, apr\u00e8s une interruption de carri\u00e8re.<br \/>\nC\u2019est aussi le livre des relations familiales, plus exactement des rapports p\u00e8re-fils. Est-il possible de concilier ambition et vie sereine\u00a0? Quelle est la place des parents vis-\u00e0-vis des enfants\u00a0? et l\u2019inverse\u00a0?<\/p>\n<p>Un tr\u00e8s grand merci aux Editions Albin-Michel et leur remarquable Collection \u00ab\u00a0Terres\u00a0d&rsquo;Am\u00e9rique\u00a0\u00bb qui m\u2019ont fait parvenir gracieusement ce livre. Je serais sans doute pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un excellent roman que je recommande vivement. Et puis, comme je suis fan des Beatles, j\u2019ai ador\u00e9 passer un petit moment en compagnie de l\u2019un d\u2019entre eux\u00a0&#x1f609;\u2026<\/p>\n<p>Cette lecture m\u2019a donn\u00e9 envie de poursuivre mon aventure new-yorkaise avec un livre que m\u2019a recommand\u00e9 une amie\u00a0: \u00a0le roman d&rsquo;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17162\">Ariane Bois \u00ab\u00a0Dakota Song\u00a0\u00bb<\/a><\/span> paru en 2017&#8230; et que je vous conseille \u00e0 mon tour.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Faire une course de ski de fond en portant une carabine sur le dos, ce n\u2019est pas un sport\u00a0; c\u2019est <em>L\u2019Espion qui m\u2019aimait<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, il m\u2019arrivait de ne plus tr\u00e8s bien savoir o\u00f9 finissaient les pens\u00e9es de mon p\u00e8re et o\u00f9 commen\u00e7aient les miennes.<\/p>\n<p>Ce que je veux dire c\u2019est qu\u2019on devrait utiliser ce qui s\u2019est pass\u00e9 au lieu de le fuir.<\/p>\n<p>ces deux<em>\u00a0moi<\/em>\u00a0que nous avons tous en nous, et de la n\u00e9cessit\u00e9 de faire taire le jumeau mal\u00e9fique qui ne cesse de nous balancer \u00e0 la figure\u00a0:<em>Tu es un incapable\u00a0!<\/em>\u00a0ou<em>\u00a0Bouge tes pieds\u00a0!<\/em>, ou<em>\u00a0Comment peux-tu perdre face \u00e0 ce rat\u00e9\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>Et puis il y a eu<em>\u00a0Rosemary\u2019s Baby<\/em>, qui a fait pour le Dakota ce que<em>\u00a0Les Dents de la mer<\/em>\u00a0feraient pour l\u2019oc\u00e9an. Les vieux voisins aimables sont devenus d\u2019un coup des satanistes pr\u00eats \u00e0 vous f\u00e9conder avec la semence du diable.\u00a0J\u2019avais l\u2019impression de vivre dans un ch\u00e2teau hant\u00e9, ce qui n\u2019\u00e9tait pas pour me d\u00e9plaire car \u00e7a tenait \u00e0 distance les b\u00e9gueules et les craintifs.<\/p>\n<p>Les parents sont cens\u00e9s \u00eatre des points de rep\u00e8re fixes, pas des peintures abstraites.<\/p>\n<p>Il m\u2019a confi\u00e9 qu\u2019il n\u2019avait pas vu assez grand, qu\u2019il fallait faire des r\u00eaves suffisamment ambitieux pour qu\u2019on ne puisse pas les r\u00e9aliser de son vivant. Il avait toujours voulu poss\u00e9der un voilier, sa propre plantation et un million de dollars. Il y \u00e9tait parvenu et avait fini par faire une d\u00e9pression.<br \/>\n\u2013 Pourquoi ?<br \/>\n\u2013 Il n\u2019avait plus d\u2019objectifs \u00e0 atteindre. \u00bb<\/p>\n<p>Quelle putain d\u2019existence auras-tu v\u00e9cue et, devenu vieux, te r\u00e9veilleras-tu un jour pour t\u2019apercevoir que tu auras pass\u00e9 ta vie \u00e0 cultiver le r\u00eave d\u00e9fra\u00eechi de quelqu\u2019un d\u2019autre\u00a0?<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 ressemblait \u00e0 une mal\u00e9diction, \u00e0 quelque chose que vous ne pouviez pas fuir. Elle vous suivait partout, et il vous \u00e9tait impossible de choisir de retomber brusquement dans l\u2019anonymat. Quand vous alliez prendre un verre dans un bar ou faire des courses dans un grand magasin, il pouvait s\u2019\u00e9couler quelques minutes ou parfois\u00a0quelques heures avant que l\u2019on vous reconnaisse, mais ensuite c\u2019\u00e9tait cuit. C\u2019est comme si vous \u00e9tiez recherch\u00e9 par la police, que votre photo \u00e9tait partout, tel Cary Grant dans<em>\u00a0La Mort aux trousses<\/em>\u00a0quand il est \u00e0 Grand Central et que le guichetier comprend soudain que c\u2019est<em>\u00a0lui<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Dipl\u00f4m\u00e9 de Stanford et de l\u2019universit\u00e9 de l\u2019Iowa, Tom Barbash s\u2019est fait conna\u00eetre en France en 2015 avec un recueil de nouvelles, Les Lumi\u00e8res de Central Park, largement salu\u00e9 par la presse. Il vit aujourd\u2019hui en Californie et enseigne la litt\u00e9rature au California College of Arts. 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