{"id":12167,"date":"2020-11-15T11:46:59","date_gmt":"2020-11-15T09:46:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12167"},"modified":"2024-01-09T13:27:44","modified_gmt":"2024-01-09T11:27:44","slug":"de-giovanni-maurizio-des-phalenes-pour-le-commissaire-ricciardi-rl2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12167","title":{"rendered":"De Giovanni, Maurizio \u00abDes phal\u00e8nes pour le commissaire Ricciardi\u00bb (RL2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : Banquier, il remporte en 2005 le prix national Tiro Rapido avec la nouvelle I vivi e i morti (Les vivants et les morts) qui servira de base au L\u2019Hiver du commissaire Ricciardi (Il senso del dolore. L\u2019inverno del commissario Ricciardi), publi\u00e9 en 2007. Depuis, auteur de plusieurs romans policiers se d\u00e9roulant \u00e0 Naples, il partage un temps sa vie entre ses occupations professionnelles \u00e0 la banque et l\u2019\u00e9criture. La s\u00e9rie ayant le commissaire Ricciardi pour h\u00e9ros compte une dizaine de titres.<br \/>\nIl est \u00e9galement devenu commentateur des grands journaux nationaux et de productions au th\u00e9\u00e2tre. Grand sportif et partisan de l\u2019\u00e9quipe de football de Naples, il publie plusieurs ouvrages sur son \u00e9quipe. Il travaille maintenant pour des journaux de sa ville natale et est r\u00e9guli\u00e8rement invit\u00e9 par le r\u00e9seau des sports de la Rai.<br \/>\nEn 2012, il fait para\u00eetre La M\u00e9thode du crocodile (Il metodo del coccodrillo), laur\u00e9at du prix Scerbanenco et premier roman d\u2019une s\u00e9rie consacr\u00e9e aux enqu\u00eates du commissaire Lojacono. En janvier 2017, la Rai 1 diffuse I bastardi di Pizzofalcone, une mini-s\u00e9rie en 6 \u00e9pisodes r\u00e9alis\u00e9e par Carlo Carlei, avec Alessandro Gassmann dans le r\u00f4le du commissaire Lojacono.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9rie : Commissaire Ricciardi (Naples 1931) &#8211;<br \/>\nPage sur la s\u00e9rie Les enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi : (<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3848\">voir article<\/a><\/span>)\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Editions Rivage\/Noir \u2013 07.10.2020 \u2013393 pages\u00a0&#8211; <em>Anime di vetro. Falene per il commissario Ricciardi<\/em>\u00a0(2015) \u2013 traduit par Odile Rousseau<\/p>\n<p><strong>8\u00e8me enqu\u00eate<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Travers\u00e9 par une crise existentielle, le commissaire Ricciardi se sent d\u00e9courag\u00e9 face \u00e0 la vie. Le bonheur lui semble aussi insaisissable que les indices du crime sur lequel il doit n\u00e9anmoins enqu\u00eater. La belle et hautaine Bianca, comtesse de Roccaspina, implore Ricciardi de rouvrir une affaire class\u00e9e. Dans l&rsquo;atmosph\u00e8re tendue de l&rsquo;Italie des ann\u00e9es 1930, o\u00f9 Mussolini et ses voyous fascistes surveillent la police de pr\u00e8s, une enqu\u00eate non autoris\u00e9e est un motif de licenciement imm\u00e9diat.<br \/>\nMais la soif de justice de Ricciardi ne conna\u00eet pas d&rsquo;apaisement.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Mais qu\u2019il est difficile d\u2019aimer et de repousser \u00e0 la fois\u2026 Comme je l\u2019attends avec impatience, ce rendez-vous annuel avec Ricciadi, Enrica, Maione, le docteur Moro et les autres dans la Naples des ann\u00e9es 30, dans laquelle s\u00e9vissent les polices secr\u00e8tes du fascisme. La fid\u00e8le Rosa est morte et Ricciardi est totalement d\u00e9boussol\u00e9. Il a en quelque sorte perdu son port d\u2019attache.<br \/>\nAlors qu\u2019il tente de se persuader qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019envisager d\u2019offrir le bonheur \u00e0 quelqu\u2019un, qu\u2019il ne pourra jamais vivre normalement, qu\u2019il n\u2019a pas le droit de laisser parler son c\u0153ur, il accepte d\u2019enqu\u00eater officiellement sur la mort d\u2019un triste individu, tu\u00e9 par le comte Romualdo Palmieri di Roccaspina. C\u2019est l\u00e0 que fait son entr\u00e9e Bianca, comtesse de Roccaspina.<br \/>\nRicciardi semble traverser la p\u00e9riode la plus difficile de sa vie\u00a0: Rosa n\u2019est plus l\u00e0, Enrica s\u2019\u00e9loigne, et Livia lui complique s\u00e9rieusement la vie. (Rien qu\u2019\u00e0 lire cette phrase vous comprendrez qu\u2019il faut imp\u00e9rativement lire la s\u00e9rie dans l\u2019ordre)<br \/>\nOde \u00e0 la ville de Naples au mois de septembre, ce livre est comme les pr\u00e9c\u00e9dents un livre qui parle de d\u00e9sesp\u00e9rance, de lueur d\u2019espoir, d\u2019amours impossibles. Alors oui, il y a l\u2019enqu\u00eate, mais c\u2019est principalement un livre sur les rapports humains, sur la passion, l&rsquo;amour fou.<br \/>\nEt toujours cette \u00e9criture magnifique, cette po\u00e9sie en prose\u2026 dans un monde o\u00f9 s\u2019approcher trop pr\u00eat de la flamme fait qu\u2019on se br\u00fble les ailes\u2026<br \/>\nEn bruit de fond, une musique, une chanson, mais surtout une histoire port\u00e9e par des notes et des \u00e9motions et en toile de fond la mer couleur azur\u2026<br \/>\nLes \u00e2mes de verre, si fragiles, vont-elles survivre \u00e0 cette enqu\u00eate\u00a0? Leur \u00e9clat continuer a-t-il \u00e0 scintiller de mille feux\u00a0? Ou alors finiront elles brisent en mille \u00e9clats de verre\u00a0?<br \/>\nEt une fois de plus un coup de c\u0153ur \u2026<br \/>\nJe suis d\u00e9cidemment amoureuse des auteurs de gialli italiens qui nous offrent des personnages d\u2019enqu\u00eateurs humains, confront\u00e9s \u00e0 leurs failles et qui se fondent dans les r\u00e9gions qu\u2019ils incarnent (Maurizio de Giovanni, Valerio Varesi, Antonio Manzini, Ilaria Tuti, et d\u2019autres aussi comme Marco Vichi, Luca D\u2019Andrea que je d\u00e9couvre\u2026)<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>La solitude qu\u2019il avait connue depuis l\u2019enfance \u00e9tait un subtil et permanent malaise, le souvenir d\u2019une souffrance qui remontait continuellement \u00e0 sa conscience pour troubler une existence qui ne serait jamais normale.<\/p>\n<p>Tu es toujours inquiet, et quand tu n\u2019es pas inquiet, tu t\u2019inqui\u00e8tes de ne pas \u00eatre inquiet. C\u2019est dans ta nature. Tu es fait comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Trop r\u00e9serv\u00e9, taiseux, toujours triste, jamais familier avec qui que ce soit\u00a0; dans cette ville arri\u00e9r\u00e9e et superstitieuse, il s\u2019\u00e9tait fait la r\u00e9putation de porter le mauvais \u0153il, et on le fuyait comme la peste.<\/p>\n<p>il avait besoin de rester seul avec ses pens\u00e9es. Pour se souvenir. Le travail ne le r\u00e9confortait pas, et la pr\u00e9sence de personnes, m\u00eame les rares pour lesquelles il avait de l\u2019amiti\u00e9, n\u2019\u00e9tait pour lui que d\u00e9rangement.<\/p>\n<p>J\u2019ai une \u00e2me de verre [\u2026]. Fragile et transparente, pr\u00eate \u00e0 accueillir quelque chose de beau et de color\u00e9, mais aussi \u00e0 se briser en mille morceaux.<\/p>\n<p>Et je ne te vois m\u00eame pas, maintenant, assise pr\u00e8s de moi, r\u00e9p\u00e9ter de fa\u00e7on obsessionnelle un message d\u2019adieu, comme le font les \u00e2mes mortes que je croise dans la rue, qui hurlent ou susurrent les fragments d\u2019une pens\u00e9e que la mort a bris\u00e9e, qui chantent leur refrain de douleur. Un ch\u0153ur immense pour un seul spectateur\u00a0: ma folie.<\/p>\n<p>Les \u00e2mes des ruelles sont en verre, on y voit au travers.<\/p>\n<p>Et je sais que, s\u2019il y a une chose dont il faut se m\u00e9fier, dans cette ville, ce sont bien ces nuits de septembre. Et des r\u00eaves qu\u2019elles apportent.<\/p>\n<p>elle avait lu que les r\u00eaves \u00e9taient le prolongement des pr\u00e9occupations de la journ\u00e9e. Une partie du cerveau continuait \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir pendant le sommeil et transformait les pens\u00e9es en images. Rien de plus simple.<\/p>\n<p>On ne peut cuisiner qu\u2019avec le c\u0153ur. Vous ne le saviez pas\u00a0? Uniquement avec le c\u0153ur. Vous voyez\u00a0?<\/p>\n<p>Rien de mieux que l\u2019air de septembre pour d\u00e9coiffer les r\u00eaves et \u00e9bouriffer les sentiments. Rien de mieux que l\u2019air de septembre pour remettre en cause toutes les certitudes.<br \/>\nRien de mieux.<br \/>\nEt rien de pire.<\/p>\n<p>Dans ce bel apr\u00e8s-midi de septembre, le vacarme de la ville semblait un lointain souvenir. La mer se pr\u00e9parait pour le soir en endossant un v\u00eatement d\u2019un bleu plus soutenu, qui \u00e9voquait le papier dans lequel on enveloppait le sucre, et le ciel abritait plusieurs nuages innocents qui permettaient de le distinguer de la masse d\u2019eau \u00e9tendue au-dessous de lui.<\/p>\n<p>Combien septembre ressemblait \u00e0 juin, pensa Ricciardi\u00a0; la diff\u00e9rence se trouve dans les perspectives \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Il existe un moment dans la nuit qui fonctionne comme un diaphragme. Il n\u2019est pas le m\u00eame pour tout le monde, bien s\u00fbr. Il se produit lorsque le territoire de la conscience devient flou, comme lorsqu\u2019on se prom\u00e8ne par une aube d\u2019hiver \u00e0 travers la campagne et que le brouillard dissimule le paysage au milieu des r\u00eaves.<br \/>\n\u00c0 ce moment-l\u00e0, les peurs se frayent un chemin au milieu des d\u00e9cisions et les effritent, pierre par pierre, pour construire les r\u00eaves qui, au matin, s\u2019\u00e9vaporeront en silence.<\/p>\n<p>Je me passerai de toi comme j\u2019ai appris depuis longtemps \u00e0 le faire, quand j\u2019ai d\u00e9couvert que l\u2019homme que tu paraissais \u00eatre n\u2019\u00e9tait qu\u2019un mensonge par\u00e9 du visage que je croyais aimer. Parce que, ce que je ne peux pas te pardonner, c\u2019est d\u2019\u00eatre parti en me laissant le souvenir de ton visage actuel, d\u00e9truisant les images que je gardais de notre jeunesse.<\/p>\n<p>Puis la conscience se recroqueville dans la nuit. Et c\u00e8de le pas aux r\u00eaves confus.<br \/>\nEt aux cauchemars d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Tu ne sais que juger, tu es froide comme le marbre, enterr\u00e9e avant m\u00eame d\u2019\u00eatre morte.<\/p>\n<p>C\u2019est seulement que j\u2019enrage quand je n\u2019arrive pas \u00e0 d\u00e9chiffrer des sentiments, \u00e7a m\u2019emp\u00eache de comprendre ce qui fait se mouvoir les \u00eatres humains.<\/p>\n<p>Les histoires naissent, vieillissent et meurent, comme les \u00eatres humains.<\/p>\n<p>Une possibilit\u00e9 de bonheur, m\u00eame \u00e0 travers la souffrance, vaut beaucoup mieux que la certitude du malheur.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Page sur la s\u00e9rie Les enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi<\/strong> :<strong> (<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3848\">voir article<\/a>)\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Banquier, il remporte en 2005 le prix national Tiro Rapido avec la nouvelle I vivi e i morti (Les vivants et les morts) qui servira de base au L\u2019Hiver du commissaire Ricciardi (Il senso del dolore. 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