{"id":1222,"date":"2014-10-16T10:34:49","date_gmt":"2014-10-16T09:34:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1222"},"modified":"2022-10-04T17:36:06","modified_gmt":"2022-10-04T15:36:06","slug":"sandrine-collette-des-noeuds-dacier-01-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1222","title":{"rendered":"Sandrine Collette \u00abDes n\u0153uds d&rsquo;acier\u00bb (01.2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Sandrine Collette passe un bac litt\u00e9raire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient charg\u00e9e de cours \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Nanterre, travaille \u00e0 mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9cide de composer une fiction et sur les conseils d\u2019une amie, elle adresse son manuscrit aux \u00e9ditions Deno\u00ebl, d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 relancer, apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de silence, la collection \u00ab\u00a0Sueurs froides\u00a0\u00bb, qui publia Boileau-Narcejac et S\u00e9bastien Japrisot. Il s\u2019agit \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1222\"><span style=\"color: #0000ff;\">Des n\u0153uds d\u2019acier\u00a0\u00bb,<\/span>\u00a0<\/a>publi\u00e9 en 2013 et qui obtiendra le grand prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re ainsi que le Prix litt\u00e9raire des lyc\u00e9ens et apprentis de Bourgogne. Le roman raconte l\u2019histoire d\u2019un prisonnier lib\u00e9r\u00e9 qui se retrouve pi\u00e9g\u00e9 et enferm\u00e9 par deux fr\u00e8res pour devenir leur esclave. En 2014, Sandrine Collette publie son second roman\u00a0: \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=391\">Un vent de cendres<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (chez Deno\u00ebl). Le roman commence par un tragique accident de voiture et se poursuit, des ann\u00e9es plus tard, pendant les vendanges en Champagne. Le roman revisite le conte La Belle et la B\u00eate. Pour la revue Lire, \u00ab\u00a0les r\u00e9ussites successives Des n\u0153uds d\u2019acier et d\u2019Un vent de cendres n\u2019\u00e9taient donc pas un coup du hasard\u00a0: Sandrine Collette est bel et bien devenue l\u2019un des grands noms du thriller fran\u00e7ais. Une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans \u00ab\u00a0Six fourmis blanches\u00a0\u00bb(2015). \u00ab\u00a0Il reste la poussi\u00e8re\u00a0\u00bb obtient le Prix Landerneau du polar 2016. En 2017, elle publie \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4816\">Les Larmes noires sur la terre<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb. En 2018 elle sort\u00a0\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6193\">Juste apr\u00e8s la vague\u00a0<\/a><\/span>\u00bb. \u00a0\u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8179\">Animal<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb sort en 2019, suivi de \u00ab\u00a0Et toujours les for\u00eats\u00a0\u00bb (2020), \u00ab\u00a0Ces orages-l\u00e0\u00a0\u00bb (2021), \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17008\">On \u00e9tait des loups<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2022)<\/p>\n<p>Grand prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re 2013<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Avril 2001. Dans la cave d&rsquo;une ferme miteuse, au creux d&rsquo;une vall\u00e9e isol\u00e9e couverte d&rsquo;une for\u00eat dense, un homme est encha\u00een\u00e9. Th\u00e9o, quarante ans, a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par deux fr\u00e8res, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave. Comment a-t-il bascul\u00e9 dans cet univers au bord de la d\u00e9mence ? Il n&rsquo;a pourtant rien d&rsquo;une proie facile : athl\u00e9tique et brutal, Th\u00e9o sortait de prison quand ces vieux fous l&rsquo;ont pi\u00e9g\u00e9 au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d&rsquo;autres. Alors, allong\u00e9 contre les pierres suintantes de la cave, battu, priv\u00e9 d&rsquo;eau et de nourriture, il refuse de croire \u00e0 ce cauchemar. Il a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la prison, il se jure d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 ses ge\u00f4liers.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Deuxi\u00e8me tentative de lire Sandrine Collette. Je ne sais pas si je vais r\u00e9cidiver\u00a0 ; ce n\u2019est pas pour moi.. Ce n\u2019est pas l\u2019auteur qui me d\u00e9range mais le type de r\u00e9cit, le huis-clos de s\u00e9questration\u00a0: \u00e9touffant, malsain, des personnages antipathiques, un monde de violence \u00e0 tous les niveaux. La d\u00e9ch\u00e9ance&#8230; mentale, physique&#8230; Alors oui, je l\u2019ai lu jusqu\u2019au bout.. Mais pour quelle raison\u00a0? Aller au bout de l\u2019horreur, de la perversion, de l\u2019abject pour voir si on peut s\u2019en relever ou pas\u00a0?<\/p>\n<p>Je rel\u00e8ve toutefois un contact tr\u00e8s fusionnel entre la nature et le r\u00e9cit. La \u00ab\u00a0glauquitude\u00a0\u00bb \u00e0 tous les niveaux.. avec un ou deux \u00e9clairs d\u2019humanit\u00e9 devant la beaut\u00e9 de la neige\u2026 J\u2019ai \u00e9galement remarqu\u00e9 que nous vivions dans un monde d\u2019hommes, bien que l\u2019image de la femme soit pr\u00e9sente\u2026 \u00e0 l\u2019origine de tout et \u00e0 tous les niveaux\u00a0: la narratrice, qui commence et finit le r\u00e9cit\u00a0; la femme aim\u00e9e sans qui rien ne serait arriv\u00e9, la s\u0153ur \u2026\u00a0; les rapports entre fr\u00e8res sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des rapports de force et de conflits\u2026<\/p>\n<p>Juste la descente aux enfers d\u2019un (plusieurs) personnes\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019ai bu mon caf\u00e9 \u00e0 petites gorg\u00e9es, heureux qu\u2019il soit trop chaud, heureux de prendre mon temps.<\/p>\n<p>Chaque matin ma t\u00eate s\u2019\u00e9veille vide et blanche, comme s\u2019il n\u2019y avait plus rien en moi. Jamais le lien entre le corps et l\u2019esprit ne m\u2019\u00e9tait apparu avec autant de force, jamais je n\u2019aurais cru qu\u2019il suffisait d\u2019an\u00e9antir le premier pour que le second s\u2019\u00e9teigne lui aussi<\/p>\n<p>La terre m\u2019attire d\u2019une fa\u00e7on ind\u00e9finissable, peut-\u00eatre parce que c\u2019est la seule certitude que j\u2019aie\u00a0: qu\u2019un jour, j\u2019y retournerai<\/p>\n<p>Je ne suis pas s\u00fbr que ce soit \u00e7a, survivre. Ou au contraire, c\u2019est l\u00e0 que le mot prend tout son sens. Juste un petit peu plus que vivre, et encore, je ne sais pas de quoi est fait ce petit peu<\/p>\n<p>Parfois moi-m\u00eame, quand la fatigue ne m\u2019accable pas trop, je me d\u00e9lecte de certaines de leurs histoires sordides. J\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de lutter contre ma propre d\u00e9ch\u00e9ance. Et oubli\u00e9 la moindre id\u00e9e de r\u00e9volte.<\/p>\n<p>Je ne sais pas si moi aussi je verrai ma vie sous forme d\u2019un long cheminement quand je serai mort. Et je ne sais pas si je croirai un dieu quand il me dira qu\u2019il m\u2019a port\u00e9 tout ce temps de la fin de ma vie<\/p>\n<p>Je ne suis plus qu\u2019un reste d\u2019humanit\u00e9. Une entit\u00e9 qui ne pense qu\u2019\u00e0 manger, boire et dormir, \u00e0 \u00e9viter les coups, et \u00e0 se relever le lendemain. Les vieux avaient raison. Je ne vaux pas beaucoup plus qu\u2019un chien. Je ne suis m\u00eame pas affectueux. Je suis de la race de ces b\u00eates galeuses qu\u2019on attache au bout d\u2019une cha\u00eene et que personne ne veut plus caresser<\/p>\n<p>Toute parole est illusoire et dangereuse\u00a0; nous ne voulons pas rouvrir le dialogue<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9clair qui illumine une fraction de seconde la for\u00eat autour de moi me ram\u00e8ne brusquement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Les silhouettes des arbres, affol\u00e9es par le vent, se tendent vers moi pour m\u2019agripper. Le vent brame dans les arbres\u00a0; on dirait une b\u00eate mourante.<\/p>\n<p>on, c\u2019\u00e9tait elle\u00a0: la vie) ne nous pr\u00e9sente pas plus que ce que nous pouvons porter. Que si c\u2019est dur, c\u2019est que nous sommes forts. Mais je n\u2019y crois plus.<\/p>\n<p>Parfois sur son banc, il me fait penser \u00e0 une poup\u00e9e ou \u00e0 une peluche qu\u2019on aurait pos\u00e9e l\u00e0 et que personne ne serait revenu chercher. Oui, un petit ours sur un banc trop grand pour lui, \u00e9tonn\u00e9 d\u2019\u00eatre toujours solitaire. Un petit ours attendant que quelqu\u2019un passe et le prenne dans ses bras, le regard droit, courageux et perdu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Sandrine Collette passe un bac litt\u00e9raire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. 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