{"id":12348,"date":"2020-12-10T12:58:44","date_gmt":"2020-12-10T10:58:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12348"},"modified":"2020-12-10T13:02:11","modified_gmt":"2020-12-10T11:02:11","slug":"indridason-arnaldur-les-fils-de-la-poussiere-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12348","title":{"rendered":"Indri\u00f0ason, Arnaldur \u00abLes fils de la poussi\u00e8re\u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Arnaldur Indridason est n\u00e9 \u00e0 Reykjav\u00edk le 28 janvier 1961. Dipl\u00f4m\u00e9 en histoire, il est d\u2019abord journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, avant de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Ses nombreux romans, traduits dans quarante langues, ont fait de lui un des \u00e9crivains de polar les plus connus en Islande et dans le monde, avec douze millions de lecteurs. Il a re\u00e7u le prix Clef de verre \u00e0 deux reprises, en 2002 pour La Cit\u00e9 des jarres, et en 2003 pour La Femme en vert (\u00e9galement couronn\u00e9 par le Gold Dagger Award et le Prix des lectrices de Elle), le Prix du Polar europ\u00e9en Le Point en 2008 pour L\u2019Homme du lac, le prix d\u2019honneur du festival les Bor\u00e9ales en 2011, et le prix espagnol rba du roman noir en 2013 pour Passage des Ombres (troisi\u00e8me tome de la Trilogie des Ombres, \u00e0 para\u00eetre en 2018).<\/p>\n<p>Douze de ses romans mettent en sc\u00e8ne le personnage d\u2019Erlendur Sveinsson, inspecteur de la police de Reykjav\u00edk. Plusieurs autres sont consacr\u00e9s \u00e0 des \u00e9nigmes historiques ou des affaires d\u2019espionnage. Dans la fascinante Trilogie des Ombres, il met en sc\u00e8ne un nouveau couple d\u2019enqu\u00eateurs, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la \u00ab\u00a0Situation\u00a0\u00bb, l\u2019occupation am\u00e9ricano-britannique de l\u2019Islande \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale. (Portrait par Sabrina Champenois, LIBERATION \u2013 juillet 2010)<\/p>\n<p>(M\u00e9taill\u00e9 noir \u2013 4.10.2018 \u2013 303 pages &#8211; Point poche 03.10. 2019 &#8211; 358 pages)<\/p>\n<p>Voir Page sur la s\u00e9rie\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1556\">Indri\u00f0ason, Arnaldur : S\u00e9rie \u00ab\u00a0Erlendur Sveinsson\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<p>Premier tome de la s\u00e9rie mais qui a \u00e9t\u00e9 traduit bien apr\u00e8s les autres<em>\u00a0(Synir duftsins<\/em>\u00a0\u2013 1997) \u2013 traduction fran\u00e7aise 2018 \u2013 Je recommande toutefois de commencer par les tomes 3-4-5 et de lire celui-ci apr\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Paru en 1997, Les Fils de la poussi\u00e8re, premier roman d\u2019Arnaldur Indridason, ouvre magistralement la voie au polar islandais. Daniel, quadrag\u00e9naire intern\u00e9 dans un h\u00f4pital psychiatrique de Reykjav\u00edk, se jette par la fen\u00eatre sous les yeux de son fr\u00e8re Palmi. Au m\u00eame moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme \u00e9l\u00e8ve dans les ann\u00e9es 6o, meurt dans l\u2019incendie de sa maison. L\u2019enqu\u00eate est men\u00e9e parall\u00e8lement par le fr\u00e8re de Daniel, libraire d\u2019occasion, un tendre rong\u00e9 par la culpabilit\u00e9, et par une \u00e9quipe de policiers parmi lesquels appara\u00eet un certain Erlendur, aux c\u00f4t\u00e9s du premier de la classe Sigurdur Oli et d\u2019Elinborg.<br \/>\nPeu \u00e0 peu, ils d\u00e9couvrent une triste histoire d\u2019essais pharmaceutiques et g\u00e9n\u00e9tiques men\u00e9s sur une classe de cancres des bas quartiers, des gamins avec qui on peut tout se permettre. Sens de la justice, personnages attachants, suspense glac\u00e9 : d\u00e8s ce premier thriller, on trouve tous les \u00e9l\u00e9ments qui vont faire le succ\u00e8s international qu\u2019on conna\u00eet \u2014 et le g\u00e9nial Erlendur, bien s\u00fbr, tourment\u00e9, maussade, sombre comme un ciel islandais !<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Comme annonc\u00e9 dans la petite introduction, ce livre est le premier livre que l\u2019auteur a \u00e9crit qui met en sc\u00e8ne Erlendur et Sigurdur Oli, mais qui a \u00e9t\u00e9 traduit bien apr\u00e8s les autres<em>\u00a0(Synir duftsins<\/em>\u00a0\u2013 1997) \u2013 traduction fran\u00e7aise 2018 \u2013En effet ce n\u2019est m\u00eame pas les premiers pas d\u2019Erlendur dans la police, il a d\u00e9j\u00e0 50 ans mais c\u2019est juste la naissance du personnage et il est moins abouti que les autres. Alors je recommande de commencer par les tomes 3-4-5 et de lire celui-ci apr\u00e8s, une fois que vous serez accro \u00e0 ce personnage car il serait dommage d\u2019\u00eatre un peu d\u00e9\u00e7u et de passer \u00e0 cot\u00e9 des autres. On devine les contours d\u2019Erlendur et une \u00e9bauche de son caract\u00e8re mais pas suffisamment encore pour s\u2019y attacher.<br \/>\nTout commence par deux d\u00e9c\u00e8s\u00a0: un vieil enseignant et un quarantenaire enferm\u00e9 depuis des ann\u00e9es dans un h\u00f4pital psychiatrique. L\u2019enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8lera que les deux se connaissaient, l\u2019un ayant \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9l\u00e8ve de l\u2019autre.<br \/>\nUne enqu\u00eate qui est une plong\u00e9e dans le contexte social de l\u2019Islande d\u2019il y a 50 ans\u00a0et dans le monde peu scrupuleux de certaines industries pharmaceutiques, dans l\u2019univers des pervers sexuels, de la discrimination sociale, de la manipulation, de ceux qui naissent et passent leur enfance dans des quartiers mal fam\u00e9s, habitent dans des logements sociaux\u00a0:<br \/>\nC\u2019est aussi un livre sur le remords, la culpabilit\u00e9, l\u2019amiti\u00e9, la vengeance\u2026<br \/>\nUne bonne intrigue mais en ayant lu les autres, on sent bien que c\u2019est un premier roman, en dessous des coups de c\u0153ur pour les suivants\u2026 Mais que les accro d\u2019Erlendur comme moi seront quand m\u00eame contents d\u2019avoir lu\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le Danni que j\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9 pendant toutes ces ann\u00e9es \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 une cr\u00e9ation chimique, un individu castr\u00e9 par l\u2019industrie pharmaceutique. Je crains de n\u2019avoir jamais connu sa vraie personnalit\u00e9 malgr\u00e9 tout le temps que j\u2019ai pass\u00e9 avec lui. C\u2019est affreusement douloureux. Parfois, j\u2019avais l\u2019impression de l\u2019entrevoir derri\u00e8re ce brouillard m\u00e9dicamenteux, j\u2019avais l\u2019impression qu\u2019il m\u2019apparaissait tel qu\u2019il \u00e9tait vraiment, mais peut-\u00eatre que c\u2019\u00e9tait seulement le fruit de mon imagination.<\/p>\n<p>il vieillissait et se fl\u00e9trissait peu \u00e0 peu comme les feuillages d\u2019une for\u00eat en automne.<\/p>\n<p>On parle rarement du harc\u00e8lement subi par les enseignants. On se focalise plus sur celui que subissent certains \u00e9l\u00e8ves, ce qui est une exp\u00e9rience terrifiante. Mais il arrive aussi que des enseignants y soient confront\u00e9s. Aucune \u00e9tude n\u2019a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en Islande, mais en Norv\u00e8ge on affirme que dix pour cent des professeurs subissent du harc\u00e8lement.<\/p>\n<p>J\u2019ai essay\u00e9 d\u2019oublier qu\u2019il existait. J\u2019ai refus\u00e9 de me confronter \u00e0 lui, \u00e0 sa maladie et \u00e0 ce qu\u2019il m\u2019a fait subir pendant mon enfance. Je l\u2019ai exclu de ma vie. C\u2019\u00e9tait plus facile que l\u2019affronter, m\u2019occuper vraiment de lui et me comporter en homme plut\u00f4t que comme un pauvre type.<\/p>\n<p>Doit-on passer son temps \u00e0 se lamenter et \u00e0 regretter ce qu\u2019on n\u2019a pas eu ou ne peut plus avoir, ou bien vaut-il mieux aller de l\u2019avant ? Si je devais regretter tout ce que j\u2019ai fait ou ce que je n\u2019ai pas fait dans ma vie, je deviendrais folle.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, le monde \u00e9tait plus simple. La photo de classe avait un sens. C\u2019\u00e9tait un souvenir qu\u2019on pouvait conserver. Aujourd\u2019hui, plus personne ne veut rien conserver. Et quand on garde trop longtemps un objet, il devient ridicule. Il faut qu\u2019on puisse s\u2019en servir, s\u2019en lasser, le jeter pour en acheter aussit\u00f4t un autre plus r\u00e9cent et plus utile, l\u2019objet lui-m\u00eame n\u2019a aucune valeur. Avant, la photo de classe constituait un \u00e9v\u00e9nement dans la vie des \u00e9l\u00e8ves. Aujourd\u2019hui, on dirait qu\u2019ils s\u2019en fichent. \u00c7a leur enl\u00e8ve du temps \u00e0 passer devant leurs ordinateurs.<\/p>\n<p>Le quartier est compl\u00e8tement mort aujourd\u2019hui par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9poque. \u00c7a m\u2019arrive de m\u2019y balader et je ne croise jamais aucun gamin. Avant il grouillait de vie, il y avait des dizaines de m\u00f4mes dans les rues et, dans mon souvenir, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019ils \u00e9taient des centaines.<\/p>\n<p>ous les coups \u00e9taient permis et les armes, fabriqu\u00e9es avec des d\u00e9chets trouv\u00e9s sur les chantiers, \u00e9taient parfois tr\u00e8s dangereuses. Ils se servaient de tuyaux en plastique pour confectionner leurs arcs et taillaient des morceaux de bois pour faire des fl\u00e8ches. Leurs \u00e9p\u00e9es, leurs boucliers et leurs lances \u00e9taient des chefs-d\u2019\u0153uvre d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0\u00a0l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait ni psychologues, ni assistantes sociales, ni enseignants sp\u00e9cialis\u00e9s, ni conseillers d\u2019orientation. Les classes de cancres permettaient de r\u00e9aliser des \u00e9conomies. Le pire, c\u2019est que le param\u00e8tre le plus d\u00e9terminant pour la direction de l\u2019\u00e9cole quand elle proc\u00e9dait aux affectations n\u2019avait rien \u00e0 voir avec les capacit\u00e9s des \u00e9l\u00e8ves, mais avec leur origine sociale. J\u2019en suis certaine. Tout le monde disait que l\u2019Islande \u00e9tait une soci\u00e9t\u00e9 sans classes, mais la s\u00e9gr\u00e9gation sociale se manifestait tr\u00e8s clairement dans le syst\u00e8me des groupes de niveau.<\/p>\n<p>Je passe mon temps \u00e0 dire \u00e0 tout le monde ici que l\u2019industrie pharmaceutique fabrique des malades comme moi, mais personne ne m\u2019\u00e9coute parce que je suis fou.<\/p>\n<p>J\u2019avais lu quelque part que, pour les Grecs, le hasard pr\u00e9side beaucoup aux destin\u00e9es humaines.<\/p>\n<p>Il avait presque oubli\u00e9 cette histoire qu\u2019Erlendur remettait sur le tapis. C\u2019\u00e9tait lui tout crach\u00e9, jamais Erlendur ne renon\u00e7ait tant qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9lucid\u00e9 une affaire et d\u00e9couvert la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Arnaldur Indridason est n\u00e9 \u00e0 Reykjav\u00edk le 28 janvier 1961. Dipl\u00f4m\u00e9 en histoire, il est d\u2019abord journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, avant de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture. 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