{"id":12371,"date":"2020-12-14T17:48:18","date_gmt":"2020-12-14T15:48:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12371"},"modified":"2023-08-23T10:10:30","modified_gmt":"2023-08-23T08:10:30","slug":"fergus-jim-les-amazones-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12371","title":{"rendered":"Fergus, Jim \u00abLes Amazones\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Jim Fergus est n\u00e9 \u00e0 Chicago en 1950 d\u2019une m\u00e8re fran\u00e7aise et d\u2019un p\u00e8re am\u00e9ricain. Il vit dans le Colorado. Journaliste r\u00e9put\u00e9, il \u00e9crit des articles sur la gastronomie, la chasse, la p\u00eache et la nature dans les magazines Newsweek, The Paris Review, Esquire Sportmen, Outdoor Life, etc. Il est l\u2019auteur de deux ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 ses souvenirs, Espaces sauvages (2011) et Mon Am\u00e9rique (2013), qui a re\u00e7u en 2013 le prix Fran\u00e7ois Sommer, prix litt\u00e9raire de la fondation du m\u00eame nom r\u00e9compensant des ouvrages portant les valeurs de l\u2019\u00e9cologie humaniste.<br \/>\nSon premier roman \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10521\">Mille femmes blanches<\/a>\u00a0\u00bb (2000), salu\u00e9 par l\u2019ensemble de la critique am\u00e9ricaine et dont les droits ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s par Hollywood, s\u2019est vendu \u00e0 plus de 400 000 exemplaires en France. Apr\u00e8s La Fille sauvage (2004), Jim Fergus a publi\u00e9 Marie-Blanche (2011), Chrysis (2013, repris chez Pocket sous le titre Souvenir de l\u2019amour), Mon Am\u00e9rique (2013) \u2013\u00a0La\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10552\">Vengeance des m\u00e8res<\/a>\u00a0(2016) et <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12371\">Les Amazones<\/a>(2019) \u00a0(\u00a0<em>la suite de Mille femmes blanches<\/em>) .<br \/>\nTous ces ouvrages ont paru au Cherche Midi \u00e9diteur et sont repris chez Pocket.<\/p>\n<p>Le Cherche-Midi \u2013 19.09.2019 \u2013 396 pages \u2013 Pocket \u2013 3.09.2020 \u2013 477 pages Jean-Luc Piningre (Traducteur)<\/p>\n<p><strong>S\u00e9rie<\/strong>\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10521\">Mille femmes blanches<\/a>\u00a0(Les carnets de May Dodd) \u2013\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10552\">La Vengeance des m\u00e8res<\/a>\u00a0(Les journaux de Margaret Kelly et de Molly McGill) \u2013 <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12371\">Les Amazones<\/a> (Les journaux perdus de May Dodd et de Molly McGill, \u00e9dit\u00e9s et annot\u00e9s par Molly Standing Bear) &#8211; May et Chance<\/p>\n<p><strong>Tome 3\u00a0: Les Amazones <\/strong>\u00a0(Les journaux perdus de May Dodd et de Molly McGill, \u00e9dit\u00e9s et annot\u00e9s par Molly Standing Bear)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: 1875. Un chef cheyenne propose au pr\u00e9sident Grant d&rsquo;\u00e9changer mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier \u00e0 ses guerriers. Celles-ci, \u00ab\u00a0recrut\u00e9es\u00a0\u00bb de force dans les p\u00e9nitenciers et les asiles du pays, int\u00e8grent peu \u00e0 peule mode de vie des Indiens, au moment o\u00f9 commencent les grands massacres des tribus. 1876. Apr\u00e8s la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes d\u00e9cident de prendre les armes contre cette pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire.<br \/>\nCette tribu fant\u00f4me de femmes rebelles va bient\u00f4t passer dans la clandestinit\u00e9 pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<br \/>\nElles \u00e9taient Mille Femmes Blanches, troqu\u00e9es jadis par le chef Little Wolf contre autant de chevaux. Apr\u00e8s la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes d\u00e9cident de prendre les armes contre l&rsquo;Etat am\u00e9ricain, accapareur de terres et massacreur d&rsquo;une culture s\u00e9culaire. Cette tribu fant\u00f4me d&rsquo;amazones, guerri\u00e8res indomptables, insoumises et rebelles, va passer dans la clandestinit\u00e9 pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration&#8230;<br \/>\nDans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus m\u00eale avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face \u00e0 l&rsquo;oppression, depuis la fin du XIXe si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu&rsquo;inoubliables.<\/p>\n<p>Mon avis\u00a0:<br \/>\nTroisi\u00e8me tome d\u2019une fresque passionnante qui m\u2019a tenue en haleine jusqu\u2019au bout, m\u00eame si je dis avouer que ce dernier tome m\u2019a un peu moins emball\u00e9e que les pr\u00e9c\u00e9dents. Mais cette \u00e9pop\u00e9e western en territoire indien est une merveille. C\u2019est aussi un magnifique hommage aux femmes fortes qui se battent pour que leur communaut\u00e9 survive, pour que les valeurs indiennes continuent d\u2019exister.<br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 triste de ne pas retrouver mes deux jumelles rouquines qui mettaient tellement de piquant \u00e0 l\u2019existence\u00a0! Avons-nous affaire \u00e0 des fant\u00f4mes, des femmes revenues d\u2019entre les morts\u00a0? Les disparues des tomes pr\u00e9c\u00e9dents font leur r\u00e9apparition. Et j\u2019ai bien aim\u00e9 comme les fois pr\u00e9c\u00e9dentes, la partie historique, traditions, superstitions, coutumes. Et l\u2019abominable \u00a0S\u00e9minole est toujours de la partie\u00a0! J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 l\u2019immersion dans la nature, les passages sur les animaux, les chevaux, et la pens\u00e9e indienne, cette religion animiste qui confond la personne et l\u2019animal, et le fait devenir loup, puma, faucon\u2026 et honore les anciens, les disparus, la famille \u00a0\u00a0\u00a0Et j\u2019ai ador\u00e9 le personnage de Chance, le Comanche qui rejoint la petite troupe par amour et est si attachant\u00a0!<br \/>\nCette troisi\u00e8me partie est de fait le lien entre la fin du XIX\u00e8me et le XXI\u00e8me si\u00e8cle, et permet de mettre en avant la situation actuelle\u00a0des Indiens d\u2019Am\u00e9rique et des femmes en particulier : les Am\u00e9rindiennes sont deux fois plus victimes de viol que le reste de la population, que 84\u00a0%\u00a0: le nombre de femmes indig\u00e8nes qui ont subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques au cours de leur vie, que la proportion\u00a0 de femmes disparues est nettement plus importante aussi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Extraits\u00a0:<\/p>\n<p>Voil\u00e0 bien un type de pens\u00e9e lin\u00e9aire, si repr\u00e9sentatif de l\u2019homme blanc. Il vous faut une ligne droite, du d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin. Alors que, dans notre culture, le monde est une courbe, avec des ellipses. Selon la tradition, les r\u00e9cits s\u2019y entrecroisent, avec leurs morts et leurs naissances, et s\u2019impr\u00e8gnent les uns des autres sans forc\u00e9ment aboutir. Ils se poursuivent ind\u00e9finiment, de fa\u00e7on ambigu\u00eb parfois. Si vous aviez jamais \u00e9cout\u00e9 un vrai conteur cheyenne, ou ceux des steppes caucasiennes, dont nous descendons, vous le sauriez. Pour la plupart des Blancs, leurs histoires n\u2019ont pas beaucoup de sens, elles offrent trop d\u2019interpr\u00e9tations. Sans doute n\u2019ont-elles pas r\u00e9ellement de d\u00e9but ou de fin, mais notre peuple les comprend sans probl\u00e8me.<\/p>\n<p>la haine \u00e9tait tellement lourde \u00e0 porter pendant tout ce temps que \u00e7a nous a \u00e9puis\u00e9es. Nous avons cru que la vengeance rendrait le fardeau moins \u00e9crasant, mais on s\u2019est mis le doigt dans l\u2019\u0153il jusqu\u2019au coude.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais morte pour tous ceux qui m\u2019avaient connue, et maintenant pour moi-m\u00eame. Morte et pleine d\u2019amertume.<\/p>\n<p>je suis arriv\u00e9e \u00e0 la conclusion que personne ne r\u00e9sistera \u00e0 l\u2019implacable invasion de la race blanche et aux moyens qu\u2019elle met en \u0153uvre pour supprimer ce qui se dresse sur son chemin. Rien, aucune des maigres possessions de ce vieux peuple indig\u00e8ne, et encore moins le portrait que nous avons pu en faire.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0N\u2019est-il pas malhonn\u00eate de se faire passer pour quelqu\u2019un d\u2019autre\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Nous ne nous faisons passer pour personne. Nous laissons les gens croire ce qu\u2019ils veulent.<\/p>\n<p>Une meute de loups qui hurlait au loin m\u2019a r\u00e9veill\u00e9e avant l\u2019aube. Ils jappaient, g\u00e9missaient\u2026 ce chant lugubre qui vous glace le sang, comme imprim\u00e9 en nous depuis des temps ancestraux.<\/p>\n<p>Cela semble appartenir \u00e0 une existence r\u00e9volue. Nos vies sont si souvent et si vite boulevers\u00e9es, rien ne retrouve son cours originel, tout se transforme en autre chose et, malgr\u00e9 nos efforts, nous n\u2019avons gu\u00e8re de prise sur le r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles collectives des peuples nomades ne laissent gu\u00e8re d\u2019intimit\u00e9 aux individus et aux couples<\/p>\n<p>La mort nous suit ici pas \u00e0 pas, les jeunes comme les vieux, aussi in\u00e9vitable que nos propres ombres\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai lu tout ce qui m\u2019est tomb\u00e9 sous la main, peu de choses, en fait, dans un pensionnat catholique, le plus accessible \u00e9tant \u00e9videmment la bible. Dans les deux testaments, j\u2019ai appris le sens de bien des termes\u00a0: fratricide, matricide, parricide, infanticide, g\u00e9nocide, \u00e9puration ethnique, esclavage, soumission sexuelle\u2026 \u00c0 peu pr\u00e8s tout ce qu\u2019on a besoin de savoir sur le mal, la violence, l\u2019avilissement. Malgr\u00e9 cela, certaines parties sont enrichissantes, et j\u2019ai tent\u00e9 d\u2019y trouver le r\u00e9confort.<\/p>\n<p>J\u2019ai recommenc\u00e9 \u00e0 lire, \u00e0 me r\u00e9fugier dans les livres, les r\u00e9cits, les vies des autres. Ce qui m\u2019a permis de sauver la mienne et de me rendre compte que j\u2019avais le don de changer de forme, une facult\u00e9 qui dormait en moi depuis longtemps. J\u2019ai appris \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer ces histoires, \u00e0 incarner leurs personnages, \u00e0 m\u2019habiller de leur peau. Comme un hologramme, pourrait-on dire. Je ne saurais tout \u00e0 fait expliquer comment je fais, j\u2019y arrive, c\u2019est tout\u2026<\/p>\n<p>Il faut affronter le danger, tant pis si au fond de soi on tremble de trouille. Quand on ne d\u00e9fend pas son territoire, personne ne le fera \u00e0 notre place. J\u2019ai appris \u00e0 refuser d\u2019\u00eatre une victime, m\u00eame si j\u2019en \u00e9tais d\u00e9j\u00e0 une et que cela durerait encore un certain temps\u2026<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un de ces aveux francs et brutaux qui surgissent au c\u0153ur de la nuit, un abr\u00e9g\u00e9 des peurs et des pens\u00e9es qui nous assi\u00e8gent dans nos r\u00eaves, nous tirent du sommeil et nous gardent \u00e9veill\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aube. Apr\u00e8s quoi, le jour donne g\u00e9n\u00e9ralement meilleur aspect aux choses, l\u2019espoir rena\u00eet, nos terreurs nocturnes semblent exag\u00e9r\u00e9es et nous reprenons nos activit\u00e9s.<\/p>\n<p>l\u2019explorateur Coronado aurait introduit en Am\u00e9rique le fameux cheval barbe, originaire des d\u00e9serts d\u2019Afrique du Nord, un crois\u00e9 de plusieurs races, notamment arabe et espagnole. C\u2019est un animal petit, r\u00e2bl\u00e9, qui s\u2019est bien acclimat\u00e9 aux prairies s\u00e8ches du Sud-Ouest. Quand les Indiens pueblos se sont r\u00e9volt\u00e9s au XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les Espagnols ont fui un temps le Nouveau-Mexique en laissant derri\u00e8re eux un vaste cheptel de ces chevaux. Ils sont devenus une pr\u00e9cieuse monnaie d\u2019\u00e9change entre les Pueblos et les tribus kiowa, apache, comanche, arapaho et cheyenne du Sud. Un grand nombre est cependant revenu \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage et s\u2019est dispers\u00e9 dans les plaines.<\/p>\n<p>Nous formions une jolie troupe\u00a0: May et Chance, Feather on Head, Hawk et moi, Phemie et Black Man, Ann Hall et sa ch\u00e9rie Bridge Girl, Hannah et Little Beaver, Lulu et Squirrel, Astrid et Christian, Maria et Rock, mais aussi Gertie, Martha, Grass Girl, et la patronne des C\u0153urs vaillants, Pretty Nose.<\/p>\n<p>Les Shoshones, nous apprend Young Wolf, commercent \u00e9galement avec les tribus des plaines du Nord \u2013\u00a0Arapahos, Blackfeet, Cheyennes, Sioux, Nez-Perc\u00e9s, Pawnees\u00a0\u2013 et descendent parfois \u00e0 la rencontre de celles du Sud \u2013\u00a0Comanches, Apaches, Navajos, Pueblos, Hopis et Zu\u00f1is.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois ce que je vois\u00a0\u00bb, c\u2019est la religion des Blancs. Maintenant, je me suis r\u00e9habitu\u00e9e \u00e0 penser comme les Indiens et je sais qu\u2019on n\u2019a pas besoin de tout voir pour y croire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Jim Fergus est n\u00e9 \u00e0 Chicago en 1950 d\u2019une m\u00e8re fran\u00e7aise et d\u2019un p\u00e8re am\u00e9ricain. Il vit dans le Colorado. 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