{"id":12382,"date":"2020-12-15T17:08:32","date_gmt":"2020-12-15T15:08:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12382"},"modified":"2020-12-15T17:08:32","modified_gmt":"2020-12-15T15:08:32","slug":"kawamura-genki-et-si-les-chats-disparaissaient-du-monde-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=12382","title":{"rendered":"Kawamura, Genki \u00abEt si les chats disparaissaient du monde&#8230;\u00bb (2018)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Genki Kawamura est l\u2019auteur de plusieurs textes de fiction, d\u2019essais et d\u2019interviews, qui ont tous \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s par la critique comme par le public. Il est aussi r\u00e9alisateur de films, notamment Confessions (2010), Wolf Children (2012), Parasite (2014) et The Boy and the Beast (2015). Et si les chats disparaissaient du monde (paru chez Fleuve \u00c9ditions en 2017 sous le titre Deux milliards de battements de coeur) a \u00e9t\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e8s sa parution. Il s\u2019est vendu \u00e0 1,3 million d\u2019exemplaires au Japon et est en cours de traduction dans plusieurs pays. Il a \u00e9galement fait l\u2019objet d\u2019une adaptation cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p>Pocket 08.11.2018 \u2013 166 pages &#8211; Diane Durocher (Traducteur) &#8211; paru aussi sous le titre \u00ab\u00a0Deux milliards de battements de c\u0153ur\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: De quoi avons-nous r\u00e9ellement besoin pour vivre ? \u00a0\u00bb Il para\u00eet que la dur\u00e9e de vie des mammif\u00e8res est invariablement de deux milliards de battements de coeur, qu&rsquo;ils soient tr\u00e8s lents ou tr\u00e8s rapides. Pour les \u00e9l\u00e9phants, cela correspond \u00e0 cinquante ans. Les chevaux, vingt. Les chats, dix. Les souris, deux. Pour les humains, le compte est bon aux alentours de soixante-dix ann\u00e9es. \u00a0\u00bb Trente ans.<br \/>\nC&rsquo;est l&rsquo;\u00e2ge du narrateur de cette histoire. Et son m\u00e9decin est formel : il est atteint d&rsquo;une maladie incurable, il ne lui reste plus que quelques semaines \u00e0 vivre. D&rsquo;\u00e9motion, il perd connaissance de retour chez lui. Au r\u00e9veil, deux visages sont pench\u00e9s au-dessus de sa t\u00eate : celui de son chat et celui de son sosie&#8230; version extravertie ! Cet homme haut en couleur est le Diable en personne. Et il lui propose un march\u00e9 : chaque jour, supprimer quelque chose du monde r\u00e9el pour gagner vingt-quatre heures de vie suppl\u00e9mentaires. Il accepte.<br \/>\nQuelques journ\u00e9es extraordinaires passent, o\u00f9, confront\u00e9 \u00e0 des choix difficiles et \u00e0 leurs cons\u00e9quences pour ceux qu&rsquo;il aime, il apprend \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer son existence, son histoire, sa place dans le monde. Et puis, au cinqui\u00e8me jour, le Diable lui propose de supprimer les chats. La vie du narrateur va alors basculer une deuxi\u00e8me fois&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Alors bien sympa, pass\u00e9 un bon moment mais un peu (beaucoup) rest\u00e9e sur ma faim. \u00a0La r\u00e9flexion sur les choses utiles et inutiles, sur l\u2019importance de certaines choses dans notre vie, la place que des \u00e9l\u00e9ments qui sont tout sauf fondamentaux ont pris jusqu\u2019\u00e0 devenir essentiels, l\u2019importance des rapports humains, l\u2019\u00e9go\u00efsme m\u00e9ritent qu\u2019on relativise et qu\u2019on rende leur juste place aux choses. C\u2019est surtout une r\u00e9flexion sur nos choix de vie, sur nos regrets et le regard sur notre vie pass\u00e9e, une analyse des bons moments, du deuil, sur le temps qui est pass\u00e9, qui passe et qui nous es imparti, c\u2019est une prise de conscience sur l\u2019importance des objets et des choses.<br \/>\nMais malheureusement il a manqu\u00e9 un petit quelque chose, une \u00e9motion pas assez palpable peut-\u00eatre. Mais un joli moment de lecture qui gen\u00e8re des sourires, des interrogations, et quand m\u00eame une petite touche d\u2019\u00e9motion\u2026 \u00a0Alors ? le chat ? disparaitra ? disparaitra pas ? je vous laisse le d\u00e9couvrir. Joli moment mais l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ception quand m\u00eame.<br \/>\n(<em>Petite r\u00e9flexion marketing : sous le titre Deux milliards de battements de c\u0153ur jamais je n\u2019aurais achet\u00e9 le livre<\/em>)<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Un objet rond et dense, noir et blanc, se trouvait juste sous mes yeux. L\u2019objet faisait \u00ab\u00a0Miaou\u00a0\u00bb. J\u2019ai effectu\u00e9 la mise au point. C\u2019\u00e9tait un chat.<br \/>\n<em>Mon<\/em> chat, d\u2019ailleurs, qui vit avec moi depuis maintenant quatre ans.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait terrible. J\u2019ai compuls\u00e9 la liste de mes contacts. Les noms d\u00e9filaient \u00e0 toute allure sur l\u2019\u00e9cran de mon portable. Aucun ne m\u2019inspirait\u00a0; finalement, ils n\u2019\u00e9taient rien de plus, pour moi, que des num\u00e9ros. D\u2019innombrables personnes avec lesquelles j\u2019avais<em> l\u2019impression<\/em> d\u2019avoir un lien, mais ce lien s\u2019\u00e9vaporait aussit\u00f4t que j\u2019y pensais.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais sur le point de mourir, et je n\u2019avais personne \u00e0 appeler. Je vivais dans un r\u00e9seau de liens sociaux tiss\u00e9 d\u2019apparences.<\/p>\n<p>En vingt ans d\u2019existence, les portables avaient r\u00e9ussi \u00e0 asseoir leur domination sur nous. Alors qu\u2019ils ne manquaient \u00e0 personne avant leur invention, d\u00e9sormais, on ne pouvait plus s\u2019en passer. En cr\u00e9ant les t\u00e9l\u00e9phones portables, les humains avaient cr\u00e9\u00e9 par la m\u00eame occasion le manque et l\u2019angoisse de ne pas l\u2019avoir en permanence sous la main.<\/p>\n<p>Et aussi, tu avais beau parler des heures et des heures au t\u00e9l\u00e9phone, lorsqu\u2019on se rencontrait, tu ne faisais jamais l\u2019effort d\u2019aligner trois phrases.<\/p>\n<p>En \u00e9change de pouvoir joindre son interlocuteur \u00e0 tout moment, le t\u00e9l\u00e9phone nous avait d\u00e9rob\u00e9 le temps de r\u00eaver, d\u2019imaginer l\u2019autre.<\/p>\n<p>J\u2019ai plong\u00e9 la main dans ma poche, \u00e0 la recherche de mon portable.<br \/>\nAh mais non. Suis-je b\u00eate.<br \/>\nQuelle frustration\u2026 Je voulais lui annoncer sur-le-champ ma trouvaille. J\u2019ai recul\u00e9 pour mieux observer le cin\u00e9ma.<br \/>\nJ\u2019ai alors compris que cette sensation \u00e9tait exactement la m\u00eame que lorsque, \u00e9tudiant, j\u2019attendais ses coups de fil. C\u2019est \u00e7a, penser \u00e0 l\u2019autre\u00a0: c\u2019est ce sentiment de ne pas pouvoir communiquer avec lui dans l\u2019instant.<\/p>\n<p>Les plus amers regrets sont ceux d\u2019un futur que l\u2019on ne conna\u00eetra jamais. Les regrets ne s\u2019appliquent pas qu\u2019au pass\u00e9\u2026 Dans ma t\u00eate, \u00e0 chaque instant, j\u2019entendais cette triste litanie\u00a0:<em> Si seulement je vivais\u00a0! Je ferais ceci, cela\u2026<\/em> On se rend compte \u00e0 quel point toutes ces aspirations sont illusoires, contingentes. Qu\u2019elles se r\u00e9alisent ou non, qu\u2019elles aient exist\u00e9 ou pas, c\u2019est sans importance.<\/p>\n<p>Finalement, plus les choses \u00e9taient \u00ab\u00a0inutiles\u00a0\u00bb, plus il me semblait qu\u2019on en avait \u00ab\u00a0besoin\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s tout, pour cr\u00e9er un \u00eatre humain, il suffit d\u2019assembler une multitude de composants futiles. Moi, par exemple\u00a0: je suis fa\u00e7onn\u00e9 par les centaines de films que j\u2019ai vus. Ils impr\u00e8gnent ma m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Certains disent que les chats ne pensent qu\u2019\u00e0 dormir, c\u2019est faux\u00a0: en quatre ans, je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 faire une seule grasse matin\u00e9e \u00e0 cause de lui.<\/p>\n<p>On n\u2019<em>a<\/em> pas de famille. On<em> fait<\/em> une famille. Finalement, les liens du sang ne sont rien. Nous ne sommes que des individus. Nous n\u2019avons pas fait d\u2019efforts. \u00c7a allait de pire en pire, et nous n\u2019avons rien fait.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Vivre n\u2019est pas une fin en soi. C\u2019est la fa\u00e7on dont nous vivons qui compte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Genki Kawamura est l\u2019auteur de plusieurs textes de fiction, d\u2019essais et d\u2019interviews, qui ont tous \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s par la critique comme par le public. 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