{"id":1328,"date":"2014-12-18T10:15:54","date_gmt":"2014-12-18T09:15:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1328"},"modified":"2015-07-27T18:11:34","modified_gmt":"2015-07-27T17:11:34","slug":"boyle-t-c-san-miguel-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1328","title":{"rendered":"Boyle, T.C. \u00ab\u00a0San Miguel\u00a0\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>San Miguel, c\u2019est le nom d\u2019une \u00eele minuscule au large des c\u00f4tes californiennes. Sur ce lopin de terre aride qui pourrait faire aussi bien figure de paradis que d\u2019enfer, les destin\u00e9es de deux familles, \u00e0 plusieurs d\u00e9cennies de distance, vont se croiser. Le jour de l\u2019an 1888, Marantha Waters d\u00e9barque sur la c\u00f4te\u00a0; elle n&rsquo;a pas quarante ans et la tuberculose menace de l\u2019emporter\u00a0; son mari, Will, esp\u00e8re que cet exil sauvage lui redonnera la force et le go\u00fbt de vivre. Un demi-si\u00e8cle plus tard, la famille Lester s\u2019\u00e9tablit \u00e0 son tour sur l\u2019\u00eele, fuyant la Grande D\u00e9pression et le souvenir traumatisant de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Anim\u00e9s par un optimisme farouche, ils tenteront de cr\u00e9er, en microcosme, une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale, mais les cahots du monde moderne et les spectres d\u2019une nouvelle guerre vont bient\u00f4t frapper \u00e0 leur porte. Dans ce roman salu\u00e9 par la critique am\u00e9ricaine comme l\u2019un de ses plus beaux, TC Boyle peint une ode pastorale grandiose o\u00f9 il met en sc\u00e8ne, avec une puissance rarement atteinte, l\u2019un de ses grands th\u00e8mes de pr\u00e9dilection\u00a0: l\u2019\u00e9ternelle confrontation de l\u2019homme\u00a0et de la nature.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> :<\/p>\n<p>J\u2019avais entendu dire que l\u2019auteur \u00e9tait dr\u00f4le et ironique. Pas dans ce livre. Ici il est profond, puissant, po\u00e9tique. Le livre raconte l\u2019histoire d\u2019un ilot perdu, d\u00e9sert, loin de tout, battu par les vents, lieu de solitude et pr\u00e9sent\u00e9 comme la terre promise. C\u2019est l\u2019histoire de trois femmes qui vont se succ\u00e9der avec leur famille sur ce morceau de rocher occup\u00e9 par les moutons et les phoques. Alors c\u2019est bien une ile qui se situe face \u00e0 la Californie, mais ce n\u2019est pas l\u2019image qu\u2019on a de la Californie. Ce qui devait \u00eatre terre de l\u2019espoir va se transformer en terre de cauchemar, en lutte pour la survie. Le challenge\u00a0? Rendre l\u2019inhabitable habitable\u00a0? S\u2019adapter\u00a0? R\u00e9ussir \u00e0 fuir\u00a0? La voix des femmes s\u2019oppose \u00e0 celle des hommes\u2026<\/p>\n<p>Deux hommes, deux survivants de la guerre vont se succ\u00e9der sur cet ilot presque inaccessible ; le premier veut faire fortune apr\u00e8s la Guerre de S\u00e9cession, le deuxi\u00e8me ira s\u2019y installer apr\u00e8s la \u00ab\u00a0Grande Guerre\u00a0\u00bb. Les deux veulent refaire leur vie et r\u00e9ussir, loin de tout et entrainent leur femme\/famille dans l\u2019aventure. C\u2019est la lutte des hommes et de la nature hostile, des hommes id\u00e9alistes et qui s\u2019accrochent, des femmes qui luttent pour vivre ou pour ne pas mourir&#8230;<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 ce livre. Surtout la premi\u00e8re partie car je me suis davantage attach\u00e9e aux personnages et \u00e0 leur \u00e9volution. J\u2019ai un peu regrett\u00e9 de ne pas en savoir davantage sur la vie d\u2019Edith mais c\u2019est l\u2019histoire de l\u2019ile qui prime sur celle des personnes qui y s\u00e9journent. Dur et puissant, une magnifique \u00e9tude des caract\u00e8res, de la vie en conditions difficiles, de l\u2019affrontement, de l\u2019acharnement, des moyens adopt\u00e9s pour survivre, de l\u2019optimisme et du pessimisme, de la r\u00e9volte et de la lutte, de l\u2019espoir et de la fuite..<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Elle avait entendu dire qu\u2019on pouvait s\u2019habituer \u00e0 tout: ainsi, dans l\u2019Arctique, les explorateurs devaient tuer leurs chiens pour ne pas mourir de faim et de froid, comme si les animaux dont ils ravissaient la chair et la fourrure n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 leurs compagnons et leurs confidents; on parlait aussi des prisonniers en cellule d\u2019isolement qui se satisfaisaient de la compagnie d\u2019un rat ou d\u2019un cafard, ou m\u00eame de Robinson Cruso\u00e9, qui finit par s\u2019habituer \u00e0 son \u00eele, au point de ne plus vouloir la quitter. Mais, pour Edith, l\u2019adaptabilit\u00e9 \u00e9tait une mal\u00e9diction.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et puis tout changea, comme si elle avait tourn\u00e9 la page d\u2019un livre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La moisissure qui atteignait tout objet inanim\u00e9 dans la maison, tel un fl\u00e9au biblique\u00a0: le mobilier en \u00e9tait tachet\u00e9, les v\u00eatements devenaient gras au toucher le lendemain \u00e0 peine apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 lav\u00e9s, les pages de ses livres en \u00e9taient marqu\u00e9s et souill\u00e9s, grignot\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur, pourris, avari\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Elle savait qu&rsquo;il ne fallait rien garder, que rien ne valait la peine qu&rsquo;on s&rsquo;y accroche, qu&rsquo;en fin de compte, tout cela n&rsquo;\u00e9tait rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce sont des objets inanim\u00e9s. Elles ne se r\u00e9veillent jamais. Et quand on ne se r\u00e9veille pas, peut-on dormir\u00a0? \u2014\u00a0C\u2019est comme un mort. \u2014\u00a0Un mort ne dort pas, il est mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le vent secouait le portail comme s\u2019il y avait eu quelqu\u2019un mais il n\u2019y avait personne\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u2019un geste de la main, il indiqua les griffes des vagues qui semblaient vouloir s\u2019approprier la plage, et toute l\u2019eau qui flottait vers l\u2019horizon derri\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le feu repartit de plus belle. Les pages se recroquevill\u00e8rent, les images s\u2019effac\u00e8rent comme si elles n\u2019avaient jamais exist\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: San Miguel, c\u2019est le nom d\u2019une \u00eele minuscule au large des c\u00f4tes californiennes. 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