{"id":13377,"date":"2021-04-21T10:37:38","date_gmt":"2021-04-21T08:37:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13377"},"modified":"2023-06-18T21:05:48","modified_gmt":"2023-06-18T19:05:48","slug":"louise-tremblay-dessiambre-les-heritiers-du-fleuve-integrale-2013-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13377","title":{"rendered":"Tremblay-d&rsquo;Essiambre, Louise  \u00ab Les h\u00e9ritiers du fleuve \u00bb Int\u00e9grale (2013-2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: n\u00e9e dans la ville de Qu\u00e9bec en 1953, est une romanci\u00e8re canadienne (qu\u00e9b\u00e9coise). Ses romans mettent en vedette des femmes et se d\u00e9roulent au Qu\u00e9bec dans les ann\u00e9es 1950 et 1960.<br \/>\n\u00c0 propos de ses romans, elle d\u00e9clare : \u00ab \u00c7a raconte d\u2019o\u00f9 on vient, c\u2019est souvent l\u2019histoire de femmes inconnues, un peu discr\u00e8tes. Mais si elles n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, le Qu\u00e9bec ne serait pas ce qu\u2019il est \u00bb. Ils s&rsquo;inscriraient dans le genre \u00ab nouveau roman historique \u00bb, que les critiques litt\u00e9raires ignorent depuis les ann\u00e9es 1980. Selon un critique fran\u00e7ais, le \u00ab plaisir qu\u2019apporte la lecture [de ses sagas] est celui d\u2019une identification \u00e0 des personnages qui vivent autrement, dans un autre temps. Cette \u00e9poque \u00e9tant peu \u00e9loign\u00e9e, l\u2019identification des lecteurs, et surtout des lectrices, \u00e0 ces personnages se fait facilement.<\/p>\n<p><strong>Parution initiale<\/strong><br \/>\nTome 1 : 1887-1893 \u2013 Editeur GUY SAINT-JEAN\u00a0 (06\/09\/2013) \u2013 346 pages<br \/>\nTome 2 : 1898-1914 \u2013 Editeur GUY SAINT-JEAN (11\/10\/2013) \u2013 244 pages<br \/>\nTome 3 : 1918-1929 \u2013 Editeur GUY SAINT-JEAN (04\/04\/2014) \u2013 273 pages<br \/>\nTome 4 : 1931-1939 \u2013 Editeur GUY SAINT-JEAN\u00a0 (19\/11\/2014) \u2013 250 pages<\/p>\n<p><strong>Saga familiale Int\u00e9grale (1304 pages)<br \/>\n<\/strong>I<strong>nt\u00e9grale 01 ( tomes 1 et 2 de l\u2019Edition normale) <\/strong>&#8211; Pocket \u2013 09.07.2020 \u2013 648 pages<br \/>\n<strong>1887 \u2013 1914<\/strong><br \/>\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>: D&rsquo;une rive \u00e0 l&rsquo;autre du Saint-Laurent, des familles attachantes aux destins entrecrois\u00e9s voguent entre amiti\u00e9s et rivalit\u00e9s, drames d\u00e9chirants et bonheurs intenses. Nous voici au XIXe si\u00e8cle, en bordure du Saint-Laurent, l\u00e0 o\u00f9 le fleuve se m\u00eale \u00e0 la mer. Deux rives : celle du nord, aride et majestueuse ; celle du sud, tout en vallons et terres fertiles. Des couples et leur parent\u00e9 : Alexandrine et Clovis, Albert et Victoire, Emma et Matthieu, ainsi que James O&rsquo;Connor, Irlandais immigr\u00e9, seul membre de sa famille ayant surv\u00e9cu \u00e0 la travers\u00e9e. \u00c0 l&rsquo;aube du XXe si\u00e8cle, modernit\u00e9 et tradition s&rsquo;affrontent. Joies, infortunes et espoirs fous ponctuent les jours des t\u00e9moins de cette \u00e8re nouvelle.<br \/>\n<strong>Int\u00e9grale 02 ( tomes 3 et 4 de l\u2019Edition normale)<\/strong> &#8211; Pocket \u2013 08.10.2020 \u2013 656 pages<br \/>\n<strong>1918 -1939<\/strong><br \/>\n<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>: La guerre, qui ne devait durer que quelques mois, se termine enfin&#8230; D&rsquo;une berge \u00e0 l&rsquo;autre du fleuve, la vie suit son cours, inexorablement, \u00e0 travers les changements \u00e0 la fois exaltants et inqui\u00e9tants que la modernit\u00e9 impose. Paul, C\u00e9lestin, B\u00e9atrice, Lionel et leurs familles connaissent autant de moments tendres que d&rsquo;\u00e9pisodes bouleversants.<br \/>\nMais quand la Crise de 1929 frappe le pays, c&rsquo;est tout le quotidien qu&rsquo;il faut r\u00e9inventer alors que les ann\u00e9es passent et que le dur labeur laisse des traces, touchant surtout les citadins comme Paul et R\u00e9ginald, l&rsquo;implacable r\u00e9alit\u00e9 entra\u00eenera des choix difficiles et des situations pr\u00e9caires.<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;Anse-aux-Morilles, o\u00f9 les effets \u00e9conomiques de la crise se font moins sentir, Matthieu et Prudence doivent tout de m\u00eame se r\u00e9inventer un quotidien. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve, alors que Gilberte se b\u00e2tit doucement une vie sereine avec C\u00e9lestin et Germain, la trag\u00e9die guette; Victoire, Lionel, James et Lysbeth ont beau \u00eatre bien entour\u00e9s, reste que les ann\u00e9es passent et le dur labeur laisse des traces&#8230;<\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong> et contexte\u00a0:<br \/>\nVictoire, Alexandrine et Emma\u2026<br \/>\nLa jeune trentaine, peut-\u00eatre un peu plus, peut-\u00eatre un peu moins, elles vivent \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 la femme n\u2019a ni droits ni \u00e2me. Ou si peu. \u00c9pouse d\u2019un tel ou fille de cet autre, la femme n\u2019est que l\u2019ombre de celui qui l\u2019a engendr\u00e9e et un peu plus tard, elle deviendra l\u2019ombre de celui qui l\u2019a choisie pour compagne.<br \/>\nEt des Grands Lacs \u00e0 l\u2019Atlantique, en passant par le golfe et la Gasp\u00e9sie, il y a ce fleuve, le Saint-Laurent, ce long ruban indigo parsem\u00e9 de go\u00e9lettes, de barques et d\u2019\u00eeles. Le Saint-Laurent, ce lien capricieux de vagues et de r\u00e9cifs, de mar\u00e9es et de courants, sinuant entre la ville et la campagne, menant de la campagne \u00e0 la ville, r\u00e9unissant les villages entre eux.<br \/>\nRive nord, rive sud\u2026<br \/>\nEmma au sud, car qui prend mari prend pays\u00a0; Alexandrine et Victoire au nord, les deux pieds bien ancr\u00e9s dans leur terroir et village.<\/p>\n<p><strong>Mon avis global sur la saga<\/strong>\u00a0:<br \/>\nAu d\u00e9part il y a trois amies d\u2019enfance qui vont donner 3 couples et viendra s\u2019ajouter au trio un autre couple, (celui de l\u2019Irlandais) et leur descendance..<br \/>\n<em>Il y a Alexandrine et Clovis<\/em>\u00a0: leurs enfants, dont Joseph, Paul, Anna, L\u00e9opold,<br \/>\nClovis, amoureux fou du fleuve et des bateaux\u2026 qui se croit invincible d\u00e8s qu\u2019il est sur les flots.. Un couple amoureux, qui se serre les coudes, affronte drame sur drame et que l\u2019adversit\u00e9 unit au fil des ans.<br \/>\nIl y a <em>Emma et <\/em><em>Matthieu<\/em> Bouchard\u00a0: leurs enfants, Lionel, \u00a0Gilberte, les jumelles,\u00a0 les jumeaux Antonin et C\u00e9lestin. Matthieu, qui se croit seul ma\u00eetre apr\u00e8s Dieu, libre d\u2019imposer ses d\u00e9cisions \u00e0 sa famille, sans que personne ne discute\u2026 Mathieu, le despote, qui va faire exploser sa famille\u2026 Matthieu qui est p\u00e9tri de jalousie et qui entend que tout le monde lui ob\u00e9isse et son \u00e9pouse Emma, qui est amoureuse folle de son mari mais finira par d\u00e9chanter\u2026 \u00a0Et il y a aussi Prudence, la s\u0153ur d\u2019Emma, qui ne lui ressemble pas et arrive \u00e0 amadouer et apprivoiser Matthieu et il y a Constance, Fernande, Jean-Baptiste <em>Victoire et Alfred : <\/em>et la petite B\u00e9atrice\u2026 Alfred, deux fois veuf avant d\u2019\u00e9pouser Victoire\u00a0; Alfred le forgeron\u00a0; Victoire, qui est la reine des p\u00e2tisseries \u2026<br \/>\n<em>Il y a James, Irlandais<\/em>, orphelin \u00e0 cinq ans, parti d\u2019Irlande avec ses parents, qui a perdu ses parents entre le moment o\u00f9 il a quitt\u00e9 l\u2019Irlande et son arriv\u00e9e au Canada, en l\u2019an 1862. Et Lisbeth, Johnny Boy<\/p>\n<p>Il y a les peurs, les hantises\u00a0: celle de la mer qui ronge Alexandrine, celle de l\u2019\u00e2ge de son mari qui inqui\u00e8te Victoire. Et il y a Dieu, l\u2019emprise de la religion\u2026<br \/>\nDes vies difficiles, des mentalit\u00e9s et des \u00e9poques qui changent, la vie en ville et dans des petits villages, les r\u00e9actions vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9ducation, les malheurs de la vie, les choix \u00e0 prendre, la difficult\u00e9 de communiquer, les difficult\u00e9s \u00e0 avoir des enfants, la joie et la peine qu\u2019ils causent, la diff\u00e9rence (enfant attard\u00e9, mongolien, enfant d\u00e9cidant de vivre cloitr\u00e9, l\u2019homosexualit\u00e9, les diff\u00e9rences d\u2019\u00e2ges dans les couples, handicap)<br \/>\nUne saga avec des personnages plus attachants les uns que les autres, par leur sourire, leur caract\u00e8re, leur force, leurs doutes, leurs faiblesses\u2026 Au final je dois dire que ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e est Alexandrine et mon coup de c\u0153ur va \u00e0 C\u00e9lestin \u2026 mais tous ont leurs atouts s\u00e9duction, m\u00eame le P\u00e8re Matthieu, si infirme dans le domaine de la communication\u2026<br \/>\nEt un Docteur Gamache qui fait une br\u00e8ve apparition (est-ce un clin d\u2019\u0153il \u00e0 mon Inspecteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ? Armand ?)<\/p>\n<p>Ah j\u2019ai ador\u00e9 la Saga. L&rsquo;influence et le r\u00f4le des femmes des femmes est pr\u00e9pond\u00e9rant et met en valeur la condition f\u00e9minine.\u00a0 \u00a0La preuve je l\u2019ai commenc\u00e9e et pas l\u00e2ch\u00e9e\u2026 J\u2019ai aval\u00e9 les 1304 pages en moins d\u2019une semaine, en traversant le fleuve au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements, en traversant aussi les ann\u00e9es (1887 \u2013 1939) en suivant l\u2019\u00e9volution du monde au travers celle des familles ; J\u2019ai ainsi visit\u00e9 Pointe-\u00e0-la-Truite (rivi\u00e8re Saint-Augustin &#8211; Pointe \u00e0 la Truite, C\u00f4te-Nord, est un point et a une altitude de 1 m\u00e8tre. Pointe \u00e0 la Truite est proche de l\u2019\u00cele Driscoll) et sur la rive sud, \u00a0l&rsquo;Anse-aux-Morilles.<br \/>\nEt maintenant je voudrais bien la suite !!!!<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Tome 1\u00a0: 1887-1893<\/strong><\/p>\n<p>Que lui donnerait de languir apr\u00e8s un ailleurs qui n\u2019\u00e9tait pas le sien\u00a0? \u00c7a lui ferait inutilement mal.<\/p>\n<p>Quand on a le c\u0153ur gros, quand on a du ressentiment, c\u2019est de sa famille dont on a besoin, pas des \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Emma jeta un regard d\u00e9sol\u00e9 par la fen\u00eatre de sa chambre o\u00f9 la pluie jouait des castagnettes en dessinant des rigoles.<\/p>\n<p>Quand on s\u00e8me de l\u2019avoine, Matthieu, on peut pas s\u2019imaginer r\u00e9colter du bl\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Un retour \u00e0 ses origines pour esp\u00e9rer s\u2019en d\u00e9tacher suffisamment afin de regarder sereinement l\u2019avenir. Sans renier sa patrie, Irlandais il \u00e9tait et Irlandais il resterait, il voulait oublier la tristesse qui y \u00e9tait rattach\u00e9e.<\/p>\n<p><em>Les bateaux, leur capacit\u00e9 de flotter et leur maniement le fascinaient. Depuis que son p\u00e8re lui avait apport\u00e9 de la ville un gros livre qui parlait des navires marchands et des navires de guerre, des bateaux \u00e0 voiles et de ceux qui fonctionnaient \u00e0 la vapeur, avec quelques dessins \u00e0 l\u2019appui, le jeune gar\u00e7on passait tout son temps libre \u00e0 feuilleter son livre, \u00e0 le lire et le relire.<br \/>\n\u2014\u00a0Un jour, c\u2019est moi qui vas dessiner les bateaux de toute la famille, disait-il, le regard rempli d\u2019espoir et de fiert\u00e9 anticip\u00e9e. Ceux de papa, c\u2019est ben certain, mais ceux de Joseph, aussi.<\/em><\/p>\n<p>Le sourire de la logeuse eut alors l\u2019intensit\u00e9 d\u2019un rayon de soleil entre deux cumulus, et la longue inspiration qui gonfla sa poitrine fut l\u2019arc-en-ciel qui domine les nuages, charg\u00e9 de promesses joyeuses.<\/p>\n<p>Mais il m\u2019a r\u00e9pondu que toute sa vie reposait dans les mains de Dieu et que c\u2019est Lui qui prenait ce genre de d\u00e9cisions-l\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Tome 2\u00a0: 1898-1914<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, elle ne perdait pas son temps en r\u00e9miniscences inutiles. L\u2019avenir lui avait toujours sembl\u00e9 plus attrayant que le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent suffisamment essoufflant pour y consacrer la majeure partie de ses pens\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme si la profonde tristesse ressentie de part et d\u2019autre n\u2019\u00e9tait qu\u2019une formidable et unique \u00e9motion qui les avait aval\u00e9s de but en blanc, tous les deux ensemble.<\/p>\n<p>l\u2019inqui\u00e9tude palpitait sourdement en elle au rythme des battements de son c\u0153ur.<\/p>\n<p>Une famille sans m\u00e8re ne peut \u00eatre tout \u00e0 fait la m\u00eame, puisque le c\u0153ur n\u2019est plus l\u00e0.<\/p>\n<p>Une famille gr\u00e2ce \u00e0 laquelle il avait compris, un peu surpris, agr\u00e9ablement surpris, que le rire, les blagues et la musique \u00e9taient autant de vertus pour l\u2019\u00e2me qu\u2019une pilule pour le corps.<\/p>\n<p>Il travaillait jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement et jamais sa famille n\u2019avait manqu\u00e9 de nourriture. Leur maison, bien que modeste, \u00e9tait confortable et personne n\u2019avait eu froid quand venait l\u2019hiver. N\u2019\u00e9tait-ce pas l\u00e0 son devoir de p\u00e8re et de mari, de s\u2019occuper du confort des siens\u00a0?<\/p>\n<p>Dans chacun des sc\u00e9narios con\u00e7us, analys\u00e9s et rejet\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019effet de surprise l\u2019emporte, il n\u2019avait pris en compte que la r\u00e9action de ses enfants, se r\u00e9p\u00e9tant jusqu\u2019\u00e0 s\u2019en convaincre qu\u2019il \u00e9tait le seul \u00e0 d\u00e9cider et qu\u2019eux n\u2019avaient qu\u2019\u00e0 ob\u00e9ir.<\/p>\n<p>Les choix faits par d\u00e9pit ne sont jamais les bons.<\/p>\n<p>Quand j\u2019ai envie de quelque chose, je prends les moyens pour l\u2019avoir. La vie est trop courte pour se faire des complications avec des riens.<\/p>\n<p>Chez Matthieu Bouchard, on ne discutait pas les d\u00e9cisions du p\u00e8re ou celles du cur\u00e9, cela aussi, tout le monde autour de lui le savait depuis fort longtemps.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Ah oui\u00a0? Eh ben\u2026 Dr\u00f4le de temps pis de moment pour r\u00e9fl\u00e9chir. Je ne sais pas si tu l\u2019as remarqu\u00e9, mais il fait froid ce matin. Tr\u00e8s froid. Si tu restes plant\u00e9 dans la cour plus longtemps, tu vas virer en gla\u00e7on, mon homme\u00a0! Pis moi, vois-tu, je tiens trop \u00e0 mon mari pour \u00eatre oblig\u00e9e d\u2019attendre jusqu\u2019au printemps pour qu\u2019il d\u00e9g\u00e8le\u00a0!<\/p>\n<p>Le temps\u00a0! Manquer de temps, gagner du temps, m\u00e9nager son temps\u2026<\/p>\n<p>Que ce soit par le fleuve, le clo\u00eetre, la ville ou la guerre, ses enfants lui \u00e9taient arrach\u00e9s, les uns apr\u00e8s les autres, et elle avait mal. Tr\u00e8s mal.<\/p>\n<p><strong>Tome 3\u00a0: 1918-1929<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 On a jamais vu \u00e7a, une \u00e9pid\u00e9mie comme celle-l\u00e0. J\u2019ai lu dans le journal de la semaine derni\u00e8re que \u00e7a tombe par centaines, certains jours.<\/p>\n<p>Longtemps, tr\u00e8s longtemps, jusqu\u2019\u00e0 ce que leurs chagrins se m\u00e9langent \u00e0 ne devenir plus qu\u2019un, ils se d\u00e9vor\u00e8rent des yeux.<\/p>\n<p>Mais avant d\u2019en arriver \u00e0 ce point bien pr\u00e9cis de sa r\u00eaverie, alors que Paul allait ouvrir les yeux, une voix le rejoignit dans son monde onirique.<\/p>\n<p>Sa bravoure et son courage \u00e9taient rest\u00e9s sur les champs de bataille, entre un trou d\u2019obus et un tir de mitrailleuse et, aujourd\u2019hui, il tremblait devant la vie qui s\u2019offrait \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Ses nuits \u00e9taient d\u00e9sormais peupl\u00e9es de cauchemars et ses propres cris l\u2019\u00e9veillaient. Il attendait alors l\u2019aube en se ber\u00e7ant nerveusement comme un vieillard insomniaque, le nom d\u2019anciens camarades encombrant son esprit comme autant de st\u00e8les militaires blanches impeccablement align\u00e9es.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que tu veux que je te r\u00e9ponde d\u2019autre\u00a0? De toute fa\u00e7on, c\u2019est pas \u00e0 \u00e7a que \u00e7a sert, un p\u00e8re\u00a0? \u00c0 essayer de mener ses enfants \u00e0 bon port\u00a0? [\u2026] J\u2019ai toujours pens\u00e9 qu\u2019on \u00e9tait pas l\u00e0 pour nos enfants juste par temps clair. En ce moment, il y a peut-\u00eatre quelques nuages sur l\u2019horizon, c\u2019est vrai, mais c\u2019est pas \u00e7a qui va m\u2019emp\u00eacher de faire ce que je dois faire.<\/p>\n<p>Mis devant le fait, ses parents accepteraient probablement qu\u2019il laisse tomber les \u00e9tudes car, \u00e0 leurs yeux, et ils l\u2019avaient souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9\u00a0: dans la vie, il \u00e9tait important, voire essentiel, de faire un m\u00e9tier qui nous plaisait.<\/p>\n<p>Comme quoi, quand on le veut vraiment, le bonheur peut \u00eatre \u00e0 la port\u00e9e de tout le monde.<\/p>\n<p><strong>Tome 4\u00a0: 1931-1939<\/strong><\/p>\n<p>On parlait attelage, chevaux et politique du temps d\u2019Albert. On parle moteur, pneus et politique avec Julien et Johnny Boy qui, curieusement, a retrouv\u00e9 son surnom depuis que la forge chauffe son \u00e2tre pour modeler ses \u0153uvres d\u2019art.<\/p>\n<p>une mauvaise nouvelle ne pouvait \u00eatre qu\u2019un d\u00e9c\u00e8s. Le reste, tout le reste de n\u00e9gatif dans une vie, elle avait appris \u00e0 y faire face avec d\u00e9termination. [\u2026]. Ne pas se laisser abattre et tenter de trouver une solution. Du moins, si une solution \u00e9tait possible.<\/p>\n<p>La magie et la facilit\u00e9 des ann\u00e9es folles venaient de dispara\u00eetre abruptement.<\/p>\n<p>L\u2019eau pouvait \u00eatre si belle quand le soleil y d\u00e9posait sa dentelle de diamants.<\/p>\n<p>Il avait si longtemps port\u00e9 le fardeau de la culpabilit\u00e9 sur ses fragiles \u00e9paules d\u2019enfant que, durant des ann\u00e9es, c\u2019\u00e9tait devenu comme une seconde nature pour lui de marcher les \u00e9paules courb\u00e9es et le regard au sol.<\/p>\n<p>Faire le point sur le pass\u00e9, mais aussi sur le pr\u00e9sent en esp\u00e9rant que les parents sauront comprendre.<\/p>\n<p>Clovis Tremblay n\u2019\u00e9tait pas un homme de beaucoup de mots, m\u00eame si tous savaient qu\u2019il \u00e9tait un homme d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>Quand on avait la chance d\u2019avoir eu une vie comme la sienne, une vie bien remplie dans laquelle elle avait mordu \u00e0 belles dents sans restriction, on n\u2019avait qu\u2019une envie et c\u2019\u00e9tait celle de continuer.<br \/>\nEncore et encore\u2026<\/p>\n<p>\u2014 Quand on n\u2019a pas de r\u00e9ponse \u00e0 apporter, vaut mieux ne pas trop se questionner, ronchonna-t-elle. \u00c7a rend marabout !<\/p>\n<p>elle parlait souvent ainsi \u00e0 voix haute, sans interlocuteur, pour le simple plaisir d\u2019entendre un peu de bruit briser le silence de son appartement.<\/p>\n<p>Mais dire qu\u2019elle \u00e9tait heureuse quand quelqu\u2019un venait leur rendre visite aurait \u00e9t\u00e9 un euph\u00e9misme ! Elle esp\u00e9rait les visites comme le bourgeon doit esp\u00e9rer le printemps.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3>Vocabulaire\u00a0: (Quebec)<\/h3>\n<p><strong>chouenneuse<\/strong><em>\u00a0: <\/em>Chouenne: sans doute un des plus beaux mots du parler populaire de Charlevoix. Le cin\u00e9aste-po\u00e8te Pierre Perrault en a fait le titre d\u2019un de ses recueils de po\u00e8mes. La chouenne est une histoire compliqu\u00e9e ou longue. Elle peut aussi qualifier une personne qui a du bagout ou qui conte des histoires \u00ab un chouenneux \u00bb ou une \u00ab chouenneuse \u00bb. Plus sp\u00e9cifiquement, une chouenne est une affirmation qui risque d\u2019\u00eatre fausse ou peu cr\u00e9dible \u00ab compter des chouennes\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Au boutte\/au boute<\/strong> : Variante du fran\u00e7ais au bout. En qu\u00e9b\u00e9cois, le mot\u00a0 est parfois orthographi\u00e9 au boute ou au boutte. L&rsquo;expression au boute veut dire que c&rsquo;est vraiment bien, g\u00e9nial, super, excellent, incroyable, merveilleux. On le trouve parfois (rarement) orthographi\u00e9 \u00ab\u00a0au bout\u00a0\u00bb mais bien prononc\u00e9 \u00ab\u00a0au boutte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>La tarte \u00e0 la farlouche ou ferlouche<\/strong> est une p\u00e2tisserie sucr\u00e9e du Qu\u00e9bec. Les origines de la tarte \u00e0 la farlouche se situent vers 1660. Elle est connue aussi sous le nom de \u00ab\u00a0tarte au mincemeat\u00a0\u00bb puisque ce plat quasi-identique britannique a \u00e9t\u00e9 introduit au XVIIIe si\u00e8cle apr\u00e8s que la Nouvelle-France (ancien nom du Qu\u00e9bec) ait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e de la France \u00e0 la Grande-Bretagne (trait\u00e9 de Paris 1763).<\/p>\n<p><strong>magan\u00e9, magan\u00e9e<\/strong>\u00a0: .\u00a0 (De l\u2019ancien fran\u00e7ais mehaignier, issu du vieux-francique *maidhanian, (\u00ab estropier \u00bb) (Familier) .<br \/>\nAu Canada, se dit de ce qui est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9, us\u00e9\u00a0 ou de quelqu&rsquo;un qui est fatigu\u00e9, \u00e9puis\u00e9 ou malade (Qualifie l&rsquo;aspect physique d&rsquo;une pers., dans son ensemble ou dans l&rsquo;un de ses \u00e9l\u00e9ments\u00a0: Marqu\u00e9 (par l&rsquo;\u00e2ge)<br \/>\n\u2013 le verbe\u00a0 signifie &#8211; Traiter quelqu&rsquo;un avec rudesse, brutalit\u00e9, maltraiter, malmener\u00a0; Tourmenter quelqu&rsquo;un avec insistance, le tracasser\u00a0; Fatiguer, affaiblir en exigeant un travail, des efforts excessifs\u00a0; Mettre quelque chose en mauvais \u00e9tat; lui causer du dommage, des d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: n\u00e9e dans la ville de Qu\u00e9bec en 1953, est une romanci\u00e8re canadienne (qu\u00e9b\u00e9coise). Ses romans mettent en vedette des femmes et se d\u00e9roulent au Qu\u00e9bec dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. \u00c0 propos de ses romans, elle d\u00e9clare : \u00ab \u00c7a raconte d\u2019o\u00f9 on vient, c\u2019est souvent l\u2019histoire de femmes inconnues, un peu discr\u00e8tes. &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13377\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13378,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[446,58,52,105,498,45,78],"tags":[601,314,1273],"class_list":["post-13377","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-serie","category-canada","category-litterature-canadienne","category-roman","category-roman-fleuve","category-xixeme","category-xxeme","tag-histoire","tag-rapports-familiaux","tag-saga-familiale"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13377"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13377\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18490,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13377\/revisions\/18490"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}