{"id":13389,"date":"2021-04-23T21:17:12","date_gmt":"2021-04-23T19:17:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13389"},"modified":"2023-04-09T10:54:45","modified_gmt":"2023-04-09T08:54:45","slug":"vann-david-komodo-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13389","title":{"rendered":"Vann, David \u00ab Komodo \u00bb (2021)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: David Vann est n\u00e9 n\u00e9 le 19 octobre 1966 sur l\u2019\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s\u2019installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. Il a travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019un premier roman pendant dix ans avant de r\u00e9diger en dix-sept jours, lors d\u2019un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succ\u00e8s \u00e0 se faire publier aux \u00c9tats-Unis\u00a0: aucun agent n\u2019accepte de soumettre le manuscrit, jug\u00e9 trop noir, \u00e0 un \u00e9diteur. Ses difficult\u00e9s \u00e0 faire publier son livre le conduisent vers la mer\u00a0: il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs ann\u00e9es dans les Cara\u00efbes et en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 les \u00c9tats-Unis en char \u00e0 voile et parcouru plus de 40\u00a0000 milles sur les oc\u00e9ans, il \u00e9choue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu\u2019il a dessin\u00e9 et construit lui-m\u00eame. En 2005, il publie A mile down, r\u00e9cit de son propre naufrage dans les Cara\u00efbes lors de son voyage de noces quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succ\u00e8s lui permet de gagner partiellement sa vie gr\u00e2ce \u00e0 sa plume et il commence \u00e0 enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island \u00e0 un concours de nouvelles qu\u2019il remporte et, en guise de prix, voit son livre publi\u00e9 en 2008 aux Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Massachusetts. L\u2019ouvrage est tir\u00e9 \u00e0 800 exemplaires puis r\u00e9imprim\u00e9 \u00e0 la suite de la parution d\u2019une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3\u00a0000 exemplaires de cette \u00e9dition qui seront distribu\u00e9s sur le march\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 en France en janvier\u00a02010, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625\"><span style=\"color: #0000ff;\">Sukkwan Island<\/span> <\/a>remporte imm\u00e9diatement un immense succ\u00e8s. Il remporte le prix M\u00e9dicis \u00e9tranger et s\u2019est vendu \u00e0 plus de 300 000 exemplaires. Port\u00e9 par son succ\u00e8s fran\u00e7ais, David Vann est aujourd\u2019hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays.<br \/>\nDavid Vann est l\u2019auteur de <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625\"><em>Sukkwan Island<\/em><\/a> <\/span>, D\u00e9solations<em>, <\/em><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8020\"><em>Impurs<\/em><\/a><\/span>, <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8241\"><em>Goat Mountain<\/em><\/a>, <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3953\"><em>Dernier jour sur terre<\/em><\/a><\/span>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3579\"><em>Aquarium<\/em><\/a><\/span>, L\u2019Obscure clart\u00e9 de l\u2019air (2017), Un poisson sur la lune (2019), Le Bleu au-del\u00e0 (Nouvelles 2020), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13389\">Komodo<\/a><\/span> (2021). Il partage aujourd\u2019hui son temps entre la Nouvelle-Z\u00e9lande o\u00f9 il vit et l\u2019Angleterre o\u00f9 il enseigne, tous les automnes, la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Gallmeister (nature-writing) \u2013 04.03.2021 \u2013 288 pages Laura Derajinski (Traductrice)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 : <\/strong>Sur l&rsquo;invitation de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l&rsquo;\u00eele de Komodo, en Indon\u00e9sie. Pour elle, d\u00e9laiss\u00e9e par son mari et \u00e9puis\u00e9e par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse esp\u00e9rer des vacances paradisiaques : une semaine de plong\u00e9e en compagnie de requins et de raies manta. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de renouer avec Roy, qui m\u00e8ne une vie chaotique depuis son divorce et s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9 de sa famille.<br \/>\nMais, tr\u00e8s vite, la tension monte et Tracy perd pied, submerg\u00e9e par une vague de souvenirs, de ranc\u0153urs et de reproches. D\u00e8s lors, un duel s&rsquo;engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entra\u00eene une descente de plus en plus violente \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elle-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre un point de non-retour.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Une semaine de vacances avec ta m\u00e8re pour retrouver ton fr\u00e8re moniteur de plong\u00e9e en Indon\u00e9sie, sur la petite \u00eele de Komodo&#8230; paradisiaque non? Surtout fabuleux pour Tracy, qui n\u2019a plus replong\u00e9 depuis dix ans et est biologiste de formation. C\u2019\u00e9tait sans compter sans David Vann &#8230;<br \/>\nOn va donc parler de \u00ab\u00a0d\u00e9compression\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0plong\u00e9e\u00a0\u00bb \u2026<br \/>\nC&rsquo;est vrai.. on va plonger\u2026 Plonger en eaux troubles, \u00e0 plusieurs niveaux..<br \/>\nCot\u00e9 plong\u00e9e sous-marine, le spot est r\u00e9put\u00e9 pour voir les requins, les raies manta, les napol\u00e9ons, les balistes-titans, poissons-grenouille, et m\u00eame des dugong, mais attention, les conditions de plong\u00e9e ne sont pas faciles. C\u2019est sportif \u00a0\u2026 plong\u00e9e d\u00e9rive, dans le courant, et les courants sont forts, les tombants raides\u2026 Alors direction <em>Le Chaudron, alias Shotgun<\/em>, ses courants violents, une plong\u00e9e vous projette (comme un fusil de chasse) dans China Shop, un magnifique jardin de corail prot\u00e9g\u00e9. Direction aussi <em>Le Golden Passage<\/em><strong>, <\/strong>couloir qui se r\u00e9tr\u00e9ci entre deux iles o\u00f9 le courant s\u2019engouffre \u00e0 chaque mar\u00e9e. Heureusement il semble que la faune soit au rendez-vous, allant des requins aux nudibranches\u2026 Comme j\u2019ai fait pas mal de plong\u00e9e, j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 cette partie \u00ab\u00a0sous-marine\u00a0\u00bb du roman.<br \/>\nCot\u00e9 plong\u00e9e, l\u2019auteur joue sur les deux tableaux: le milieu marin mais aussi le milieu psychologique, le gouffre abyssal qui est ronge de l\u2019int\u00e9rieur des personnages, et de Tracy en particulier.<br \/>\nIdem pour la d\u00e9compression \u2026 Tracy va l\u00e2cher la pression et c\u2019est son fr\u00e8re qui va en faire les frais\u2026 au vrai sens du terme\u2026<br \/>\nIdem pour la d\u00e9rive\u2026 il y a d\u00e9rive plong\u00e9e, et d\u00e9rive des sentiments,<br \/>\nTracy est mal dans sa peau et dans sa vie. Elle est coinc\u00e9e \u00e0 la maison avec deux jumeaux, ne s\u2019entend pas avec son mari\u00a0; elle est tr\u00e8s en col\u00e8re contre son fr\u00e8re qui a tromp\u00e9 sa femme et qui a ensuite divorc\u00e9. Elle se trouve trop grosse, elle est hant\u00e9e par le suicide de son p\u00e8re quand elle \u00e9tait petite, elle en veut \u00e0 la terre enti\u00e8re (et surtout \u00e0 sa famille) et \u00e0 un moment donn\u00e9, la soupape va l\u00e2cher\u2026<br \/>\nLes souvenirs de moments pass\u00e9s en famille remontent et jamais pour le bon. Comme dans d\u2019autres Vann, des r\u00e9miniscences de sc\u00e8nes de chasse (cerf abattu), des amalgames entre les erreurs de son p\u00e8re et les agissements de son fr\u00e8re, toute la souffrance d\u2019une enfance mal v\u00e9cue et qui contaminent le pr\u00e9sent, le poids de la maternit\u00e9 et de la perte de son identit\u00e9 propre, la sensation de couler et de se noyer, de ne pas arriver \u00e0 garder la t\u00eate hors de l\u2019eau..<br \/>\nExcellent, comme tous les livres de cet auteur.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ce qui me surprend, c\u2019est que je n\u2019\u00e9prouve aucune peur. Le premier requin que je vois sous l\u2019eau, et il semble simplement beau et parfait. Cet \u0153il qui d\u00e9fie le cerveau, qui nous ram\u00e8ne quatre cents millions d\u2019ann\u00e9es en arri\u00e8re. Une machine \u00e0 remonter le temps, sous la surface, ce \u00e0 quoi ressemblait le monde d\u2019avant.<\/p>\n<p>Des petites bulles de chance, voil\u00e0 ce que certaines personnes arrivent \u00e0 trouver, des choses qui n\u2019auraient pas lieu d\u2019\u00eatre mais qui existent pourtant.<\/p>\n<p>Tant d\u2019\u00e9l\u00e9ments de l\u2019oc\u00e9an peuvent \u00eatre mortels, pourtant si l\u2019on se contente de flotter sans toucher, rien ne blesse jamais. Une attaque sans provocation, si rare.<\/p>\n<p>Si seulement ce pouvait \u00eatre un nouveau monde. Un univers \u00e0 quatre lunes, o\u00f9 les enfants sont contenus dans des bulles qui les maintiennent en s\u00e9curit\u00e9, propres et silencieux, o\u00f9 les collines sont faites de sommeil. Les r\u00eaves y galopent en libert\u00e9 comme des animaux sauvages,<\/p>\n<p>Les humains b\u00e2tissent leur mini-enfer quotidien en plein paradis.<\/p>\n<p>il faut aussi tenir compte des fluctuations impr\u00e9visibles, le fait qu\u2019un corps peut changer en un ou deux jours, sembler soudain mince et puissant, et que tout ce qui n\u2019est pas notre corps \u2013 nos humeurs, nos pens\u00e9es et ce qui pourrait se dissimuler en nous \u2013 peut fluctuer davantage encore. La moindre description d\u00e9j\u00e0 p\u00e9rim\u00e9e \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 elle na\u00eet.<\/p>\n<p>Serais-je si furieuse contre mon fr\u00e8re pour son infid\u00e9lit\u00e9 et son divorce, s\u2019il n\u2019y avait pas eu les infid\u00e9lit\u00e9s de mon p\u00e8re, son divorce et son suicide ? Quelles \u00e9taient nos vies pr\u00e9vues ? Comment les choses \u00e9taient-elles cens\u00e9es se d\u00e9rouler ?<\/p>\n<p>Ma premi\u00e8re plong\u00e9e avec une raie. Je n\u2019en ai vu qu\u2019en vid\u00e9o, et ce qu\u2019on ne per\u00e7oit jamais \u00e0 l\u2019\u00e9cran, c\u2019est \u00e0 quel point une raie est grande, \u00e0 quel point elle est calme, \u00e0 quel point elle est silencieuse. Plusieurs fois ma taille mais je n\u2019en ai pas peur.<\/p>\n<p>Les hommes sont comme des \u00e9nigmes, et on ne sait jamais sur quoi on va tomber, aucun n\u2019est identique. Pas d\u2019oracles ni de sphinx, rien pour nous aider \u00e0 trouver la r\u00e9ponse<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas quelque chose que j\u2019ai volontairement imagin\u00e9 ou envisag\u00e9, juste des visions subites ou des r\u00eaves, ou peut-\u00eatre des r\u00eaves \u00e9veill\u00e9s que j\u2019ai parfois l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019infid\u00e9lit\u00e9 est un crime seulement aux yeux de l\u2019\u00c9glise. Pas \u00e0 notre \u00e9poque actuelle, ni pour l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral, ni dans les lois anciennes, \u00e0 part dans une loi sur la propri\u00e9t\u00e9, qui traitait les femmes comme du b\u00e9tail, et non, pas selon les lois naturelles.<br \/>\n\u2014 Et quelles sont les lois naturelles ?<br \/>\n\u2014 Ce que nous avons h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution, le fait que nous sommes une esp\u00e8ce \u00e0 partenaires multiples, comme on peut le lire dans le document <em>Sex At Dawn<\/em>.<\/p>\n<p>Alors peut-\u00eatre puis-je l\u00e2cher prise, laisser les autres vivre leur vie.<\/p>\n<p>Le truc, avec la col\u00e8re, c\u2019est qu\u2019on ne l\u2019invente pas. Elle est l\u00e0, comme un moteur, et elle tourne en permanence.<\/p>\n<p>Le truc, avec le paradis, c\u2019est qu\u2019il faudrait qu\u2019il n\u2019y ait personne. C\u2019est l\u2019\u00e9l\u00e9ment essentiel, ce qui est plut\u00f4t parlant.<\/p>\n<p>Les plong\u00e9es macros sont comme des chasses au tr\u00e9sor. Je nage au-dessus d\u2019algues et de branches, quand je vois soudain une brindille bouger, longue et fine et noire mais avec un petit museau \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9, une autre sorte de poisson-aiguille, pas aussi mignon qu\u2019un poisson-fant\u00f4me mais bien plus adorable qu\u2019une brindille ou une algue.<\/p>\n<p>Je me demande si les parents sont condamn\u00e9s \u00e0 tenir des propos que personne n\u2019\u00e9coutera.<\/p>\n<p>Notre petite cellule familiale qui voudrait tout soigner, quand les blessures elles-m\u00eames auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9es. Rien de tout ceci n\u2019aurait d\u00fb arriver. La mis\u00e8re de nos vies est invent\u00e9e. Nous n\u2019avons pas grandi en zone de guerre ni dans un pays pauvre comme l\u2019Indon\u00e9sie, alors nous avons d\u00fb cr\u00e9er nos propres probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Tout est si \u00e9clatant, en cette fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Des collines dor\u00e9es, l\u2019eau par\u00e9e de bijoux, l\u2019air si limpide, exactement comme sous la surface.<\/p>\n<p>Je ne me languis que de moi-m\u00eame, de celle que j\u2019\u00e9tais. C\u2019est d\u2019elle, que j\u2019aimerais avoir la visite.<\/p>\n<p>Plus tard, quand tu grandiras, tu pleureras pour de vraies raisons, l\u2019amour perdu, ou le manque d\u2019argent ou un bras cass\u00e9, mais \u00e0 votre \u00e2ge, c\u2019est toujours pour rien.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Infos\u00a0: <em>Requin-chabot<\/em><\/strong> : Le requin-chabot ocell\u00e9 appel\u00e9 \u00e9galement requin marcheur, vit principalement sur les fonds c\u00f4tiers tropicaux, en milieu corallien, \u00e0 faible profondeur. On le reconnait \u00e0 la grosse tache noire situ\u00e9e derri\u00e8re ses nageoires pectorales et aux petits points noirs partout sur son corps.\u00a0Le requin-chabot ocell\u00e9 se nourrit de petits poissons, de vers et de crustac\u00e9s.\u00a0Il mesure 1,10 m au maximum.<\/p>\n<p><strong>Vocabulaire : <em>La misophonie<\/em><\/strong> est d\u00e9crite comme \u00e9tant un \u00e9tat chronique caract\u00e9ris\u00e9 par une aversion \u00e0 certains sons produits par un autre individu, tels que les bruits gutturaux, nasaux ou buccaux (m\u00e2chement de gomme, claquement des l\u00e8vres), le clic du stylo, ou le tapotement des doigts sur la table ou sur un clavier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: David Vann est n\u00e9 n\u00e9 le 19 octobre 1966 sur l\u2019\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s\u2019installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. 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