{"id":14041,"date":"2021-07-23T19:10:36","date_gmt":"2021-07-23T17:10:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14041"},"modified":"2021-07-23T19:10:36","modified_gmt":"2021-07-23T17:10:36","slug":"herrlemann-florence-lappartement-du-dessous-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14041","title":{"rendered":"Herrlemann, Florence \u00abL\u2019appartement du dessous\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Marseille, Florence navigue entre Lyon ou elle vit et Paris ou elle travaille.<br \/>\nPremier bain artistique \u00e0 15 ans avec trois ans de cours de th\u00e9\u00e2tre. Plus tard, \u00e0<br \/>\nParis, ses rencontres avec de nombreux artistes lui permettent de \u00ab toucher \u00bb \u00e0 la<br \/>\nmusique et \u00e0 la sculpture avant de d\u00e9cider, en 2003, de passer derri\u00e8re la cam\u00e9ra.<br \/>\nElle r\u00e9alisera, entre autres, un film pour l&rsquo;enfance maltrait\u00e9e, diffus\u00e9 par le minist\u00e8re<br \/>\nde la Famille. Le Festin du L\u00e9zard est son premier roman.<\/p>\n<p><strong>Romans<\/strong>\u00a0: Le Festin du L\u00e9zard (2016) &#8211; L\u2019appartement du dessous\u00a0(\/2019) \u2013 L\u00e9a (2020)<\/p>\n<p>Albin-Michel \u2013 27.02.2019 \u2013 251 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:<br \/>\nDans le petit immeuble parisien du Marais o\u00f9 elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d&rsquo;un jour \u00e0 l&rsquo;autre l&rsquo;appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame d\u00e9pose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d&rsquo;autres, retra\u00e7ant une travers\u00e9e du XXe si\u00e8cle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d&rsquo;apr\u00e8s-guerre.<br \/>\nMais pourquoi toutes ces lettres ? \u00ab\u00a0Un jour, vous saurez\u00a0\u00bb , promet la centenaire \u00e0 Sarah qui se prend au jeu, intrigu\u00e9e par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l&rsquo;aiguillon d&rsquo;un douloureux secret&#8230; Dans ce roman totalement insolite qui redonne vie et fra\u00eecheur au genre \u00e9pistolaire, Florence Herrlemann insuffle un v\u00e9ritable hymne \u00e0 la vie, \u00e0 la parole qui d\u00e9livre et \u00e0 la transmission entre g\u00e9n\u00e9rations.<br \/>\nCe voyage fascinant au coeur de l&rsquo;Histoire nous rappelle aussi que l&rsquo;amiti\u00e9 est le plus tendre des pactes.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Un bijou\u00a0! Coup de c\u0153ur.<br \/>\nLorsqu\u2019une jeune fille, Sarah, emm\u00e9nage dans son nouvel appartement, sa voisine du dessus, Hectorine, ag\u00e9e de 103 ans, entre en contact avec elle en entamant un \u00e9change de lettres. Bien qu\u2019agac\u00e9e par ces missives, Sarah ne se sens pas le courage d\u2019envoyer promener la vielle dame qui ne veut pas l\u00e2cher prise. Elle refuse de la rencontrer mais \u00e0 force de courriers d\u00e9pos\u00e9s devant la porte, une relation s\u2019installe, sans que jamais les deux femmes ne se rencontrent. La vieille dame commence \u00e0 se raconter, \u00e0 \u00e9tablir le contact, et la jeune se prend au jeu et finit par se confier \u00e0 son tour. Une amiti\u00e9 \u00e9pistolaire s\u2019installe, toute en sensibilit\u00e9, confiance, tendresse, gentillesse. On sent bien que la vieille dame cache un secret, mais lequel\u00a0?<br \/>\nUn tr\u00e8s beau moment de lecture et d\u2019humanit\u00e9, un pont entre les g\u00e9n\u00e9rations\u2026<br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 charm\u00e9e, boulevers\u00e9e, \u00e9mue\u2026 Par certains moments il m\u2019y fait penser au joli roman de <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=787\"><strong>Jeanne Benameur <\/strong>\u00a0\u00ab Profanes \u00bb (01.2013)<\/a> . Une lecture que je conseille vivement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Extraits\u00a0:<\/p>\n<p>Quel \u00e9trange constat, les chats aiment les livres. Je ne sais combien de fois j\u2019ai surpris Suzanne couch\u00e9e sur le livre que j\u2019\u00e9tais en train de lire.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature, musique, chat. Voil\u00e0 un triptyque essentiel au bon entretien de nos neurones.<\/p>\n<p>elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9e lorsqu\u2019elle est arriv\u00e9e, alors forc\u00e9ment, avec le temps cela ne s\u2019est pas am\u00e9lior\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais dans un entre-deux, projet\u00e9e au c\u0153ur de songes plut\u00f4t curieux<\/p>\n<p>Alors nous dispara\u00eetrons, car tout doit dispara\u00eetre. M\u00eame les souvenirs s\u2019\u00e9teignent, comme les \u00e9toiles. C\u2019est le noir absolu qui nous attend.<\/p>\n<p>J\u2019aime ses\u00a0vieux immeubles, l\u2019architecture est riche d\u2019histoire, les fa\u00e7ades chantent aux caresses du soleil, la pierre s\u2019illumine et resplendit.<\/p>\n<p>Je me laisse emporter par cette mar\u00e9e humaine dont les remous nerveux manquent parfois me faire chavirer. Jamais je ne chavire, j\u2019ai le pied marin. Je me perds, m\u2019oublie, je me d\u00e9sapprends et deviens autre au milieu de tous ces voyageurs. Je me soustrais \u00e0 ma vie et me dissous dans celle des autres en quelques secondes. C\u2019est le ph\u00e9nom\u00e8ne qui veut \u00e7a, l\u00e0, au beau milieu de la foule dense et press\u00e9e.<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature a toujours fait partie de ma vie. Elle m\u2019a permis de croire encore en l\u2019humanit\u00e9, lorsque ce mot n\u2019\u00e9tait devenu pour moi qu\u2019une id\u00e9e d\u00e9nu\u00e9e de sens, une coque vide. Elle m\u2019a indiqu\u00e9 le chemin, m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 distinguer ce qui a du prix de ce qui n\u2019en a pas. Elle m\u2019a donn\u00e9 la force de continuer \u00e0 garder la t\u00eate haute, \u00e0 sourire, \u00e0 ressentir, \u00e0 r\u00eaver.<\/p>\n<p>Toutes les familles connaissent plus ou moins \u00e7a, les non-dits, les mensonges, les faux-semblants et les ranc\u0153urs. Certaines portent des secrets honteux et inavouables.<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 a pris la place du pr\u00e9sent. <em>Je vis une \u00e9clipse int\u00e9rieure.<\/em><\/p>\n<p>Nous portons en nous la mort autant que la vie, et ce, avec plus ou moins de talent, de courage, et d\u2019inconscience aussi.<\/p>\n<p>Aux yeux des nazis, vous devez le savoir, les femmes homosexuelles \u00e9taient vou\u00e9es aux g\u00e9monies ou \u00e0 la r\u00e9\u00e9ducation.<\/p>\n<p>le mal devenait banal, comme l\u2019explique tr\u00e8s bien Hannah Arendt.<\/p>\n<p>En enfer les nuits sont courtes, froides, p\u00e9nibles, peupl\u00e9es de cauchemars, de pleurs et de cris. Les matins, en enfer, sont identiques. On ne sort pas du cauchemar, il ne s\u2019arr\u00eate jamais.<\/p>\n<p>J\u2019appris l\u2019amour avec un grand A, je vous parle de l\u2019amour universel, inconditionnel. L\u2019amour, on y pense vraiment quand il est absent. Quand il manque. C\u2019est comme l\u2019air qu\u2019on respire. Il suffit que nous soyons \u00e0 bout de souffle, haletants, pour le chercher \u00e0 tout prix, pour d\u00e9sirer remplir nos poumons d\u2019une longue goul\u00e9e d\u2019air. De m\u00eame pour l\u2019amour, c\u2019est quand il manque qu\u2019on se met \u00e0 le chercher partout.<\/p>\n<p>Je vous remercie une nouvelle fois pour votre pr\u00e9venance. C\u2019est une bien jolie qualit\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai dans la poitrine comme un l\u00e2cher de chevaux au galop qui auraient pris mon c\u0153ur pour les steppes de Mongolie. Ma cage thoracique est sur le point de c\u00e9der, d\u2019exploser. J\u2019ai comme un phare plant\u00e9 dans le plexus qui irradie sa lumi\u00e8re au-del\u00e0 des oc\u00e9ans. Je suis ivre\u2026 Je suis amoureuse, ivre et amoureuse\u2026<\/p>\n<p>Le hasard n\u2019existe pas, ce mot vague est juste une fa\u00e7on de renvoyer ses interrogations dans l\u2019ind\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions comme immobilis\u00e9s dans cet espace-temps. Les semaines s\u2019\u00e9coulaient, toutes identiques. \u00c0 croire que toujours le m\u00eame jour se r\u00e9p\u00e9tait sans fin. Nous \u00e9tions hors du monde. Ces instants \u00e9taient pareils \u00e0 un trait d\u2019union, s\u00e9parant et rassemblant ce qui fut et ce qui sera, sans que nous puissions rien y faire, sans m\u00eame \u00e9prouver le d\u00e9sir qu\u2019il en soit autrement.<\/p>\n<p>Vous n\u2019allez pas faire comme ces sottes qui passent leur temps \u00e0 se d\u00e9pr\u00e9cier en s\u2019apitoyant sur leur sort plut\u00f4t que d\u2019essayer de se donner une chance.<\/p>\n<p>Mais pas facile de ne plus avoir peur. C\u2019est la peur, le probl\u00e8me. J\u2019ai encore beaucoup de mal \u00e0 la dompter. Mais je ne renonce pas.<\/p>\n<p>Certaines luttes ne servent \u00e0 rien, sinon \u00e0 nous \u00e9puiser. Il est des combats d\u00e9j\u00e0 vains. Quand tout devient sombre, quand on ne saisit plus r\u00e9ellement le sens de l\u2019existence, il est bon de savoir s\u2019arr\u00eater. Ne plus penser \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 l\u2019instant pr\u00e9sent<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Marseille, Florence navigue entre Lyon ou elle vit et Paris ou elle travaille. Premier bain artistique \u00e0 15 ans avec trois ans de cours de th\u00e9\u00e2tre. 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