{"id":14086,"date":"2021-07-31T10:13:06","date_gmt":"2021-07-31T08:13:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14086"},"modified":"2024-10-09T10:29:19","modified_gmt":"2024-10-09T08:29:19","slug":"redondo-dolores-la-face-nord-du-coeur-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14086","title":{"rendered":"Redondo, Dolores \u00abLa face nord du c\u0153ur\u00bb  (2021)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0:\u00a0 Dolores Redondo Meira, n\u00e9e le 1 fevrier 1969 \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, dans la province de Guipuscoa, au Pays basque, est une romanci\u00e8re espagnole, auteur de romans historiques et policiers.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un roman historique, Los privilegios del angel (2009), elle signe avec Le Gardien invisible son premier roman policier qui inaugure \u00ab la trilogie du Batzan \u00bb ( \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1803\">Le gardien invisible<\/a><\/span>\u00bb,\u00a0 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2416\">De chair et d\u2019os<\/a><\/span>\u00bb ,\u00a0\u00a0\u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3774\">Une offrande \u00e0 la temp\u00eate<\/a><\/span>\u00bb ). Elle re\u00e7oit en 2016 le prix Planeta pour son nouveau roman, \u00ab\u00a0Tout cela je te le donnerai\u00a0\u00bb (<i>Todo esto te dar\u00e9<\/i>).\u00a0 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14086\">La face nord du c\u0153ur<\/a><\/span><i>\u00bb(La cara norte del coraz\u00f3n<\/i>\u00a0 \u2013 2019) parait en 2021 et obtient le Grand Prix\u00a0<i>des lectrices de ELLE<\/i>\u00a0policier. En 2024 elle publie \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Redondo, Dolores \u00ab\u00a0En attendant le d\u00e9luge\u00a0\u00bb (RLE2024) 560 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20936\">En attendant le d\u00e9luge<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb (<i>Esperando al diluvio<\/i>)<\/p>\n<p>Gallimard \u2013 28.01. 2021 &#8211; 682 pages (traductrice\u00a0: Anne Plantagenet) &#8211; Grand Prix\u00a0des lectrices de ELLE\u00a0policier<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Amaia Salazar, d\u00e9tach\u00e9e de la Police forale de Navarre, suit une formation de profiteuse au si\u00e8ge du FBI dans le cadre d&rsquo;un \u00e9change avec Europol. L&rsquo;intuition singuli\u00e8re et la perspicacit\u00e9 dont elle fait preuve conduisent l&rsquo;agent Dupree \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 son \u00e9quipe, lanc\u00e9e sur les traces d&rsquo;un tueur en s\u00e9rie recherch\u00e9 pour plusieurs meurtres de familles enti\u00e8res. Alors que l&rsquo;ouragan Katrina ravage le sud des Etats-Unis, l&rsquo;\u00e9tau se resserre autour de celui qu&rsquo;ils ont surnomm\u00e9 le Compositeur.<br \/>\nLa Nouvelle-Orl\u00e9ans, d\u00e9vast\u00e9e et engloutie par les eaux, est un cadre id\u00e9al pour ce tueur insaisissable qui frappe toujours \u00e0 la faveur de grandes catastrophes naturelles. L&rsquo;association du r\u00e9alisme cru de sc\u00e8nes apocalyptiques en Louisiane, de rituels vaudous des bayous et de souvenirs terrifiants de l&rsquo;enfance basque d&rsquo;Amaia constitue un m\u00e9lange ensorcelant et d&rsquo;une rare puissance romanesque.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;inspir\u00e9 en partie de faits historiques, ce roman est compos\u00e9 de personnages, de lieux et d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements fictifs.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: Coup de c\u0153ur\u00a0! Tout comme pour sa trilogie .<br \/>\nMais comme j\u2019aime ce personnage d\u2019Amaia\u2026<br \/>\nL\u2019ambiance dans laquelle se d\u00e9roule le roman rajoute une couche anxiog\u00e8ne au d\u00e9roulement de l\u2019enqu\u00eate\u2026 la lutte contre le temps \u00e0 la fois pour arr\u00eater le tueur en s\u00e9rie et \u00e0 la fois la peur de l\u2019ouragan Katrina qui fonce sur la ville. En plus de l\u2019enqu\u00eate qui est men\u00e9e de main de ma\u00eetre, il y a les rapports humains, les personnages avec leurs secrets et leur part d\u2019ombre, une ambiance en clair-obscur, des non-dits et des rivalit\u00e9s, des intuitions, de l\u2019\u00e9motionnel\u2026<br \/>\nCe roman parle de l\u00e9gendes, de sectes, de crimes rituels, de mythologie basque, de vaudou, de gu\u00e9risseurs, de sorciers, de sorci\u00e8res, de magie.<br \/>\nCe roman touche au pass\u00e9 des personnages, \u00e0 la transmission, aux origines, aux peurs et aux blessures de l\u2019enfance. En plus d\u2019etre un thriller psycho-psychologique, c\u2019est une investigation pouss\u00e9e, dans des circonstances difficiles et des conditions extr\u00eames.<br \/>\nEt pour qui a lu la trilogie (ce n\u2019est pas n\u00e9cessaire) , on retrouve par moments atmosph\u00e8re si particuli\u00e8re de Batzan. M\u00eame s\u2019il est difficile de comparer Louisiane et Pays basque, les croyances se rejoignent, les mythologies aussi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extrait<\/strong>s\u00a0:<\/p>\n<p>La tornade grondait en avan\u00e7ant dans le pr\u00e9 d\u00e9sert comme une silhouette surgie des t\u00e9n\u00e8bres, envelopp\u00e9e dans une cape de poussi\u00e8re, de brouillard et de destruction.<\/p>\n<p>Mais attention\u00a0: le pr\u00e9suppos\u00e9 est le plus grand ennemi de l&rsquo;enqu\u00eateur, et l&rsquo;\u00e9vidence montre que tous les tueurs en s\u00e9rie ne sont pas compulsifs et d\u00e9sorganis\u00e9s.<\/p>\n<p>La victimologie, continua Dupree presque \u00e0 l&rsquo;unisson, la science bas\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9tude du profil des victimes, mais aussi des victimes suppos\u00e9es, des personnes disparues, des fugitifs, de tous ceux qui s&rsquo;\u00e9vanouissent dans la nature sans laisser de trace. La victimologie dans ce cas devient une science abstraite, et l&rsquo;intuition de l&rsquo;enqu\u00eateur sera fondamentale pour d\u00e9terminer s&rsquo;il s&rsquo;agit r\u00e9ellement d&rsquo;une victime.<\/p>\n<p>On trouve facilement des th\u00e9ories et des preuves qui confirment ce que nous croyons, en \u00e9vitant celles qui le contredisent. C&rsquo;est pareil avec le consensus et la tendance \u00e0 penser que la th\u00e9orie que nous d\u00e9fendons a plus de valeur parce qu&rsquo;elle est plus r\u00e9pandue, ou plus commune parmi ceux qui nous entourent, sans pr\u00e9ciser qui sont exactement \u00ab\u00a0tous ceux qui pensent comme \u00e7a\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le sourire d&rsquo;Emerson s&rsquo;\u00e9vanouit, remplac\u00e9 par l&rsquo;incision au scalpel qu&rsquo;il affichait quand il \u00e9tait frustr\u00e9.<\/p>\n<p>Inquisiteur, il fouillait en elle avec la passion d&rsquo;un \u00e9gyptologue devant un hi\u00e9roglyphe.<\/p>\n<p>\u2014 Il y a deux cat\u00e9gories d&rsquo;\u00eatres qui ne quitteront jamais La Nouvelle-Orl\u00e9ans\u00a0: les musiciens et les fant\u00f4mes.<\/p>\n<p>Avec elle, il avait toujours l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre en pr\u00e9sence d&rsquo;un tigre. Son calme apparent et d\u00e9licat n&rsquo;\u00e9tait que le beau pelage d&rsquo;un pr\u00e9dateur hostile.<\/p>\n<p>La seule fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la mort c&rsquo;est d&rsquo;essayer de ne pas mourir aujourd&rsquo;hui, et on n&rsquo;y arrive pas toujours.<\/p>\n<p>Il aura v\u00e9cu un jour de plus. Un jour de plus de possibilit\u00e9s, de rencontres, d&rsquo;apprentissage, de survie. Quand on survit, on apprend \u00e0 vivre. On n&rsquo;a plus le choix quand on est morte.<\/p>\n<p>Je r\u00eave des morts. Ils me poursuivent, cherchant \u00e0 me dire quelque chose que j&rsquo;ai beaucoup de mal \u00e0 comprendre. Les cauchemars s&rsquo;arr\u00eatent seulement quand je r\u00e9ussis \u00e0 distinguer leurs paroles.<\/p>\n<p>Le lieu o\u00f9 on na\u00eet et passe son enfance nous marque de mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile, laisse en nous une trace compos\u00e9e de tout ce que nous avons vu, appris, observ\u00e9 ou \u00e9cout\u00e9.<\/p>\n<p>Katrina causerait des d\u00e9g\u00e2ts d\u00e9vastateurs sur toute la c\u00f4te du golfe, et les pr\u00e9visions pour La Nouvelle-Orl\u00e9ans n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s optimistes. La ville \u00e9tait situ\u00e9e deux m\u00e8tres sous le niveau de la mer, avec le lac Pontchartrain au nord et l&rsquo;abondant Mississippi qui la traversait tel un serpent, et la menace d&rsquo;un raz-de-mar\u00e9e cyclonique commen\u00e7ait \u00e0 appara\u00eetre soudain comme une r\u00e9alit\u00e9 in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>On dit que les villes n&rsquo;ont pas de m\u00e9moire et que leurs habitants oublient vite pour vivre vite.<\/p>\n<p>Il existe de nombreux types de sourires, faux pour la plupart\u00a0: celui qu&rsquo;on adopte pour une photo\u00a0; celui de circonstance, quand quelqu&rsquo;un fait une blague d\u00e9plac\u00e9e\u00a0; g\u00ean\u00e9, face \u00e0 des commentaires regrettables\u00a0; s\u00e9ducteur, qui se dessine sur le visage quand quelqu&rsquo;un nous attire sexuellement\u00a0; sarcastique, caract\u00e9ristique des politiques qui sourient quand une question ne leur pla\u00eet pas du tout. Puis il y a le sourire authentique, le sourire de bonheur.<\/p>\n<p>Il y a cinq types d&rsquo;experts indispensables pour avoir une parfaite analyse de sc\u00e8ne de crime. \u00c0 savoir\u00a0: un photographe, un expert planim\u00e9trique, un sp\u00e9cialiste des empreintes, un anatomopathologiste et un chimiste<\/p>\n<p>elle savait que lorsqu&rsquo;on avait approch\u00e9 un tueur en s\u00e9rie, plus rien n&rsquo;\u00e9tait comme avant. La fa\u00e7on dont on voyait les autres, la fa\u00e7on dont on se voyait soi-m\u00eame, tout changeait. Parce que admettre qu&rsquo;un autre individu avait \u00e9t\u00e9 capable de faire \u00e7a, c&rsquo;\u00e9tait assumer la partie la plus sombre de la nature humaine et, par cons\u00e9quent, de sa propre nature.<\/p>\n<p>Ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas tant la logique que la simple satisfaction personnelle qui justifie le passage \u00e0 l&rsquo;acte d&rsquo;un psychopathe.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;aimait pas l&rsquo;obscurit\u00e9. Et encore moins ajout\u00e9e au silence, car dans le silence on entend tout.<\/p>\n<p>il a toujours une longueur d&rsquo;avance, et m\u00eame un jour d&rsquo;avance\u00a0; c&rsquo;est sans doute pour cela qu&rsquo;il a toujours l&rsquo;air pr\u00e9occup\u00e9, comme Atlas portant le monde sur ses \u00e9paules.<\/p>\n<p>La loyaut\u00e9, ce n&rsquo;est pas tout se dire, c&rsquo;est se dire l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>Amaia pouvait percevoir le vent, l&rsquo;ext\u00e9rieur envahissant l&rsquo;int\u00e9rieur, la force destructrice de la nature, et la nature humaine plus d\u00e9vastatrice encore.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le passage de Betsy, ils ont construit les barrages avec des mat\u00e9riaux d&rsquo;occasion. Des mat\u00e9riaux m\u00e9diocres pour Am\u00e9ricains d&rsquo;occasion.<\/p>\n<p>On ne subit pas tout \u00e7a, on ne survit pas \u00e0 la temp\u00eate pour permettre \u00e0 un assassin d&rsquo;en finir avec la vie qu&rsquo;on a acquise en luttant et en r\u00e9sistant. Ceux qui ont surv\u00e9cu sont les enfants de la temp\u00eate. Si elle ne les a pas tu\u00e9s, personne n&rsquo;a le droit de le faire. On ne peut pas laisser le Compositeur transformer le combat pour la survie de ces familles en son parc d&rsquo;attractions d&rsquo;Armageddon.<\/p>\n<p>Quand les consignes n&rsquo;avaient plus de sens, quand l&rsquo;\u00e9puisement s&#8217;emparait des corps et des \u00e2mes, quand continuer ou non faisait d\u00e9bat\u00a0: il n&rsquo;existait aucune force aussi r\u00e9demptrice que le contact humain.<\/p>\n<p>\u2014 L&rsquo;Inquisition, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9quivalent des tribunaux des proc\u00e8s de Salem, qui jugeaient les sorci\u00e8res, non\u00a0?<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re projet\u00e9e sur le sol dessinait sur son visage des ombres sinistres qui, il en eut la certitude, \u00e9taient le reflet de l&rsquo;obscurit\u00e9 qui peuplait ses r\u00eaves.<\/p>\n<p>\u2014 Amaia veut dire \u00ab\u00a0la fin\u00a0\u00bb. On raconte aussi que \u00e7a vient de la premi\u00e8re m\u00e8re. La m\u00e8re de tout le monde. Le d\u00e9but et la fin.<\/p>\n<p>Depuis longtemps, toute cette r\u00e9gion des deux c\u00f4t\u00e9s des Pyr\u00e9n\u00e9es a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme magique. Les sorci\u00e8res de Zugarramurdi, les proc\u00e8s de l&rsquo;Inquisition\u2026<\/p>\n<p>Tout ce folklore autour du vaudou a une part de vrai, c&rsquo;est la religion des esprits. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que signifie le mot \u00ab\u00a0vaudou\u00a0\u00bb\u00a0: l&rsquo;esprit qui parle. Et quand on parle aux esprits, on peut choisir de parler aux gentils ou aux m\u00e9chants.<\/p>\n<p>Combien de fois notre silence nous rend-il complices\u00a0? songea-t-elle. Alors que nous voyons tous les signes de l&rsquo;horreur et ne bougeons pas le petit doigt.<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;assit, en d\u00e9fit les n\u0153uds et sortit les cartes. Un jeu de tarot de Marseille qu&rsquo;elle contempla avec une certaine appr\u00e9hension, comme un m\u00e9dicament n\u00e9cessaire et amer, accabl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;avance par ce qu&rsquo;elle allait faire.<\/p>\n<p>Des terroristes d\u00e9truisent le World Trade Center et le pays bascule dans le malheur, mais quand une ville enti\u00e8re \u00e0 forte population noire dispara\u00eet sous l&rsquo;eau, qu&rsquo;est-ce que \u00e7a peut faire\u00a0? Aurait-on trouv\u00e9 normal que quatre jours apr\u00e8s la destruction des tours jumelles l&rsquo;aide ne soit toujours pas arriv\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<p>Mourir en hiver \u00e9tait plus romanesque.<\/p>\n<p>Parfois, \u00eatre gentil ne suffisait pas\u00a0: il fallait \u00eatre juste. Et son fr\u00e8re n&rsquo;avait pas eu le courage de l&rsquo;\u00eatre. Il avait laiss\u00e9 sa bont\u00e9 excessive s&rsquo;\u00e9tendre comme une infection, faisant de lui un l\u00e2che, en partie hypocrite, qui avait esquiv\u00e9 tout affrontement sous pr\u00e9texte de pr\u00e9server une fausse stabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Mythologie &#8211; l\u00e9gendes<\/strong>\u00a0:<br \/>\n<strong><em>Gaueko<\/em>\u00a0<\/strong>: \u00ab\u00a0Elle regarda \u00e0 nouveau dehors et r\u00e9alisa qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas pens\u00e9 aux <em>gaueko<\/em> depuis l&rsquo;enfance. Les ombres. Qui errent sans foyer, cherchant dans votre \u00e2me un coin d&rsquo;obscurit\u00e9 o\u00f9 vivre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2014 <em>Gaueko<\/em>, les esprits de la nuit, dit-elle. Dans la r\u00e9gion d&rsquo;o\u00f9 je viens, il existe de nombreuses l\u00e9gendes sur toutes sortes de cr\u00e9atures magiques, celles de la lumi\u00e8re comme celles de la nuit. On trouve parmi les <em>gaueko<\/em> tous les \u00eatres de la nuit, ceux qui errent dans les montagnes, ceux qui hantent les villes, ceux qui sont pleins de mort et de solitude et cherchent une part d&rsquo;ombre o\u00f9 se glisser dans un corps humain. Selon les l\u00e9gendes, ils sont libres d&rsquo;aller o\u00f9 ils veulent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aube, mais doivent se cacher dans les grottes et sous les pierres d\u00e8s qu&rsquo;arrive le jour. C&rsquo;est une croyance tellement r\u00e9pandue que beaucoup de maisons arborent sur leur porte une fleur de chardon, la <em>eguzki-lore<\/em>*, ou fleur du soleil. On raconte que la d\u00e9esse Mari l&rsquo;a offerte aux hommes afin de prot\u00e9ger leurs foyers des <em>gaueko<\/em> car elle ressemble au soleil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Basajaun<\/strong>\u00a0: Seigneur de la for\u00eat. Cr\u00e9ature anthropomorphique de la mythologie basco-navarraise, g\u00e9n\u00e9ralement bienveillante, qui prot\u00e8ge l&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;homme et la nature. Surnom de l&rsquo;assassin dans <em>Le Gardien invisible<\/em>, tome\u00a01 de la trilogie du Bazt\u00e1n.<\/p>\n<p><strong>Bazagr\u00e1, ou Bazagre\u00e1<\/strong>\u00a0: Nom d&rsquo;un d\u00e9mon du vaudou, d\u00e9riv\u00e9 de Baal et de Belz\u00e9buth. Il appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 en M\u00e9sopotamie et, comme Baal, dans l&rsquo;Ancien Testament. Mot utilis\u00e9 pour lancer une mal\u00e9diction.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9esse Mari<\/strong> (Basque)\u00a0: Mari, Anbotoko Mari, Anbotoko Dama (la dame d&rsquo;Anboto) ou Murumendiko Dama (dame de Murumendi) est une D\u00e9esse m\u00e8re dans la mythologie des Basques, une divinit\u00e9 f\u00e9minine, qui repr\u00e9sente la \u00ab nature \u00bb. Parmi les primitives D\u00e9esse-m\u00e8res europ\u00e9ennes, Mari est la seule qui soit arriv\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Elle a \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e au dieu Sugaar (\u00e9galement connu sous le nom de Sugoi ou Majue). Elle est connue sous plusieurs appellations comme Maya, Lezekoandrea et Loana-gorri.<br \/>\nMari vit sous terre, normalement dans une caverne en haute montagne, o\u00f9 elle et son \u00e9poux Sugaar se rencontrent chaque vendredi (la nuit de l&rsquo;Akelarre ou le rendez-vous des sorci\u00e8res) pour concevoir des orages qui apporteront la fertilit\u00e9 (et parfois le d\u00e9shonneur) \u00e0 la terre et au peuple. On dit que Mari est servie par une cour de sorginak (sorci\u00e8res), et elle s&rsquo;alimente de la n\u00e9gation et de l&rsquo;affirmation (c\u2019est-\u00e0-dire de la fausset\u00e9).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Baron Samedi, un des <strong><em>Lwas<\/em> <\/strong>du vaudou. Le <em>Lwa<\/em> de la mort. Un esprit mal\u00e9fique, \u00e0 qui on attribue les pires m\u00e9faits, et que vous avez d\u00fb voir repr\u00e9sent\u00e9 un million de fois pendant le carnaval ou Halloween. Un squelette avec les orbites enfonc\u00e9es, un haut-de-forme et un cigare \u00e0 la bouche. Parfois on le repr\u00e9sente v\u00eatu d&rsquo;un smoking ou d&rsquo;un frac\u2026 Je suis s\u00fbr que tous les enfants sont capables de le reconna\u00eetre. C&rsquo;est une figure de notre folklore, au m\u00eame titre que les lutins verts en Irlande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le <strong><em>rougarou<\/em><\/strong>, ou <em>loup-garou<\/em>, est un monstre des bayous, l&rsquo;\u00e9quivalent de l&rsquo;homme-loup. Les <em>lutins<\/em> sont encore plus difficiles \u00e0 expliquer\u00a0: ce sont des esprits espi\u00e8gles, suppose-t-on, comme des farfadets, et il y a aussi les <em>fifolets<\/em>, les lumi\u00e8res du bayou, des feux follets probablement mais, selon la culture cajun, des esprits malins, fant\u00f4mes des morts entra\u00een\u00e9s par le courant vers les bayous.<\/p>\n<p>Le vaudou est la religion majoritaire dans certains pays, le Togo ou le B\u00e9nin par exemple, et la religion officielle en Ha\u00efti dans sa version carib\u00e9enne. Ici, il s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des croyances des esclaves venus d&rsquo;Afrique et de la fusion avec le christianisme et ses d\u00e9riv\u00e9s, santer\u00eda, candombl\u00e9, umbanda.<\/p>\n<p>Dans le culte vaudou, il existe un d\u00e9mon appel\u00e9 Kalfou, qui monte sur la poitrine de sa victime quand elle dort et la paralyse, la rendant consciente de son cauchemar, mais incapable de s&rsquo;en lib\u00e9rer.<\/p>\n<p><strong>Vocabulaire<\/strong>\u00a0:<br \/>\n<strong>Praxinoscope de Reynaud<\/strong>\u00a0: Le praxinoscope fut invent\u00e9 au Puy-en-Velay par \u00c9mile Reynaud en 1876. Brevet\u00e9 en 1877, il s&rsquo;agissait d&rsquo;un jouet optique donnant l&rsquo;illusion du mouvement et fonctionnant sur le principe de la compensation optique.<br \/>\n<strong>Takotsubo<\/strong>\u00a0: \u00c9galement appel\u00e9 cardiomyopathie li\u00e9e au stress, syndrome du ballonnement apical ou syndrome du c\u0153ur bris\u00e9, le syndrome de Takotsubo est une cardiomyopathie transitoire qui a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite au Japon : elle dure en g\u00e9n\u00e9ral deux semaines, en l&rsquo;absence de mortalit\u00e9 ou gravit\u00e9 \u00e0 la phase aigu\u00eb.<br \/>\nCe terme japonais d\u00e9signe un vase de p\u00eache traditionnelle servant \u00e0 pi\u00e9ger les poulpes.<br \/>\n<strong>le syndrome de Cotard<\/strong>\u00a0: D\u00e9crit en 1880 par le neurologue fran\u00e7ais Jules Cotard, le syndrome de Cotard est une maladie psychiatrique rare se pr\u00e9sentant sous la forme d&rsquo;un syndrome d\u00e9lirant consistant \u00e0 nier sa propre existence. Il est observ\u00e9 au cours de syndromes m\u00e9lancoliques, qui sont eux-m\u00eames class\u00e9s parmi les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs graves.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0:\u00a0 Dolores Redondo Meira, n\u00e9e le 1 fevrier 1969 \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, dans la province de Guipuscoa, au Pays basque, est une romanci\u00e8re espagnole, auteur de romans historiques et policiers. Apr\u00e8s un roman historique, Los privilegios del angel (2009), elle signe avec Le Gardien invisible son premier roman policier qui inaugure \u00ab la trilogie du Batzan &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14086\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14087,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1322,91,1288,583,202,8,104,73,105,192],"tags":[602,186,442,178,690,1432,282,1431,277,314,707,410,817,633,530,1411],"class_list":["post-14086","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1322","category-polar-psychologique","category-coup-de-coeur-polar-thriller","category-coup-de-coeur","category-etats-unis","category-espagnol","category-mythe-legende","category-basque","category-roman","category-xxieme-siecle","tag-catastrophe","tag-enquete","tag-legendes","tag-magie","tag-mystere","tag-nouvelle-orleans","tag-origine","tag-ouragans","tag-passe","tag-rapports-familiaux","tag-relation-pere-fils","tag-relations-mere-fille","tag-secrets-de-famille","tag-sorcellerie","tag-tueur-en-serie","tag-vaudou"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14086"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14086\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20944,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14086\/revisions\/20944"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}