{"id":14172,"date":"2021-08-09T14:50:45","date_gmt":"2021-08-09T12:50:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14172"},"modified":"2021-08-10T15:51:22","modified_gmt":"2021-08-10T13:51:22","slug":"maupassant-guy-de-le-horla-1886-1887","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14172","title":{"rendered":"Maupassant, Guy de \u00ab Le Horla \u00bb (1886 -1887)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Henry-Ren\u00e9-Albert-Guy de Maupassant est un \u00e9crivain et journaliste litt\u00e9raire fran\u00e7ais n\u00e9 le 5 ao\u00fbt 1850 au ch\u00e2teau de Miromesnil \u00e0 Tourville-sur-Arques (en Seine-Inf\u00e9rieure) et mort le 6 juillet 1893 \u00e0 Paris.<br \/>\nLi\u00e9 \u00e0 Gustave Flaubert et \u00e0 \u00c9mile Zola, Maupassant a marqu\u00e9 la litt\u00e9rature fran\u00e7aise par ses six romans, dont Une vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, et surtout par ses nouvelles (parfois intitul\u00e9es contes) comme Boule de Suif en 1880, les Contes de la b\u00e9casse (1883) ou Le Horla (1887). Ces \u0153uvres retiennent l\u2019attention par leur force r\u00e9aliste, la pr\u00e9sence importante du fantastique et par le pessimisme qui s\u2019en d\u00e9gage le plus souvent, mais aussi par la ma\u00eetrise stylistique. La carri\u00e8re litt\u00e9raire de Maupassant se limite \u00e0 une d\u00e9cennie \u2014 de 1880 \u00e0 1890 \u2014 avant qu\u2019il ne sombre peu \u00e0 peu dans la folie et ne meure peu avant l&rsquo;\u00e2ge de 43 ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvel\u00e9 encore par les nombreuses adaptations cin\u00e9matographiques de ses \u0153uvres3.<\/p>\n<p>GF-Flammarion \u00ab\u00a0Le Horla et autres contes d\u2019angoisse\u00a0\u00bb (1984) 250 pages<br \/>\nLicence : Domaine public de l\u2019\u0153uvre de Maupassant\u00a0:<br \/>\nVersion epub gratuite (BeQ)<br \/>\nPremi\u00e8re version disponible sur :\u00a0 www.inlibroveritas.net<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Par une belle journ\u00e9e de printemps, depuis son jardin, un homme salue un superbe trois-m\u00e2ts qui passe sur la Seine. Mais, rentr\u00e9 chez lui, il est saisi d&rsquo;un \u00e9trange malaise. Bient\u00f4t surviennent des \u00e9v\u00e9nements myst\u00e9rieux. Chaque nuit, de l&rsquo;eau dispara\u00eet sans raison de la carafe pos\u00e9e sur sa table de chevet et son sommeil est interrompu par un m\u00eame cauchemar : il croit sentir une cr\u00e9ature invisible se pencher sur son corps et aspirer sa vie&#8230;<br \/>\nConfrontation avec l&rsquo;invisible, exp\u00e9riences magn\u00e9tiques, hallucinations : dans ce recueil qui r\u00e9unit six chefs-d&rsquo;\u0153uvre de Maupassant, le cadre r\u00e9aliste est sans cesse boulevers\u00e9 par l&rsquo;irruption du surnaturel et de la folie.<br \/>\n<strong>Analyse sur Wikip\u00e9dia<\/strong>\u00a0: Le Horla est une longue nouvelle fantastique et psychologique de Guy de Maupassant parue en 1886, puis dans une seconde version en 1887. L&rsquo;auteur y d\u00e9crit la d\u00e9ch\u00e9ance progressive et dramatique du narrateur poursuivi par une cr\u00e9ature invisible, baptis\u00e9e \u00ab le Horla \u00bb, dont il ne sait si elle est r\u00e9elle ou le r\u00e9sultat d&rsquo;un trouble psychiatrique. Il cherchera \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9barrasser par tous les moyens possibles. Dans ce r\u00e9cit psychologique, Maupassant pr\u00e9sente un personnage autodestructeur constamment tortur\u00e9, d&rsquo;abord gagn\u00e9 par le doute et qui finit par sombrer dans la d\u00e9mence en passant par divers \u00e9tats, tels la parano\u00efa, les hallucinations, les crises d&rsquo;angoisse, la paralysie du sommeil, avec lesquels il se d\u00e9bat. La forme du journal intime de la seconde version, la plus connue, favorise encore davantage l&rsquo;identification au narrateur.<br \/>\nLe Horla a pour particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre la premi\u00e8re \u0153uvre de fiction \u00e0 pr\u00e9senter l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un trouble mental sous son angle m\u00e9dical \u00e0 travers les pens\u00e9es de celui qui le vit. Maupassant conna\u00eet \u00e0 ce moment lui-m\u00eame des troubles psychiatriques, sympt\u00f4mes neurologiques de la syphilis dont il mourra cinq ans plus tard.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: \u00a0J\u2019ai lu deux versions du Horla .<\/p>\n<p>La premi\u00e8re version est un Texte publi\u00e9 dans \u00ab\u00a0Gil Blas\u00a0\u00bb du 26 octobre 1886\u00a0: Un ali\u00e9niste, le docteur Marrande, invite quelques confr\u00e8res pour \u00e9couter le t\u00e9moignage d&rsquo;un de ses patients. Celui-ci raconte divers \u00e9v\u00e8nements qui lui sont arriv\u00e9s et pour lequel il ne trouve qu&rsquo;une explication : un \u00eatre nouveau, qu&rsquo;il a lui-m\u00eame baptis\u00e9 \u00ab le Horla \u00bb, est arriv\u00e9 et il a les moyens de contr\u00f4ler l&rsquo;Homme.<\/p>\n<p>La plus connue est la seconde qui est un journal se d\u00e9roulant de mai \u00e0 septembre\u00a0:<br \/>\nC\u2019est le journal intime d\u2019une personne qui note ses r\u00e9flexions et ses angoisses pendant un laps de temps relativement court (4 mois)\u00a0: au centre de ses pens\u00e9es une angoisse, une peur irraisonn\u00e9e, des nuits sans sommeil ou alors hant\u00e9es de cauchemars. Se pose la question de savoir s\u2019il est sain d\u2019esprit, totalement parano\u00efaque ou alors s\u2019il est pers\u00e9cut\u00e9 par une entit\u00e9 qu\u2019il ne parvient pas \u00e0 percevoir (fant\u00f4me\u00a0? esprit\u00a0? Personne malveillante\u00a0?). Et pour lui l\u2019important est de se d\u00e9barrasser de cette pr\u00e9sence invisible par n\u2019importe quel moyen.<br \/>\nCe qui met mal \u00e0 l\u2019aise c\u2019est que Maupassant, en employant la premi\u00e8re personne du singulier pour relater ses troubles et ses hantises nous propulse dans le r\u00e9cit\u00a0; il nous associe \u00e0 son incapacit\u00e9 de r\u00e9agir, d\u2019agir, de penser par lui-m\u00eame et nous enferme dans son monde \u00e0 la fois fantastique et surnaturel, dont le fondement est la peur de l\u2019inexplicable.<br \/>\nQui est le Horla\u00a0? une entit\u00e9 surnaturelle\u00a0? ou simplement la partie cach\u00e9e de la personne tourment\u00e9e, son autre moi, l\u2019invisible, l\u2019inconscient\u00a0? ou alors a-t-il bascul\u00e9 dans la folie et c\u2019est une autre de ses personnalit\u00e9s qui s\u2019exprime\u00a0? (ne pas oublier que quelques ann\u00e9es apr\u00e8s avoir \u00e9crit ce conte il sera intern\u00e9 dans un asile psychiatrique)<\/p>\n<p><em>C&rsquo;est int\u00e9ressant\u00a0de voir que l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par le vent&#8230;<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai lu tous les contes de cet opus en plus du \u00ab\u00a0Le Horla\u00a0\u00bb. Si elles sont plaisantes, aucune n\u2019a l\u2019intensit\u00e9 du Horla mais ce fut comme toujours un plaisir de relire cet auteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la premi\u00e8re version<\/strong>\u00a0: (1886)<br \/>\nOui, je tombais dans le n\u00e9ant, dans un n\u00e9ant absolu, dans une mort de l&rsquo;\u00eatre entier dont j&rsquo;\u00e9tais tir\u00e9 brusquement, horriblement par l&rsquo;\u00e9pouvantable sensation d&rsquo;un poids \u00e9crasant sur ma poitrine, et d&rsquo;une bouche qui mangeait ma vie, sur ma bouche.<\/p>\n<p>Messieurs, \u00e9coutez\u2212moi, je suis calme ; je ne croyais pas au surnaturel, je n&rsquo;y crois pas m\u00eame aujourd&rsquo;hui ; mais \u00e0 partir de ce moment\u2212l\u00e0, je fus certain, certain comme du jour et de la nuit, qu&rsquo;il existait pr\u00e8s de moi un \u00eatre invisible qui m&rsquo;avait hant\u00e9, puis m&rsquo;avait quitt\u00e9, et qui revenait.<\/p>\n<p>Quoi d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce qu&rsquo;il ne voie pas un corps nouveau, \u00e0 qui manque sans doute la seule propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;arr\u00eater les rayons lumineux.<br \/>\nApercevez\u2212vous l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ? Et cependant elle existe !<br \/>\nCet \u00eatre, que j&rsquo;ai nomm\u00e9 le Horla, existe aussi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>De la deuxi\u00e8me version<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019aime ce pays, et j\u2019aime y vivre parce que j\u2019y ai mes racines, ces profondes et d\u00e9licates racines, qui attachent un homme \u00e0 la terre o\u00f9 sont n\u00e9s et morts ses a\u00efeux, qui l\u2019attachent \u00e0 ce qu\u2019on pense et \u00e0 ce qu\u2019on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l\u2019air lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 viennent ces influences myst\u00e9rieuses qui changent en d\u00e9couragement notre bonheur et notre confiance en d\u00e9tresse\u00a0? On dirait que l\u2019air, l\u2019air invisible est plein d\u2019inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages myst\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Comme il est profond, ce myst\u00e8re de l\u2019Invisible\u00a0!<\/p>\n<p>\u00c0 mesure qu\u2019approche le soir, une inqui\u00e9tude incompr\u00e9hensible m\u2019envahit, comme si la nuit cachait pour moi une menace terrible.<\/p>\n<p>Puis, je me couche, et j\u2019attends le sommeil comme on attendrait le bourreau.<\/p>\n<p>De l\u00e0 sont n\u00e9es les croyances populaires au surnaturel, les l\u00e9gendes des esprits r\u00f4deurs, des f\u00e9es, des gnomes, des revenants, je dirai m\u00eame la l\u00e9gende de Dieu, car nos conceptions de l\u2019ouvrier-cr\u00e9ateur, de quelque religion qu\u2019elles nous viennent, sont bien les inventions les plus m\u00e9diocres, les plus stupides, les plus inacceptables sorties du cerveau apeur\u00e9 des cr\u00e9atures.<\/p>\n<p>J\u2019ai que je ne peux plus me reposer, monsieur, ce sont mes nuits qui mangent mes jours.<\/p>\n<p>Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fant\u00f4mes.<\/p>\n<p>Tenez, voici le vent qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les \u00e9difices, d\u00e9racine les arbres, soul\u00e8ve la mer en montagnes d\u2019eau, d\u00e9truit les falaises et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui g\u00e9mit, qui mugit, l\u2019avez-vous vu et pouvez-vous le voir\u00a0: il existe pourtant\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Vocabulaire<\/strong>\u00a0:<br \/>\nLe chevesne ou chevaine commun (Squalius cephalus) est une esp\u00e8ce de poissons d&rsquo;eau douce tr\u00e8s fr\u00e9quente en Europe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Autres contes du Recueil\u00a0:<\/strong><br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Clochette\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0:<br \/>\nSont-ils \u00e9tranges, ces anciens souvenirs qui vous hantent sans qu\u2019on puisse se d\u00e9faire d\u2019eux\u00a0!<\/p>\n<p>Elle boitait, non pas comme boitent les estropi\u00e9s ordinaires, mais comme un navire \u00e0 l\u2019ancre. Quand elle posait sur sa bonne jambe son grand corps osseux et d\u00e9vi\u00e9, elle semblait prendre son \u00e9lan pour monter sur une vague monstrueuse, puis, tout \u00e0 coup, elle plongeait comme pour dispara\u00eetre dans un ab\u00eeme, elle s\u2019enfon\u00e7ait dans le sol. Sa marche \u00e9veillait bien l\u2019id\u00e9e d\u2019une temp\u00eate, tant elle se balan\u00e7ait en m\u00eame temps\u00a0; et sa t\u00eate toujours coiff\u00e9e d\u2019un \u00e9norme bonnet blanc, dont les rubans lui flottaient dans le dos, semblait traverser l\u2019horizon, du nord au sud et du sud au nord, \u00e0 chacun de ses mouvements.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le marquis de Fumerol\u00a0<\/em>\u00bb<br \/>\nMoi, je l\u2019appelle don Quichotte parce qu\u2019il s\u2019est battu pendant douze ans contre le moulin \u00e0 vent de la R\u00e9publique sans bien savoir si c\u2019\u00e9tait au nom des Bourbons ou bien au nom des Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p>Ancien pair de France, ancien colonel de cavalerie, il ne croyait, disait-on, ni \u00e0 Dieu ni \u00e0 diable. Doutant donc de la vie future, il avait abus\u00e9, de toutes les fa\u00e7ons, de la vie pr\u00e9sente<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Sortez d\u2019ici&#8230;, sortez d\u2019ici&#8230; voleurs d\u2019\u00e2mes&#8230; Sortez d\u2019ici, violeurs de consciences&#8230; Sortez d\u2019ici, crocheteurs de portes des moribonds\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Henry-Ren\u00e9-Albert-Guy de Maupassant est un \u00e9crivain et journaliste litt\u00e9raire fran\u00e7ais n\u00e9 le 5 ao\u00fbt 1850 au ch\u00e2teau de Miromesnil \u00e0 Tourville-sur-Arques (en Seine-Inf\u00e9rieure) et mort le 6 juillet 1893 \u00e0 Paris. 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