{"id":14213,"date":"2021-08-17T11:40:35","date_gmt":"2021-08-17T09:40:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14213"},"modified":"2025-01-17T15:43:57","modified_gmt":"2025-01-17T13:43:57","slug":"lynch-paul-au-dela-de-la-mer-rl2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14213","title":{"rendered":"Lynch, Paul \u00ab Au-del\u00e0 de la mer \u00bb (RL2021)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Paul Lynch est un auteur irlandais est n\u00e9 en 1977 \u00e0 Limerick dans le Donegal et vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Dublin. Il a \u00e9t\u00e9 journaliste et critique de cin\u00e9ma \u00e0 Sunday Tribune de 2007 \u00e0 2011 et a \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le Sunday Times. Il est actuellement \u00e9crivain \u00e0 temps plein.<br \/>\nSon premier roman, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1047\"><span style=\"color: #0000ff;\">Un ciel rouge, le matin<\/span><\/a>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2014), a \u00e9t\u00e9 unanimement salu\u00e9 par la presse comme une r\u00e9v\u00e9lation et finaliste du Prix du Meilleur Livre \u00e9tranger. A suivi \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3898\">La Neige noire<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2015), r\u00e9compens\u00e9 par le Prix Libr&rsquo;\u00e0 Nous et largement pl\u00e9biscit\u00e9 par les lecteurs. Il publie \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13087\">Grace<\/a> \u00bb<\/span>\u00a0en 2019, \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14213\">\u00a0Au-del\u00e0 de la mer\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (RL2021),\u00abLe Chant du proph\u00e8te\u00bb (RLH2025)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Albin-Michel \u2013 18.08.2021 \u2013 240 pages\u00a0 (traduit par Marina Boraso)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: \u00ab Muets de saisissement, Hector et lui regardent le monde se recomposer dans une magnificence de couleurs. Comme s\u2019ils \u00e9taient les premiers \u00e0 contempler des ciels pareils. Chacun commence \u00e0 entrevoir la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019autre, \u00e0 deviner qu\u2019ils sont tous les deux pareillement d\u00e9munis au c\u0153ur de la v\u00e9rit\u00e9 des choses. Et qu\u2019au sein d\u2019une telle immensit\u00e9, ce qu\u2019un homme porte en son c\u0153ur n\u2019a plus gu\u00e8re de poids. \u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019annonce d\u2019une temp\u00eate, Bolivar, un p\u00eacheur sud-am\u00e9ricain, convainc le jeune Hector de prendre la mer avec lui. Tous deux se retrouvent vite \u00e0 la merci des \u00e9l\u00e9ments, prisonniers de l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an Pacifique. Unis par cette terrifiante intimit\u00e9 forc\u00e9e et sans issue, ils se heurtent aux limites de la foi et de l\u2019espoir, \u00e0 l\u2019essence de la vie et de la mort, \u00e0 leur propre conscience.<br \/>\nDans ce face-\u00e0-face d\u2019une intensit\u00e9 spectaculaire, Paul Lynch explore la condition humaine avec une force digne d\u2019Hemingway ou de Camus, et s\u2019impose d\u00e9finitivement comme un virtuose des lettres irlandaises.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un tr\u00e8s grand merci aux Editions Albin Michel de m\u2019avoir permis de d\u00e9couvrir en avant-premi\u00e8re ce roman saisissant et \u00e9poustouflant d\u2019un auteur magistral.<br \/>\nBolivar part en mer alors qu\u2019une temp\u00eate est annonc\u00e9e, accompagn\u00e9 d\u2019un ado, Hector, qui, malgr\u00e9 ses dires, ne semble pas avoir une solide exp\u00e9rience de marin. Et comme pr\u00e9vu, une temp\u00eate d\u00e9ferle, d\u2019une violence hallucinante\u00a0; Hector manque de passer au jus, Bolivar le rattrape in extr\u00e9mis \u2026 et c\u2019est le d\u00e9but du cauchemar. La radio rend l\u2019\u00e2me, le moteur aussi. La lutte pour la survie commence, au milieu des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9chain\u00e9s ou pendant les p\u00e9riodes de clame plat\u2026\u00a0 L\u2019attente au fil des jours, puis des semaines \u2026 le syst\u00e8me D, les cadeaux de la mer\u2026 Des descriptions \u00e0 couper le souffle, et sur le rafiot, deux \u00eatres aussi dissemblables que possible \u2026 un semblant de fatalit\u00e9 s\u2019installe\u00a0; les \u00eatres se d\u00e9doublent (ici et ailleurs \u2013 pass\u00e9 et pr\u00e9sent \u2013 dans le r\u00eave et dans la r\u00e9alit\u00e9) . Plus ils se sentent lib\u00e9r\u00e9s des contraintes, livr\u00e9s au ballotement des vagues, au gr\u00e9 des vents, plus ils vivent de l\u2019int\u00e9rieur\u00a0: les souvenirs remontent, la vie d\u2019avant, les confidences \u2026 Une amiti\u00e9 se cr\u00e9e entre les deux naufrag\u00e9s, mais des bouff\u00e9es de haine pars\u00e8ment leur cohabitation. Le temps se fige\u00a0: ce n\u2019est ni la vie, ni la mort, c\u2019est un semblant de r\u00eave, un \u00e9ternel recommencement, une perte totale de rep\u00e8res\u00a0: une vie \u00e0 l\u2019arr\u00eate, des r\u00eaves immobiles, et parall\u00e8lement une sorte de paix s\u2019installe en eux.\u00a0\u00a0 Hector va basculer dans la foi, puis la perdre\u00a0: ses moments de paix sont ceux o\u00f9 il nage, au m\u00e9pris d\u2019une pr\u00e9sence \u00e9ventuelle de requins. Lui qui a soi-disant la foi se laisse couler face aux \u00e9v\u00e9nements, se persuade qu\u2019il est une charge pour la soci\u00e9t\u00e9, qu\u2019il expie les erreurs de sa courte vie. Il a tout de celui qui renonce, alors que Bolivar qui n\u2019a pas la foi croit en la survie, en l\u2019avenir, se veut vivant face aux \u00e9l\u00e9ments. Et fait tout pour maintenir le jeune \u00e0 flot, l\u2019exhorte \u00e0 ne pas se laisser couler, ne pas abandonner, s\u2019accrocher \u00e0 la vie.<br \/>\nOn passe par tous les stades\u00a0: haine, culpabilit\u00e9, amiti\u00e9, d\u00e9couragement, solitude, espoir, abattement folie, hallucinations, rage, compr\u00e9hension, envie de sauver et envies de tuer.<br \/>\nLes nuits se succ\u00e8dent\u00a0: la nuit \u00e9toil\u00e9e, la nuit de temp\u00eate, la nuit ext\u00e9rieure et la nuit int\u00e9rieure qui envahit l\u2019esprit des naufrag\u00e9s. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e par les dialogues des deux hommes, entre eux, avec eux-m\u00eames, avec les autres, l\u2019importance d\u2019exister pour soi et pour les autres.<br \/>\nA la fin du livre il y a une description du silence qui m\u2019a beaucoup touch\u00e9.<br \/>\nUne fois encore l\u2019auteur est un peintre\u00a0:avec ses mots il d\u00e9peint les paysages, donne vie aux \u00eatres, \u00e0 la nature, \u00e0 l\u2019\u00e2me. Il a le talent de fait communier entre eux les \u00eatres et l\u2019eau, la mer, les \u00e9l\u00e9ments, le ciel, le jour, la nuit\u2026il fait fusionner l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur, le vrai et le faux, le r\u00e9el et irr\u00e9el \u2026<br \/>\nUn coup de c\u0153ur une fois encore pour cet auteur qui, au fil des ans, prend une place incontournable dans la liste de mes auteurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>La mer, en v\u00e9rit\u00e9, rassemble toutes les couleurs, et ainsi tout est contenue en elle.<\/p>\n<p>Pendant deux jours et deux nuits, il a consid\u00e9r\u00e9 sa vie depuis une cellule obscure \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa t\u00eate. L\u2019\u00e9ternit\u00e9 contenue dans chaque minute d\u2019attente.<\/p>\n<p>L\u2019espoir, ce n\u2019est rie -n qu\u2019une petite flamme, pense Bolivar. On le nourrit d\u2019une petite chose, et puis d\u2019une autre. C\u2019est ainsi que nous vivons.<\/p>\n<p>Chaque jour, je regarde une partie de moi qui ne fait pas partie de moi. C\u2019est juste celle qui se trouve ici. Toutes les autres, elles sont ailleurs. Elles sont rest\u00e9es l\u00e0-bas \u2013 c\u2019est difficile \u00e0 expliquer.<\/p>\n<p>La partie de moi qui est ici n\u2019y est pas pour de vrai. C\u2019est l\u00e0-bas qu\u2019elle est. Du coup, je ne suis rien. Mais celui que j\u2019\u00e9tais l\u00e0-bas, il n\u2019existe pas non plus. Il est devenu quelqu\u2019un d\u2019autre, et je ne sais pas ce qu\u2019il est.<\/p>\n<p>Toujours occup\u00e9s \u00e0 attendre quelque chose. Et si on accueillait plut\u00f4t ce qui nous est offert\u00a0?<\/p>\n<p>Le temps n\u2019est plus le temps, il reste immobile au lieu de s\u2019\u00e9couler. Les jours se succ\u00e8dent au sein d\u2019un temps fig\u00e9. Parfois, il lui semble aussi que le temps file sans lui, qu\u2019il le contourne ou passe au-dessus de lui, ou peut-\u00eatre au-dessous, mais jamais en lui.<\/p>\n<p>L\u2019aveuglement est une forme de vision, tu ne crois pas\u00a0? Ne sommes-nous pas aveugles dans nos r\u00eaves\u00a0? Cela ne nous emp\u00eache pourtant pas de voir. Parfois, nous voyons m\u00eame les choses tr\u00e8s nettement. Le r\u00eave te r\u00e9v\u00e8le ce que tu crains de regarder en face. La pens\u00e9e que tu n\u2019oses pas affronter. Combien de gens cherchent la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers le r\u00eave\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Paul Lynch est un auteur irlandais est n\u00e9 en 1977 \u00e0 Limerick dans le Donegal et vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Dublin. Il a \u00e9t\u00e9 journaliste et critique de cin\u00e9ma \u00e0 Sunday Tribune de 2007 \u00e0 2011 et a \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le Sunday Times. 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