{"id":143,"date":"2014-02-25T14:17:41","date_gmt":"2014-02-25T13:17:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=143"},"modified":"2015-04-14T15:05:18","modified_gmt":"2015-04-14T14:05:18","slug":"forlani-remo-gouttiere-1991","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=143","title":{"rendered":"Forlani, Remo \u00ab\u00a0Goutti\u00e8re\u00a0\u00bb (1991)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:\u00a0Aujourd&rsquo;hui elle s&rsquo;appelle Lucie et conna\u00eet l&rsquo;amour-passion qui donne envie de ne rien faire d&rsquo;autre que de savourer un bonheur immense et&#8230; ronronner. Auparavant, elle avait connu joies et tourments, avanies, vicissitudes, d\u00e9sastres, bref, tout ce qui constitue le lot d&rsquo;une \u00a0\u00bb goutti\u00e8re \u00ab\u00a0. Chatte mal aim\u00e9e puis perdue, chatte voleuse, en cavale, chatte de dame avec dame, grand fauve sauvage ou chatte n\u00e9vros\u00e9e, chatte, en somme , et qui a appris \u00e0 vivre, elle fait surtout l&rsquo;apprentissage de la volupt\u00e9. De toutes volupt\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui, donc, elle s&rsquo;appelle Lucie. Elle est aussi \u00a0\u00bb en personne \u00a0\u00bb la narratrice avis\u00e9e et d\u00e9licate de Goutti\u00e8re.<\/p>\n<div>\n<div><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:\u00a0Les tribulations d&rsquo;une petite chatounne abandonn\u00e9e \u00e0 la naissance et qui se bat pour s&rsquo;assurer une place au soleil, au plut\u00f4t dans les coussins et la chaleur des humains..\u00a0J\u2019ai bien aim\u00e9 passer un moment avec cette petite chatte qui jour apr\u00e8s jour fait tout pour avoir une vie agr\u00e9able de chatte de quelqu\u2019un, aim\u00e9e et chouchout\u00e9e et du parcours de la combattante pour y arriver\u2026<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Extraits\u00a0:<\/strong><\/div>\n<div>\n<p>\u00a0\u00ab\u00a0c\u2019est lui qui savait le mieux vivre, qui avait le mieux compris que le Cr\u00e9ateur a cr\u00e9\u00e9 ses cr\u00e9atures pour qu\u2019elles ne fassent que se pr\u00e9lasser sur des coussins, des tapis \u00e9pais, des vieux tissus moelleux ou dans des couettes, comme Lui \u2014 le bon Dieu \u2014 se pr\u00e9lasse et se pr\u00e9lassera \u00e9ternellement sur les nuages cotonneux de son Ciel\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019eau de pluie me fait comme des larmes sur mes joues. Mais ce ne sont pas des larmes. Ce n\u2019est que de l\u2019eau de pluie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sans aller chercher plus loin il y a les quatre pattes et les deux pattes. Comme au d\u00e9part, les deux pattes, ils ne le savent pas qu\u2019ils sont des deux pattes, pour aller d\u2019un endroit \u00e0 un autre, ils font comme nous\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle avait la maladie de ne pas pouvoir s\u2019arr\u00eater. C\u2019est une maladie d\u2019humain. Pas de chat. Le chat, quand il a trouv\u00e9 l\u2019endroit qui lui convient, il y reste, il s\u2019y incruste. Son territoire, \u00e7a s&rsquo;appelle \u2026<\/p>\n<p>J\u2019avais peur et je le savais. C\u2019est pire \u2014 tout devient pire \u2014 quand on se rend compte.<\/p>\n<p>C\u2019est beau un cimeti\u00e8re. C\u2019est comme un square, en mieux. C\u2019est verdoyant et peu fr\u00e9quent\u00e9. \u00c7a a des arbres \u2014 des saules \u2014 qui pleurent. Et des visiteurs qui pleurent aussi<\/p>\n<p>Alors les chats qui n\u2019ont pas trouv\u00e9 leur humain, ou qui sont tomb\u00e9s sur des humains incapables de bien s\u2019occuper d\u2019eux et les ont fuis, deviennent des d\u00e9\u00e7us et s\u2019enragent.<\/p>\n<p>Un chat sans maison et sans caresses est un chat sauvage<\/p>\n<p>Et, les insomnies, si tu es une chatte&#8230; Nous sommes un animal avec, en t\u00eate de nos innombrables qualit\u00e9s, celle d\u2019\u00eatre \u00e9norm\u00e9ment dormeur. Il nous faut nos quinze, seize heures de sommeil par vingt-quatre heures. Il nous les faut absolument, sous peine d\u2019humeur ex\u00e9crable et de d\u00e9p\u00e9rissement et de renfrognement du caract\u00e8re. Un chat sans son d\u00fb de sommeil devient irascible, puis furieux, puis fou \u00e0 lier. Alors si des bruits inexplicables (et les trouilles qui vont immanquablement avec) vous emp\u00eachent de dormir&#8230;<\/p>\n<p>Le bonheur, \u00e7a vous fait exister si fort que les autres se mettent \u00e0 ne plus exister.<\/p>\n<p>Le bonheur c\u2019est de la succulence \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur. \u00c7a fait de la chaleur partout.<\/p>\n<p>Les chavirements, c\u2019est comme tout, \u00e7a dure ce que \u00e7a dure. Et apr\u00e8s les chavirements, il y a des apr\u00e8s. Et&#8230; les apr\u00e8s&#8230; les suites&#8230; les s\u00e9quelles&#8230;<\/p>\n<p>Croupir, c\u2019est ne faire rien d\u2019utile ou d\u2019agr\u00e9able de son temps et en user quand m\u00eame. Le gaspiller, le dilapider. La diff\u00e9rence entre croupir et paresser, c\u2019est que paresser c\u2019est un p\u00e9ch\u00e9. Capital m\u00eame. Tandis que croupir&#8230; Bref, gaspiller des minutes, des heures \u00e0 croupir, c\u2019est lamentable<\/p>\n<p>Un lit. \u00c7a c\u2019est quelque chose. \u00c7a ne fait pas partie de ce que les gens cataloguent merveilles du monde. Mais \u00e7a devrait.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que \u00e7a a vite fait de pulluler, les questions, quand on ne dort pas alors que c\u2019est le moment de le faire. Des questions de plus en plus sans r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>Soudain plus rien. Quand \u00e7a s\u2019installe quelque part, du vide&#8230; D\u2019abord, \u00e7a rend tout trop grand.<\/p>\n<p>c\u2019est pas parce qu\u2019on va nulle part qu\u2019il faut y arriver en retard<\/p>\n<p>Perdue toute seule avec mon estomac. Il ne criait pas famine, parce que les estomacs n\u2019ont pas de bouche \u00e0 eux. Mais qu\u2019est-ce qu\u2019il<\/p>\n<p>Et habill\u00e9e de v\u00eatements jamais gris, jamais couleur vieux murs, trottoirs us\u00e9s, ciel vasouillard. Avec elle, c\u2019\u00e9tait que des rouges p\u00e9taradants, de l&rsquo;orange orange, du bleu n\u00e9on. Elle aurait pu faire concurrence au plumage de Vincent Van Gogh<\/p>\n<p>Vivre, c\u2019est savourer, savoir savourer. Qui sait \u00e7a sait tout.<\/p>\n<p>M\u00eame les animaux les plus tordus, m\u00eame les plus fourbes singes vicieux, m\u00eame les cam\u00e9l\u00e9ons, les chiens dingos des antipodes, les oiseaux nocturnes vampires, m\u00eame certains insectes qui (\u00e0 ce qu\u2019on pr\u00e9tend) se mangent eux-m\u00eames, sont, compar\u00e9s \u00e0 la moyenne des humains, de vrais j\u00e9sus, tout nets, tout simples. Les humains patients de psy ont des complexes, des n\u00e9vroses, des tabous, des emp\u00eachements, des blocages, des folies de types divers<\/p>\n<p>elle redevenait une femme aussi pleine de tendresse qu\u2019un cake made in England l&rsquo;est de raisins secs et de cerises confites<\/p>\n<p>Je lui ai dit le peu qu\u2019un animal peut dire \u00e0 un humain. J\u2019ai tent\u00e9 de lui miauler de la consolation, de lui faire entendre que j\u2019\u00e9tais plus que jamais sa fille, que, moi, jamais je ne partirais<\/p>\n<p>\u00c7a a explos\u00e9. \u00c7a laissera des traces. Tout en laisse. M\u00eame une feuille morte qui tombe toute l\u00e9g\u00e8re. Nous sommes cribl\u00e9s de traces. A l&rsquo;ext\u00e9rieur. A l\u2019int\u00e9rieur. Cribl\u00e9s. Et c\u2019est ineffa\u00e7able, une trace. Vivre, c\u2019est faire avec. S\u2019accommoder de ses traces invisibles comme on s\u2019accommode de ses rides, de ses cheveux blancs, de ces taches jaunes qui apparaissent sur vos mains pour vous pr\u00e9venir que la mort, \u00e0 laquelle vous croyez que vous \u00e9chapperez, vous n\u2019y \u00e9chapperez pas. Et qu\u2019elle se rapproche. A son pas \u00e0 elle. Ce qui vient de m&rsquo;arriver, c\u2019est classique<\/p>\n<p>Une famille je ne savais pas ce que c\u2019\u00e9tait. Je l\u2019ai appris une famille, c\u2019est l\u2019enfer. L\u2019enfer parce que, d\u2019abord et avant tout, une famille \u2014 \u00e0 moins d\u2019\u00eatre royale dans des ch\u00e2teaux historiques, dans des Buckingham ou des palais des mille et une nuits \u2014 c\u2019est in\u00e9vitablement trop de gens dans pas assez de place.<\/p>\n<p>Dieu ne s\u2019est pas content\u00e9 de faire chattes et chats plus beaux, plus aptes \u00e0 comprendre tout et \u00e0 tout mieux vivre que ses autres cr\u00e9atures, il leur a donn\u00e9, en plus, la m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Rentrer de la campagne \u00e7a prend plus de temps qu\u2019y partir. A cause d\u2019un nombre double ou triple de voitures. Comme si elles avaient profit\u00e9 du grand air pour se faire des petits, les autos.<\/p>\n<p>Tant qu\u2019\u00e0 se donner du mal, autant s\u2019en donner pour se faire du bien, tu ne crois pas ?<\/p>\n<p>Le partenaire, le bon, le solide, il ne vous tombe jamais tout r\u00f4ti dans le bec. C\u2019est comme le frichti. Avant de trouver ce qui contente le mieux vos papilles et votre estomac&#8230;<\/p>\n<p>A mon id\u00e9e, plus que de tel ou tel chat, plus que de telle ou telle personne, \u00e7a doit \u00eatre de l&rsquo;amour que je suis amoureuse.<\/p>\n<p>En souriant au matin les jours \u00e0 beau temps parce que les jours \u00e0 beau temps sont beaux. En souriant autant les jours \u00e0 mauvais temps parce que, ces jours-l\u00e0, on peut \u2014 si on est intelligent \u2014 se gorger d\u2019air vif qui vous \u00e9pure narines et int\u00e9rieurs, se gorger de pluie qui vous lave gratis, de neige qui fait que les rues, les maisons, les arbres se mettent \u00e0 ressembler \u00e0 des g\u00e2teaux avec du sucre en poudre dessus<\/p>\n<p>La m\u00e9thode, la seule qui vaille, c\u2019est de ne s&rsquo;alourdir jamais. Ni du poids des ans, ni de celui de ses peines, ni d&rsquo;aucun autre. D\u2019au contraire, chaque ann\u00e9e, chaque jour, s\u2019all\u00e9ger. Pour chaque ann\u00e9e, chaque jour, gagner de la minceur. C\u2019est si \u00e9l\u00e9gant d&rsquo;\u00eatre fluette. Et \u00e7a doit te faire arriver plus vite au paradis, d\u2019avoir \u2014 \u00e0 l\u2019heure d\u2019y grimper \u2014 plus de poids ou presque. Et en cas de pas d\u2019autre monde ?<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<h1><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:\u00a0Aujourd&rsquo;hui elle s&rsquo;appelle Lucie et conna\u00eet l&rsquo;amour-passion qui donne envie de ne rien faire d&rsquo;autre que de savourer un bonheur immense et&#8230; ronronner. Auparavant, elle avait connu joies et tourments, avanies, vicissitudes, d\u00e9sastres, bref, tout ce qui constitue le lot d&rsquo;une \u00a0\u00bb goutti\u00e8re \u00ab\u00a0. 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