{"id":14420,"date":"2021-09-16T17:15:30","date_gmt":"2021-09-16T15:15:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14420"},"modified":"2025-01-19T17:04:59","modified_gmt":"2025-01-19T15:04:59","slug":"deyns-caroline-trencadis-rl2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14420","title":{"rendered":"Deyns, Caroline \u00ab Trencadis \u00bb (RL2020)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: de son vrai nom Denys, Caroline Deyns est n\u00e9e en 1974 \u00e0 Valenciennes. Elle vit et travaille en Franche-Comt\u00e9.<\/p>\n<p>Quidam Editeur \u2013 20.08. 2020 \u2013 364 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: \u00ab\u00a0Je montrerai tout. Mon coeur, mes \u00e9motions. Vert &#8211; rouge &#8211; jaune &#8211; bleu &#8211; violet. Haine -amour &#8211; rire &#8211; peur &#8211; tendresse\u00a0\u00bb. Niki hait l&rsquo;ar\u00eate, la ligne droite, la sym\u00e9trie. A l&rsquo;inverse, l&rsquo;ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de d\u00e9liter la moindre de ses tensions. D\u00e9layer les amertumes, d\u00e9lier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc G\u00fcell comme une v\u00e9ritable \u00e9piphanie.<br \/>\nTout ici la transporte, des vagues pierr\u00e9es \u00e0 leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu&rsquo;elle retient : une mosa\u00efque d&rsquo;\u00e9clats de c\u00e9ramique et de verre. De la vieille vaisselle cass\u00e9e recycl\u00e9e pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l&rsquo;unique pour \u00e9panouir le composite. Broyer le fig\u00e9 pour enfanter le mouvement.<br \/>\nBriser le quotidien pour inventer le f\u00e9\u00e9rique. Elle rit : ce devrait \u00eatre presque un art de vie, non ? \u00ab\u00a0J&rsquo;aime l&rsquo;imaginaire comme un moine peut aimer Dieu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Jolie id\u00e9e de titre pour cette sorte de biographie haute en couleurs et faite de coup\u00e9s-coll\u00e9s.<br \/>\nNiki de Saint Phalle est vivante dans ce portrait. J\u2019ai eu un tr\u00e8s grand plaisir \u00e0 la red\u00e9couvrir par le regard de Caroline Deyns.<br \/>\nJ\u2019ai eu la chance de voir plusieurs de ses \u0153uvres \u2013 entre autres \u00e0 l\u2019Espace Jean Tinguely &#8211; Niki de Saint Phalle de Fribourg (Suisse) et j\u2019aime la gait\u00e9 qui s\u2019en d\u00e9gage.<br \/>\nElle commence \u00e0 peindre au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante et explose d\u00e8s les ann\u00e9es soixante\u2026 Elle m\u00e8ne une vie explosive et dans le roman on croise bien \u00e9videmment Tinguely, on \u00e9voque Max Ernst, Brancusi, Andy Warhol..<br \/>\nElle cr\u00e9e, en autodidacte, des \u0153uvres de conception \u00ab\u00a0na\u00efve\u00a0\u00bb, elle est solaire, instinctive, libre, f\u00e9ministe, d\u00e9nonce les femmes consid\u00e9r\u00e9es comme des boniches et des marchandises, l\u2019imposture du mariage\u2026 Elle est fantasque, elle aime rire, ne prend pas la vie au s\u00e9rieux \u2013 quoique \u2026 sous son apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 se cache une femme bris\u00e9e et malade par certains c\u00f4t\u00e9s et forte et guerri\u00e8re combattante en toute circonstances, amoureuse de son mari Tinguely.<br \/>\nSa mani\u00e8re de peindre r\u00e9serve des surprises \u2026 Niki nous emm\u00e8ne dans ses compositions g\u00e9antes, nous invite \u00e0 faire connaissance de Ses nanas, ses mari\u00e9es, son Golem, nous entraine dans son jardin des Tarots, Inspir\u00e9e par le Parc G\u00fcell de Gaud\u00ed. Nous p\u00e9n\u00e9trons dans son monde, peupl\u00e9 de monstres surgis de son enfance.<br \/>\nUne personnalit\u00e9 unique et une \u0153uvre atypique, le tout pr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s originale, \u00e0 l\u2019image de l\u2019artiste d\u00e9peinte.<br \/>\nJ\u2019ai beaucoup aim\u00e9 cet hommage \u00e0 cette artiste qui fait rayonner les couleurs et le rire alors que sa vie l\u2019a fait passer tr\u00e8s jeune par la d\u00e9pression, par un internement en h\u00f4pital psychiatrique et qu\u2019elle aura par la suite de graves ennuis de sant\u00e9\u2026<\/p>\n<p>J&rsquo;en profite pour vous signaler deux autres livres parlant de Niki de Saint-Phalle sur mon blog : la biographie de <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Guennec, Catherine \u00ab\u00a0La sarabande des Nanas selon Niki de Saint Phalle\u00a0\u00bb (RLE2022) 136 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21585\">Guennec, Catherine \u00ab La sarabande des Nanas selon Niki de Saint Phalle \u00bb (RLE2022)<\/a><\/span> et \u00a0le livre de <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Pieri, Lorenza \u00ab\u00a0Le Jardin des monstres\u00bb (2021)\u00a0374 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18261\">Lorenza Pieri, \u00ab Le Jardin des monstres\u00bb (2021)<\/a><\/span><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>\u2014 On dirait qu\u2019elles ont mang\u00e9 un arc-en-ciel c\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a qu\u2019elles ont un tr\u00e8s gros ventre tout plein de couleurs tellement qu\u2019elles avaient faim elles ont mang\u00e9 le ciel le soleil les nuages l\u2019arc-en-ciel et tout.<\/p>\n<p>Que les couleurs sont en r\u00e9alit\u00e9 des tristesses noires qui se griment en Arlequin pour s\u2019assurer qu\u2019on ne les reconnaisse pas\u00a0: un d\u00e9sespoir qui voudrait passer incognito.<\/p>\n<p>Chaque promenade lui am\u00e8ne la certitude d\u2019\u00eatre de nouveau reli\u00e9e, r\u00e9ajust\u00e9e\u00a0au monde\u00a0: le grand \u0153uvre des petites choses.<\/p>\n<p>Herbe, \u00e9corce, gravier, ce petit peu qui r\u00e9ussit \u00e0 ramener l\u2019ici au maintenant et aux vivants. Ses premiers collages ressemblent ainsi \u00e0 des actes de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Cette nuit, qui lui d\u00e9gringolait sur la poitrine comme un rideau de fer l\u2019emp\u00eachant de respirer, \u00e0 pr\u00e9sent se l\u00e8ve.<\/p>\n<p class=\"texte\">Mais moi je les ai vus tels qu\u2019ils \u00e9taient r\u00e9ellement, \u00e0 la fois trop diff\u00e9rents et trop semblables\u00a0: deux morceaux d\u2019assiette bris\u00e9e qui n\u2019attendaient que leur rencontre pour retrouver la forme originelle, c\u2019est un peu \u00e7a oui, une esp\u00e8ce d\u2019intrication platonicienne miraculeuse, de correspondance parfaite, rendue possible par les failles et les cassures, le convexe et le concave.<\/p>\n<p class=\"texte\">Para\u00eet que les monstres en carton-p\u00e2te c\u2019est plus correct, on dit \u00e9thique maintenant, que ceux qui ont de la chair et des os. Et tant pis si notre \u00e9pouvante on la bricole rien qu\u2019avec de l\u2019illusion, de l\u2019artifice. Faut croire que c\u2019est le monde comme il va dor\u00e9navant, avec du faux \u00e0 tous les \u00e9tages, faux spectres, faux sang, fausses amiti\u00e9s, faux visages\u2026 Enfin bref, tout \u00e7a pour dire que rien ne vaut des monstres r\u00e9els, croyez-moi.<\/p>\n<p class=\"texte\">La col\u00e8re (blanche) qui innerve la s\u00e9rie des Mari\u00e9es est donc celle-ci, fureur contre elle-m\u00eame d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 une oie (blanche) assez idiote pour s\u2019\u00eatre laiss\u00e9e saigner (\u00e0 blanc) parce que telle est la loi \u00e0 laquelle on vous fait croire.<\/p>\n<p class=\"texte\">Des visages comme des vitres closes m\u2019a-t-elle pr\u00e9cis\u00e9, oui des silences pareils \u00e0 des fen\u00eatres \u00e0 travers lesquelles on pouvait entrapercevoir, deviner le drame.<\/p>\n<p>Parce que pour parler aux gosses, s\u2019en faire comprendre, retrouver leur langue, il n\u2019y a jamais eu d\u2019autre choix que de raviver sa propre enfance. Soit pour Niki, c\u2019est in\u00e9vitable, ranimer les monstres jamais vraiment endormis<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019imaginaire est une promenade \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du carr\u00e9 et du rond.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mes cercles ne sont jamais tout \u00e0 fait ronds. C\u2019est un choix, la perfection est froide. L\u2019imperfection donne la vie, j\u2019aime la vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je pensais me nourrir de solitude, mais j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est elle qui se nourrit de moi \u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Je me souviens \u00eatre rest\u00e9e longtemps face \u00e0 cette porte close, le front appuy\u00e9 sur le chambranle. De cet effroyable sentiment de solitude face \u00e0 l\u2019imminence. Il n\u2019y avait plus que toi et moi, et bient\u00f4t moi sans toi. J\u2019\u00e9tais terroris\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: de son vrai nom Denys, Caroline Deyns est n\u00e9e en 1974 \u00e0 Valenciennes. 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Niki hait &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14420\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14421,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[591,120,23,202,98,101,12,1223,66,78],"tags":[197,94,660,938,184,226,566],"class_list":["post-14420","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-au-fil-de-lart-romans-thrillers-essais-biographies","category-biographie","category-espagne","category-etats-unis","category-france","category-italie-2","category-litterature-france","category-rl2020","category-suisse-destinations","category-xxeme","tag-amour","tag-art","tag-artiste","tag-biographie-romancee","tag-creation","tag-feminisme","tag-sculpture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14420","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14420"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14420\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21593,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14420\/revisions\/21593"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14421"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14420"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14420"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14420"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}