{"id":14530,"date":"2021-10-07T20:25:19","date_gmt":"2021-10-07T18:25:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14530"},"modified":"2025-12-31T11:31:17","modified_gmt":"2025-12-31T09:31:17","slug":"benameur-jeanne-ceux-qui-partent-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14530","title":{"rendered":"Benameur, Jeanne \u00ab Ceux qui partent\u00bb (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Jeanne Benameur est n\u00e9e en Alg\u00e9rie en 1952 d\u2019un p\u00e8re alg\u00e9rien et d\u2019une m\u00e8re italienne. Elle vit \u00e0 La Rochelle et consacre l\u2019essentiel de son temps \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a \u00e9tudi\u00e9 la philosophie et l\u2019histoire de l\u2019art.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9crit entre autres\u00a0:\u00a0\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4567\">Laver les ombres<\/a>\u00a0<\/span>(2008) \u2013\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4360\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les Insurrections singuli\u00e8res<\/span>\u00a0<\/a>(2011)\u00a0\u2013<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=787\">\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">Profanes<\/span><\/a><span style=\"color: #0000ff;\">,\u00a0<\/span>(2012) \u2013 Vivre c\u2019est risquer (2013) \u2013\u00a0 Je vis sous l\u2019\u0153il du chien \u2013 suivi de L\u2019Homme de longue peine, (2013), 48\u00a0p \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6512\">Pas assez pour faire une femme<\/a><\/span>\u00a0(Actes Sud, coll. Babel, 2015) \u2013 Otages intimes (2015) 176 p. Prix du roman Version F\u00e9mina \u2013<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6870\">L\u2019Enfant qui<\/a><\/span>\u00a0(2017) \u00a0\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14530\">Ceux qui partent<\/a><\/span> (2019) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19821\">La patience des traces<\/a><\/span>\u00a0(2022) &#8211;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Benameur, Jeanne \u00ab\u00a0Vivre tout bas\u00a0\u00bb (2025) 208 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23499\"> Vivre tout bas<\/a>\u00a0<\/span> (2025) &#8211; Vers l\u2019\u00e9criture (essai &#8211; 2025)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Actes Sud \u2013 21.08.2019\u00a0 \u00a0336\u00a0 pages \/ Babel poche \u2013 18.08.2021 &#8211; 326 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Tout ce que l&rsquo;exil fissure peut ouvrir de nouveaux chemins. En cette ann\u00e9e 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York, ils sont une poign\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9prouver, chacun au creux de sa langue encore, comme dans le premier v\u00eatement du monde. Il y a Donato et sa fille Emilia, les lettr\u00e9s italiens, Gabor, l&rsquo;homme qui veut fuir son clan, Esther, l&rsquo;Arm\u00e9nienne \u00e9pargn\u00e9e qui r\u00eave d&rsquo;inventer les nouvelles tenues des libres Am\u00e9ricaines.<br \/>\nRetenus un jour et une nuit sur Ellis Island, les voil\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de l&rsquo;attente. Ensemble. Leurs routes se m\u00ealent, se d\u00e9nouent ou se lient. Mais tout dans ce temps suspendu prend une intensit\u00e9 qui marquera leur vie enti\u00e8re. Face \u00e0 eux, Andrew J\u00f3nsson, New-Yorkais, p\u00e8re islandais, m\u00e8re fi\u00e8re d&rsquo;une ascendance qui remonte aux premiers pionniers. Dans l&rsquo;objectif de son appareil, ce jeune photographe amateur tente de capter ce qui lui \u00e9chappe depuis toujours, ce qui le relierait \u00e0 ses anc\u00eatres, \u00e9migrants eux aussi.<br \/>\nQuelque chose que sa famille riche et oublieuse n&rsquo;aborde jamais. Avec lui, la ville-monde cosmopolite et ouverte \u00e0 tous les progr\u00e8s de ce XX\u00e8me si\u00e8cle qui d\u00e9bute. L&rsquo;exil comme l&rsquo;accueil exigent de la vaillance. Ceux qui partent et ceux de New York n&rsquo;en manquent pas. A chacun dans cette ronde nocturne, ce tourbillon d&rsquo;\u00e9nergies et de sensualit\u00e9, de tenter de trouver la forme de son exil, d&rsquo;inventer dans son propre corps les fondations de son nouveau pays.<br \/>\nEt si la nuit \u00e9tait une langue, la seule langue universelle ?<\/p>\n<p><strong>la parole de l\u2019autrice ( copi\u00e9 sur la page Actes Sud )<\/strong><\/p>\n<p>\u201c\u00a0<strong>Quand j\u2019\u00e9cris un roman,\u00a0<\/strong>j\u2019explore une ques\u00adtion qui m\u2019occupe tout enti\u00e8re. Pour\u00a0<em>Ceux qui partent<\/em>, c\u2019est ce que provoque l\u2019exil, qu\u2019il soit choisi ou pas. Ma famille, des deux c\u00f4t\u00e9s, vient d\u2019ailleurs. Les racines fran\u00e7aises sont fra\u00eeches, elles datent de 1900. J\u2019ai v\u00e9cu moi-m\u00eame l\u2019exil lorsque j\u2019avais cinq ans, quittant l\u2019Alg\u00e9rie pour La Rochelle.<br \/>\nApr\u00e8s la mort de ma m\u00e8re, fille d\u2019Italiens \u00e9migr\u00e9s, et ma visite d\u2019Ellis Island, j\u2019ai ressenti la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse de reconsid\u00e9rer ce moment si intense de la bascule dans le Nouveau Monde. Langue et corps affront\u00e9s au neuf. J\u2019\u00e9tais enfin pr\u00eate pour ce travail.<br \/>\nJe suis partie en qu\u00eate de la r\u00e9volution dans les corps, dans les c\u0153urs et dans les t\u00eates de chacun des personnages car c\u2019est bien dans cet ordre que les choses se font. La t\u00eate vient en dernier. On ne peut r\u00e9fl\u00e9chir sa condition nou\u00advelle d\u2019\u00e9tranger qu\u2019apr\u00e8s. Le roman permet cela. Avec les mots, j\u2019ai gagn\u00e9 la possibilit\u00e9 de donner corps au silence.<br \/>\nSexes, \u00e2ges, origines diff\u00e9rentes. Aller avec chacun jusqu\u2019au plus profond de soi. Cet intime de soi qu\u2019il faut r\u00e9ussir \u00e0 atteindre pour effectuer le passage vers l\u2019ailleurs, vers le monde. Chaque vie alors comme une aventure \u00e0 tenter, pr\u00e9\u00adcieuse, imparfaite, unique. Chaque vie comme un po\u00e8me.<br \/>\nJ\u2019ai choisi New York en 1910 car ce n\u2019est pas encore la Premi\u00e8re Guerre mondiale mais c\u2019est le moment o\u00f9 l\u2019Am\u00e9rique commence \u00e0 refermer les bras. Les \u00e9migrants ne sont plus aussi bien\u00advenus que dix ans plus t\u00f4t. L\u2019inqui\u00e9tude est l\u00e0. Et puis c\u2019est une ville qui inaugure. M\u00e9tro, gratte-ciels\u2026 Une ville o\u00f9 les femmes seraient plus libres que dans bien des pays d\u2019Europe. Cette libert\u00e9, chacun dans le roman la cherche. Moi aussi, en \u00e9crivant.<br \/>\nDans ce monde d\u2019aujourd\u2019hui qui peine \u00e0 accueillir, notre seule vaillance est d\u2019accepter de ne pas rester intacts. Les uns par les autres se transforment, d\u00e9couvrent en eux des espaces inexplor\u00e9s, des forces et des fragilit\u00e9s insoup\u00ad\u00e7onn\u00e9es. C\u2019est le temps des \u00e9preuves fertiles, des joies fulgurantes, des pertes consenties.<br \/>\nC\u2019est un roman et c\u2019est ma fa\u00e7on de vivre.\u201d\u00a0 <strong>J. B.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Elle met le merveilleux dans le lit de la d\u00e9tresse. Elle fait se rencontrer les \u00e2mes, elle unit les langues qui ne se comprennent pas en une m\u00eame \u00e9motion. Elle fait d\u2019Ellis Island un lieu de coh\u00e9sion et non une fronti\u00e8re. C\u2019est un livre magnifique sur l\u2019amiti\u00e9, l\u2019amour, la tol\u00e9rance, l\u2019espoir, \u00e0 un moment charni\u00e8re de la vie, le passage de la vie d\u2019avant \u00e0 la vie d\u2019apr\u00e8s.<br \/>\nElle m\u00eale les gens et les arts et de cela na\u00eet ou rena\u00eet l\u2019espoir.<br \/>\nLes arts sont multiples\u00a0: il y a la photographie, la couture, le th\u00e9\u00e2tre, la peinture, la musique (le violon) , il y a aussi l\u2019\u00e9criture, celle d\u2019Esther qui tient un carnet de voyage, le journal de son avenir, \u00a0le tout soutenu par une \u0153uvre magistrale\u00a0: l\u2019En\u00e9ide\u2026<br \/>\nEt tout vibre au rythme des langues qui se m\u00e9langent, des mots, des chats, des notes de musique et des couleurs qui se m\u00e9langent, allant du gris au rouge flamboyant, en passant par le jaune, le vert, le violet\u2026<br \/>\nA l\u2019arriv\u00e9e du bateau aux fronti\u00e8res d\u2019entre deux vies, de l\u2019entr\u00e9e en Am\u00e9rique, il y a une attente\u2026 il y a des rencontres, il y a une nuit pass\u00e9e dans le b\u00e2timent des douanes d\u2019Ellis Island\u2026 et les premiers pas vers la nouvelle vie.<br \/>\nEncore un coup de c\u0153ur pour l\u2019\u00e9criture et l\u2019humanit\u00e9 de cette autrice.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Dans quelques minutes ils vont rejoindre la foule des \u00e9migrants mais l\u00e0, l\u00e0, en cet instant pr\u00e9cis, ils sont encore ceux qu\u2019ils \u00e9taient avant.<\/p>\n<p>Il sait que la parole est contenue face aux \u00e9trangers, que chacun se blottit encore dans sa langue maternelle comme dans le premier v\u00eatement du monde.<\/p>\n<p>L\u2019ancienne vie avec ses douceurs, ses lenteurs et sa bonne s\u00e9curit\u00e9 connues est encore l\u00e0, dans sa poitrine. La nouvelle, confuse, ignor\u00e9e, toute confi\u00e9e au r\u00eave encore, cherche \u00e0 prendre place.<\/p>\n<p>L\u2019histoire ne fait que r\u00e9p\u00e9ter les m\u00eames mouvements. Toujours. Les hommes cherchent leur vie ailleurs quand leur territoire ne peut plus rien pour eux, c\u2019est comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Imaginer. Laisser venir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi, port\u00e9es par quelque chose qu\u2019on ignorait encore mais que r\u00e9v\u00e8le la peinture, les \u00e9motions profondes qui nous habitent. Comme si ce pouvoir \u00e0 \u00e9veiller en soi une vie retenue, inconnue, naissait de la fragilit\u00e9 m\u00eame de l\u2019\u00e9trange assemblage de traits et de couleurs.<\/p>\n<p>Le violon, ici, c\u2019est la vie soudain qui essaie de se frayer un chemin.<br \/>\nLe violon dit qu\u2019\u00e9migrer c\u2019est esp\u00e9rer encore.<br \/>\nAvec vaillance.<br \/>\nAvec la force de ceux qui n\u2019ont plus rien que leur d\u00e9sir.<br \/>\nLe violon dit que le d\u00e9sir est tout. Tout. Et qu\u2019avec le d\u00e9sir on peut vivre. Il chasse le marasme de l\u2019attente et de la peur de tout ce qui les guette, dans quelques heures, dans quelques jours. Il dit que chacun a dans le c\u0153ur le souvenir de jours heureux, de ceux qu\u2019on veut revivre de toute son \u00e2me quelque part\u00a0: Ailleurs. Et qu\u2019importe que la terre soit aride et le regard des gens encore soup\u00e7onneux.<br \/>\nOn \u00e9migre\u00a0: on esp\u00e8re.<\/p>\n<p>Attendre c\u2019est mourir salement. \u00c7a tue l\u2019esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>Mais pourtant. La puissance des morts sur les vivants la glace.<\/p>\n<p>Et qu\u2019importe qu\u2019une histoire reste inconnue \u00e0 jamais, il en aura saisi quelque chose par la photographie. Il aura capt\u00e9 un minuscule fragment de ce qu\u2019est une vie humaine. Et de clich\u00e9 en clich\u00e9, son \u0153il et son imaginaire se font de plus en plus aigus. Oui son ambition est que la photographie joue pleinement son r\u00f4le d\u2019image, qu\u2019elle d\u00e9clenche aussi chez ceux qui la contemplent l\u2019imaginaire, comme elle le fait pour lui.<\/p>\n<p>Eux, gens de la route, ils n\u2019acceptent jamais qu\u2019on les prenne dans la bo\u00eete. Leur visage, leur corps, ne doivent pas \u00eatre saisis et fig\u00e9s pour toujours. \u00c7a, c\u2019est la mort.<\/p>\n<p>C\u2019est quoi une fronti\u00e8re\u00a0?<br \/>\nLa seule fronti\u00e8re, fragile, palpitante, c\u2019est notre propre peau.<br \/>\nLa seule fronti\u00e8re c\u2019est ce qui s\u00e9pare le dedans du dehors.<br \/>\nEt quelle folie d\u2019en avoir invent\u00e9 tant d\u2019autres\u00a0!<\/p>\n<p>Qui sommes-nous d\u00e9sormais\u00a0? Des \u00e9migrants. Des \u00e9trangers. Ne pourrions-nous pas \u00eatre simplement des nouveaux-venus comme on dit de celui qui vient au monde qu\u2019il est un nouveau-n\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Comment trouver le sommeil\u00a0? notre nuit sera trou\u00e9e d\u2019ab\u00eemes.<\/p>\n<p>La mis\u00e8re c\u2019est quand votre vie vous manque.<\/p>\n<p>Il entend les plaintes dans les langues diff\u00e9rentes. On ne conna\u00eet pas les mots mais les larmes sont les larmes. Cette langue-l\u00e0 est commune.<\/p>\n<p>La langue des anc\u00eatres, ses modulations, son rythme, nous habitent encore. Une langue est plus s\u00fbre qu\u2019une maison. Rien ne peut la d\u00e9truire tant qu\u2019un \u00eatre la parle. Nous le savons, nous qui ne poss\u00e9dons plus rien, ou si peu de chose. Tant que nous parlons notre langue, notre pays, m\u00eame loin, m\u00eame d\u00e9vast\u00e9, est habit\u00e9.<\/p>\n<p>Est-ce que la nuit est une langue\u00a0? La seule langue que les corps ont tous en commun. Celle que personne n\u2019a besoin d\u2019apprendre. C\u2019est le jour seulement que les langues des pays reprennent leur place et nous s\u00e9parent.<\/p>\n<p>Elle s\u2019est recouverte de son plus beau ch\u00e2le, celui qui a les couleurs pass\u00e9es des voyages et qui la prot\u00e8ge dans les pays nouveaux. Elle aime les couleurs sourdes des jours anciens.<\/p>\n<p>Dans le silence de l\u2019\u00e9criture elle entend les mots \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019elle. C\u2019est sa langue. C\u2019est un rempart fragile mais s\u00fbr. Personne jamais ne pourra lui enlever sa langue, o\u00f9 qu\u2019elle soit. Elle \u00e9crit et c\u2019est un tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>On dit \u201cnoir et blanc\u201d pour les photographies mais Andrew conna\u00eet toutes les nuances du gris.<\/p>\n<p>L\u2019encre de son stylo a une couleur brune, qui \u00e9claircira avec le temps. Ses carnets c\u2019est ce qu\u2019elle a de plus pr\u00e9cieux avec les aiguilles, les fils de toutes les couleurs et le pendentif de grenat. Elle saura relier les couleurs des fils \u00e0 celles des vies.<\/p>\n<p>Les \u00e9migrants ne cherchent pas \u00e0 conqu\u00e9rir des territoires. Ils cherchent \u00e0 conqu\u00e9rir le plus profond d\u2019eux-m\u00eames parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autre fa\u00e7on de continuer \u00e0 vivre lorsqu\u2019on quitte tout.<\/p>\n<p>Il y a tant de r\u00eaves dans les pas des \u00e9migrants qu\u2019ils \u00e9veilleront les r\u00eaves dormants \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des maisons. Cela effraiera peut-\u00eatre des c\u0153urs endormis. Des portes resteront closes. Mais ceux qui esp\u00e9raient confus\u00e9ment, ceux qui sentaient que la vie ne doit pas s\u2019endormir trop longtemps, regarderont \u00e0 la fen\u00eatre. Ils entrouvriront leurs portes et leur c\u0153ur battra plus fort.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Jeanne Benameur est n\u00e9e en Alg\u00e9rie en 1952 d\u2019un p\u00e8re alg\u00e9rien et d\u2019une m\u00e8re italienne. Elle vit \u00e0 La Rochelle et consacre l\u2019essentiel de son temps \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a \u00e9tudi\u00e9 la philosophie et l\u2019histoire de l\u2019art. Elle a \u00e9crit entre autres\u00a0:\u00a0\u00a0Laver les ombres\u00a0(2008) \u2013\u00a0Les Insurrections singuli\u00e8res\u00a0(2011)\u00a0\u2013\u00a0Profanes,\u00a0(2012) \u2013 Vivre c\u2019est risquer (2013) \u2013\u00a0 Je &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14530\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14531,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[632,35,543,202,12,105,78],"tags":[254,197,61,342,967,455,477,297,1106,232,141,592,584,515,314,927],"class_list":["post-14530","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-632","category-coup-de-coeur-lectures","category-coup-de-coeur-auteurs","category-etats-unis","category-litterature-france","category-roman","category-xxeme","tag-amitie","tag-amour","tag-arts","tag-communication","tag-communion","tag-ecriture","tag-espoir","tag-exil","tag-humanite","tag-immigration","tag-lecture","tag-musique","tag-photographie","tag-racines","tag-rapports-familiaux","tag-rapports-sociaux"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14530"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14530\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23505,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14530\/revisions\/23505"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14531"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}