{"id":1456,"date":"2015-01-08T17:49:24","date_gmt":"2015-01-08T16:49:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1456"},"modified":"2015-01-08T17:57:29","modified_gmt":"2015-01-08T16:57:29","slug":"suter-martin-le-temps-le-temps-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1456","title":{"rendered":"Suter, Martin \u00ab Le temps, le temps \u00bb 2013"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Peter Taler peine \u00e0 continuer \u00e0 vivre : depuis que son \u00e9pouse Laura a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e au bas de leur immeuble, le chagrin et le d\u00e9sir de vengeance l&rsquo;assaillent. Il est toutefois d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 mener sa propre enqu\u00eate. Les indices sont faibles. Seule demeure une infime impression du jour tragique : quelque chose, dans son panorama quotidien, n&rsquo;est plus pareil&#8230; Son voisin Knupp ne cesse de l&rsquo;observer par la fen\u00eatre et semble s&rsquo;adonner \u00e0 de myst\u00e9rieuses activit\u00e9s. Les deux hommes font peu \u00e0 peu connaissance, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 Knupp parvient \u00e0 enr\u00f4ler Taler dans son projet fou : celui de mettre le temps en \u00e9chec et, avec lui, la disparition de sa femme. Au sommet de son art, Martin Suter \u00e9chafaude un roman presque hitchcockien qui m\u00eale intrigue polici\u00e8re et \u00e9l\u00e9ments fantastiques, humour et m\u00e9lancolie. Dans cet univers o\u00f9 il suffit de revenir au d\u00e9cor ant\u00e9rieur pour abolir les effets du temps, o\u00f9 toute r\u00e9alit\u00e9 devient trompe-l&rsquo;\u0153il, le lecteur est tenu en haleine jusqu&rsquo;au retournement final insoup\u00e7onn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: polar du style \u00ab\u00a0Depuis la lecture de \u00ab\u00a0Small World\u00a0\u00bb je suis cet auteur suisse avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat. Une fois encore j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 le th\u00e8me choisi. Le temps qui passe &#8230; ou pas et le drame du deuil. On commence comme dans un film du style\u00a0\u00ab\u00a0Fen\u00eatre sur cour\u00a0\u00bb\u2026 Un homme qui a perdu sa femme qui a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9e il y a une ann\u00e9e regarde par la fen\u00eatre\u00a0; d\u00e8s la premi\u00e8re phrase du roman, il annonce la couleur\u00a0: \u00ab\u00a0quelque chose n\u2019\u00e9tait pas pareil, mais il ne savait pas quoi\u00a0\u00bb\u00a0; et bien on va chercher\u2026 On va faire un retour vers le futur, et tout mettre en \u0153uvre pour retrouver le pass\u00e9. Deux hommes qui ont perdu leur femme et qui vivent le pr\u00e9sent \u00e0 travers elles et en leur compagnie m\u00eame si elles ne sont plus l\u00e0\u2026\u00a0; l\u2019un dont le but est de retrouver son assassin et l\u2019autre qui veut remonter le temps pour changer l\u2019avenir. Deux hommes que tout oppose et qui vont finir par s\u2019unir. Un roman psychologique, un brin fantastique et absurde, sur l\u2019obsession, sur l\u2019immortalit\u00e9, sur le pass\u00e9, le manque, l&rsquo;absence,\u00a0la m\u00e9moire, sur le d\u00e9ni du deuil. Je regrette que la fin\u00a0ne soit pas\u00a0\u00e0 la hauteur du livre.. C\u2019est dommage mais finalement ce n\u2019est pas bien grave, car l\u2019important c\u2019est l\u2019histoire que nous raconte Suter et pas vraiment son d\u00e9nouement.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le temps ne passe pas, mais tout le reste passe. La nature. La mati\u00e8re. L\u2019humanit\u00e9. Mais pas le temps. Le temps n\u2019existe pas<\/p>\n<p>La transformation cr\u00e9e l\u2019illusion du temps. La r\u00e9p\u00e9tition est sa mort. Un jour o\u00f9 tout serait identique \u00e0 la veille serait la preuve qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est le temps qui ne se manifeste pas<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Voyez-vous le pr\u00e9sent\u00a0? Non, vous ne le voyez pas. Il est toujours d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9. M\u00eame si vous divisez les secondes par deux, par dix, par cent, par mille. M\u00eame si vous en faites des millioni\u00e8mes, des milliardi\u00e8mes \u2013\u00a0\u00e7a sera toujours pass\u00e9.<\/p>\n<p>Pouvoir se taire ensemble, avait un jour remarqu\u00e9 Laura, t\u00e9moignait d\u2019une plus grande harmonie que parler ensemble.<\/p>\n<p>m\u00eame plus d\u2019un an apr\u00e8s, il ne voulait pas revenir aux choses quotidiennes. Il voulait donner tort \u00e0 tous ceux qui disaient que la vie continue.<\/p>\n<p>Le livre \u00e9tait us\u00e9 par les lectures successives. Quelqu\u2019un avait corn\u00e9 de nombreuses pages. D\u2019autres \u00e9taient int\u00e9gralement griffonn\u00e9es, les lignes de beaucoup de paragraphes \u00e9taient soulign\u00e9es, les marges grouillaient de notes, de petites \u00e9toiles, de renvois et de points d\u2019exclamation.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pouvons prendre la mati\u00e8re dans nos mains, cela prouve qu\u2019elle existe. Nous ne pouvons certes pas saisir la pesanteur ou la lumi\u00e8re du soleil, mais elles existent tout de m\u00eame parce qu\u2019elles agissent sur la mati\u00e8re. La pesanteur fait tomber les choses par terre, les rayons du soleil nous r\u00e9chauffent la peau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2026 l\u2019impression, en feuilletant ce livre us\u00e9, de se trouver \u00e0 la fen\u00eatre et de voir sans \u00eatre vu. Il observait secr\u00e8tement ce lecteur inconnu que cette lecture avait tellement boulevers\u00e9.<\/p>\n<p>Ce que nous consid\u00e9rons comme le temps, \u00e9crivait-il, n\u2019est que la m\u00e9thode permettant de mesurer le changement<\/p>\n<p>Elle accomplissait son travail avec un manque de concentration angoissant. Elle \u00e9tait capable de lui raconter sa vie, de t\u00e9l\u00e9phoner, de boire un caf\u00e9 ou de feuilleter des magazines tout en saisissant des factures ou enregistrer des paiements sans commettre la moindre erreur, comme s\u2019il s\u2019agissait de mots crois\u00e9s pour d\u00e9butants<\/p>\n<p>Mais la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que plus on devient vieux, moins le temps a d\u2019importance. M\u00eame si l\u2019on ne croit pas \u00e0 son inexistence. Et de l\u2019insignifiance \u00e0 l\u2019inexistence, il n\u2019y a qu\u2019un tout petit pas.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il sortit dans la nuit \u00e9toil\u00e9e, peu avant minuit, il eut l\u2019impression de quitter le pass\u00e9 pour entrer dans le pr\u00e9sent<\/p>\n<p>Les choses qui l\u2019entouraient avaient perdu leur \u00e9vidence. Toutes portaient leur histoire comme des \u00e9tiquettes, toutes lui imposaient les souvenirs auxquels elles s\u2019attachaient.<\/p>\n<p>La fonction du temps, c\u2019est de s\u00e9parer, tu comprends\u00a0? Il nous s\u00e9pare de nos anc\u00eatres et de nos descendants, il nous s\u00e9pare de nous lorsque nous \u00e9tions enfants, adolescents, adultes, vieillards, d\u00e9funts. Il est au service de l\u2019ordre. Il nous offre l\u2019avant, le maintenant et l\u2019apr\u00e8s. Si le temps n\u2019existait pas, tout serait empil\u00e9 en un tas.<\/p>\n<p>On faisait moins longtemps attendre des gens debout que des gens assis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #003300;\"><strong>Voir article sur Martin Suter<\/strong><\/span><a title=\"Auteur Coup de Coeur : MARTIN SUTER\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=664\"> \u00ab\u00a0Auteur coup de c\u0153ur\u00a0\u00bb <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Peter Taler peine \u00e0 continuer \u00e0 vivre : depuis que son \u00e9pouse Laura a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e au bas de leur immeuble, le chagrin et le d\u00e9sir de vengeance l&rsquo;assaillent. Il est toutefois d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 mener sa propre enqu\u00eate. Les indices sont faibles. 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