{"id":14685,"date":"2021-11-01T16:58:44","date_gmt":"2021-11-01T14:58:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14685"},"modified":"2021-11-01T16:59:24","modified_gmt":"2021-11-01T14:59:24","slug":"kivirahk-andrus-les-groseilles-de-novembre-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14685","title":{"rendered":"Kivir\u00e4hk , Andrus \u00abLes groseilles de novembre\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: un \u00e9crivain estonien n\u00e9 le 17 ao\u00fbt 1970 \u00e0 Tallinn. V\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l&rsquo;auteur d&rsquo;une oeuvre d\u00e9j\u00e0 importante qui suscite l&rsquo;enthousiasme tant de la critique que d&rsquo;un tr\u00e8s large public, qui raffole de ses histoires. Andrus Kivir\u00e4hk \u00e9crit des romans et des nouvelles, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tres, des textes et des sc\u00e9narios de films d&rsquo;animation pour enfants.<\/p>\n<p>\u0152uvre traduite en fran\u00e7ais\u00a0: L&rsquo;Homme qui savait la langue des serpents (2013) <em>Grand Prix de l&rsquo;Imaginaire, cat\u00e9gorie Roman \u00e9tranger<\/em> &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14685\"><em>Les Groseilles de novembre<\/em><\/a><\/span> (2014) \u2013 Le Papillon (2017 ) &#8211; Les Secrets (2020)<\/p>\n<p>Le Tripode 09.10.2014 \u2013 265 pages \/ Tripode poche 02.05.2019 \u2013 290 pages &#8211; Antoine Chalvin (Traducteur)<\/p>\n<p><em>Les groseilles de novembre &#8211; (Chronique de quelques d\u00e9traquements dans la contr\u00e9e des kratts)<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Lire Andrus Kivir\u00e4hk, c&rsquo;est \u00e0 chaque fois se donner la certitude que l&rsquo;on va entrer de la fa\u00e7on la plus naturelle dans un monde proprement extraordinaire. L&rsquo;Homme qui savait la langue des serpents (Le Tripode, 2013 &#8211; Grand Prix de l&rsquo;Imaginaire 2014) nous avait habitu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait encore possible d&rsquo;\u00e9pouser des ours, d&rsquo;avoir pour meilleur ami une vip\u00e8re royale ou encore de voler dans les airs \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;ossements humains.<br \/>\nLes Groseilles de novembre d\u00e9montre un peu plus les talents de conteur de l&rsquo;\u00e9crivain. Nous voici cette fois-ci immerg\u00e9s dans la vie quotidienne d&rsquo;un village o\u00f9 tout pourrait sembler normal et o\u00f9, tr\u00e8s vite, plus rien ne l&rsquo;est. Les seigneurs sont dup\u00e9s par leurs serfs, des d\u00e9mons maraudent, des vaches magiques paissent sur les rivages, les morts reviennent, le diable tient ses comptes, une sorci\u00e8re pr\u00e9pare ses filtres dans la for\u00eat et, quotidiennement, les jeux de l&rsquo;amour et du d\u00e9sir tirent les ficelles.<br \/>\nA la fois dr\u00f4le et cruel, le texte rel\u00e8ve autant de la farce que de la chronique fantastique. Les Groseilles de novembre est consid\u00e9r\u00e9 en Estonie comme le meilleur roman d&rsquo;Andrus Kivir\u00e4hk.<\/p>\n<p><strong>Note de l\u2019\u00e9diteur<\/strong>\u00a0: Pour pleinement go\u00fbter les charmes de ce roman, il convient de rappeler que l\u2019Estonie a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des derni\u00e8res r\u00e9gions pa\u00efennes d\u2019Europe. Elle n\u2019a \u00e9t\u00e9 conquise et \u00e9vang\u00e9lis\u00e9e qu\u2019au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle, dans le cadre d\u2019une croisade men\u00e9e par des chevaliers allemands. \u00c0 partir du Moyen \u00c2ge, les paysans estoniens sont devenus des serfs au service des grands propri\u00e9taires fonciers, les \u00ab\u00a0barons baltes\u00a0\u00bb. Mais, chez Kivir\u00e4hk, le peuple n\u2019a rien perdu de son espi\u00e8glerie et de ses croyances. S\u2019alliant parfois avec le diable, cohabitant dans leurs villages avec les esprits et les monstres les plus divers, les paysans fa\u00e7onnent r\u00e9guli\u00e8rement des kratts pour satisfaire leurs d\u00e9sirs et duper de pi\u00e8tres seigneurs\u2026<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Novembre a 30 jours, il y a trente chapitres, trente tranches de vie quotidienne dans un village estonien au Moyen-Age, trente historiettes tremp\u00e9es dans la magie qui d\u00e9peignent la vie d\u2019habitants particuli\u00e8rement surprenants \u2026 N\u2019oublions pas que Novembre commence par les jours d\u00e9di\u00e9s au souvenir, aux morts, aux \u00e2mes\u2026 On y rencontre des cr\u00e9atures imaginaires du folklore estonien, comme les Kratt, les quauquemaires, le g\u00e9ant Kalevipoeg, des chaussefroides, on y parle du pouvoir des oreilles des g\u00e9nies\u2026 et les habitants du village, qui, s\u2019ils ne sont pas surnaturels se comportent de mani\u00e8re surr\u00e9aliste\u2026 \u00a0Il fait froid, les habitants du village ont faim et on ne peut pas leur reprocher de manquer d\u2019inventivit\u00e9. Ils sont rus\u00e9s, voleurs, cupides, ont des rem\u00e8des bien \u00e0 eux\u2026 la vodka ne gu\u00e9rit-elle pas tout dans ce pays froid\u00a0? Et le vol la principale activit\u00e9 des habitants du village\u2026 ou plut\u00f4t de leurs Kratts\u2026<br \/>\nC\u2019est inventif, humoristique et inspir\u00e9 des contes et l\u00e9gendes d\u2019Estonie. Il y a la magie qui permet de se transformer en tourbillon mal\u00e9fique, il y a la louve-garoue, la sorci\u00e8re, des d\u00e9mons qui hantent la for\u00eat et se font rouler dans la farine par les ruses des paysans. Rus\u00e9s et na\u00effs \u00e0 la fois, affam\u00e9s au point de voler n\u2019importe quoi pour se nourrir et bouffer du savon\u2026<br \/>\nEt il y a aussi l\u2019amour et la po\u00e9sie \u2026 et oui\u2026 et comme c\u2019est le monde de l\u2019\u00e9trange, je vous parle ici d\u2019un bonhomme de neige et de la louve-garoue \u2026<\/p>\n<p>Ce livre est un O.L.N.I (Objet Litt\u00e9raire Non Identifi\u00e9)\u00a0; totalement d\u00e9jant\u00e9 et j\u2019ai ador\u00e9\u2026Mais ceux qui me connaissent savent que les mythes et l\u00e9gendes, j\u2019adore\u2026<\/p>\n<p>Et en refermant ce livre j\u2019ai encore plus envie de me lancer dans son autre roman \u00ab\u00a0L\u2019Homme qui savait la langue des serpents\u00a0\u00bb (Le Tripode, 2013, Prix de l&rsquo;Imaginaire 2014 du roman \u00e9tranger).<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>\u2014\u00a0C\u2019est notre malheur \u00e0 nous, Estoniens\u00a0: il y a trop d\u2019imb\u00e9ciles parmi nous. Ils font honte \u00e0 tout notre peuple.<\/p>\n<p>Ce qui int\u00e9ressait surtout les anc\u00eatres, c\u2019\u00e9tait de savoir si les richesses qu\u2019ils avaient accumul\u00e9es pendant leur vie \u00e9taient toujours l\u00e0 et en lieu s\u00fbr.<\/p>\n<p>Toutes les paroles sacr\u00e9es et toutes les recettes pour \u00e9carter les d\u00e9mons semblaient avoir \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es de son esprit.<\/p>\n<p>un lynx n\u2019avait travers\u00e9 la route, le corps couvert de petites clochettes et pourvu d\u2019une bonne centaine de pattes\u00a0! Avec un tintement effroyable, il s\u2019\u00e9loigna et disparut derri\u00e8re les vieilles meules de foin.<br \/>\n\u00ab\u00a0Eh bien\u00a0! dit Kaarel, stup\u00e9fait. C\u2019\u00e9tait certainement un d\u00e9mon.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Dans les contes de f\u00e9es, les gens ne jettent pas n\u2019importe o\u00f9 les biens qu\u2019ils ont amass\u00e9s \u00e0 grand-peine, estima le granger. Dans les contes, il est question de renards qui trompent des loups ou qui volent du lait \u00e0 une vieille femme. Les contes doivent \u00eatre instructifs, c\u2019est pour cela qu\u2019on les raconte aux enfants.<\/p>\n<p>Il est devenu comme un petit enfant\u00a0: il croit tout ce que je lui dis. Hier par exemple, je lui ai mis un sac sur la t\u00eate et je lui ai dit qu\u2019il \u00e9tait en enfer. Le vieux l\u2019a cru tout de suite\u00a0: il s\u2019est assis par terre et a commenc\u00e9 \u00e0 prier. Au bout d\u2019un moment, j\u2019ai enlev\u00e9 le sac. Alors il s\u2019est r\u00e9joui et a expliqu\u00e9 que ses pri\u00e8res l\u2019avaient aid\u00e9 \u00e0 sortir de l\u2019enfer. Je m\u2019amuse avec lui comme avec un chat.<\/p>\n<p>Notre vie aussi est vol\u00e9e, et nous devons chaque jour la voler \u00e0 nouveau en nous aidant de toutes sortes de trucs et d\u2019astuces, afin de rester vivants jusqu\u2019au lendemain. Si nous commencions \u00e0 payer honn\u00eatement pour tout, que deviendrions-nous\u00a0? Nous n\u2019existerions plus<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: un \u00e9crivain estonien n\u00e9 le 17 ao\u00fbt 1970 \u00e0 Tallinn. V\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l&rsquo;auteur d&rsquo;une oeuvre d\u00e9j\u00e0 importante qui suscite l&rsquo;enthousiasme tant de la critique que d&rsquo;un tr\u00e8s large public, qui raffole de ses histoires. 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