{"id":14820,"date":"2021-11-17T16:37:59","date_gmt":"2021-11-17T14:37:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14820"},"modified":"2021-11-17T16:55:01","modified_gmt":"2021-11-17T14:55:01","slug":"greggio-simonetta-black-messie-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14820","title":{"rendered":"Greggio, Simonetta \u00abBlack Messie\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0:\u00a0 n\u00e9e le 21 avril 1961 \u00e0 Rubano (province de Padoue) en Italie) est une romanci\u00e8re et traductrice italienne. Arriv\u00e9e \u00e0 Paris en 1981, elle est journaliste pendant plusieurs ann\u00e9es, collaborant \u00e0 des revues et magazines divers dont City, T\u00e9l\u00e9rama, La Repubblica. Elle partage sa vie entre Paris, Venise et la Provence.<\/p>\n<p>Stock \u2013 04.05.2016 \u2013 353 pages \u2013\u00a0 Livre de poche \u2013 08.03.2017 \u2013 312 pages (prix Casanova 2017)<\/p>\n<p><strong>Romans<\/strong>\u00a0: La douceur des hommes, 2005 &#8211; \u00c9toiles, 2006 &#8211; Col de l&rsquo;Ange, \u00e9ditions Stock, 2007 &#8211; Les mains nues, 2008 &#8211; Dolce Vita 1959-1979, 2010 (finaliste du prix Renaudot et du prix Interalli\u00e9) &#8211; L&rsquo;odeur du figuier, nouvelles, 2011 &#8211; L\u2019homme qui aimait ma femme, 2012 &#8211; Nina, co\u00e9crit avec Fr\u00e9deric Lenoir, 2013 &#8211; Les Nouveaux Monstres 1978-2014 &#8211; Femmes de r\u00eave, bananes et framboises, 2015 &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14820\">Black Messie<\/a><\/span>, 2016 &#8211; Elsa mon amour, 2018 &#8211; L&rsquo;ourse qui danse, Mus\u00e9e des Confluences\/Cambourakis, 2020 &#8211; Bellissima, 2021 &#8211;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<br \/>\nDans les douces collines de Toscane, le Monstre de Florence a sauvagement assassin\u00e9 sept jeunes couples entre 1968 et 1985. Cet horrible fait divers a inspir\u00e9 films et romans, dont Le Silence des agneaux. Mais le principal suspect est mort en attendant un \u00e9ni\u00e8me proc\u00e8s et le silence a recouvert toute l&rsquo;histoire&#8230; Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 filles et gar\u00e7ons recommencent \u00e0 tomber, fauch\u00e9s par un serial killer \u00e9trangement semblable \u00e0 celui d&rsquo;autrefois.<br \/>\nLe Monstre est-il revenu ? A-t-on commis une erreur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ? Le capitaine des carabiniers Jacopo D&rsquo;Orto m\u00e8ne l&rsquo;enqu\u00eate. Proche de la retraite, il n&rsquo;a plus rien \u00e0 perdre. Dans une course contre la montre, il fouille la fosse o\u00f9 la boue des myst\u00e8res italiens s&rsquo;est amass\u00e9e. Depuis la Renaissance, le mal refait r\u00e9guli\u00e8rement surface dans ce pays qui semble b\u00e9ni des Dieux. L&rsquo;Italie actuelle para\u00eet pourtant purifi\u00e9e de ses secrets.<br \/>\nMais si, derri\u00e8re les apparences, il n&rsquo;y avait que chaos, violence et guerres de pouvoir ?<\/p>\n<p>Black Messie, paru en 2016 chez Stock, est une exploration dans le domaine du noir. Bas\u00e9 sur un fait divers des ann\u00e9es 1970-1980, l\u2019affaire dite du \u00ab Monstre de Florence \u00bb, structur\u00e9 comme un thriller, le roman est une m\u00e9taphore des d\u00e9rives dans un \u00c9tat de droit.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Depuis le temps que je souhaitais d\u00e9couvrir la plume de Simonetta Greggio, c\u2019est chose faite. Peut-\u00eatre pas dans le contexte que j\u2019imaginais\u2026 mais la pr\u00e9sentation \u00ab\u00a0le roman est une m\u00e9taphore des d\u00e9rives dans un \u00c9tat de droit\u00a0\u00bb est tout \u00e0 fait justifi\u00e9e. Il faut toutefois pr\u00e9ciser que l\u2019autrice a accus\u00e9 un journaliste italien d\u2019\u00eatre le v\u00e9ritable monstre de Florence mais intouchable car prot\u00e9g\u00e9 par la police et des organisations et sectes hors d\u2019atteinte (elle a \u00e9t\u00e9 poursuivie pour calomnie car elle n\u2019a rien pu prouver). J\u2019ai donc d\u00e9couvert Simonetta Greggio via le thriller et non la litt\u00e9rature dite \u00ab\u00a0blanche\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je ne savais qu\u2019une seule chose\u00a0: le livre \u00e9tait inspir\u00e9 d\u2019un fait r\u00e9el qui avait boulevers\u00e9 Florence du temps de ma jeunesse et qui avait fait peur \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019amoureux en Toscane qui avaient l\u2019habitude de se retrouver sur les collines des alentours\u2026 \u00a0Le premier tueur en s\u00e9rie italien\u2026<br \/>\nMais si le tueur en s\u00e9rie est bien partie prenante de l\u2019histoire \u2013 on se souvient qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u2013 ce thriller nous plonge dans un thriller qui fait intervenir soit le tueur des ann\u00e9es plus tard, soit un imitateur\u2026<br \/>\nL\u2019autrice donne la parole au tueur en s\u00e9rie mais elle fait \u00e9galement parler le policier en charge de l\u2019enqu\u00eate, Jacopo D&rsquo;Orto, un professeur am\u00e9ricain Miles, au pass\u00e9 trouble qui enqu\u00eate sur la disparition de sa fille, des membres d\u2019une secte adorateurs de la Vierge Noire.. Il y a aussi une prostitu\u00e9e et amante ivoirienne dont la personnalit\u00e9 m\u2019a beaucoup interess\u00e9e. Les deux hommes, Miles et d\u2019Orto ne sont pas si \u00e9loign\u00e9s que cela \u2026 tous deux sont veufs, et ils ont des filles pour lesquelles ils s\u2019inqui\u00e8tent. Le rapport p\u00e8re-fille est tr\u00e8s important et surtout un message\u00a0: il faut que les femmes et les jeunes filles se r\u00e9veillent et que les hommes du XX\u00e8me si\u00e8cle soient \u00e9vinc\u00e9s des postes cl\u00e9s ou la corruption r\u00e8gne en ma\u00eetre. Un livre f\u00e9ministe au bout du compte.<\/p>\n<p>Un livre qui nous fait red\u00e9couvrir Florence, qui nous parle de cette ville magique, qui rend hommage \u00e0 ses artistes (Botticelli et son \u00ab Printemps \u00bb, Dante\u2026), mais qui nous relie aussi au XX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 travers l\u2019Album blanc des Beatles\u2026 Un livre qui nous parle de la mythologie, de la mythique Vierge Noire\u2026<\/p>\n<p>Mais aussi un livre qui est parfois tr\u00e8s difficile \u00e0 lire car il y a un grand \u00e9cart entre les descriptions po\u00e9tiques de la Toscane et les descriptions des meurtres et des sc\u00e8nes de violence\u00a0! Faut pas avoir mal aux yeux quand on visualise ce que les mots nous d\u00e9crivent\u00a0!<\/p>\n<p>Deux fois dans le m\u00eame mois le carr\u00e9 S A T O R &#8211; A R E P O &#8211; T E N E T &#8211; O P E R A &#8211; R O T A S est revenu dans mes lectures ( voir le livre de<em>\u00a0Pieter Aspe\u00a0\u00ab\u00a0<\/em><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14739\"><em>Le Carr\u00e9 de la vengeance<\/em><\/a>\u00a0<\/span>\u00bb )<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>elle avait plus que jamais la t\u00eate d\u2019une pomme rest\u00e9e trop longtemps dans le four.<\/p>\n<p>Une glycine couvrait sa fa\u00e7ade, culminant en tonnelle sur notre terrasse. La coupole du Duomo \u00e9tait si proche qu\u2019on aurait cru la toucher certains jours d\u2019hiver, quand le vent semble abolir les distances et que l\u2019air est transparent comme de la glace. Mais Florence est une citadelle hant\u00e9e. Trop de guerres de pouvoir, trop de sang vers\u00e9 sur les marbres us\u00e9s. Les cauchemars se succ\u00e9daient \u2013\u00a0Indiana avait \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole les complots de la Renaissance, et depuis elle revivait la terreur de cette matin\u00e9e de P\u00e2ques 1478 o\u00f9 pendant la messe les Pazzi avait agress\u00e9 les M\u00e9dicis, poignardant \u00e0 mort Giuliano, le fr\u00e8re de Laurent le Magnifique.<\/p>\n<p>Ego sum Niger Regin, Je suis la Vierge noire, je suis la Nature, la Puissance ador\u00e9e par l\u2019univers entier, ma volont\u00e9 gouverne les claveaux lumineux du ciel, les souffles puissants de l\u2019oc\u00e9an, les silences lugubres des enfers. Les Phrygiens, premiers-n\u00e9s sur Terre, m\u2019appellent la d\u00e9esse m\u00e8re de Pessinonte\u00a0; les Ath\u00e9niens me nomment Minerve C\u00e9cropienne\u00a0; chez les habitants de l\u2019\u00eele de Chypre, je suis V\u00e9nus de Paphos\u00a0; chez les Cr\u00e9tois arm\u00e9s de l\u2019arc, Diane Dictynna\u00a0; chez les Siciliens, Proserpine la Strygienne\u00a0; chez les habitants d\u2019\u00c9leusis, l\u2019antique C\u00e9r\u00e8s. Les uns m\u2019appellent Junon, d\u2019autres Bellone\u00a0; ceux-ci H\u00e9cate, ceux-l\u00e0 la d\u00e9esse Rhamnonte. Les peuples d\u2019\u00c9thiopie, de l\u2019Asie et les \u00c9gyptiens, puissants par leur savoir s\u00e9culaire et qui, les premiers, sont \u00e9clair\u00e9s par les rayons du soleil naissant, me rendent mon v\u00e9ritable culte et m\u2019appellent de mon vrai nom\u00a0: la reine Isis. Mais pour vous je suis et resterai la Vierge noire, m\u00e8re de toutes choses, ma\u00eetresse des \u00e9l\u00e9ments, origine et principe des si\u00e8cles, divinit\u00e9 supr\u00eame, reine des m\u00e2nes.<\/p>\n<p>Florence est une ville merveilleuse. Ici plus qu\u2019ailleurs, le sang a coul\u00e9 avec magnificence. Savez-vous que c\u2019est l\u00e0 que les premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes italiennes ont vu le jour\u00a0? Aucune civilisation ne peut perdurer sans rituel occulte. Le monde est un th\u00e9\u00e2tre. Les rideaux s\u2019ouvrent, mais la mise en sc\u00e8ne qui appara\u00eet n\u2019est qu\u2019un premier champ du spectacle. Derri\u00e8re, il y a d\u2019autres rideaux, et d\u2019autres mises en sc\u00e8ne pour d\u2019autres spectacles. Le pouvoir ne s\u2019obtient qu\u2019en traversant toutes ces strates. Un vrai mille-feuille.<\/p>\n<p>Le pourcentage de saints sur cette terre est exactement le m\u00eame que celui des grands criminels. Une intelligence hors norme, de la constance, de la d\u00e9termination et une vision ample du monde sont les qualit\u00e9s requises pour int\u00e9grer ces partis extr\u00eames.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Je ne pense pas. Je ne suis pas pay\u00e9 pour \u00e7a.<br \/>\nSauf que, bien s\u00fbr, il sait. Penser, c\u2019est gratis. Mais \u00e7a peut co\u00fbter cher.<\/p>\n<p>Revenir de chez les morts n\u2019est pas la m\u00eame chose qu\u2019\u00eatre vivant.<\/p>\n<p>Jour apr\u00e8s jour cette beaut\u00e9 perdue meurtrie viol\u00e9e blesse mon c\u0153ur, les sanpietrini couverts d\u2019asphalte sont autant de pav\u00e9s dans l\u2019\u00e9tendue de ma col\u00e8re, Florence se meurt, Florence est morte, il n\u2019en reste que les os sanctifi\u00e9s par le tourisme, merci Matteo Renzi, maire pendant cinq\u00a0ans, merci les administrations sans \u00e2me qui lui succ\u00e8dent, sans \u00e2me, sans couilles, sans vision, amen.<\/p>\n<p>Il y a un mot que j\u2019aime par-dessus tout en italien\u00a0: c\u2019est \u00ab\u00a0tempestato\u00a0\u00bb. On dit \u00ab\u00a0un cielo tempestato di stelle\u00a0\u00bb\u00a0: un ciel frapp\u00e9, d\u00e9cor\u00e9, pilonn\u00e9 d\u2019\u00e9toiles. La tempesta, c\u2019est la temp\u00eate, l\u2019ouragan. Un ciel o\u00f9 les \u00e9toiles sont un ouragan. Au-dessus de ma t\u00eate, la vo\u00fbte noire est trou\u00e9e d\u2019un ouragan d\u2019\u00e9toiles.<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, ce sont toujours les femmes qui trinquent \u00e0 cause de la l\u00e2chet\u00e9 et de l\u2019incons\u00e9quence des hommes. Partout o\u00f9 il y a un pauvre h\u00e8re, il y a dans son sillage quelqu\u2019un qui a encore moins de droits\u00a0: sa femme, sa fille.<\/p>\n<p>Une femme n\u2019est pas une pute parce que son corps fait r\u00eaver les hommes. C\u2019est son c\u0153ur qui compte. Mais il est rare que les hommes comprennent \u00e7a. Ils ne voient rien. Ils sont \u00e9blouis par la beaut\u00e9, et n\u00e9gligent la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Quel type d\u2019homme faut-il \u00eatre pour donner la mort sans devenir fou\u00a0? Naissons-nous mauvais\u00a0? Ou le devenons-nous\u00a0? Par habitude\u00a0? Par lassitude\u00a0? Est-ce une fatalit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019\u00eatre humain est un animal curieux. Dans une situation extr\u00eame, il passe en mode urgence, \u00e9chappant \u00e0 toute logique.<\/p>\n<p>Un flic qui fait son boulot sans mis\u00e9ricorde devient un monstre, au m\u00eame titre que celui qu\u2019il est cens\u00e9 arr\u00eater. Et sans aller jusque-l\u00e0, la d\u00e9shumanisation de l\u2019autre vient d\u2019un manque d\u2019imagination, L\u2019autre, c\u2019est moi. Qu\u2019est-ce qu\u2019il disait Nietzsche, d\u00e9j\u00e0\u00a0? \u00ab\u00a0Celui qui combat des monstres doit prendre garde \u00e0 ne pas devenir monstre lui-m\u00eame. Et si tu regardes longtemps un ab\u00eeme, l\u2019ab\u00eeme regarde aussi en toi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De l\u2019irruption du mal dans le quotidien, aucun d\u2019entre nous n\u2019est \u00e0 l\u2019abri. Il y a une ligne de d\u00e9marcation, un avant et un apr\u00e8s. Des abysses surgissent ces cr\u00e9atures que nous reconnaissons \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 elles apparaissent. Nous-m\u00eames, nus.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0On perd le futur parce qu\u2019on est incapables de faire face au pr\u00e9sent, capitaine.<br \/>\n\u2013\u00a0Qu\u2019est-ce que tu veux dire par l\u00e0, Kadi\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0Que nous avons tous tendance \u00e0 esp\u00e9rer des jours meilleurs sans profiter de ceux que nous sommes en train de vivre. Du coup, on bousille l\u2019un et l\u2019autre.<br \/>\n\u2013\u00a0Pr\u00e9sent et futur, c\u2019est \u00e7a\u00a0?<\/p>\n<p>Quand on tue quelqu\u2019un, surtout une jeune femme ou un enfant, on ouvre une porte dans l\u2019invisible qui permet au mal de s\u2019introduire dans notre monde et\u2026<\/p>\n<p>Le monde a besoin de croire. Cela cr\u00e9e un espoir immense, et cela sert le secret.<\/p>\n<p>Presque toutes les images de la Vierge noire ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. Seuls les gitans en ont pr\u00e9serv\u00e9 quelques-unes. Or les gitans sont un peuple sans terre et sans droits. Sans pouvoir et sans repr\u00e9sentants. Qui les \u00e9coute\u00a0? Leur parole ne compte pas. La Vierge noire fut notre alli\u00e9e dans la nuit des temps. Au final, les \u00eatres n\u2019ont pas plus d\u2019importance qu\u2019un grain de sable souffl\u00e9 dans l\u2019univers. La roue tourne. Nous tenons le sceptre et la boussole. Mais nous avons besoin du pouvoir de la Vierge noire pour gagner.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0On oublie ce qui fait le plus mal. Mais on vit avec tous les jours.<\/p>\n<p>Il avait voulu poss\u00e9der la connaissance, et il s\u2019apercevait que c\u2019\u00e9tait la connaissance qui le poss\u00e9dait. Un pacte, un engagement sans retour. Rien ne pouvait d\u00e9faire ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait. Rien ne pouvait refaire ce qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9fait. La lumi\u00e8re \u00e9tait l\u2019ombre, et l\u2019ombre la lumi\u00e8re. Le carr\u00e9 le lui avait appris\u00a0:<br \/>\nS A T O R<br \/>\nA R E P O<br \/>\nT E N E T<br \/>\nO P E R A<br \/>\nR O T A S<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la ville \u00e9tait ponctu\u00e9e par ses crues. Celle de 1333 avait \u00e9t\u00e9 la plus catastrophique\u00a0: tous les ponts, except\u00e9 un, avaient \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s. M\u00eame le Ponte Vecchio \u2013\u00a0que Jacopo voyait mal \u00e0 travers l\u2019ond\u00e9e\u00a0\u2013 n\u2019avait \u00e9t\u00e9 reconstruit que quelques ann\u00e9es apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Une ville \u00e0 rhizomes, comme les racines de son embl\u00e8me floral, l\u2019Iris pallida. Une ville \u00e0 rhizomes, comme le mal qui renaissait r\u00e9guli\u00e8rement dans ses entrailles. Mais une ville qui avait impos\u00e9 la langue toscane \u00e0 l\u2019Italie enti\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0:\u00a0 n\u00e9e le 21 avril 1961 \u00e0 Rubano (province de Padoue) en Italie) est une romanci\u00e8re et traductrice italienne. Arriv\u00e9e \u00e0 Paris en 1981, elle est journaliste pendant plusieurs ann\u00e9es, collaborant \u00e0 des revues et magazines divers dont City, T\u00e9l\u00e9rama, La Repubblica. Elle partage sa vie entre Paris, Venise et la Provence. Stock \u2013 04.05.2016 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14820\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14821,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[496,5,506,101,9,78],"tags":[112,94,188,186,507,597,1311,690,270,422,190,314,1145,530,400,169],"class_list":["post-14820","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-496","category-lecture-polar","category-florence","category-italie-2","category-italie","category-xxeme","tag-angoisse","tag-art","tag-couple","tag-enquete","tag-faits-divers","tag-horreur","tag-le-bien-et-le-mal","tag-mystere","tag-mythologie","tag-peur","tag-politique","tag-rapports-familiaux","tag-roman-psychologique","tag-tueur-en-serie","tag-vengeance","tag-violence"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14820","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14820"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14820\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14824,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14820\/revisions\/14824"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14821"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14820"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14820"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14820"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}