{"id":15001,"date":"2021-12-17T17:41:43","date_gmt":"2021-12-17T15:41:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15001"},"modified":"2021-12-17T17:42:27","modified_gmt":"2021-12-17T15:42:27","slug":"berest-anne-la-carte-postale-rl2021-528-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15001","title":{"rendered":"Berest, Anne \u00abLa carte postale\u00bb (RL2021)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong> : n\u00e9e le 15 septembre 1979 \u00e0 Paris, est une romanci\u00e8re et sc\u00e9nariste fran\u00e7aise, fille de la linguiste L\u00e9lia Picabia et de Pierre Berest, ing\u00e9nieur g\u00e9n\u00e9ral des mines, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole Polytechnique et de l\u2019\u00c9cole des Mines de Paris. Elle a deux s\u0153urs dont l&rsquo;\u00e9crivaine Claire Berest.<\/p>\n<p>Grasset &#8211; 18.08.2021 \u2013 528 pages \u2013 Prix Renaudot des Lyc\u00e9ens &#8211; S\u00e9lection Prix Goncourt 2021<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: C&rsquo;\u00e9tait en janvier 2003. Dans notre bo\u00eete aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale \u00e9trange. Elle n&rsquo;\u00e9tait pas sign\u00e9e, l&rsquo;auteur avait voulu rester anonyme. L&rsquo;Op\u00e9ra Garnier d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et de l&rsquo;autre, les pr\u00e9noms des grands-parents de ma m\u00e8re, de sa tante et son oncle, morts \u00e0 Auschwitz en 1942. Vingt ans plus tard, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de savoir qui nous avait envoy\u00e9 cette carte postale.<br \/>\nJ&rsquo;ai men\u00e9 l&rsquo;enqu\u00eate, avec l&rsquo;aide de ma m\u00e8re. En explorant toutes les hypoth\u00e8ses qui s&rsquo;ouvraient \u00e0 moi. Avec l&rsquo;aide d&rsquo;un d\u00e9tective priv\u00e9, d&rsquo;un criminologue, j&rsquo;ai interrog\u00e9 les habitants du village o\u00f9 ma famille a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, j&rsquo;ai remu\u00e9 ciel et terre. Et j&rsquo;y suis arriv\u00e9e. Cette enqu\u00eate m&rsquo;a men\u00e9e cent ans en arri\u00e8re. J&rsquo;ai retrac\u00e9 le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine.<br \/>\nEt enfin, leur arriv\u00e9e \u00e0 Paris, avec la guerre et son d\u00e9sastre. J&rsquo;ai essay\u00e9 de comprendre comment ma grand-m\u00e8re Myriam fut la seule qui \u00e9chappa \u00e0 la d\u00e9portation. Et \u00e9claircir les myst\u00e8res qui entouraient ses deux mariages. J&rsquo;ai d\u00fb m&rsquo;impr\u00e9gner de l&rsquo;histoire de mes anc\u00eatres, comme je l&rsquo;avais fait avec ma s\u0153ur Claire pour mon livre pr\u00e9c\u00e9dent, Gabri\u00eble. Ce livre est \u00e0 la fois une enqu\u00eate, le roman de mes anc\u00eatres, et une qu\u00eate initiatique sur la signification du mot \u00ab\u00a0Juif\u00a0\u00bb dans une vie la\u00efque.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Au verso, les quatre pr\u00e9noms \u00e9crits en quinconce, les uns en dessous des autres, formaient une sorte de puzzle \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e9trange, surtout celle des pr\u00e9noms qui semblait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment falsifi\u00e9e. Je n\u2019avais jamais vu un A \u00e9crit de cette mani\u00e8re, \u00e0 la fin du pr\u00e9nom Emma, comme deux S \u00e0 l\u2019envers, qu\u2019il fallait peut-\u00eatre lire dans un miroir \u00e0 la fa\u00e7on des \u00e9nigmes sp\u00e9culaires de L\u00e9onard de Vinci.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et \u00e0 partir de l\u00e0, l\u2019enqu\u00eate commence\u2026 \u00a0La qu\u00eate du pass\u00e9, la recherche de ses origines\u2026 \u00a0L\u2019exil, les non-dits, la d\u00e9couverte du pass\u00e9 de la famille, les d\u00e9placements, les espoirs et les angoisses\u2026 L\u2019incompr\u00e9hension face \u00e0 ce qui arrive, le refus d\u2019imaginer que les juifs peuvent \u00eatre en danger en France\u2026 la non naturalisation de la famille\u2026 la peur sourde et toujours pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle qui est associ\u00e9e au mot \u00ab\u00a0juif\u00a0\u00bb\u2026<br \/>\nPithiviers, le V\u00e9lodrome d\u2019hiver, Drancy, la d\u00e9portation des enfants, des m\u00e8res des personnes \u00e2g\u00e9es\u2026 Auschwitz\u2026 mais aussi le Camp des Milles\u2026 Le STO, la clandestinit\u00e9 \u2026<br \/>\nL\u2019intelligentsia parisienne, le peintre Francis Picabia et sa femme, Gabri\u00eble Buffet; Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky\u2026 les artistes qui font partie de la R\u00e9sistance, comme Ren\u00e9 Char, Samuel Beckett et tant d\u2019autres\u2026<br \/>\nEt partout et tout le temps la question\u00a0:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0\u2014\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre juif\u00a0?<br \/>\nPeut-\u00eatre que la r\u00e9ponse \u00e9tait contenue dans la question\u00a0:<br \/>\n\u2014\u00a0Se demander qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre juif\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est un livre magnifique et une fois encore il a \u00e9t\u00e9 reconnu par les lyc\u00e9ens (Prix Renaudot des lyc\u00e9ens 2021). Un roman autobiographique et en m\u00eame temps une enqu\u00eate \u00e9crite par l\u2019autrice, qui revient sur la trajectoire familiale. On part de Russie et on traverse toute l\u2019Occupation en passant par la Palestine, la Lettonie, la France\u2026<br \/>\nC\u2019est passionnant car c\u2019est non seulement bien document\u00e9, personnel mais que cela pose en plus des questions existentielles. C\u2019est le livre d\u2019une femme qui veut savoir ce qui se cache derri\u00e8re le silence de celles et ceux qui ont v\u00e9cu la Shoah et qui ont mur\u00e9 cette partie de leur vie dans le silence. C\u2019est le livre qui parle de celles et ceux qui veulent comprendre leurs racines, soulever le voile et aussi qui veulent comprendre. Avec elle on revit l\u2019horreur, l\u2019insoutenable mais aussi on a l\u2019impression de faire connaissance de ces personnes dont le nom figure sur la carte postale. Ces noms qui sont \u00e9crits pour que jamais ils ne s\u2019effacent et qu\u2019on ne les oublie pas.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019un des plus beaux livres de cette ann\u00e9e. Grave, puissant mais aussi r\u00e9v\u00e9lateur de la non transmission, de la peur. Et c\u2019est un INCONTOURNABLE, pour que jamais cela ne se reproduise\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Dans notre famille, les probl\u00e8mes ne se r\u00e9glaient pas de cette mani\u00e8re, on vivait avec les objets comme s\u2019ils avaient le droit \u00e0 autant d\u2019\u00e9gards que des \u00eatres humains.<\/p>\n<p>il existe cinquante-deux mots pour d\u00e9signer la neige chez les esquimaux. On dit <em>qanik<\/em> pour la neige quand elle tombe, <em>aputi<\/em> pour la neige d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9e, et <em>aniou<\/em> pour la neige qui sert \u00e0 faire de l\u2019eau\u2026<\/p>\n<p>En ces ann\u00e9es\u00a020, les rues de Lodz semblent surgir du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent mais aussi d\u2019un livre ancien fait de contes \u00e9tranges, d\u2019un monde grouillant de personnages aussi merveilleux qu\u2019effrayants, un monde dangereux o\u00f9 les voleurs rus\u00e9s et les belles prostitu\u00e9es surgissent \u00e0 chaque coin de rue arm\u00e9s de leur panache, o\u00f9 les hommes vivent avec les b\u00eates dans des rues labyrinthiques, o\u00f9 les filles de rabbins veulent \u00e9tudier la m\u00e9decine et leurs amoureux \u00e9conduits prendre des revanches sur la vie, o\u00f9 les carpes vivantes baignent dans des bassines, se mettant soudain \u00e0 parler comme dans les l\u00e9gendes yiddish, o\u00f9 l\u2019on chuchote des histoires de miroirs noirs, o\u00f9 l\u2019on mange dans la rue des petits pains frais beurr\u00e9s au fromage blanc.<\/p>\n<p>J\u2019approchai la photographie pour mieux observer tous ces visages. Je pouvais d\u00e9sormais nommer chaque personne. Ephra\u00efm, Emma, No\u00e9mie, mais aussi Maurice, Olga, Viktor, Fania\u2026 Les fant\u00f4mes n\u2019\u00e9taient plus des entit\u00e9s abstraites, ils n\u2019\u00e9taient plus des chiffres dans des livres d\u2019histoire.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, il ne parvient pas \u00e0 dormir. La m\u00e9lancolie le\u00a0gagne. Elle devient un paysage mental dans lequel il se prom\u00e8ne, parfois des jours entiers. Il a l\u2019impression que sa vie, sa v\u00e9ritable vie, n\u2019a jamais commenc\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Une famille juive de Hollande qui vendait des citrons avant de faire fortune dans les diamants puis l\u2019automobile\u2026 Citrons, Citro\u00ebn\u00a0!<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Tu verras mon fils que, dans la vie, il faut savoir anticiper. Retiens \u00e7a. Avoir un coup d\u2019avance est plus utile que d\u2019avoir du g\u00e9nie.<\/p>\n<p>Jacques d\u00e9couvre l\u2019irr\u00e9sistible accent de son grand-p\u00e8re, sa fa\u00e7on de parler en ratissant le fond du palais jusqu\u2019au larynx. Il d\u00e9couvre aussi le yiddish, cette langue aux mots sucr\u00e9s qui roulent dans la gorge de Nachman comme des bonbons.<\/p>\n<p>Pendant les vacances, Myriam se met \u00e0 peindre de petites natures mortes, des corbeilles de fruits, des verres de vin et autres vanit\u00e9s. Elle pr\u00e9f\u00e8re le mot anglais pour parler de ses tableaux\u00a0: <em>still life<\/em>. Toujours en vie.<\/p>\n<p>Il n\u2019est plus \u00ab\u00a0apatride\u00a0\u00bb, mais d\u00e9sormais \u00ab\u00a0d\u2019origine ind\u00e9termin\u00e9e\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014\u00a0Je vois. \u00catre apatride, c\u2019est \u00eatre quelque chose. \u00catre ind\u00e9termin\u00e9, c\u2019est louche.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Tu sais, on peut d\u00e9finir le hasard sous trois angles. Soit il sert \u00e0 d\u00e9finir des \u00e9v\u00e9nements merveilleux, soit des \u00e9v\u00e9nements al\u00e9atoires, soit des \u00e9v\u00e9nements accidentels.<\/p>\n<p>Figurez-vous qu\u2019autrefois, je vous parle de \u00e7a\u2026 au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u2026 on payait le courrier deux fois. Une fois pour envoyer la lettre. Et une deuxi\u00e8me fois pour la recevoir. Vous comprenez\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Il fallait payer pour lire\u00a0? Je ne savais pas\u2026<br \/>\n\u2014\u00a0Oui, au tout d\u00e9but de l\u2019histoire de la Poste, c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a. Mais vous aviez le droit de refuser la lettre qu\u2019on vous envoyait. Et on ne payait pas, \u00e0 ce moment-l\u00e0\u2026 Alors les gens ont imagin\u00e9 un code, pour ne pas payer la deuxi\u00e8me fois. Suivant la fa\u00e7on dont le timbre \u00e9tait positionn\u00e9 sur l\u2019enveloppe, cela voulait dire quelque chose de particulier, par exemple, si vous mettiez le timbre sur le c\u00f4t\u00e9, pench\u00e9 \u00e0 droite, cela signifiait \u00ab\u00a0maladie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Les Juifs avaient des ennemis en France. Alors que les migrants n\u2019ont pas d\u2019ennemis sur notre territoire.<br \/>\n\u2014\u00a0Et votre indiff\u00e9rence\u00a0? Ce n\u2019est pas une forme de collaboration\u00a0?<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re n\u2019a pas fait sa <em>bat-mitsva<\/em>. Mais elle a fait Mai 68.<\/p>\n<p>Mes parents m\u2019avaient inculqu\u00e9 les valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les \u00eatres, ils avaient vraiment cru en l\u2019av\u00e8nement d\u2019une utopie, ils nous avaient fa\u00e7onn\u00e9es mes s\u0153urs et moi pour devenir des femmes intellectuellement libres, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les lumi\u00e8res de la Culture effaceraient, par leur intelligible clart\u00e9, toute forme d\u2019obscurantisme religieux.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais confront\u00e9e \u00e0 une contradiction latente. Avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9, cette utopie que mes parents d\u00e9crivaient comme un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir, gravant en nous jour apr\u00e8s jour l\u2019id\u00e9e que la religion \u00e9tait un fl\u00e9au qu\u2019il fallait absolument combattre. Et de l\u2019autre, planqu\u00e9e dans une r\u00e9gion obscure de notre vie familiale, il y avait l\u2019existence d\u2019une identit\u00e9 cach\u00e9e, d\u2019une ascendance myst\u00e9rieuse, d\u2019une \u00e9trange lign\u00e9e qui puisait sa raison d\u2019\u00eatre au c\u0153ur de la religion. Nous \u00e9tions tous une grande famille, qu\u2019importe notre couleur de peau, notre pays d\u2019origine, nous \u00e9tions tous reli\u00e9s les uns aux autres par notre <em>humanit\u00e9<\/em>. Mais au milieu de ce discours des Lumi\u00e8res qu\u2019on m\u2019enseignait, il y avait ce mot qui revenait comme un astre noir, comme une constellation bizarre, qui rev\u00eatait un halo de myst\u00e8re. Juif.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Jodorowsky dit, je le cite\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Nous trouvons dans l\u2019arbre (g\u00e9n\u00e9alogique) des endroits traumatis\u00e9s, non dig\u00e9r\u00e9s, qui cherchent ind\u00e9finiment \u00e0 se soulager. De ces endroits sont lanc\u00e9es des fl\u00e8ches vers les g\u00e9n\u00e9rations futures. Ce qui n\u2019a pas pu \u00eatre r\u00e9solu devra \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et atteindre quelqu\u2019un d\u2019autre, une cible situ\u00e9e une ou plusieurs g\u00e9n\u00e9rations plus loin.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais elle en parlait en silence. C\u2019\u00e9tait partout. Dans tous les livres de la biblioth\u00e8que, dans ses douleurs et ses incoh\u00e9rences, dans quelques photos secr\u00e8tes pas bien cach\u00e9es. La Shoah c\u2019\u00e9tait un jeu de pistes dans la maison, on ne pouvait que suivre les indices pour jouer aux Indiens et aux cow-boys.<\/p>\n<p>Dans le sens propre du terme en-visager, chercher dans le visage de cette morte ce qu\u2019il y avait de moi.<\/p>\n<p>Elle trouvait que les grands artistes \u00e9taient surtout de grands \u00e9go\u00efstes. Elle \u00e9tait comme les enfants de magiciens, qui, ayant grandi dans les coulisses, ne peuvent croire \u00e0 l\u2019illusion du spectacle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Comment savoir que l\u2019on est en vie, si personne n\u2019est le t\u00e9moin de votre existence\u00a0?<\/p>\n<p>Tu es n\u00e9e dans un monde de silence, il est normal que tes enfants aient soif de paroles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : n\u00e9e le 15 septembre 1979 \u00e0 Paris, est une romanci\u00e8re et sc\u00e9nariste fran\u00e7aise, fille de la linguiste L\u00e9lia Picabia et de Pierre Berest, ing\u00e9nieur g\u00e9n\u00e9ral des mines, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole Polytechnique et de l\u2019\u00c9cole des Mines de Paris. Elle a deux s\u0153urs dont l&rsquo;\u00e9crivaine Claire Berest. 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