{"id":15430,"date":"2022-02-03T18:23:40","date_gmt":"2022-02-03T16:23:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15430"},"modified":"2024-08-15T16:12:40","modified_gmt":"2024-08-15T14:12:40","slug":"gimenez-bartlett-alicia-le-jour-des-chiens-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15430","title":{"rendered":"Gimenez-Bartlett, Alicia \u00abLe Jour des chiens\u00bb (2002)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice<\/strong>\u00a0: n\u00e9e le 10 juin 1951 \u00e0 Almansa, dans la province d\u2019Albacete, est une romanci\u00e8re espagnole, notamment autrice de roman policier.<br \/>\nEn 2011, Alicia Gim\u00e9nez Bartlett remporte le Prix Nadal pour son roman historique Donde nadie te encuentre, qui \u00e9voque la vie de Teresa Pla Meseguer, surnomm\u00e9e La Pastora, une hermaphrodite humili\u00e9e par un lieutenant de la Guardia Civil en 1949 qui s\u2019engagea ensuite dans la gu\u00e9rilla anti-franquiste.<br \/>\nL\u2019auteur, qui vit \u00e0 Barcelone \u00e0 partir de 1975, r\u00e9side maintenant \u00e0 Vinar\u00f2s, dans la province de Castell\u00f3n.<br \/>\nEn 2015, elle obtient le prix Planeta pour Hombres desnudos, un roman sur la prostitution masculine.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9rie\u00a0Petra Delicado<\/strong>\u00a0: Elle cr\u00e9e ainsi le personnage de Petra Delicado, une femme inspecteur de police, h\u00e9ro\u00efne de plusieurs romans policiers. Cette s\u00e9rie, qui obtient un vif succ\u00e8s, est traduite en plusieurs langues et lui vaut plusieurs distinctions, dont le Prix Raymond Chandler en 2008. En 1999, une\u00a0s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e\u00a0adapte les enqu\u00eates de Petra Delicado et de son ins\u00e9parable compagnon, Ferm\u00edn Garz\u00f3n.<br \/>\n<b>La s\u00e9rie<\/b>\u00a0: \u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13018\">Rites de mort<\/a><\/span>\u00a02000 (Ritos de muerte\u00a0(1996) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15430\">Le Jour des chiens<\/a><\/span> 2002 (D\u00eda de perros\u00a0(1997) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Gimenez-Bartlett, Alicia \u00ab Les Messagers de la nuit\u00bb (2003) 374 pages (S\u00e9rie Petra Delicado \u2013 tome 3)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19924\">Les Messagers de la nuit<\/a><\/span> 2003 (Mensajeros de la oscuridad\u00a0(1999) \u2013\u00a0 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18220\">Meurtres sur papier<\/a><\/span> 2004 (Muertos de papel\u00a0(2000) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Gimenez-Bartlett, Alicia \u00ab Des serpents au paradis\u00bb (2007) 332 pages S\u00e9rie Petra Delicado \u2013 tome 5\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20672\">Des serpents au paradis<\/a><\/span> 2007 (Serpientes en el para\u00edso\u00a0(2002) \u2013 Un bateau plein de riz 2008 (Un barco cargado de arroz\u00a0(2004) \u2013 Un vide \u00e0 la place du c\u0153ur 2019 Nido vac\u00edo\u00a0(2007) \u2013 Le Silence des clo\u00eetres 2012 ( El silencio de los claustros\u00a0(2009) \u2013 Personne ne veut savoir 2015 (Nadie quiere saber\u00a0(2013) \u2013 Cr\u00edmenes que no olvidar\u00e9\u00a0(2015) &#8211; Mi querido asesino en serie (2017) &#8211; Sin muertos (2020)<\/p>\n<p>Rivages \u2013 Rivages Noirs \u2013 12.02.2002 \u2013 366 pages (traductrice\u00a0: Marianne Million)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<br \/>\nL&rsquo;inspectrice Petra Delicado se voit confier la t\u00e2che peu valorisante d&rsquo;enqu\u00eater sur le meurtre d&rsquo;un inconnu rou\u00e9 de coups dans une ruelle sordide de Barcelone. Personne ne semblait conna\u00eetre la victime, personne n&rsquo;est venu identifier son corps. L&rsquo;unique t\u00e9moin du drame est son chien, un t\u00e9moin muet que Petra va s&rsquo;efforcer de faire \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb. Avec obstination, elle poursuit une enqu\u00eate dont tout le monde semble se d\u00e9sint\u00e9resser.<br \/>\nElle croisera, outre de nombreux chiens et \u00e9leveurs de chiens, des femmes qui ne laisseront pas insensible son adjoint Garzon. Dans cette deuxi\u00e8me aventure du tandem barcelonais, Alicia Gimenez Bartlett explore la r\u00e9alit\u00e9 sociale, mais aussi les relations amoureuses, sur un mode ironique et d\u00e9senchant\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<br \/>\nEt je continue avec grand plaisir \u00e0 suivre les enqu\u00eates du duo improbable Petra Delicado \/ Garzon. Toujours autant d\u2019humour et d\u2019ironie. Une enqu\u00eate qui se passe en milieu canin et o\u00f9 nous allons croiser toutes les activit\u00e9s qui tournent autour des chiens\u00a0: on fr\u00e9quente les v\u00e9t\u00e9rinaires, les \u00e9leveurs, ceux qui se livrent aux exp\u00e9riences sur les animaux, l\u2019industrie pharmaceutique, les dresseurs de chiens, les toiletteurs, et les autres\u2026<br \/>\nPour les besoins de l\u2019enqu\u00eate (dit-elle) Petra va adopter le chien de la victime d\u2019un meurtre\u00a0: un chien tout minable qu\u2019elle va appeler \u00ab\u00a0Espanto\u00a0\u00bb, ce qui signifie \u00ab\u00a0<em>Horreur<\/em> ou <em>\u00e9pouvante<\/em>\u00a0\u00bb en espagnol\u2026<br \/>\nEt en plus de l\u2019enqu\u00eate nous continuons \u00e0 suivre les relations amoureuses de nos deux protagonistes\u2026 des relations pour le moins compliqu\u00e9es\u00a0;\u00a0 les liens d\u2019amiti\u00e9 se d\u00e9veloppent entre ces deux personnages.<br \/>\nUn bon moment pass\u00e9 \u00e0 Barcelone et une enqu\u00eate bien men\u00e9e qui m\u00eale vie priv\u00e9e et vie professionnelle.<br \/>\nJe ne vais pas tarder \u00e0 encha\u00eener sur le troisi\u00e8me tome\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>On aurait dit un cadavre, silencieux, immobile, p\u00e2le. Je ne pus commencer \u00e0 observer ses traits avant d\u2019avoir d\u00e9pass\u00e9 la fascination qu\u2019exercent sur moi les gisants, surtout en sculpture. D\u00e8s que je me trouve devant l\u2019une de ces meringues en pierre repr\u00e9sentant Charles\u00a0V, les amants de Teruel ou le duc d\u2019Albe, une stupeur respectueuse s\u2019abat sur mon dos et me fige sur place. Mais cet homme allong\u00e9 n\u2019\u00e9voquait ni l\u2019arrogance ni la gloire de la patrie. Il avait plut\u00f4t l\u2019air d\u2019un oisillon meurtri, d\u2019un chat \u00e9cras\u00e9 sur l\u2019autoroute.<\/p>\n<p>Ils avaient peur, non d\u2019une chose tangible et concr\u00e8te, externe et r\u00e9elle, mais d\u2019un tout fluctuant et \u00e9th\u00e9r\u00e9, de la vie en soi. Ils ressentaient la peur comme une substance enveloppante et absolue, totale. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre la seule chose certaine qu\u2019ils aient jamais poss\u00e9d\u00e9e\u00a0: la peur.<\/p>\n<p>\u00e0 ce stade de ma vie, j\u2019aurais d\u00e9j\u00e0 d\u00fb comprendre que la biographie de tout Espagnol inclut un bar, de m\u00eame que celle des Su\u00e9dois comporte une maison avec un parquet. Peu importe la classe sociale ou les croyances, en fin de compte, au plus profond, s\u2019\u00e9tend ce terrain neutre et communautaire, sans culpabilit\u00e9, o\u00f9 chacun donne libre cours aux facettes les plus authentiques de son ego.<\/p>\n<p>Que pendant quatre ans il a touch\u00e9 ou vers\u00e9 cinq mille pesetas et comment, tous les jours, ou une seule fois, ou cinq mille par an\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c0 y bien r\u00e9fl\u00e9chir, c\u2019\u00e9tait terrible, car le seul \u00e9l\u00e9ment dont nous \u00e9tions partis pour parvenir \u00e0 cette conclusion \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 son aspect, c\u2019est-\u00e0-dire, les indices sociaux qu\u2019il r\u00e9v\u00e9lait. L\u2019aurions-nous estim\u00e9 coupable s\u2019il avait eu l\u2019allure d\u2019un cadre propre sur lui\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tu as peur de souffrir\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0Je suis fatigu\u00e9 de souffrir.<br \/>\n\u2013\u00a0Oui, je vois ce que tu veux dire. Je suppose que ce qui te fatigue, c\u2019est de placer des espoirs dans quelque chose qui dispara\u00eet ensuite.<br \/>\n\u2013\u00a0Tu parles de chiens\u00a0?<br \/>\nIl attendait une r\u00e9ponse, ses grands yeux verts pleins d\u2019ironie.<br \/>\n\u2013\u00a0De chiens et d\u2019amours.<\/p>\n<p>Ma d\u00e9funte \u00e9pouse me d\u00e9primait comme une procession de la semaine sainte,<\/p>\n<p>Un grand supermarch\u00e9 pr\u00e9sente tout de m\u00eame un aspect l\u00e9g\u00e8rement redoutable. Je ne l\u2019avais jamais vu sous ce jour auparavant, mais sous l\u2019influence de Garz\u00f3n je devais admettre qu\u2019il y avait de \u00e7a. Ces rang\u00e9es de conserves et de bo\u00eetes brillantes, sans souillure, inertes, entre lesquelles on se d\u00e9pla\u00e7ait en poussant un chariot, g\u00e9n\u00e9raient une certaine angoisse existentielle. Quelque chose comme une vision symbolique de la vie\u00a0: on avance entrav\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but par un poids mort, on choisit les choses que l\u2019on estime bonnes pour soi, en \u00e9cartant d\u2019autres qui auraient peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 meilleures, on est de plus en plus alourdi par ses choix, et finalement, tout se paie.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, j\u2019ai appris quelque chose de tr\u00e8s important\u00a0: le coup \u00e0 boire du cuisinier. Vous croyez que vous \u00eates suffisamment inspir\u00e9e\u00a0? Nous allons nous en envoyer un autre au cas o\u00f9 la muse nous abandonnerait.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Je suis frais comme une rose, dit-il, et je le regardai en pensant \u00e0 ces roses qui languissent pendant des lustres, press\u00e9es entre les pages d\u2019un livre.<\/p>\n<p>Son visage devint s\u00e9rieux et ses sourcils qui \u00e9taient quelques instants auparavant deux parenth\u00e8ses r\u00eaveuses se transform\u00e8rent en accents circonflexes mena\u00e7ants.<\/p>\n<p>Juan Monturiol avait d\u00e9cid\u00e9 de commettre l\u2019erreur irr\u00e9parable de se laisser aller sur la pente glissante des confidences. Un tel faux pas ne peut se comparer, dans le domaine f\u00e9minin, qu\u2019\u00e0 une femme qui d\u00e9ciderait de se pr\u00e9senter devant son amant en costume de premi\u00e8re communiante. Il n\u2019y a rien qui tue plus rapidement le d\u00e9sir que le r\u00e9cit d\u2019\u00e9checs conjugaux fait par un amant qui vous prend \u00e0 t\u00e9moin.<\/p>\n<p>C\u2019est un mauvais r\u00eave, vous n\u2019avez jamais fait ce genre de cauchemar o\u00f9 un taureau vous poursuit et o\u00f9 vous avez beau courir, vos pieds restent riv\u00e9s au sol\u00a0?<\/p>\n<p>Les chiens meurtriers n\u2019existent pas, ce sont les hommes qui les cr\u00e9ent en les dressant.<\/p>\n<p>J\u2019admirai l\u2019habilet\u00e9 masculine \u00e0 passer du statut de bourreau \u00e0 celui de victime en se contentant de s\u2019auto-administrer un peu de compassion.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: n\u00e9e le 10 juin 1951 \u00e0 Almansa, dans la province d\u2019Albacete, est une romanci\u00e8re espagnole, notamment autrice de roman policier. 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