{"id":155,"date":"2014-02-25T14:40:42","date_gmt":"2014-02-25T13:40:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=155"},"modified":"2014-06-13T13:36:19","modified_gmt":"2014-06-13T12:36:19","slug":"khara-david-s-le-projet-shiro-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=155","title":{"rendered":"Serres, Karin \u00ab Monde sans oiseaux \u00bb (Stock 2013)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p><strong>R\u00e9sume de l\u2019\u00e9diteur\u00a0<\/strong>: \u00ab Petite Bo\u00eete d\u2019Os \u00bb est la fille du pasteur d\u2019une communaut\u00e9 vivant sur les bords d\u2019un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d\u2019algues et d\u2019herbe s\u00e9ch\u00e9e, et devient une adolescente romantique aux c\u00f4t\u00e9s de son amie Blanche. Elle d\u00e9couvre l\u2019amour avec le vieux Joseph, revenu au pays apr\u00e8s le \u00ab D\u00e9luge \u00bb, envelopp\u00e9 d\u2019une l\u00e9gende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde \u00e0 la beaut\u00e9 trompeuse, se profile le spectre d\u2019un pass\u00e9 enfui o\u00f9 vivaient des oiseaux, une esp\u00e8ce aujourd\u2019hui disparue. Le lac, d\u2019apparence si paisible, est le domaine o\u00f9 nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une for\u00eat de cercueils, derni\u00e8re demeure des habitants du village. Une histoire d\u2019amour fou aussi poignante qu\u2019envo\u00fbtante, un roman \u00e9crit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d\u2019un monde, puisque l\u2019eau monte inexorablement et que la mort r\u00f4de autour du lac\u2026<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Oh que je n&rsquo;ai pas aim\u00e9.. Mauvaise ambiance, trop d\u00e9faitiste. Un peu le m\u00eame th\u00e8me que \u00ab\u00a0la lettre \u00e0 Helga\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir la confrontation entre une \u00eele vivant comme dans le pass\u00e9 et la civilisation. Mais j&rsquo;ai trouv\u00e9 tr\u00e8s glauque.. Quelques jolies phrases, mais heureusement qu&rsquo;il n&rsquo;est pas trop long car j&rsquo;en suis sortie avec une impression de malaise coll\u00e9e \u00e0 la peau.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>La peau du lac fr\u00e9mit, frise, se creuse comme une t\u00f4le ondul\u00e9e puis explose en une immense vague qui asperge toutes les maisons du village sous le cri de ma m\u00e8re qui me surplombe, petit corps gluant qui vient de ramper hors de sa nuit rouge pour atterrir sur le plancher au bout du cordon qui bat.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re a des yeux bleu rivi\u00e8re gel\u00e9e, de fins cheveux blonds s\u00e9v\u00e8rement tir\u00e9s et de hautes pommettes au sang \u00e0 fleur.<\/p>\n<p>Au printemps, la neige fond sur les collines, et la terre la boit. Le soleil est encore si p\u00e2le, comment croire que c\u2019est lui qui fait fondre l\u2019hiver\u00a0?<\/p>\n<p>La douleur est peut-\u00eatre un organisme vivant, invisible mais r\u00e9el, qui habite \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de notre corps. Parfois, il se r\u00e9veille, s\u2019agite violemment, mais le reste du temps il dort. Du bout de ses tentacules, soudain, il appuie sur nos gencives, nos tympans, nos seins adolescents ou notre ut\u00e9rus comme l\u00e0, maintenant, aaargh\u00a0! Et c\u2019est lui qui nous suce le sang, de l\u2019int\u00e9rieur, qui boit toute l\u2019eau de notre peau d\u2019enfant. Mais que devient-il, quand on meurt\u00a0?<\/p>\n<p>La vie est ronde. On se regarde, face \u00e0 face, tellement pr\u00e8s. On se conna\u00eet par c\u0153ur, on se red\u00e9couvre sans arr\u00eat.<\/p>\n<p>Elle sort de la maison jaune qui para\u00eet brune sous cette lumi\u00e8re, descend les rues de planches jusqu\u2019\u00e0 l\u2019eau sombre qui miroite, jette sa chemise de nuit en l\u2019air et danse, nue, en silence. Puis elle saute dans l\u2019eau qui se brise en mille \u00e9clats et se recompose en cercles noirs autour de sa t\u00eate qui \u00e9merge.<\/p>\n<p>En automne, je retourne travailler \u00e0 la ville. Mes pieds avancent, r\u00e9guli\u00e8rement, de l\u2019embarcad\u00e8re au bureau, du bureau au bar, du bar au bureau, du bureau \u00e0 l\u2019embarcad\u00e8re, mais ma t\u00eate reste \u00e0 la tra\u00eene. Quand je marche dans les rues, je vois le nom des gens flotter \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux, \u00e0 hauteur de leur torse ou de leur taille, en lettres brillantes, et j\u2019entends leurs pens\u00e9es chuchotantes. Ce scintillement me fascine et m\u2019\u00e9puise. Parfois, je suis des inconnus, au risque de me perdre, tellement leur nom fr\u00e9missant leur va bien, ou leurs pens\u00e9es sont musicales, rythm\u00e9es. Et le jour s\u2019\u00e9teint, mauve.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es, les ronflements de Jeff m\u2019\u00e9nervaient. Je sifflais, je le secouais, je le faisais rouler sur le c\u00f4t\u00e9, je le r\u00e9veillais m\u00eame, parfois, hors de moi\u00a0: \u00ab\u00a0Tu ronfles\u00a0! \u2013 D\u00e9sol\u00e9. Je fais pas expr\u00e8s. Je vais essayer de\u2026\u00a0\u00bb Maintenant, je les attends, je ne peux plus m\u2019endormir sans. Une fois couch\u00e9s, dos \u00e0 dos, je respire r\u00e9guli\u00e8rement, pour l\u2019entra\u00eener, par mim\u00e9tisme, et d\u00e8s qu\u2019ils commencent \u00e0 r\u00e9sonner, je m\u2019installe dans leur rythme r\u00e2peux, caverneux, comme dans un hamac.<\/p>\n<p>Je le regarde tous les jours, pourtant. Sa chair qui s\u2019affine et se plisse, ses cheveux qui blanchissent, je les regarde, je les touche, je les connais, je les aime mais sans observer de changement net, sans comprendre ce que cela annonce, sans voir notre temps passer. Je n\u2019ai pas vu sa mort arriver. Pas pr\u00e9vu. Jamais pens\u00e9. Fauch\u00e9e, je suis, \u00e0 genoux dans la terre de notre potager.<\/p>\n<p>Je n\u2019arr\u00eate pas d\u2019en accompagner vers le lac, dans leur cercueil d\u2019osier. On ne sait jamais, la derni\u00e8re fois qu\u2019on voit les gens qu\u2019on aime, que ce sera la derni\u00e8re fois.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sume de l\u2019\u00e9diteur\u00a0: \u00ab Petite Bo\u00eete d\u2019Os \u00bb est la fille du pasteur d\u2019une communaut\u00e9 vivant sur les bords d\u2019un lac nordique. 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