{"id":1561,"date":"2015-02-20T09:05:21","date_gmt":"2015-02-20T08:05:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1561"},"modified":"2015-02-20T09:05:21","modified_gmt":"2015-02-20T08:05:21","slug":"penny-louise-defense-de-tuer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1561","title":{"rendered":"Penny Louise \u00ab D\u00e9fense de tuer \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tome 4 : D\u00e9fense de tuer<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 :<\/strong> Au plus fort de l\u2019\u00e9t\u00e9, le Manoir Bellechasse, un h\u00f4tel luxueux des Cantons-de-l\u2019Est, accueille les membres d\u2019une riche famille anglo-canadienne r\u00e9unis pour rendre hommage \u00e0 leur d\u00e9funt patriarche. L\u2019inspecteur-chef Armand Gamache, venu c\u00e9l\u00e9brer avec sa femme leur trente-cinqui\u00e8me anniversaire de mariage, constate rapidement le troublant comportement de cette famille aux apparences parfaites. Sous la surface trop lisse bouillonne une inavouable rancune longtemps refoul\u00e9e. Dans les esprits comme dans le ciel, l\u2019atmosph\u00e8re s\u2019alourdit. Bient\u00f4t une temp\u00eate s\u2019abat, laissant derri\u00e8re elle un cadavre \u00e9trangement mis en sc\u00e8ne. Mais qui aurait l\u2019audace de commettre un homicide sous les yeux de l\u2019inspecteur ?<\/p>\n<p>Avec cette quatri\u00e8me enqu\u00eate de l\u2019inspecteur-chef Armand Gamache, Louise Penny fait une nouvelle fois preuve d\u2019une ing\u00e9niosit\u00e9 subtile et d\u2019une v\u00e9ritable compr\u00e9hension du psychisme humain. Instaurant un huis-clos tout aussi charmant que d\u00e9stabilisant, elle laisse ses personnages \u00e9voluer jusqu\u2019\u00e0 ce que leur nature v\u00e9ritable se d\u00e9voile dans toute sa laideur. Plus que jamais elle s\u2019impose comme un v\u00e9ritable ma\u00eetre du myst\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Toujours aussi \u00ab\u00a0british\u00a0\u00bb dans une ambiance canadienne. Nous sommes en \u00e9t\u00e9. Et revoici notre inspecteur Gamache, si humain, si tendre et attentif au centre de l\u2019enqu\u00eate. En effet il s\u00e9journe \u00e0 l\u2019h\u00f4tel quand un meurtre est commis. Sa femme est donc un peu plus pr\u00e9sente, avant de s\u2019exiler pas loin, \u00e0 \u00ab\u00a0Three Pines\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>On nage en plein myst\u00e8re, dans une ambiance de suspicion et de haine larv\u00e9e.. et on se pose des questions\u00a0; non seulement qui, mais aussi pourquoi et comment.. Dans un coin de paradis (enfin pas de l\u2019avis de tout le monde) ou internet ne passe pas, une enqu\u00eate un peu \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019ancienne\u00a0\u00bb, fond\u00e9e sur psychologie et r\u00e9flexion.. Une belle \u00e9tude de l\u2019amour et de la haine, de la dissimulation et de la ranc\u0153ur, des non-dits qui pourrissent toute une existence (enfin plusieurs) Et toujours cette jolie langue et ses mots qu\u00e9b\u00e9cois qui font mon bonheur..<\/p>\n<p>(la d\u00e9barbouillette c\u2019est une lavette .. )<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 des dizaines d\u2019ann\u00e9es comme facteur, il savait qu\u2019il distribuait davantage que des lettres. Il savait qu\u2019il avait l\u00e2ch\u00e9 des bombes au cours de ses tourn\u00e9es. Il avait apport\u00e9 de tr\u00e8s bonnes nouvelles\u00a0: des avis de naissance, des gains de loterie, le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une vieille tante riche. Mais c\u2019\u00e9tait un homme bon, d\u2019une grande sensibilit\u00e9, et il savait qu\u2019il \u00e9tait aussi porteur de mauvaises nouvelles<\/p>\n<p>Il s\u2019arr\u00eata, se retourna et s\u2019\u00e9loigna \u00e0 grands pas du bistro pour se diriger vers une bo\u00eete aux lettres rouill\u00e9e devant une maison en brique donnant sur le parc. Lorsqu\u2019il ouvrit la bo\u00eete aux lettres, celle-ci hurla. Il la comprenait. Apr\u00e8s avoir pouss\u00e9 la lettre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, il referma rapidement la porte hurlante. Il fut surpris que la bo\u00eete m\u00e9tallique caboss\u00e9e ne s\u2019\u00e9touffe pas et ne recrache pas cette chose immonde. Avec le temps, il en \u00e9tait venu \u00e0 voir ses lettres comme des \u00eatres vivants et les bo\u00eetes comme des esp\u00e8ces d\u2019animaux de compagnie<\/p>\n<p>Il avait appris \u00e7a de sa m\u00e8re. Elle lui avait enseign\u00e9 que de l\u2019ordre naissait la libert\u00e9. L\u2019ordre lib\u00e9rait l\u2019esprit pour autre chose<\/p>\n<p>Il collectionne des conversations, des \u00e9v\u00e9nements, et les utilise des ann\u00e9es plus tard contre vous. Recycler, riposter, refouler. Rien ne se perd<\/p>\n<p>Il franchissait ce point et d\u00e9couvrait les monstres cach\u00e9s au plus profond de personnes raisonnables, aimables, rieuses. Il p\u00e9n\u00e9trait l\u00e0 o\u00f9 m\u00eame ces personnes craignaient de s\u2019avancer<\/p>\n<p>La premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration amasse l&rsquo;argent, la deuxi\u00e8me l&rsquo;appr\u00e9cie, ayant \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin des sacrifices consentis, et la troisi\u00e8me le dilapide. Nous sommes la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>le meurtre \u00e9tait fondamentalement humain. Une personne \u00e9tait assassin\u00e9e, une personne assassinait. Ce n\u2019\u00e9tait ni le hasard ni un \u00e9v\u00e9nement qui d\u00e9clenchait le geste fatal. C\u2019\u00e9tait une \u00e9motion. Une \u00e9motion autrefois saine et humaine \u00e9tait devenue r\u00e9pugnante, boursoufl\u00e9e, puis avait \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9e. Mais pas d\u00e9finitivement. Elle restait tapie, souvent durant des d\u00e9cennies, se maintenant en vie et grossissant, sinistre, tourment\u00e9e, pleine de rancune. Jusqu\u2019au jour o\u00f9 elle se lib\u00e9rait enfin de la contrainte humaine. Aucun sens moral, aucune peur, aucune convention sociale ne pouvait alors la retenir. C\u2019\u00e9tait le chaos. Et un homme devenait un meurtrier<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout le monde m\u00e9rite une deuxi\u00e8me chance. Mais pas une troisi\u00e8me.<\/p>\n<p>Vous est-il d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9, en marchant dans une rue, de sentir quelque chose et de vous trouver soudainement \u00e0 un autre endroit\u00a0? C\u2019est comme si l\u2019odeur vous transportait ailleurs.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un adulte, pas un enfant dans des v\u00eatements d\u2019adulte, comme tant de gens qu\u2019elle connaissait. Il d\u00e9montrait de la maturit\u00e9<\/p>\n<p>Elle n\u2019\u00e9tait pas all\u00e9e au-del\u00e0 du pourquoi. N\u2019avait pas pens\u00e9 au qui<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable sens se trouvait dans les pauses. Jamais dans les mots, mais dans les h\u00e9sitations<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas une balle, ni une lame, ni un coup de poing au visage qui tuait les gens. Ce qui tuait les gens, c\u2019\u00e9tait un sentiment. Enfoui trop longtemps<\/p>\n<p>Mais il savait que ce signe de ponctuation cachait quelque chose. Quelque chose d\u2019important. Comme bien souvent, le message n\u2019\u00e9tait pas dans les mots, mais dans la fa\u00e7on de les pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>La folie, c\u2019est perdre contact avec la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est cr\u00e9er son propre monde et s\u2019y enfermer. \u2014\u00a0C\u2019est juste, sauf que, parfois, c\u2019est la fa\u00e7on d\u2019agir la plus saine qui soit. La seule fa\u00e7on de survivre. Les personnes maltrait\u00e9es\u00a0\u2013 surtout les enfants\u00a0\u2013 le font<\/p>\n<p>Votre corps peut se trouver dans le plus enchanteur des endroits, mais si votre esprit est an\u00e9anti, cela importe peu<\/p>\n<p>Elle sentait son c\u0153ur galoper dans sa poitrine et ses mains trembler, comme chaque fois qu\u2019elle \u00e9tait enrag\u00e9e. Et, bien s\u00fbr, son cerveau ne fonctionnait pas. Il s\u2019\u00e9tait enfui avec son c\u0153ur\u00a0\u2013 les l\u00e2ches\u00a0\u2013 en la laissant sans d\u00e9fense et sans cervelle<\/p>\n<p>Un meurtre n\u2019\u00e9tait pas le fruit de la haine, il repr\u00e9sentait plut\u00f4t un effroyable acte de lib\u00e9ration. On le perp\u00e9trait pour \u00eatre enfin d\u00e9barrass\u00e9 du poids qui vous accablait.<\/p>\n<p>L\u2019affliction \u00e9tait semblable \u00e0 une dague pointue s\u2019enfon\u00e7ant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi. Elle \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019une peine nouvelle et d\u2019un vieux chagrin. Tous les deux fondus, forg\u00e9s et, parfois, polis<\/p>\n<p>ce n\u2019est pas la v\u00e9rit\u00e9 au sujet des autres qui vous lib\u00e8re, mais la v\u00e9rit\u00e9 sur vous-m\u00eame<\/p>\n<p>Blesser commence \u00e0 devenir une habitude, chez vous. Faire souffrir les autres ne diminuera pas votre propre douleur, vous savez. Au contraire.<\/p>\n<p>Elle m\u2019a enseign\u00e9 que la vie continue, et qu\u2019un choix s\u2019offrait \u00e0 moi. Je pouvais pleurer ce que j\u2019avais perdu ou appr\u00e9cier ce qui me restait<\/p>\n<p>L\u2019enfant avait commenc\u00e9 \u00e0 ressentir quelque chose de nouveau. De l\u2019amertume. Au fil des ans, elle avait creus\u00e9 un trou l\u00e0 o\u00f9 aurait d\u00fb se trouver son c\u0153ur. Elle avait fini par lui ronger tout l\u2019int\u00e9rieur, si bien qu\u2019il n\u2019y avait plus que noirceur l\u00e0-dedans. Et un hurlement, un \u00e9cho du pass\u00e9 qui se r\u00e9percutait. Et s\u2019amplifiait avec chaque r\u00e9p\u00e9tition<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(photo : Manoir Howey &#8211; North Hatley -Canada)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache Tome 4 : D\u00e9fense de tuer R\u00e9sum\u00e9 : Au plus fort de l\u2019\u00e9t\u00e9, le Manoir Bellechasse, un h\u00f4tel luxueux des Cantons-de-l\u2019Est, accueille les membres d\u2019une riche famille anglo-canadienne r\u00e9unis pour rendre hommage \u00e0 leur d\u00e9funt patriarche. 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