{"id":159,"date":"2014-02-25T14:46:25","date_gmt":"2014-02-25T13:46:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=159"},"modified":"2025-02-17T17:10:53","modified_gmt":"2025-02-17T15:10:53","slug":"arditi-metin-la-confrerie-des-moines-volants-2013-grasset","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=159","title":{"rendered":"ARDITI, Metin \u00ab\u00a0La confr\u00e9rie des moines volants\u00a0\u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: Metin Arditi est un romancier suisse d\u2019origine turque. Envoy\u00e9 sp\u00e9cial de l\u2019UNESCO pour le dialogue interculturel, il accomplit de fr\u00e9quents voyages en Isra\u00ebl et en Palestine, en Turquie et en Arm\u00e9nie. A Gen\u00e8ve, il pr\u00e9side la fondation P\u00f4le Autisme.<\/p>\n<p>Ses romans\u00a0: Victoria-Hall, (2004) &#8211; Derni\u00e8re Lettre \u00e0 Th\u00e9o, (2005 Actes Sud) &#8211; La pension Marguerite, (2006) &#8211; L\u2019impr\u00e9visible, (2006) &#8211; \u00a0: La fille des Louganis, (2007) &#8211; Loin des bras, (2009) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=258\">Le Turquetto<\/a><\/span>, (2011 \u2013 Prix Jean Giono) &#8211; Prince d\u2019orchestre, (2012) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=159\">La confr\u00e9rie des moines volants<\/a><\/span>, (2013) &#8211; Juliette dans son bain, (2015) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3347\">L&rsquo;enfant qui mesurait le monde<\/a>,<\/span> (2016 \u2013 Prix M\u00e9diterran\u00e9e 2017) &#8211; Mon p\u00e8re sur mes \u00e9paules, (2017) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7063\">Carnaval noir<\/a><\/span> (2018) &#8211; Rachel et les siens (2020) &#8211; L&rsquo;homme qui peignait les \u00e2mes (2021) &#8211; Tu seras mon p\u00e8re (2022) &#8211; Le B\u00e2tard de Nazareth (2023) &#8211; L&rsquo;\u00eele de la Fran\u00e7aise (2024)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: 1937. Le r\u00e9gime sovi\u00e9tique pille, vend et d\u00e9truit les tr\u00e9sors de l\u2019Eglise russe. Il ferme plus de mille monast\u00e8res. Des centaines de milliers de pr\u00eatres et de moines sont ex\u00e9cut\u00e9s. Les plus chanceux s\u2019\u00e9chappent, vivant cach\u00e9s dans les for\u00eats. Voici l\u2019histoire de Nikodime Kirilenko, ermite au monast\u00e8re de Saint-Eustache, qui, avec l\u2019aide d\u2019une poign\u00e9e de moines vagabonds, tente de sauver les plus beaux tr\u00e9sors de l\u2019art sacr\u00e9 orthodoxe. O\u00f9 l\u2019on rencontrera un ancien trap\u00e9ziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu.<\/p>\n<div>\u00a0De 1937 \u00e0 nos jours, de la Russie bolch\u00e9vique \u00e0 la Moscou des milliardaires et des galeries d\u2019art, l\u2019\u00e9tourdissante histoire de quelques moines sans moyens mais courageux face \u00e0 la violence de l\u2019Histoire. Le p\u00e9ch\u00e9, le pardon et l\u2019Art comme ultime r\u00e9demption parcourent ce roman ample et bouleversant. Et puis, il y a Irina. Elle fuit, traverse l&rsquo;Europe, arrive \u00e0 Paris, change d&rsquo;identit\u00e9&#8230; Elle est au c\u0153ur de cette \u00e9tonnante histoire de r\u00e9sistance et de r\u00e9demption.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>:<\/div>\n<div>Depuis trois ans j&rsquo;ai d\u00e9couvert Arditi et je plonge dedans avec d\u00e9lices. Mon favori reste sans conteste \u00ab\u00a0le Turquetto\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div>Cette fois, Arditi nous fait partager l&rsquo;histoire de quelques moines qui vont tout faire pour sauver des tr\u00e9sors de l&rsquo;art russe, puis la\u00a0mani\u00e8re\u00a0dont ces tr\u00e9sors vont\u00a0r\u00e9apparaitre.<\/div>\n<div>Autant la premi\u00e8re partie m&rsquo;a captiv\u00e9e autant la suite m&rsquo;a laiss\u00e9 sur la faim.. Une histoire d&rsquo;amour se melera \u00e0 l&rsquo;histoire et \u00a0n&rsquo;apportera pas grand chose \u00e0 mon avis.. \u00a0Deeux pays, deux culturesm, deux mentalit\u00e9s &#8230;\u00a0des personnages Russes attachants et des fran\u00e7ais (ou franco &#8211; russes) transparents et peu consistants. \u00a0Tr\u00e8s bonne documentation sur le sujet de\u00a0l&rsquo;\u00e9glise et des\u00a0ic\u00f4nes\u00a0et sur la vie des exil\u00e9s. Et belle histoire de personnages en fuite qui vont se muer en h\u00e9ros. Tous les h\u00e9ros ne sont pas des saints.. ils cherchent ici le pardon et la\u00a0r\u00e9demption en sauvant des\u00a0\u0153uvres\u00a0d&rsquo;art.<\/div>\n<div>La deuxi\u00e8me partie se passe \u00e0 Paris. Le personnage principal fran\u00e7ais, un photographe de renom, \u00a0d\u00e9couvre ses origines et \u00a0son pass\u00e9 qui lui explose \u00e0 la figure au dec\u00e8s de son p\u00e8re. il se trouve confront\u00e9 \u00e0 un p\u00e8re qu&rsquo;il ne connaissait\u00a0pas, \u00e0 une vie cach\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;avait\u00a0jamais\u00a0imagin\u00e9e. Il d\u00e9cide de faire un retour aux sources pour comprendre. C&rsquo;est aussi le roman du passage de flambeau entre le p\u00e8re et le fils, le moment ou le fils d\u00e9couvre une r\u00e9alit\u00e9 ignor\u00e9e, en\u00a0accueillant\u00a0les confessions du mourant, en acceptant son pass\u00e9, en pardonnant les erreurs et en les\u00a0int\u00e9grant\u00a0\u00e0 sa vie pour comprendre et aller plus avant. Il est d&rsquo;ailleurs\u00a0int\u00e9ressant\u00a0de voir que cette d\u00e9couverte du pass\u00e9 du p\u00e8re se produira en\u00a0parall\u00e8le\u00a0dans deux pays et\u00a0dans\u00a0deux familles..<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Extraits<\/strong>:<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0il\u00a0s\u2019emplissait les poumons des senteurs de la for\u00eat. A la belle saison, elles offraient un m\u00e9lange d\u00e9licat dans lequel il retrouvait le parfum des m\u00e9l\u00e8zes, des lilas et des bois de sapin. Durant l\u2019hiver, l\u2019air coupant et glac\u00e9 lui offrait un plaisir plus aigu encore.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00a0\u00bb\u00a0Faire l\u2019acrobate, c\u2019\u00e9tait surmonter les pesanteurs. C\u2019\u00e9tait s\u2019\u00e9lever vers l\u2019absolu\u00a0\u00bb<\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Durant le reste de la journ\u00e9e, la perspective de retourner chez son p\u00e8re l\u2019avait terrifi\u00e9. Il ne s\u2019y \u00e9tait pas rendu depuis cinq ou six ans. Quelles autres d\u00e9couvertes lui mordraient le c\u0153ur\u00a0?\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Pour d\u00e9velopper une photo, le produit qu\u2019on utilise s\u2019appelle un r\u00e9v\u00e9lateur. Photographier, ce n\u2019est rien d\u2019autre. On cherche la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0En arm\u00e9nien, il y a une expression pour dire la consolation. Zavt tanem. Mot \u00e0 mot, cela veut dire\u00a0: je prends ta douleur.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00a0\u00bb\u00a0C\u2019est \u00e7a qu\u2019il attend, le bonhomme que tu photographies. Un partage. S\u2019il sent que tu es avec lui, il te confie son fardeau. Et l\u00e0, tu fais une vraie photo. Tu as cherch\u00e9 la douleur du gars, tu l\u2019as prise sur toi, et du coup tu l\u2019as transform\u00e9, ton gars.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Bref, on devient amis, je lui raconte que je fais de la photo. Il me demande en quoi \u00e7a consiste, je lui r\u00e9ponds \u00e0 peu pr\u00e8s ce que je viens de te dire, qu\u2019en faisant une photo, tu transformes ton sujet, tout \u00e7a\u2026 Alors le gars m\u2019explique qu\u2019en physique, il y a une loi qui s\u2019appelle le principe d\u2019incertitude de Heisenberg et qui dit, je te raconte de m\u00e9moire, qu\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 conna\u00eetre \u00e0 la fois la vitesse et la position d\u2019une particule. Parce que le simple fait de la regarder modifie son \u00e9tat. Et il constate que pour la photo, c\u2019est pareil. Tu regardes ton bonhomme et du coup, tu le transformes.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Mais cette lumi\u00e8re qui illumine le corps de la femme au milieu de l\u2019obscurit\u00e9, c\u2019est l\u2019histoire de la Russie. Nous cherchons le drame \u00e0 tout prix, pour le plaisir de la consolation. Nous voulons conna\u00eetre cet aigu, quel qu\u2019en soit le co\u00fbt\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Cette toile bless\u00e9e incarne tout ce qui fait notre \u00e2me. La noirceur, dans laquelle nous aimons tant nous cacher, la joie intense, derri\u00e8re laquelle nous courons comme des damn\u00e9s, l\u2019enfermement, qui est notre seconde nature, la ruse, aussi, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre, les blessures insupportables que nous nous infligeons, et pour finir une sorte de r\u00e9surrection, qui nous laisse h\u00e9b\u00e9t\u00e9s mais vivants au milieu des morts et des gravats.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Le Requiem d\u2019Akhmatova, tu connais\u00a0? C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 le seul \u00e0 sourire Etait le mort, heureux d\u2019\u00eatre en repos\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Je comprends ceux de nos compatriotes qui veulent tourner la page, fit L\u00e9onid. Ils ont raison. Je ne vous suis pas, cher p\u00e8re L\u00e9onid. \u2014\u00a0Mais pour pouvoir tourner une page, il faut d\u2019abord la lire.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Dans le m\u00eame temps, la lumi\u00e8re caressait le visage du gar\u00e7on et donnait \u00e0 ses yeux une \u00e9tincelle, comme si elle \u00e9manait de\u00a0lui.\u00a0\u00bb<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Metin Arditi est un romancier suisse d\u2019origine turque. Envoy\u00e9 sp\u00e9cial de l\u2019UNESCO pour le dialogue interculturel, il accomplit de fr\u00e9quents voyages en Isra\u00ebl et en Palestine, en Turquie et en Arm\u00e9nie. A Gen\u00e8ve, il pr\u00e9side la fondation P\u00f4le Autisme. 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