{"id":1595,"date":"2015-03-04T15:57:14","date_gmt":"2015-03-04T14:57:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1595"},"modified":"2025-10-06T10:32:38","modified_gmt":"2025-10-06T08:32:38","slug":"fagan-jenni-la-sauvage-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1595","title":{"rendered":"Fagan, Jenni \u00ab La Sauvage \u00bb 2013"},"content":{"rendered":"<p><strong>A<\/strong><strong>utrice\u00a0<\/strong>: N\u00e9e en Ecosse, Jenni Fagan vit \u00e0 Edinbourg. Gr\u00e2ce \u00e0 ses excellents r\u00e9sultats en \u00ab creative writing \u00bb \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Greenwich, elle obtient une bourse d\u2019honneur \u00e0 la Royal Holloway de Londres. Elle a remport\u00e9 les prix du Dewar Arts et du Scottish Screen, entre autres pour ses \u00e9crits po\u00e9tiques. Elle a publi\u00e9 de la po\u00e9sie et gagn\u00e9 des prix d\u00e9cern\u00e9s par l\u2019Arts Council England, le Dewar Arts, et le Scottish Screen, entre autres. Elle a \u00e9t\u00e9 nomin\u00e9e \u00e0 deux reprises pour le Pushcart Prize. Elle puise son inspiration notamment dans sa profession, puisqu\u2019elle travaille comme \u00e9crivain dans les h\u00f4pitaux et les prisons.<\/p>\n<p>Romans \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1595\">La sauvage<\/a><\/span>\u00a0\u00bb(2013)\u00a0;\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11259\">Les buveurs de lumi\u00e8re<\/a><\/span>\u00bb (2017);\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=15790\">La fille du diable<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2022); \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Fagan, Jenni \u00ab\u00a0Ootlin\u00a0\u00bb (2025) 368 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23021\">Ootlin<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2025)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ana\u00efs s&rsquo;est violemment d\u00e9battue pour \u00e9chapper \u00e0 la police. Sa jupe est tach\u00e9e de sang, mais tout ce dont elle se souvient c&rsquo;est d&rsquo;un \u00e9cureuil. Elle est conduite au Panopticon, un centre pour adolescents difficiles, o\u00f9 elle rencontre d&rsquo;autres gamins tout aussi paum\u00e9s. Ensemble, ils forment une petite soci\u00e9t\u00e9 violente et cruelle, qui r\u00e9siste \u00e0 l&rsquo;institution et cultive l&rsquo;espoir de s&rsquo;en sortir. Le quotidien oscille entre fugue et d\u00e9fonce, au milieu de travailleurs sociaux d\u00e9pass\u00e9s ou indiff\u00e9rents. Trimbal\u00e9e de foyers en familles d&rsquo;accueil depuis sa naissance, Anais, persuad\u00e9e d&rsquo;\u00eatre un sujet de laboratoire, d\u00e9cide de mettre fin \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience et de reprendre sa libert\u00e9. Dans un style rageur, brillant, plein de l&rsquo;\u00e9nergie de ses personnages, Jenni Fagan nous communique sa tendresse pour cette h\u00e9ro\u00efne touchante et vitale autour de laquelle elle construit son roman.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>:<\/p>\n<p>Un article sur un blog m\u2019avait donn\u00e9 envie de lire ce livre.\u00a0 Alors la baffe! Je ne sais pas \u00e0 quoi je m&rsquo;attendais , mais pas a un pareil tsunami ! Un livre qui prend aux tripes, qui fait p\u00e9n\u00e9trer dans la t\u00eate et l\u2019univers des enfants trimball\u00e9s de centres d\u2019accueil (ou de d\u00e9tention\u00a0?) pour enfants\/ado abandonn\u00e9s ou difficiles. Roman ou t\u00e9moignage de la descente aux enfers ou de la mont\u00e9e au ciel \u2026 Monde de violence, d\u2019\u00e9chappatoires et de fuite, excursion dans la violence et le monde de la drogue. Description aussi des assistants sociaux, des personnes en charge, des pr\u00e9jug\u00e9s\u2026 Difficile de s\u2019en sortir si personne ne veut croire en vous, et ou le plus simple est d\u2019enfermer les jeunes pour les emp\u00eacher de nuire\u2026 Une question\u2026 Une fois que la vie vous colle l\u2019\u00e9tiquette de nuisible et d\u2019irr\u00e9cup\u00e9rable\u2026 peut-on s\u2019en sortir\u00a0? Un livre qui remue, qui d\u00e9range&#8230;<\/p>\n<p>Voir article sur le blog de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lacauselitteraire.fr\/la-sauvage-jenni-fagan\">la cause litt\u00e9raire<\/a>\u00a0\u00bb ( sans la lecture de cet avis, je n&rsquo;aurais jamais lu cette romanci\u00e8re) :<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>When liberty comes with hands dabbled in blood it is hard to shake hands with her.\u00a0 (Quand la libert\u00e9 arrive avec des mains tach\u00e9es de sang, il est difficile de lui serrer la main.) Oscar Wilde<\/p>\n<p>Ils m\u2019observent quand je fixe la lune jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle d\u00e9tourne les yeux<\/p>\n<p>C\u2019est pareil en taule ou \u00e0 l\u2019asile\u00a0: notori\u00e9t\u00e9 \u00e9gale respect. Genre, si t\u2019as \u00e9t\u00e9 dans un foyer avec un vrai psychopathe et qu\u2019il dit que t\u2019\u00e9tais cool\u00a0? Alors tu seras un peu plus en s\u00e9curit\u00e9 dans le prochain. Si c\u2019est un vrai barge qui s\u2019est port\u00e9 garant pour toi, on te fera encore moins chier. J\u2019ai pas de souci \u00e0 me faire pour ce genre de truc. C\u2019est moi la vraie barge. On s\u2019entra\u00eene seulement pour la vraie prison. Personne en parle, mais c\u2019est statistique. \u00c7a ou le trottoir.<\/p>\n<p>Tu as une pr\u00e9f\u00e9rence religieuse, Ana\u00efs\u00a0? \u2013 Pa\u00efenne. Trois quarts sorci\u00e8re, magie blanche \u00e0 l\u2019\u00e9vidence. Enfin, \u00e0 peu pr\u00e8s. \u2013 \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, r\u00e9pond-elle.<\/p>\n<p>Je suis tellement imparfaite que c\u2019en est scandaleux. Naze de chez naze<\/p>\n<p>\u00c7a fait tellement poli \u2013 comme s\u2019il y avait eu des vaches sur la route et qu\u2019on avait d\u00fb attendre qu\u2019elles se poussent<\/p>\n<p>Je d\u00e9teste me battre. En fait, je suis pacifiste mais si tu te bats pas, tu te fais massacrer<\/p>\n<p>Le ciel est une vaste \u00e9tendue noire. Chaque \u00e9toile qui brille l\u00e0-haut est un trou minuscule qui laisse passer une pure lumi\u00e8re blanche. T\u2019imagines qu\u2019il y ait que de la pure lumi\u00e8re blanche de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de ce ciel.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai prise en photo avec mon appareil imaginaire \u2013 et je l\u2019ai coll\u00e9e dans ma galerie (imaginaire).<\/p>\n<p>On dirait que j\u2019ai besoin de nommer les choses que je vois, juste pour \u00eatre s\u00fbre qu\u2019elles sont bien ce qu\u2019elles pr\u00e9tendent \u00eatre<\/p>\n<p>Je regrette qu\u2019elle soit si vieux jeu mais elle est comme \u00e7a, elle est bien trop carr\u00e9e pour \u00eatre un cercle. Moi je suis un cercle. Les cercles sont infinis<\/p>\n<p>Ouais, ma puce, tu peux pas raisonner avec des ordures, tu peux pas parler avec des ordures, tu peux pas fr\u00e9quenter des ordures parce que s\u2019il y a quoi que ce soit de bon, de gentil ou d\u2019honn\u00eate en toi, ils le brisent.<\/p>\n<p>Il y a s\u00fbrement quelque chose qui va vraiment pas chez moi. Mais les pens\u00e9es ne sont pas des actes, les pens\u00e9es veulent rien dire \u2013 \u00e0 moins que si. L\u00e0, t\u2019es foutu. Je n\u2019arrive jamais \u00e0 comprendre. Pourquoi est-ce que j\u2019ai des pens\u00e9es comme \u00e7a, \u00e0 moins que je sois mauvaise\u00a0? Il y a s\u00fbrement quelque chose en moi qui va sortir un jour et tout le monde le verra<\/p>\n<p>Quel que soit l\u2019endroit o\u00f9 tu vis, le cuistot n\u2019est pas quelqu\u2019un qu\u2019il faut mettre en col\u00e8re<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que si personne d\u2019autre ne s\u2019en souvient, c\u2019est comme si ces choses s\u2019\u00e9taient jamais produites. Alors elles existent plus<\/p>\n<p>Elle est tellement morte, c\u2019est pire qu\u2019un point final<\/p>\n<p>Probl\u00e8me d\u2019identit\u00e9. C\u2019est marrant, \u00e7a. Une cinquantaine de d\u00e9m\u00e9nagements, trois noms diff\u00e9rents, n\u00e9e dans une maison de fous d\u2019une moins que rien que personne a jamais revue. Probl\u00e8me d\u2019identit\u00e9\u00a0? J\u2019ai pas de probl\u00e8me d\u2019identit\u00e9 \u2013 j\u2019ai pas d\u2019identit\u00e9 du tout, juste des r\u00e9actions r\u00e9flexes et un voile qui dispara\u00eet entre ce monde-ci et le suivant<\/p>\n<p>On vit, on meurt, on fait des conneries entre-temps, le monde est flingu\u00e9 par le meurtre, la haine, la b\u00eatise\u00a0; et pendant tout ce temps, cet univers infini nous entoure, et tout le monde fait comme s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0<\/p>\n<p>Les yeux des visages font la navette entre moi et le policier, comme si on \u00e9tait \u00e0 Wimbledon, sauf qu\u2019y a pas d\u2019arbitre<\/p>\n<p>on pourrait tenter de recourir \u00e0 l\u2019habitude archa\u00efque de la conversation.<\/p>\n<p>\u2013 T\u2019aimes la musique\u00a0? \u2013 Y a que les gens sans \u00e2me qui aiment pas la musique. J\u2019adore la musique<\/p>\n<p>La gentillesse est la qualit\u00e9 la plus sous-estim\u00e9e de la plan\u00e8te<\/p>\n<p>Je me sens vide, maintenant. Vide \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il devrait y avoir un c\u0153ur. Comme quand tu sais que quelqu\u2019un t\u2019aime, mais que t\u2019es pas assez bien et que \u00e7a se terminera. Et que \u00e7a sera ta faute, ce n\u2019est qu\u2019une question de temps<\/p>\n<p>s\u2019ils ont un dossier o\u00f9 il est question de bleus ou de bosses \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, et que quand t\u2019y vas ils sont tout barbouill\u00e9s de chocolat, essuie-les. Regarde ce qu\u2019il y a dessous.<\/p>\n<p>Quelqu\u2019un t\u2019a appris \u00e0 avoir de la classe ou t\u2019es juste n\u00e9e avec<\/p>\n<p>C\u2019est notre propre esprit qui nous tue. L\u2019arme la plus dangereuse du monde, c\u2019est le cerveau<\/p>\n<p>Mais je trouvais que \u00e7a avait l\u2019air cool \u2013 de voir des trucs que les autres voyaient pas, on aurait dit une histoire sortie d\u2019un bouquin<\/p>\n<p>C\u2019est vrai, les morts reviennent pas, pas m\u00eame pour une seconde, pour un mot ou un murmure ou un semblant de contact humain. Ils partent et il fait froid, et le froid persiste et tu peux rien y changer<\/p>\n<p>L\u2019obscurit\u00e9 me para\u00eet plus s\u00fbre que le jour. Combien de fois le noir a-t-il \u00e9t\u00e9 mon refuge\u00a0?<\/p>\n<p>Je touche ma main tr\u00e8s doucement, sous la table, pour que personne ne voie. Presque comme si je me tenais la main. Est-ce que c\u2019est triste de tenir sa propre main\u00a0? Si personne ne regardait, je m\u2019\u00e9treindrais toute seule. Les bras autour de moi, je me tiendrais, m\u2019accrocherais<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est quelque chose qui arrive en clapotant avec la mar\u00e9e, et qui revient soir apr\u00e8s soir \u2013 jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle t\u2019entra\u00eene au large. C\u2019est la lune qui l\u2019apporte. C\u2019est la mar\u00e9e qui la porte. Quand elle descend, la mar\u00e9e vole un bout de la gr\u00e8ve. Elle vole des grains de sable, des coquillages et des galets. Elle vole des falaises, des rochers, des \u00e9chaliers, des arbres, des champs, des maisons, des villages et des petites all\u00e9es bucoliques. Et, ensuite, elle entra\u00eene tout \u00e7a au fond de la mer<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: N\u00e9e en Ecosse, Jenni Fagan vit \u00e0 Edinbourg. Gr\u00e2ce \u00e0 ses excellents r\u00e9sultats en \u00ab creative writing \u00bb \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Greenwich, elle obtient une bourse d\u2019honneur \u00e0 la Royal Holloway de Londres. 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