{"id":1619,"date":"2015-03-22T12:16:51","date_gmt":"2015-03-22T11:16:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1619"},"modified":"2015-03-22T12:16:51","modified_gmt":"2015-03-22T11:16:51","slug":"penny-louise-enterrez-vos-morts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1619","title":{"rendered":"Penny Louise \u00ab Enterrez vos morts\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tome 6: \u00ab\u00a0Enterrez vos morts\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 : <\/strong>Tandis que le Vieux-Qu\u00e9bec scintille sous la neige et s\u2019\u00e9gaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d\u2019une op\u00e9ration polici\u00e8re qui a mal tourn\u00e9. Mais, pour l\u2019inspecteur-chef de la SQ, impossible d\u2019\u00e9chapper longtemps \u00e0 un nouveau crime, surtout lorsqu\u2019il survient dans la v\u00e9n\u00e9rable Literary and Historical Society, une institution de la minorit\u00e9 anglophone de Qu\u00e9bec. La victime est un arch\u00e9ologue amateur connu pour sa qu\u00eate obsessive de la s\u00e9pulture de Champlain. Existerait-il donc, enfoui depuis quatre cents ans, un secret assez terrible pour engendrer un meurtre ? Confront\u00e9 aux blessures de l\u2019histoire, hant\u00e9 par ses derni\u00e8res enqu\u00eates, Gamache doit replonger dans le pass\u00e9 pour pouvoir enfin enterrer ses morts.<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0: <\/strong>Ce tome est diff\u00e9rent des autres mais doit \u00eatre lu \u00e0 la suite du tome 5. Suite \u00e0 un \u00e9pisode dramatique l\u2019\u00e9quipe est en arr\u00eat pour se reconstruire, tant physiquement que moralement. Ce qui ne va pas emp\u00eacher Gamache et Jean-Guy d\u2019enqu\u00eater.. L\u2019un dans le vieux Qu\u00e9bec et l\u2019autre \u00e0 \u00ab\u00a0Three Pines\u00a0\u00bb. Deux enqu\u00eates qui se d\u00e9roulent dans des contextes totalement diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment appr\u00e9ci\u00e9 cette enqu\u00eate tr\u00e8s document\u00e9e sur l\u2019histoire du Qu\u00e9bec. Je ne savais pas qu\u2019il y avait cette haine dissimul\u00e9e de la \u00ab\u00a0communant\u00e9 anglo\u00a0\u00bb, un contexte qui donne encore plus d\u2019\u00e9toffe et d\u2019humanit\u00e9 aux personnages. L\u2019importance donn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9coute et a la psychologie dans cette s\u00e9rie en fait au fils des pages une de mes s\u00e9ries pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es. Et le fait de connaitre de mieux en mieux non seulement l\u2019\u00e9quipe d\u2019enqu\u00eateurs et leur famille mais aussi leurs amis et la petite communaut\u00e9 est de plus en plus appr\u00e9ci\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Le plus intense et celui qui m\u2019a le plus touch\u00e9. Et donn\u00e9e envie de d\u00e9couvrir le vieux Qu\u00e9bec\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0: <\/strong><\/p>\n<p><em>D\u00e9dicace\u00a0<\/em>: Ce livre porte sur les secondes chances et est d\u00e9di\u00e9 aux personnes qui les accordent et \u00e0 celles qui les saisissent<\/p>\n<p>Un seul coup, fatal. C\u2019\u00e9tait extr\u00eamement rare. La personne qui ass\u00e9nait un coup continuait habituellement \u00e0 en donner, \u00e9tant en proie \u00e0 une rage folle. Elle frappait encore et encore. On ne trouvait presque jamais de victimes ayant re\u00e7u un seul coup assez violent pour les tuer. Cela signifiait donc que quelqu\u2019un \u00e9tait suffisamment enrag\u00e9 pour porter un tel coup tout en \u00e9tant capable de se ma\u00eetriser et de s\u2019arr\u00eater. C\u2019\u00e9tait une combinaison effroyable<\/p>\n<p>Elle lui \u00e9tait reconnaissante de ne pas avoir utilis\u00e9 le mot \u00ab\u00a0meurtre\u00a0\u00bb. Un mot bouleversant. Elle s\u2019\u00e9tait exerc\u00e9e \u00e0 le prononcer dans sa t\u00eate, \u00e0 quelques reprises, mais pas \u00e0 haute voix. Elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate<\/p>\n<p>Elle lit le fran\u00e7ais sans probl\u00e8me, vous savez. C\u2019\u00e9tait toujours elle qui avait les meilleures notes \u00e0 l\u2019\u00e9cole, mais, semble-t-il, elle est incapable de le parler. Son accent arr\u00eaterait un train.<\/p>\n<p>Les enfants le sauveraient. Pendant un instant, il eut piti\u00e9 d\u2019eux en les imaginant \u00e9cras\u00e9s sous son amour inconditionnel, imp\u00e9rissable, ind\u00e9fectible. Mais, bon, sauve qui peut\u00a0!<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait ennuyeux d\u2019avoir un c\u0153ur qui interrompait ses battements chaque fois que le t\u00e9l\u00e9phone sonnait, et particuli\u00e8rement aga\u00e7ant quand quelqu\u2019un s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 de num\u00e9ro<\/p>\n<p>le bureau l\u00e9g\u00e8rement en contrebas, le plafond cath\u00e9drale, les immenses fen\u00eatres cintr\u00e9es, les boiseries, le parquet de bois et les \u00e9tag\u00e8res de livres. Cet endroit ressemblait \u00e0 un gymnase miniature d\u2019une autre \u00e9poque, o\u00f9 l\u2019on s\u2019adonnait \u00e0 des activit\u00e9s intellectuelles plut\u00f4t que physiques.<\/p>\n<p>Ces gens disaient une chose, mais en pensaient une autre. Comment savoir quelle chose infecte \u00e9tait tapie dans cet espace entre les mots et les pens\u00e9es\u00a0?<\/p>\n<p>Il se souvenait de ce qu\u2019il ressentait lorsqu\u2019il se trouvait dans la biblioth\u00e8que, \u00e0 l\u2019abri d\u2019attaques possibles, mais entour\u00e9 de choses encore plus dangereuses que ce qui tra\u00eenait dans les corridors de l\u2019\u00e9cole. Car une biblioth\u00e8que abritait des pens\u00e9es<\/p>\n<p>Comme l\u2019a dit Shakespeare, la meilleure fa\u00e7on de conna\u00eetre la paix int\u00e9rieure est d\u2019avoir une conscience calme et tranquille. \u00ab\u00a0Ou de n\u2019avoir aucune conscience\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce \u00e9tait magnifique, impressionnante, mais il y r\u00e9gnait aussi une atmosph\u00e8re d\u2019intimit\u00e9. L\u2019odeur qui s\u2019en d\u00e9gageait \u00e9voquait le pass\u00e9, une \u00e9poque r\u00e9volue, avant les ordinateurs et les informations googl\u00e9es ou glan\u00e9es sur des blogues. Avant les portables, les BlackBerry et tous les autres outils qui confondaient renseignements et connaissances. C\u2019\u00e9tait une vieille biblioth\u00e8que, remplie de vieux livres et de vieilles pens\u00e9es poussi\u00e9reuses<\/p>\n<p>le pouvoir li\u00e9 au fait d\u2019avoir de l\u2019information, des connaissances, des pens\u00e9es, et un endroit calme o\u00f9 les rassembler<\/p>\n<p>ce n\u2019\u00e9tait ni un fusil, ni un coup de couteau, ni un coup \u00e0 la t\u00eate qui tuait, mais l\u2019intention qui guidait le geste fatal<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait \u00e7a, le probl\u00e8me\u00a0; toujours \u00e7a. Il se souvenait. De tout<\/p>\n<p>La joie ne dispara\u00eet pas \u00e0 jamais, vous savez. Elle demeure toujours en nous. Et un jour vous la retrouverez.<\/p>\n<p>Kebek. Un mot algonquien signifiant \u00ab\u00a0l\u00e0 o\u00f9 le fleuve se r\u00e9tr\u00e9cit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>le Qu\u00e9bec\u00a0? Une soci\u00e9t\u00e9 de chaloupiers\u00a0? Qui avance droit devant, mais regarde vers l\u2019arri\u00e8re. Ici, on ne semble jamais vraiment perdre de vue le pass\u00e9<\/p>\n<p>L\u2019inspecteur-chef avait presque oubli\u00e9 l\u2019excitation de la chasse aux informations. Mais \u00e0 mesure qu\u2019il explorait tant\u00f4t une piste, tant\u00f4t une autre, il s\u2019absorba totalement dans cette t\u00e2che, au point d\u2019oublier tout le reste<\/p>\n<p>\u2026 il savait aussi que c\u2019\u00e9taient les blessures internes qui causaient le plus de ravages. Le pire \u00e9tait toujours cach\u00e9.<\/p>\n<p>Tout ce qu\u2019il savait, c\u2019\u00e9tait son c\u0153ur qui le lui avait appris.<\/p>\n<p>Brusque, anxieux. Il avait l\u2019air d\u2019un drogu\u00e9 en \u00e9tat de manque. Les fous des livres sont comme \u00e7a, et pas seulement les vieux types. Vous n\u2019avez qu\u2019\u00e0 regarder les jeunes qui font la file pour se procurer le plus r\u00e9cent tome d\u2019une de leurs s\u00e9ries favorites. Les histoires cr\u00e9ent une d\u00e9pendance.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait ce qui rendait son travail si fascinant, et si difficile\u00a0: une m\u00eame personne pouvait \u00eatre \u00e0 la fois gentille et cruelle, compatissante et odieuse. Pour r\u00e9soudre un meurtre, il importait plus d\u2019apprendre \u00e0 conna\u00eetre les gens que de recueillir des preuves. Des gens aux comportements contradictoires et qui, souvent, n\u2019en \u00e9taient m\u00eame pas conscients<\/p>\n<p>Les sentiments\u2026 Les gens avaient beau essayer de rationaliser, justifier, expliquer, tout finissait par revenir aux sentiments, aux perceptions.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quation se r\u00e9sumait souvent \u00e0 cela\u00a0: sacrifier un petit nombre pour sauver le plus grand nombre. Vu de loin, \u00e7a semblait si simple, si clair. Et pourtant, de loin on avait peut-\u00eatre une vue d\u2019ensemble, mais on ne voyait pas tout, des d\u00e9tails pouvaient vous \u00e9chapper<\/p>\n<p>Certains croient que l\u2019ennemi est le changement, d\u2019autres que c\u2019est le changement qui les sauvera, mais tous savent qu\u2019ils sont au bord de la falaise.<\/p>\n<p>Quand une femme entreprend quelque chose, elle le fait avec son c\u0153ur et sa t\u00eate. Une puissante combinaison. \u2014\u00a0C\u2019est ce qu\u2019on disait dans l\u2019entrevue. Les femmes font rarement partie de cellules terroristes, mais si les agents du Mossad en attaquent une et trouvent une femme terroriste, ils ont ordre de la tuer en premier, car elle ne se rendra jamais. Elle sera la plus f\u00e9roce. Elle sera impitoyable.<\/p>\n<p>Curieusement, les gens obs\u00e9d\u00e9s par un sujet semblaient croire que tous les autres l\u2019\u00e9taient aussi, ou du moins s\u2019y int\u00e9ressaient. Et pour les arch\u00e9ologues et les historiens, captiv\u00e9s par le pass\u00e9, il \u00e9tait inconcevable que d\u2019autres ne le soient pas. Pour eux, le pass\u00e9 \u00e9tait aussi vivant que le pr\u00e9sent. Et si oublier le pass\u00e9 pouvait condamner les gens \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter, s\u2019en souvenir avec trop de pr\u00e9cision les condamnait \u00e0 ne jamais le quitter<\/p>\n<p>Tout ce qui est enterr\u00e9 n\u2019est pas n\u00e9cessairement mort, dit l\u2019arch\u00e9ologue. Pour beaucoup de gens, le pass\u00e9 est toujours vivant<\/p>\n<p>Il savait que lorsque des gens vivaient au m\u00eame endroit depuis longtemps, depuis une \u00e9ternit\u00e9, ils ne le voyaient plus tel qu\u2019il \u00e9tait, mais plut\u00f4t tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>Mais qu\u2019arrivait-il aux personnes qui ne parlaient jamais, n\u2019\u00e9levaient jamais la voix, gardaient tout \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur<\/p>\n<p>Chaque parole, chaque pens\u00e9e, chaque \u00e9motion, tout ce qu\u2019elles ravalaient tourbillonnait en elles et creusait un trou, un gouffre dans lequel elles enfon\u00e7aient leurs mots, leur rage<\/p>\n<p>Imaginez \u00eatre pourchass\u00e9 par sa propre conscience. Pendant un terrible moment, c\u2019est ce qu\u2019ils firent. Ils voyaient une redoutable conscience dress\u00e9e comme une montagne. Qui jetait une ombre qui s\u2019allongeait, s\u2019\u00e9tendait de plus en plus, devenait de plus en plus sinistre.<\/p>\n<p>Ses yeux \u00e9taient secs, comme si on les avait d\u00e9cap\u00e9s au jet de sable<\/p>\n<p><em>Remerciements<\/em>\u00a0<em>de l&rsquo;auteur<\/em>: Enterrez vos morts n\u2019est pas un livre sur la mort, mais sur la vie. Et sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e0 la fois respecter le pass\u00e9 et s\u2019en d\u00e9tacher.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache Tome 6: \u00ab\u00a0Enterrez vos morts\u00bb R\u00e9sum\u00e9 : Tandis que le Vieux-Qu\u00e9bec scintille sous la neige et s\u2019\u00e9gaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d\u2019une op\u00e9ration polici\u00e8re qui a mal tourn\u00e9. 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