{"id":16387,"date":"2022-06-17T18:23:16","date_gmt":"2022-06-17T16:23:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16387"},"modified":"2022-06-17T18:26:13","modified_gmt":"2022-06-17T16:26:13","slug":"midwood-ellie-la-violoniste-dauschwitz-2021-485-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16387","title":{"rendered":"Midwood, Ellie \u00ab La violoniste d\u2019Auschwitz \u00bb (2021 )  485 pages"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice\u00a0<\/strong>: Ellie Midwood est une auteure am\u00e9ricaine de romans historiques.<br \/>\nTitulaire d&rsquo;un BA en linguistique, elle d\u00e9cide un jour de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 plein temps et publie \u00ab\u00a0Standartenf\u00fchrer&rsquo;s Wife\u00a0\u00bb (2015), son premier roman et le premier tome de la trilogie \u00ab\u00a0The Girl from Berlin\u00a0\u00bb.<br \/>\nL\u2019\u00e9crivaine base ses ouvrages sur son int\u00e9r\u00eat pour la Seconde Guerre Mondiale, l\u2019Holocauste, et notamment, les femmes durant la guerre comme en t\u00e9moignent les \u0153uvres \u00ab\u00a0The Girl Who Escaped From Auschwitz\u00a0\u00bb (2021) (La fille qui s\u2019est \u00e9chapp\u00e9e d\u2019Auschwitz), et \u00ab\u00a0Emilia: The Darkest Days in History of Nazi Germany Through a Woman&rsquo;s Eyes\u00a0\u00bb (2016) (Emilia : les jours les plus sombres de l\u2019Allemagne nazie \u00e0 travers les yeux d\u2019une femme).<br \/>\nEn 2020, elle a publi\u00e9 un ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16387\">La violoniste d\u2019Auschwitz<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0The Violinist of Auschwitz\u00a0\u00bb). <em>(Source Babelio)<\/em><\/p>\n<p>Editions Faubourg Marigny \u2013 10.11.2021 \u2013 485 pages<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Bas\u00e9 sur une histoire vraie, celle d&rsquo;Alma Ros\u00e9, violoniste de renom intern\u00e9e \u00e0 Auschwitz en 1943. A Auschwitz, chaque jour est un combat pour survivre. Alma a le matricule 50381, un nombre tatou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encre bleue sur sa peau. Comme des milliers d&rsquo;autres, elle est enferm\u00e9e et s\u00e9par\u00e9e de ceux qu&rsquo;elle aime. Cette r\u00e9alit\u00e9 ne pourrait pas \u00eatre plus lointaine de la vie d&rsquo;avant pour Alma. Star de l&rsquo;Orchestre Philarmonique de Vienne, ses performances de violoniste ont envo\u00fbt\u00e9 les amateurs de musique classique.<br \/>\nNi\u00e8ce de Gustav Mahler, fille d&rsquo;un violoniste c\u00e9l\u00e8bre, elle a m\u00eame fond\u00e9 en 1932 un orchestre de femmes. Mais quand les Nazis ont envahi l&rsquo;Europe, personne n&rsquo;a pu la sauver&#8230; Dans son malheur, sa chance va \u00eatre d&rsquo;\u00eatre reconnue par l&rsquo;une des chefs nazis du camp, qui va lui imposer de monter et diriger un orchestre de femmes pour le bon plaisir des SS. Au d\u00e9but, Alma refuse, mais elle r\u00e9alise rapidement le pouvoir offert par sa position : elle peut sauver des jeunes filles d&rsquo;une mort certaine.<br \/>\nC&rsquo;est ainsi qu&rsquo;Alma va rencontrer Miklos, un pianiste talentueux. Au milieu du d\u00e9sespoir, ils vont conna\u00eetre la joie des r\u00e9p\u00e9titions, des notes, et des concerts qu&rsquo;ils donnent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te &#8211; tout en priant que le cauchemar cesse un jour. Mais \u00e0 Auschwitz, l&rsquo;air est contamin\u00e9 par la mort, et la trag\u00e9die est la seule certitude&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Quand elle arrive \u00e0 Auschwitz, Alma est d\u2019abord assign\u00e9e au Block des Exp\u00e9riences m\u00e9dicales de l\u2019Ange de la mort lui-m\u00eame, le Docteur Mengele, celui qui dirige les s\u00e9lections, qui travaille sur ce qu\u2019on appelle alors la race aryenne, qui utilise des d\u00e9port\u00e9s pour faire ses exp\u00e9riences. Il est toujours impeccable, un \u00ab\u00a0pur produit du Parti\u00a0\u00bb et est comme nous le savons tous un \u00eatre dangereux et d\u00e9pourvu d\u2019humanit\u00e9. Heureusement pour elle, la tristement c\u00e9l\u00e8bre cheffe de camp des femmes Maria Mandl d\u00e9couvrira qu\u2019Alma n\u2019est autre que la c\u00e9l\u00e8bre violoniste Alma Ros\u00e9 et elle sera transf\u00e9r\u00e9e au Block Musique de Birkenau, le 12. Elle en sera m\u00eame la Kapo.<br \/>\nCe bloc 12 est l\u2019une des unit\u00e9s de travail privil\u00e9gie du Camp. \u00a0Il y en a des meilleures (comme le Kanada par exemple) mais c\u2019est presque vivable en comparaison d\u2019autres blocks. N&#8217;emp\u00eache que les rapports entre les d\u00e9port\u00e9es sont loin d&rsquo;\u00eatre simples et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que de la solidarit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Face \u00e0 tous les gens de pouvoir, \u00e0 tous les SS, les dirigeants, les hommes et les femmes qui veulent la faire ob\u00e9ir, jamais elle ne s\u2019abaisse, jamais elle ne plie, jamais elle ne se tait. Au contraire elle provoque, va au-del\u00e0 des limites, et elle obtient\u2026 Elle cr\u00e9e son orchestre, met les filles sous sa protection, s\u2019implique et met sa vie en danger pour les sauver. Elle donne pour exister. Et elle va conna\u00eetre l&rsquo;amour dans ce lieu qui est tout sauf un endroit o\u00f9 elle aurait imagin\u00e9 le rencontrer.\u00a0 C\u2019est une femme exceptionnelle que j\u2019ai d\u00e9couverte dans ce roman. Une le\u00e7on de vie magnifique, des personnages qui marquent. Une fois de plus, la passion\u2013 ici de la musique \u2013 permet de survivre et d\u2019avancer.<\/p>\n<p>L\u2019autrice a utilis\u00e9 les t\u00e9moignages de survivantes du Block Musique pour \u00e9crire son roman. Certes la vie d\u2019Alma est romanc\u00e9e mais fond\u00e9e sur des faits av\u00e9r\u00e9s. Des personnages comme Kitty du Kanada, le Rabin, les Kommandants du camp, H\u00f6ss, puis Liebehenschel ont r\u00e9\u00e9lement exist\u00e9\u00a0; les gardiennes Drexler et Irma Grese aussi. Quand \u00e0 Miklos , il a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par un pianiste qui a exist\u00e9 . Peut-\u00eatre est-ce un hommage \u00e0 au compositeur Viktor Ullmann, qui est \u00e9galement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Auschwitz (mais lui directement \u00e0 son arriv\u00e9e)\u00a0?<\/p>\n<p>J\u2019ai en m\u00e9moire d\u2019autres romans qui parlent des camps de concentration \u00a0: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14374\">Antonio Iturbe \u00ab La biblioth\u00e9caire d\u2019Auschwitz \u00bb<\/a><\/span> , <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=213\">Valentine Goby\u00a0 \u00ab\u00a0Kinderzimmer \u00bb<\/a><\/span> . Et \u00e0 chaque fois la force de caract\u00e8re des femmes est absolument stup\u00e9fiante.<br \/>\nJe recommande aussi le livre d\u2019<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4905\">Olivier Guez \u00abLa disparition de Josef Mengele\u00bb<\/a><\/span><\/p>\n<p>Un livre qui restera certainement dans ma m\u00e9moire et que je recommande vivement.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Le souvenir et la douleur. Sous-jacents, constants, qui l\u2019empoisonnaient \u00e0 petit feu jusqu\u2019au plus profond d\u2019elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Si les prisonni\u00e8res vieillissaient bien trop vite du fait de la famine, de l\u2019\u00e9puisement et des maladies, les beaux visages des surveillantes \u00e9taient, pour leur part, enlaidis par les rides dures et pr\u00e9matur\u00e9es caus\u00e9es par leurs hurlements constants, qui d\u00e9formaient leurs bouches et laissaient des marques profondes entre leurs sourcils soigneusement \u00e9pil\u00e9s. La haine les faisait vieillir aussi rapidement que la souffrance faisait vieillir leurs victimes. Alma trouvait qu\u2019il y avait l\u00e0 une sorte de justice po\u00e9tique.<\/p>\n<p>Nous avons tous d\u00fb d\u00e9sapprendre \u00e0 pleurer nos morts pour survivre. La sensibilit\u00e9 ne fait pas de vieux os ici. Elle tue les gens. Je vous conseille vivement de vous d\u00e9barrasser de la v\u00f4tre si vous esp\u00e9rez retourner dans le monde normal.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait comme si elle refusait purement et simplement que la bassesse du camp la touch\u00e2t\u00a0: elle gardait la t\u00eate haute et les \u00e9paules droites, presque comme pour d\u00e9fier la d\u00e9gradation que toutes \u00e9taient forc\u00e9es d\u2019embrasser.<\/p>\n<p>Quand vous ne poss\u00e9dez rien au d\u00e9part, ils ne peuvent pas vous prendre grand-chose<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, c\u2019\u00e9tait que, depuis son enfance, on lui avait appris \u00e0 vivre, luxueusement et avec bon go\u00fbt. La survie n\u2019\u00e9tait pas un concept qu\u2019on enseignait chez les Ros\u00e9.<\/p>\n<p>il avait r\u00e9veill\u00e9 quelque chose en elle avec sa musique et ses paroles et elle r\u00eavait de jouer avec lui sur sc\u00e8ne. Le compositeur, le cr\u00e9ateur, l\u2019homme qui pouvait interpr\u00e9ter ce qu\u2019elle ressentait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et ne savait pas exprimer avec des mots.<\/p>\n<p>Vous m\u2019int\u00e9ressez. Scientifiquement, avait-il dit. Elle se rendit compte avec d\u00e9go\u00fbt que c\u2019\u00e9tait uniquement pour cette raison qu\u2019elle \u00e9tait encore en vie. Cet int\u00e9r\u00eat scientifique et son penchant pour la musique classique. C\u2019\u00e9tait une vaste blague de voir \u00e0 quoi \u00e9tait r\u00e9duite la valeur de la vie d\u2019un \u00eatre humain dans ce nouveau Reich de mille ans\u00a0: \u00e0 son \u00ab\u00a0utilit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel de quelqu\u2019un.<\/p>\n<p>Elle ne laisserait pas le poison de cet endroit s\u2019insinuer sous sa peau et la transformer en une de leurs semblables\u00a0: un \u00eatre cruel, insensible, qui se d\u00e9lectait ouvertement des souffrances des autres. Cela signerait sa mort \u00e0 la fois morale et professionnelle\u00a0: un artiste devait ressentir pour cr\u00e9er quoi que ce soit digne d\u2019attention. La musique naissait de l\u2019amour, jamais de la haine ni de la cruaut\u00e9.<\/p>\n<p>La contrebasse, c\u2019est ce vieux bourgmestre allemand avec une moustache imp\u00e9riale qui, de sa voix de basse, \u00e9voque en grommelant le bon vieux temps, lorsque son pays n\u2019\u00e9tait pas envahi par les lib\u00e9raux et les juifs.<\/p>\n<p>Le tambour est le Reichsmarschall G\u00f6ring des instruments de musique. Il est tr\u00e8s imbu de sa personne, en d\u00e9pit du fait qu\u2019il est totalement creux. Il fait beaucoup de bruit, mais pas de musique. On peut parader \u00e0 son rythme, mais jamais danser. C\u2019est pour cette raison que c\u2019est l\u2019instrument pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des nazis.<\/p>\n<p>La trompette n\u2019est pas n\u2019importe quel homme, c\u2019est le ministre de la Propagande Herr Goebbels lui-m\u00eame. Tout comme le tambour, la trompette ne g\u00e9n\u00e8re aucune belle sonorit\u00e9 dont l\u2019oreille peut se d\u00e9lecter. Elle crie et crie jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9veiller les instincts les plus bas chez les personnes qui l\u2019\u00e9coutent. Sa musique de parade est facile \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 suivre. Elle n\u2019exige pas le moindre semblant d\u2019intelligence ou de sophistication. Tout ce que l\u2019on peut faire en l\u2019entendant, c\u2019est parader en rythme.<\/p>\n<p>Ton violon est exactement comme toi. Fait d\u2019un bois rare et r\u00e9sistant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0; les cordes sont tendues au maximum. Elles en ont beaucoup trop endur\u00e9, mais, par miracle, elles ne se sont pas encore cass\u00e9es. Et elles produisent la plus belle des m\u00e9lodies, si toutefois on sait comment les caresser correctement avec son archet.<\/p>\n<p>Ici, c\u2019est le plus beau cadeau qui existe, avoir quelque chose qui nous permet d\u2019oublier. Tu leur offres \u00e7a. Je veux que tu t\u2019en souviennes, chaque fois que tu as le sentiment que ta musique ne sert \u00e0 rien. Dans cet endroit, la musique est presque aussi importante que le pain.<\/p>\n<p>Nous, nous vivrons \u00e9ternellement. \u00c0 travers notre musique. Tu rena\u00eetras chaque fois que quelqu\u2019un jouera le disque de ton concerto pour violon. Je rena\u00eetrai chaque fois que la radio jouera mon concerto pour piano. Nous avons cr\u00e9\u00e9 quelque chose d\u2019impossible \u00e0 tuer<\/p>\n<p>Lorsque quelqu\u2019un meurt, c\u2019est toujours pour les proches que c\u2019est beaucoup plus difficile. La personne qui est sur le point de mourir sait que ses souffrances vont bient\u00f4t prendre fin et elle est apais\u00e9e. Ce sont les proches qui doivent vivre avec la perte, avec cette trag\u00e9die innommable qu\u2019ils devront porter en leur c\u0153ur longtemps apr\u00e8s la disparition de l\u2019\u00eatre aim\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong>\u00a0: Alma Ros\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: Ellie Midwood est une auteure am\u00e9ricaine de romans historiques. Titulaire d&rsquo;un BA en linguistique, elle d\u00e9cide un jour de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 plein temps et publie \u00ab\u00a0Standartenf\u00fchrer&rsquo;s Wife\u00a0\u00bb (2015), son premier roman et le premier tome de la trilogie \u00ab\u00a0The Girl from Berlin\u00a0\u00bb. 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