{"id":1651,"date":"2015-03-22T18:27:34","date_gmt":"2015-03-22T17:27:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1651"},"modified":"2017-04-07T07:24:32","modified_gmt":"2017-04-07T06:24:32","slug":"besson-philippe-de-la-on-voit-la-mer-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1651","title":{"rendered":"Besson, Philippe \u00abDe L\u00e0, on Voit La Mer\u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Philippe Besson a publi\u00e9\u00a0: En l&rsquo;absence des hommes, Son fr\u00e8re (adapt\u00e9 par le r\u00e9alisateur Patrice Ch\u00e9reau), L&rsquo;Arri\u00e8re-saison, Un gar\u00e7on d\u2019Italie, les jours fragiles, Un instant d\u2019abandon, L\u2019enfant d\u2019octobre, Se r\u00e9soudre aux adieux, Un homme accidentel, La Trahison de Thomas Spencer, Retour parmi les hommes , Une bonne raison de se tuer, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1651\">De l\u00e0, on voit la mer<\/a> , <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=39\">La Maison atlantique<\/a>, Un tango en bord de mer , Vivre vite, Les Passants de Lisbonne et \u00ab <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4187\">Arr\u00eate avec tes mensonges<\/a> \u00bb et est devenu un des auteurs incontournables de sa g\u00e9n\u00e9ration.<br \/>\nS&rsquo;affirmant aussi comme un sc\u00e9nariste original et tr\u00e8s personnel, il a sign\u00e9 le sc\u00e9nario de Mourir d&rsquo;aimer (2009), interpr\u00e9t\u00e9 par Muriel Robin, de La Mauvaise Rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine de Jos\u00e9e Dayan interpr\u00e9t\u00e9 par G\u00e9rard Depardieu, et de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling. Un homme accidentel sera prochainement adapt\u00e9 au cin\u00e9ma. Un tango en bord de mer, sa premi\u00e8re pi\u00e8ce en tant que dramaturge, a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e \u00e0 Paris \u00e0 l&rsquo;automne 2014 et publi\u00e9e parall\u00e8lement chez Julliard puis reprise \u00e0 l&rsquo;automne 2015 au Th\u00e9\u00e2tre du Petit Montparnasse.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Sur les hauteurs de Toscane, Louise se voue tout enti\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de son roman. Un exil volontaire qu&rsquo;elle savoure loin de Paris et du mari qui l&rsquo;attend, \u00e9mancip\u00e9e du monde. Quand Luca, un jeune homme au charme insolent, r\u00e9veille son d\u00e9sir, elle s&rsquo;abandonne \u00e0 la joie d&rsquo;une libert\u00e9 sans concession. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un grave accident la rappelle au chevet de son mari&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>: C\u2019est le deuxi\u00e8me livre de cet auteur que je lis. Pas de doute. J\u2019aime.<\/p>\n<p>Il y a la femme\u00a0\u00bb Louise\u00a0\u00bb, l\u2019homme \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois\u00a0\u00bb, le jeune homme \u00ab\u00a0Luca\u00a0\u00bb et sa m\u00e8re \u00ab\u00a0Graziella\u00a0\u00bb, 4 protagonistes.. en fait il y a plusieurs \u00ab\u00a0couples\u00a0\u00bb Louise et Fran\u00e7ois (mari et femme), Louise et Luca (les amants), Luca et Graziella (fils et m\u00e8re) Dans le livre les faibles sont les hommes et les deux femmes font peur (la romanci\u00e8re \u00e0 succ\u00e8s et la m\u00e8re italienne) bien qu\u2019elles soient fragiles et qu\u2019il soit possible de les d\u00e9stabiliser m\u00eame si elles font tout pour le cacher..<\/p>\n<p>Sensuel, violent, \u00e9touffant\u2026 Un rapport \u00e9vident avec le film de Sautet, l\u2019accident de voiture qui va changer le cours de la vie\u2026 . Louise set partie \u00e9crire en Toscane, seule, un livre qui parle de la disparition d\u2019un mari\u2026 Le livre et la r\u00e9alit\u00e9 vont se rejoindre\u00a0: un accident de voiture, le mari dans le coma\u2026 va-t-il revenir ou pas\u2026 Puis le combat de l\u2019homme qui veut se relever apr\u00e8s l\u2019accident, qui va lutter pour \u00eatre debout.. mais quelle lutte\u00a0? Etre debout physiquement ou mentalement\u00a0? Se confrontent l\u2019\u00e9go\u00efsme et la cruaut\u00e9 de l\u2019artiste, l\u2019innocence et la cruaut\u00e9 de la jeunesse, la force de l\u2019amour, la peur de perdre, l\u2019angoisse de d\u00e9cevoir, la stupeur. Un livre aussi sur le repli, la solitude, le danger de l\u2019effacement, la torpeur de l\u2019habitude, l\u2019importance de r\u00e9agir. Et la diff\u00e9rence entre les \u00eatres\u00a0: ceux qui sont attach\u00e9s au pass\u00e9 et \u00e0 la douceur des souvenirs et ceux que les souvenirs oppressent\u2026 La diff\u00e9rence aussi de perception des \u00e9v\u00e9nements et des sentiments&#8230; Vaut-il mieux \u00eatre quitt\u00e9 pour un autre ou pour personne\u00a0? Qu\u2019est ce qui fait le plus mal\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle a appris la facilit\u00e9 du clavier, l&rsquo;agilit\u00e9 de ses doigts, la fluidit\u00e9 de \u00e7a, la facilit\u00e9 de \u00e7a. Et puis, surtout, elle a d\u00e9couvert que toutes ses erreurs disparaissaient, qu&rsquo;elles s&rsquo;effa\u00e7aient d&rsquo;elles-m\u00eames. Plus de ratures. Il lui a sembl\u00e9 que l&rsquo;\u00e9criture \u00e9tait moins heurt\u00e9e, moins h\u00e9sitante, moins bless\u00e9e. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion, bien entendu, mais l&rsquo;\u00e9criture n&rsquo;est absolument rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une affaire d&rsquo;illusion.<\/p>\n<p>elle n&rsquo;a pas cette forme de m\u00e9moire, et puis elle ne tient pas de comptabilit\u00e9, cela n&rsquo;a aucune importance, pour elle le temps accumul\u00e9 ne signifie rien, ne mesure rien, il ne constitue pas non plus une garantie, il l&rsquo;indiff\u00e8re.<\/p>\n<p>Le seul livre qui importe, c&rsquo;est celui qui est en cours. Les autres se sont effac\u00e9s<\/p>\n<p>ils appartiennent au pass\u00e9, ils sont devenus lointains, leurs contours sont flous.<\/p>\n<p>Elle se pr\u00e9f\u00e8re vagabonde, de maison en maison, sur le bord de mer, multipliant les patrons pour n&rsquo;en avoir au final aucun, une passante discr\u00e8te dans la vie des autres, munie de trousseaux de cl\u00e9s, une silhouette parmi les meubles, insaisissable, silencieuse, vite repartie.<\/p>\n<p>Elle sait simplement qu&rsquo;un jour, \u00e7a surgit, c&rsquo;est l\u00e0, comme une \u00e9vidence, comme une certitude. L&rsquo;instant d&rsquo;avant, il n&rsquo;y avait rien, pas la plus petite id\u00e9e, pas m\u00eame une pr\u00e9monition, et puis un d\u00e9clic se produit, un accident et l&rsquo;histoire s&rsquo;impose, il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9crire<\/p>\n<p>Parce que le r\u00e9el ne lui vient pas naturellement. Ce qui lui vient naturellement, c&rsquo;est le mensonge. Spontan\u00e9ment, elle ne fait pas appel \u00e0 sa m\u00e9moire mais \u00e0 son imagination.<\/p>\n<p>Le livre n&rsquo;est pas au-dedans d&rsquo;elle. Il est au-dehors. C&rsquo;est au-dehors qu&rsquo;elle va le chercher. C&rsquo;est une nouvelle maison qu&rsquo;elle va habiter<\/p>\n<p>Elle se rem\u00e9more une phrase des Choses de la vie, qu&rsquo;elle avait recopi\u00e9e, un jour, dans un de ses petits carnets\u00a0: \u00ab\u00a0On ne fait que projeter autour de soi son petit cin\u00e9ma intime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur la plage, un sac plastique est entra\u00een\u00e9 par le vent, il roule, interrompt sa course folle et la reprend, soulev\u00e9 \u00e0 nouveau, ballott\u00e9, il virevolte, monte haut et chute lourdement, avance pr\u00e9cipitamment puis recule bri\u00e8vement, semble la proie d&rsquo;un esprit fac\u00e9tieux ou d\u00e9ment.<\/p>\n<p>elle a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Mais on a tout le temps, on n&rsquo;est pas press\u00e9s\u00a0\u00bb, il a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Mais si, on est press\u00e9s, il faut tout faire d\u00e8s qu&rsquo;on le peut, il ne faut pas attendre. Jamais\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est quelques heures de leur vie dans un lieu inattendu et finalement accueillant, quelques heures \u00e0 quoi rien n&rsquo;a ressembl\u00e9 avant, \u00e0 quoi rien ne ressemblera apr\u00e8s, une parenth\u00e8se, une lubie.<\/p>\n<p>Ah oui, elle a demand\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a une chance qu&rsquo;il ne se r\u00e9veille jamais\u00a0?\u00a0\u00bb Le m\u00e9decin l&rsquo;a corrig\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0On parle de risque, madame, pas de chance\u00a0\u00bb (et c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;une violence inou\u00efe, pour elle, d&rsquo;\u00eatre ainsi reprise, remise \u00e0 sa place, comme \u00e7a, \u00e0 cause d&rsquo;une expression mal choisie, d&rsquo;une maladresse).<\/p>\n<p>On cherche une pr\u00e9sence, un \u00e9cho ordinaire et rien, on se heurte \u00e0 l&rsquo;invisible, on comprend qu&rsquo;on est seul d\u00e9sormais, tout \u00e0 fait seul, que personne ne viendra troubler ce silence qui nous \u00e9crabouille<\/p>\n<p>Elle attend quelqu&rsquo;un (qui attendait-elle\u00a0?). C&rsquo;est le temps suspendu, le temps d&rsquo;un ennui diffus, avant que ne se produise quelque chose, un incident, un \u00e9v\u00e9nement, n&rsquo;importe quoi, pourvu qu&rsquo;on sorte de \u00e7a, cet entre-deux, cet intervalle.<\/p>\n<p>Elle affronte une ombre, la part de son myst\u00e8re.<\/p>\n<p>Est-ce que je dois me reconna\u00eetre dans certains des personnages\u00a0?\u00a0\u00bb Elle a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Non, ce n&rsquo;est jamais toi, jamais enti\u00e8rement toi, ce sont juste des morceaux, des \u00e9clats, des moments de toi, et apr\u00e8s j&rsquo;ajoute, je retranche, je transforme, et \u00e0 la fin, ce n&rsquo;est plus toi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on, il est \u00e9vident que quelque chose plane au-dessus d&rsquo;eux, qui les menace. Ou bien, et c&rsquo;est encore plus grave, quelque chose est \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, au-dedans, qui les ronge<\/p>\n<p>Au fond, elle n&rsquo;imaginait pas encore d\u00e9couvrir quelque chose chez lui. Elle se r\u00e9p\u00e9tait justement qu&rsquo;un couple fonctionne sur la connaissance parfaite de l&rsquo;autre, sur l&rsquo;absence de surprise. Certes, cela signifie, pour le pire, qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de bonne surprise. Mais cela signifie, aussi, pour le meilleur, qu&rsquo;il n&rsquo;y en aura pas de mauvaise. Cette s\u00e9curit\u00e9, c&rsquo;est le ciment. Quand tout se fissure, on ne peut plus se reposer sur les certitudes<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas envie de revenir l\u00e0, sur leurs traces, dans cet endroit qui avait signifi\u00e9 quelque chose pour eux et qui ne signifiait plus rien parce qu&rsquo;ils avaient vieilli, fait d&rsquo;autres choix<\/p>\n<p>Toutefois, elle n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 chasser une sensation de d\u00e9sagr\u00e9ment, d&rsquo;inconfort, comme si elle r\u00e9pugnait \u00e0 se montrer dans un lieu qui l&rsquo;avait vue telle qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait plus, qui racontait une personne disparue<\/p>\n<p>Il croit qu&rsquo;on dit l&rsquo;essentiel avec la<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 est un fardeau.<\/p>\n<p>Oui, c&rsquo;est \u00e7a, absolument, elle pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre seule qu&rsquo;avec lui. Et les raisons en sont extraordinairement simples\u00a0: elle ne veut plus de la biens\u00e9ance, de l&rsquo;hypocrisie, de leurs faux-semblants, de leurs grimaces rassurantes, elle ne veut plus de leur l\u00e9thargie, leur langueur fatale, leur petite mort quotidienne<\/p>\n<p>En disant le pr\u00e9nom, elle l&rsquo;enterre, elle l&rsquo;envoie dans la m\u00e9moire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Philippe Besson a publi\u00e9\u00a0: En l&rsquo;absence des hommes, Son fr\u00e8re (adapt\u00e9 par le r\u00e9alisateur Patrice Ch\u00e9reau), L&rsquo;Arri\u00e8re-saison, Un gar\u00e7on d\u2019Italie, les jours fragiles, Un instant d\u2019abandon, L\u2019enfant d\u2019octobre, Se r\u00e9soudre aux adieux, Un homme accidentel, La Trahison de Thomas Spencer, Retour parmi les hommes , Une bonne raison de se tuer, De l\u00e0, on &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1651\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1652,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,12],"tags":[],"class_list":["post-1651","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-litterature-france"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1651","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1651"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1651\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4193,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1651\/revisions\/4193"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1651"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1651"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1651"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}