{"id":17239,"date":"2022-11-25T12:04:20","date_gmt":"2022-11-25T10:04:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17239"},"modified":"2026-03-31T15:53:56","modified_gmt":"2026-03-31T13:53:56","slug":"banville-john-neige-sur-ballyglass-house-rl2022-416-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17239","title":{"rendered":"Banville, John \u00ab\u00a0Neige sur Ballyglass House\u00a0\u00bb (RL2022) 416 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b> : N\u00e9 \u00e0 Wexford, en Irlande, le 8 d\u00e9cembre 1945, John Banville vit \u00e0 Dublin. Depuis ses d\u00e9buts, l\u2019\u0153uvre de cet\u00a0 \u00bb orf\u00e8vre des mots\u00a0 \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par de nombreux grands prix litt\u00e9raires. Avec <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a>,<\/span> pl\u00e9biscit\u00e9e par la critique et le public anglais, publi\u00e9e dans une trentaine de pays, il a remport\u00e9 le plus prestigieux d\u2019entre eux : le Booker Prize. Ses derniers romans, L\u2019intouchable (1998),\u00a0 Eclipse (2002), Impostures (2003) ,<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a><\/span>, \u00a0Ath\u00e9na (2005), \u00a0Infinis (2011), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17922\">La lumi\u00e8re des \u00e9toiles mortes<\/a><\/span> (2014), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=10203\">La guitare bleue<\/a> <\/span>(2018 ), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17239\">Neige sur Ballyglass House<\/a><\/span> (2022)<\/p>\n<p>Il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des auteurs vivants les plus importants de langue anglaise. Il est laur\u00e9at d&rsquo;un prix Booker [ <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=635\"><i>La Mer<\/i><\/a>,<\/span>] et il a re\u00e7u en 2014 le c\u00e9l\u00e8bre prix Prince des Asturies pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre romanesque, publi\u00e9e en grande partie chez Robert Laffont, dans la collection \u00ab Pavillons \u00bb.<\/p>\n<p>Passionn\u00e9 de litt\u00e9rature polici\u00e8re des ann\u00e9es 50, il \u00e9crit \u00e9galement des romans noirs \u2013 <strong><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5309\">S\u00e9rie <i>Quirke<\/i><\/a><\/span><\/strong> \u2013\u00a0 sous le pseudonyme de \u00ab\u00a0Benjamin Black\u00a0\u00bb : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5312\">Les Disparus de Dublin<\/a><\/span> \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5342\">La Double Vie de Laura Swan<\/a><\/span>\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5393\">La Disparition d\u2019April Latimer<\/a><\/span> \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5416\">Mort en \u00e9t\u00e9<\/a> <\/span>\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6145\">Vengeance<\/a> <\/span>\u2013\u00a0<i>Holy Orders (2013)<\/i> &#8211; <i>Even the Dead (2016)<\/i> &#8211; Le printemps basque d&rsquo;April Latimer (2025) (<i>April in Spain (2021) &#8211;\u00a0<\/i><i><\/i><\/p>\n<p><b>Autre roman <\/b>(traduit) : \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Black, Benjamin (Banville, John ) \u00ab\u00a0La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe\u00a0\u00bb (2015) 377 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24083\">La Blonde aux yeux noirs: Le Retour de Philip Marlowe\u00a0<\/a><\/span>\u00bb (2016) ressorti en 2023 sous le titre \u00ab\u00a0Marlowe\u00a0\u00bb . (Nouveau titre suite \u00e0 la sortie du film<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><b><i>Marlowe<\/i><\/b><i> ou D\u00e9tective Marlowe au Qu\u00e9bec, une coproduction internationale r\u00e9alis\u00e9e par Neil Jordan et sorti en 2022<\/i><i>. Le sc\u00e9nario, sign\u00e9 William Monahan, est adapt\u00e9 du roman The Black-Eyed Blonde de John Banville qui met en sc\u00e8ne le personnage de Philip Marlowe cr\u00e9\u00e9 par Raymond Chandler.<\/i>)<\/p>\n<p>Robert Laffont<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Collection Pavillons \u2014 08.09.2022 &#8211; 416 pages \u00ab\u00a0Snow 2020 &#8211; traduit par Mich\u00e8le Albaret-Maatsch)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9:<\/b><\/p>\n<p>Irlande, 1957. Apr\u00e8s la d\u00e9couverte du cadavre \u00e9mascul\u00e9 d&rsquo;un pr\u00eatre tr\u00e8s respect\u00e9 dans la majestueuse biblioth\u00e8que de Ballyglass House &#8211; le manoir de l&rsquo;\u00e9nigmatique famille Osborne -, le Detective Inspector Strafford, pr\u00e9nom Saint John (\u00e0 prononcer \u00a0\u00bb Sinjun \u00ab\u00a0), est appel\u00e9 de Dublin pour enqu\u00eater. Alors que la neige tombe sans discontinuer sur la campagne irlandaise, Saint John, un protestant d\u00e9gingand\u00e9 loin des clich\u00e9s de la profession, est bien d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 lever le voile sur cette affaire.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Mais c&rsquo;est compter sans les habitants de Ballyglass House et des alentours, pr\u00eats \u00e0 tout pour prot\u00e9ger leurs &#8211; nombreux &#8211; secrets.<br \/>\nBanville reprend les codes d\u2019un Agatha Christie avant de les faire voler en \u00e9clats d\u2019une main de maitre \u00ab\u00a0 (The New York Times Book Review)<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nAh jamais d\u00e9\u00e7ue par cet auteur, que ce soit sous le nom de Banville ou celui de Benjamin Black. J\u2019ai d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 surprise apr\u00e8s lecture de la voir publi\u00e9 sous le nom de Banville et non sous son pseudo d\u2019auteur de romans noirs\/policier .<br \/>\nUne fois de plus conquise par la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire et par l\u2019intrigue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Un manoir glacial enfoui sous la neige en plein hiver en Irlande, au Sud de Dublin,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>difficile d\u2019acc\u00e8s du fait des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Vous imaginez ces vieux manoirs d\u00e9cr\u00e9pits, avec des nobles d\u00e9sargent\u00e9s qui font tout pour faire semblant.. Les habitants du manoir en question sont plus \u00e9tranges les uns que les autres\u2026 Une belle brochette de cas sociaux plus allum\u00e9s les uns que les autres dans un d\u00e9cor qui ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre hant\u00e9\u2026 Et les autres personnages du roman ne sont pas plus normaux\u2026 ils cachent tous quelque chose et sont habit\u00e9s par un pass\u00e9 qui les ronge.<br \/>\nEt l\u00e0, dans ce manoir, dans la biblioth\u00e8que, un cadavre\u2026 Celui d\u2019un pr\u00eatre\u2026 Et pour enqu\u00eater, un flic protestant est d\u00e9p\u00each\u00e9 sur place\u2026 Enfin pour enqu\u00eater ou pour faire en sorte que cette mort soit \u00e9touff\u00e9e pour qu\u2019il n\u2019y ait pas de scandale : un pr\u00eatre catholique ch\u00e2tr\u00e9 dans la jeune R\u00e9publique d\u2019Irlande alors que les rapports entre protestants et catholiques ne sont pas faciles\u2026 c\u2019est une poudri\u00e8re\u2026 Tous les suspects potentiels semblent se limiter \u00e0 la famille qui habite le manoir et tous disent qu\u2019ils \u00e9taient pr\u00e9sents mais profond\u00e9ment endormis et qu\u2019ils n\u2019ont rien vu, rien entendu\u2026.<\/p>\n<p>Comme dans des autres \u00e9crits, il y a cette magnifique \u00e9criture de l\u2019auteur, ses descriptions si parlantes, son analyse des personnages, son humour \u00ab\u00a0so irish\u00a0\u00bb \u2026 Bref on nage dans le lugubre et on fait la connaissances de personnages qui pourrait facilement sembler des r\u00f4les dans un d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre tellement ils semblent \u00e9loign\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9\u2026 Et pourtant\u2026 Tous autant qu\u2019ils sont ont leur part de fragilit\u00e9 et un poids qui p\u00e8se sur leur pass\u00e9, des manques qu\u2019ils trainent depuis leur enfance\u2026 qu\u2019ils soient du cot\u00e9 des habitants du lieu, de la police\u2026 Et le contexte social dans lequel se d\u00e9roule le roman est des plus int\u00e9ressants, confrontant catholiques et protestants, anglais et irlandais, familles nobles qui ont perdu leur richesse et riches sans noblesse\u2026 Et pour rendre cette analyse encore plus interessante, le policier envoy\u00e9 sur place, Strafford est protestant et issu de la m\u00eame classe sociale que les propri\u00e9taires du Manoir, les Osborne\u2026<\/p>\n<p>A la limite du huis-clos, on \u00e9volue comme dans un jeu de Cluedo\u2026 J\u2019ai eu un vrai coup de coeur pour ce thriller noir avec beaucoup de th\u00e8mes abord\u00e9s (abandon, drogues, alcool, recherche de soi, sexe, homosexualit\u00e9, religion, classes sociales\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p><i>L\u2019\u00e9ventail de lumi\u00e8re sur le sol, derri\u00e8re ses pieds, se replia brutalement quand quelqu\u2019un entra et repoussa la porte.\u00a0<\/i><\/p>\n<p>Les gens disaient que c\u2019\u00e9tait du jamais-vu, qu\u2019ils n\u2019avaient jamais connu pareil mauvais temps, que, de m\u00e9moire d\u2019homme, c\u2019\u00e9tait le pire hiver possible et imaginable. Mais ils disaient \u00e7a tous les ans quand il neigeait, et aussi quand il ne neigeait pas.<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que avait l\u2019aspect d\u2019un lieu d\u00e9sert\u00e9 depuis longtemps, et affichait un air accabl\u00e9, comme indign\u00e9e qu\u2019on viole sa solitude avec autant de rudesse et de sans-g\u00eane. Les vitrines tapissant les murs regardaient froidement devant elles\u00a0; quant aux livres, ils s\u2019alignaient, \u00e9paule contre \u00e9paule, dans une attitude de ressentiment muet et, derri\u00e8re les multiples petits carreaux au plomb des fen\u00eatres \u00e0 meneaux, serties dans de profondes embrasures de granit, la neige avait un \u00e9clat furieux.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Seigneur, vous voyez un peu la baraque\u00a0? lan\u00e7a-t-il d\u2019une voix sifflante. Encore un peu et Poirot en personne va entrer en sc\u00e8ne.\u00a0\u00bb<br \/>\nIl pronon\u00e7ait\u00a0<i>Pouarrott<\/i>.<\/p>\n<p>Un cur\u00e9 refroidi dans une baraque de parpaillots\u00a0? Qu\u2019est-ce que les journaux vont raconter\u00a0?<\/p>\n<p>Que tout cela lui \u00e9tait familier, les meubles miteux, le vague fouillis ainsi que la petite odeur de moisi et d\u2019humidit\u00e9 typique des vieilles demeures. C\u2019\u00e9tait dans un d\u00e9cor semblable qu\u2019il avait pass\u00e9 ses ann\u00e9es d\u2019enfance. Les\u00a0\u00e9motions d\u2019antan ont la vie dure.<\/p>\n<p>La gouvernante avait fait de son mieux, mais les liens du sang sont plus forts que l\u2019eau et le savon, se dit-il avec un sourire.<\/p>\n<p>Du fait des modifications successives qu\u2019elles avaient connues au fil des ann\u00e9es, ces vieilles demeures ne manquaient jamais de surprendre.<\/p>\n<p>Il avan\u00e7a encore et d\u00e9couvrit bien s\u00fbr une porte-fen\u00eatre donnant sur l\u2019ext\u00e9rieur, un vieil escalier en colima\u00e7on en acier recouvert de peinture noire, par endroits rouill\u00e9 au point de n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un filigrane d\u2019une d\u00e9licatesse de dentelle.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le ciel \u00e9tait envahi par une masse de nuages couleur d\u2019ecchymose, distendus et si bas qu\u2019on les aurait crus pos\u00e9s sur le toit.<\/p>\n<p>l se m\u00e9fie des protestants, mais si vous \u00eates catholique avec une situation un tant soit peu importante, le r\u00e9v\u00e9rend n\u2019aura qu\u2019\u00e0 lever le petit doigt et votre carri\u00e8re partira en fum\u00e9e \u2013\u00a0ou dispara\u00eetra dans les flammes de l\u2019enfer avant de partir en fum\u00e9e. Et \u00e7a ne se limite pas qu\u2019aux pr\u00eatres. En ce qui concerne la sainte Irlande, celui qui se fait remonter les bretelles\u00a0par le clerg\u00e9 est cuit. Je ne vous apprends certainement rien, m\u00eame si vous \u00eates un\u00a0<i>swaddler<\/i>, un parpaillot.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Eh bien, vous voyez, notre Fonsey est encore un autre exemple de ce rare ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019est l\u2019Immacul\u00e9e Conception. Rare, dis-je, mais, sur cette terre fertile qui est la n\u00f4tre, l\u2019\u00e9toile de Bethl\u00e9em fait des apparitions \u00e9tonnamment fr\u00e9quentes, comme vous le savez, j\u2019en suis s\u00fbr.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme il remontait l\u2019all\u00e9e, il eut l\u2019impression que la demeure \u00e9rig\u00e9e sur une \u00e9minence se dressait devant lui en d\u00e9ployant ses ailes faussement palladiennes pour l\u2019embrasser en une sinistre \u00e9treinte. Il n\u2019\u00e9tait pas fantaisiste au point de prendre des objets inanim\u00e9s pour autre chose que ce qu\u2019ils \u00e9taient. Il n\u2019y avait pas de maison hant\u00e9e, et pas de fant\u00f4mes en libert\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Vous ne fumez pas, vous n\u2019acceptez pas qu\u2019on vous paye un verre\u00a0? Vous n\u2019avez rien du policier classique, ou j\u2019ai lu de mauvais polars\u00a0?<\/p>\n<p>Le Bushmills \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre le whiskey pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des protestants, et le Jameson celui des catholiques. Strafford trouvait \u00e7a absurde, c\u2019\u00e9tait encore un de ces mythes mineurs parmi la multitude qui circulait all\u00e8grement dans le pays.<\/p>\n<p>Aux yeux de Strafford, elle semblait faite d\u2019un fin verre fil\u00e9, gris et noir, qui risquait de se briser \u00e0 tout moment sous le poids d\u2019une tension interne.<\/p>\n<p>Il avait per\u00e7u,\u00a0dans cette froide maison en pierre, et puis aussi dehors sur la colline froide, quelque chose qu\u2019il n\u2019avait jamais connu, quelque chose d\u2019impalpable et n\u00e9anmoins de tr\u00e8s pr\u00e9sent, comme un brouillard glac\u00e9. \u00c9tait-ce le Mal qu\u2019il avait fini par rencontrer\u00a0? Il n\u2019avait jamais cru au Mal comme une force en soi \u2013\u00a0le Mal n\u2019existait pas, avait-il toujours affirm\u00e9, il n\u2019y avait que des actes malfaisants. Mais ne se trompait-il pas\u00a0?<\/p>\n<p>Pas \u00e0 sa place et \u00e0 contretemps, il \u00e9tait la parfaite incarnation du mec \u00e0 la d\u00e9rive.<\/p>\n<p>Et, subitement, la maison lui apparut comme un labyrinthe d\u2019o\u00f9, qu\u2019il tourn\u00e2t \u00e0 droite ou \u00e0 gauche, il ne pouvait sortir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai le plus grand respect pour votre \u00c9glise et ses principes, qui a produit tant de fins esprits \u2013\u00a0et de\u00a0fines sensibilit\u00e9s, si je puis le formuler ainsi. Enfin \u2013\u00a0il poussa un petit soupir\u00a0\u2013, le protestantisme n\u2019est pas tant une religion qu\u2019une r\u00e9action contre une religion, n\u2019est-ce pas\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c9tions-nous tous hant\u00e9s par un moi qui n\u2019avait jamais exist\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Au lieu de nous apprendre, comme il le devrait, \u00e0 bien nous comporter les uns envers les autres, le malheur fait de nous des brutes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : N\u00e9 \u00e0 Wexford, en Irlande, le 8 d\u00e9cembre 1945, John Banville vit \u00e0 Dublin. Depuis ses d\u00e9buts, l\u2019\u0153uvre de cet\u00a0 \u00bb orf\u00e8vre des mots\u00a0 \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par de nombreux grands prix litt\u00e9raires. 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