{"id":1742,"date":"2015-04-28T18:04:05","date_gmt":"2015-04-28T17:04:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1742"},"modified":"2015-04-28T18:04:05","modified_gmt":"2015-04-28T17:04:05","slug":"costello-mary-academy-street-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1742","title":{"rendered":"Costello Mary &#8211; Academy Street (2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Originaire de Galway, Mary Costello vit \u00e0 Dublin. Elle est l\u2019auteur d\u2019un recueil de nouvelles, The China Factory (2012), largement acclam\u00e9 par la critique anglophone. Academy Street est son premier roman. Roman couronn\u00e9 par l\u2019Irish Book of the Year Award 2014<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Tess a sept ans lorsque sa m\u00e8re meurt de la tuberculose. Nous sommes en Irlande dans les ann\u00e9es 40, dans le vaste domaine familial d\u2019Easterfield. Avec cette perte, se creuse en l\u2019enfant silencieuse une solitude fondamentale.<\/p>\n<p>Tess a vingt ans lorsque des \u00e9tudes d\u2019infirmi\u00e8re la poussent \u00e0 Dublin ; peu apr\u00e8s, sa s\u0153ur Claire lui propose de venir tenter comme elle sa chance \u00e0 New York. La vaste m\u00e9tropole et le tourbillon des ann\u00e9es 60 emportent la timide jeune femme vers son destin.<\/p>\n<p>Portrait lumineux d\u2019une vie en marge, Academy Street balaie plus d\u2019un demi-si\u00e8cle avec l\u2019ardeur et la d\u00e9licatesse de son inoubliable anti-h\u00e9ro\u00efne. Sous la sobri\u00e9t\u00e9 de la phrase, derri\u00e8re la discr\u00e9tion de Tess se cachent une force prodigieuse et une existence d\u2019une beaut\u00e9 rare, men\u00e9e \u00e0 distance du bruit et de la fureur, suspendue entre la terre natale et le pays d\u2019adoption, guid\u00e9e par la puissante lame de fond des \u00e9motions.<\/p>\n<p>\u00ab Avec une d\u00e9votion extraordinaire, Mary Costello donne vie \u00e0 une femme qui, sans elle, se serait fondue dans la masse des fragiles et des humbles. \u00bb J. M. Coetzee<\/p>\n<p>\u00ab Mary Costello a cr\u00e9\u00e9 l\u2019un des personnages les plus remarquables de la litt\u00e9rature contemporaine. Ce livre est une merveille. \u00bb Ron Rash<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0(\u00e9tay\u00e9 par une interview de la romanci\u00e8re) : Si vous cherchez de l\u2019action, ce livre n\u2019est pas pour vous. Mais si vous cherchez une p\u00e9pite sur la solitude, sur l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e2me, le besoin visc\u00e9ral d\u2019\u00eatre aim\u00e9 et de faire un avec l\u2019autre, alors vous aimerez. Tess est un \u00eatre comme il y en a dans la litt\u00e9rature britannique du XVIII\u00e8me, transpos\u00e9e au XXI\u00e8me si\u00e8cle. Tess est une romantique \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019ancienne\u00a0\u00bb\u00a0; le fait d\u2019\u00eatre une enfant qui a grandi sans m\u00e8re en fait un \u00eatre d\u00e9sarm\u00e9 et d\u00e9muni. Le lien vers le pass\u00e9 qui s\u2019efface, les souvenirs qui s\u2019enfuient et la peur d\u2019\u00eatre effac\u00e9e\u2026 Le pass\u00e9 est dans la m\u00e9moire\u2026 et la m\u00e9moire s\u2019efface\u2026 Tess est une jeune femme effac\u00e9e et insignifiante, \u00e0 la fois sombre et lumineuse. Le contexte de d\u00e9part, la ferme irlandaise, les enfants orphelins de m\u00e8re jeune, le d\u00e9part vers les Etats Unis sont puis\u00e9s dans l\u2019histoire familiale (sa m\u00e8re). Ce qui est difficile pour Tess est la nature m\u00eame de son personnage\u00a0: introvertie, pieuse, tranquille, sensible, sensible au monde\u00a0; elle puise son \u00e9nergie au-dedans d\u2019elle et des \u00eatres et pas dans le superficiel. Elle recherche le sublime, le divin, le \u00ab\u00a0paradis sur terre\u00a0\u00bb, elle le trouvera dans ses lectures. L\u2019\u00e9nergie vient de l\u2019int\u00e9rieur et la solitude l\u2019enrichit. A la mort de sa maman, l\u2019enfant disparait, elle devient muette et perd ses mots\u00a0; et toute sa vie elle sera incapable de communiquer car sa vie int\u00e9rieure est intense mais elle se sent incomprise et n\u2019a donc pas besoin de parler. C\u2019est une lutte pour elle d\u2019\u00eatre comprise. L\u2019important n\u2019est pas la parole mais les ondes qui passent entre les \u00eatres. Dans les ann\u00e9es 50, les femmes sont soumises et tout dans le caract\u00e8re de Tess d\u00e9pend de ces habitudes et de ce mode d\u2019\u00e9ducation\u00a0; elle pense que rien dans la vie n\u2019est perdu car la vie int\u00e9rieure est tout pour elle. Tess ne croit pas en elle et elle n\u2019a pas un caract\u00e8re \u00e0 s\u2019\u00e9manciper.<\/p>\n<p>Elle vit dans la solitude depuis son enfance\u00a0; d\u2019abord avec la mort de sa m\u00e8re, puis en \u00e9tant m\u00e8re c\u00e9libataire, ce qui la coupe de sa famille. En Irlande elle aurait d\u00fb abandonner son enfant\u00a0; son amour extr\u00eame pour son fils lui apportera la perfection de l\u2019amour et sera le sens de sa vie. Pour elle, la vie est fusion mais cela fait fuir les autres. Tess est \u00e9trang\u00e8re au monde dans lequel elle vit, aux gens qui gravitent autour d\u2019elle. La vie ext\u00e9rieure n\u2019a aucune prise sur elle\u00a0: seule la vie int\u00e9rieure compte pour elle, mis \u00e0 part quelques amiti\u00e9s et des livres.<\/p>\n<p>Tess vit derri\u00e8re un mur, elle est profonde mais barricad\u00e9e derri\u00e8re ses peurs et son silence. Elle est nourrie de ses myst\u00e8res, de son int\u00e9riorit\u00e9. Elle est \u00e0 l\u2019\u00e9coute (dans son m\u00e9tier d\u2019infirmi\u00e8re) et son r\u00e9confort est de comprendre par la lecture que d\u2019autres personnes vivent int\u00e9rieurement et que le succ\u00e8s n\u2019est pas que ce que les gens voient. Tess vit avec ses souvenirs et sa richesse est int\u00e9rieure. Elle n\u2019est pas attir\u00e9e par les richesses mat\u00e9rielles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>La grande grille en fer est ouverte, elle entre et s\u2019enfonce dans l\u2019obscurit\u00e9. Les pommiers sont noirs, leurs branches basses et tordues font penser aux jupons des vieilles femmes<\/p>\n<p>Le ciel est gris et bas, dehors tout est encore endormi<\/p>\n<p>Soudain sa m\u00e8re lui manque tellement. C\u2019est comme une vague gigantesque qui la submerge.<\/p>\n<p>Le silence s\u2019est abattu sur la maison le jour de l\u2019enterrement pour ne plus jamais repartir<\/p>\n<p>Mais, quelques r\u00e9ponses plus tard, elle sait qu\u2019ils ne l\u2019entendent pas. Ses mots ne fonctionnent pas, les sons ne sortent pas de sa bouche pour se disperser dans l\u2019air.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment l\u2019id\u00e9e que tout ce qui l\u2019entoure, tout ce qui compte et l\u2019\u00e9meut \u2013 les arbres, les champs, les animaux \u2013 cultive sa propre vie, ses propres pens\u00e9es, a enfonc\u00e9 en elle ses racines. Si une chose est vivante, se dit-elle, elle a forc\u00e9ment des souvenirs. Chaque recoin de la maison doit \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9 des traces de sa m\u00e8re \u2013 les chambres, les couloirs et les paliers. L\u2019empreinte de ses pieds sur le tapis<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 ces pens\u00e9es lui viennent elle sait qu\u2019elle ne sera jamais capable de les mettre en mots.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a gu\u00e8re que pendant la le\u00e7on d\u2019anglais, lorsque le professeur r\u00e9cite du Wordsworth ou du John Donne, qu\u2019elle oublie bri\u00e8vement o\u00f9 elle se trouve, emport\u00e9e par les sonorit\u00e9s et par les images vers des hameaux lointains, des rivi\u00e8res et des cath\u00e9drales qui se dressent \u00e0 la rencontre du firmament. Dans ces moments-l\u00e0 elle a l\u2019impression de tendre vers quelque chose, de se rapprocher d\u2019un but qui reste hors de port\u00e9e mais dont elle sait la justesse et la beaut\u00e9<\/p>\n<p>elle avise une annonce pour des cours de natation. Elle se voit, sillon solitaire, fendre une eau bleue \u00e0 la surface lisse<\/p>\n<p>Le mugissement des moteurs s\u2019att\u00e9nua, l\u2019appareil se stabilisa et, au bout d\u2019un moment, elle ouvrit les yeux. Ils avaient atteint la partie sup\u00e9rieure de la Terre. Ouvert une perc\u00e9e dans le bleu. Une lumi\u00e8re aveuglante. Glorieuse. Aussit\u00f4t toutes ses pens\u00e9es se turent et il ne resta plus que cela : une fulgurance, quelque chose d\u2019imminent, la sensation de se trouver \u00e0 une distance infime, une fraction de seconde, de quelque chose de pur et de sublime, \u00e0 un cheveu du divin<\/p>\n<p>Inconsciemment elle ajusta son accent pour se faire comprendre et modifia son \u00e9criture jusqu\u2019\u00e0 atteindre la gr\u00e2ce et l\u2019oblique du style am\u00e9ricain<\/p>\n<p>La compagnie des autres lui laissait une impression de solitude et m\u00eame, parfois, de danger. Elle se sentait coup\u00e9e d\u2019eux. Leurs conversations, leurs r\u00eaves lui semblaient accessoires, artificiels m\u00eame, un mauvais moment \u00e0 passer avant d\u2019atteindre la conversation authentique, le c\u0153ur du sujet<\/p>\n<p>Sur une table \u00e9tait ouvert un grand livre d\u2019art. Elle tourna les pages, \u00e9blouie par les couleurs, les jaunes et les oranges et les bleus, leur intensit\u00e9<\/p>\n<p>Ils se retrouv\u00e8rent \u00e0 nouveau tous les deux, immerg\u00e9s dans une bulle de malaise. Son silence dominait, tel un champ de force, faisant le vide en elle.<\/p>\n<p>Elle surprit quelque chose dans son regard \u2013 de la confusion, de la col\u00e8re \u2013 comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 pris en otage par des \u00e9motions qui le d\u00e9passaient<\/p>\n<p>\u00c0 la lisi\u00e8re du sommeil elle tentait de le retrouver, de le r\u00e9cup\u00e9rer dans ses r\u00eaves<\/p>\n<p>Le soir, lorsqu\u2019elle prenait le bus ou le m\u00e9tro, elle regardait machinalement les rang\u00e9es de si\u00e8ges en qu\u00eate d\u2019hommes jeunes, \u00e0 la mine s\u00e9rieuse, et quand elle en rep\u00e9rait un, elle allait s\u2019asseoir \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s avec le naturel qu\u2019engendre la familiarit\u00e9, son alliance bien en vue, donnant l\u2019apparence qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 lui, et lui \u00e0 elle, et ce ventre rebondi \u00e0 eux deux, et s\u2019inventait le temps que durait ce court trajet une vie alternative<\/p>\n<p>Elle s\u2019ouvrait et s\u2019\u00e9veillait \u00e0 la nouveaut\u00e9 du matin, aux possibilit\u00e9s du jour. Elle regarda les feuilles vertes toutes neuves \u2013 un nuancier de verts \u2013 et dut presque se prot\u00e9ger les yeux de leur \u00e9clat, de leur beaut\u00e9 fra\u00eechement \u00e9close. Trop de beaut\u00e9, songea-t-elle. Et trop de bonheur, ces derniers temps. Cela l\u2019effrayait<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait cern\u00e9e de fen\u00eatres \u00e9clair\u00e9es, d\u2019yeux qui l\u2019observaient dans le noir<\/p>\n<p>Au-dessus d\u2019elle un ciel sans limite, infini, immense. Insoutenable. Son chagrin \u00e9tait aussi vaste que le ciel<\/p>\n<p>\u00ab Il y a, chez certains d\u2019entre nous, une solitude fondamentale\u2026 elle est en vous. \u00bb<\/p>\n<p>Elle avait toujours cherch\u00e9 des signaux intimes pour la guider \u00e0 travers l\u2019existence, et elle avait v\u00e9cu dans l\u2019attente perp\u00e9tuelle qu\u2019ils se manifestent. En leur absence elle avait avanc\u00e9 \u00e0 l\u2019aveuglette, lutt\u00e9 contre l\u2019adversit\u00e9, sans prendre la distance n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Le bonheur est fragile par nature, il contient les pr\u00e9mices de sa propre mort<\/p>\n<p>Sa sensibilit\u00e9 allait bien au-del\u00e0 de l\u2019ordinaire, atteignait un autre niveau. Elle percevait des rhapsodies int\u00e9rieures, une nature archa\u00efque, des bonheurs qu\u2019il pouvait \u00e0 peine supporter<\/p>\n<p>Elle avait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ce moment d\u2019innombrables fois dans son esprit avant de s\u2019endormir. Mais elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9e au poing d\u2019acier qui se referma sur son c\u0153ur, la trappe par laquelle elle tomba<\/p>\n<p>Son appartement pouvait \u00e0 peine tol\u00e9rer le silence laiss\u00e9 dans son sillage.<\/p>\n<p>Avaient-elles conscience de leur chance ? La chance de pouvoir, \u00e0 tout instant, jour et nuit, se serrer contre leur homme, le revendiquer, poser leur t\u00eate sur sa poitrine, leur main sur sa t\u00eate.<\/p>\n<p>Un bateau passa, laissa derri\u00e8re lui une tra\u00een\u00e9e d\u2019\u00e9cume blanche. Elle regarda l\u2019\u00e9cume se d\u00e9ployer et se disperser, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019en reste aucune trace ou presque. Le regard fix\u00e9 sur la houle et le ressac, elle sentit monter le mal de mer. Elle tenta de ne pas craquer. Elle regarda autour d\u2019elle. Sous la surface immobile de la journ\u00e9e la tourmente s\u2019annon\u00e7ait. Elle visualisa l\u2019eau qui jusque-l\u00e0 avait \u00e9t\u00e9 dormante, chaque gouttelette, chaque mol\u00e9cule, s\u2019animant, soudain vrill\u00e9e, catapult\u00e9e \u00e0 travers les pales m\u00e9talliques, rejet\u00e9e sans m\u00e9nagement dans les remous du courant, titubant, d\u00e9boussol\u00e9e, m\u00e9tamorphos\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s une fois, pareils \u00e0 deux plan\u00e8tes entrant en collision<\/p>\n<p>Les dieux et les d\u00e9esses s\u2019infiltr\u00e8rent et trouv\u00e8rent une r\u00e9sonance en elle, elle \u00e9tait perm\u00e9able \u00e0 chaque mythe et \u00e0 chaque odyss\u00e9e, comme si de toute \u00e9ternit\u00e9 les fant\u00f4mes de l\u2019Olympe \u00e9taient rest\u00e9s tapis, dans l\u2019attente de leur renaissance<\/p>\n<p>Il y avait dans son temp\u00e9rament une certaine passivit\u00e9, une r\u00e9signation qui s\u2019accordait mal au changement ou \u00e0 la transformation, comme si elle redoutait de contrarier le destin ou d\u2019\u00e9veiller la col\u00e8re d\u2019une cr\u00e9ature capricieuse qui attendait son heure assoupie au fond de son \u00e2me.<\/p>\n<p>il releva le pont-levis qui donnait acc\u00e8s \u00e0 sa vie int\u00e9rieure, lui verrouilla son c\u0153ur<\/p>\n<p>Elle s\u2019\u00e9tait trop attach\u00e9e. Elle n\u2019aurait pas d\u00fb se greffer sur lui<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, au fil des longues soir\u00e9es d\u2019hiver et des apr\u00e8s-midi d\u2019\u00e9t\u00e9, Tess trouva dans les livres une nouvelle vie<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas des r\u00e9ponses ou des consolations qu\u2019elle trouvait dans les romans, mais un degr\u00e9 d\u2019empathie qu\u2019elle n\u2019avait crois\u00e9 nulle part ailleurs et qui att\u00e9nuait sa solitude<\/p>\n<p>Tant de sentiments qui rattachent les gens sont codifi\u00e9s par le geste et par le silence, car les mots ne sont pas \u00e0 la hauteur. Viendrait peut-\u00eatre un temps o\u00f9 la parole s\u2019\u00e9teindrait, o\u00f9 toute communication serait men\u00e9e en silence. Alors la fronti\u00e8re entre son et silence se dissoudrait, tout simplement<\/p>\n<p>Elle se demanda si le pass\u00e9 \u00e9tait tout \u00e0 fait r\u00e9el, et aussi ce qu\u2019il en restait, s\u2019il en restait quelque chose \u00e0 part la douleur, le souvenir de la douleur \u2013 ses vestiges, comme autant de vieilles souches. Elle remarqua \u00e0 quel point les morts s\u2019\u00e9taient \u00e9loign\u00e9s, perdus dans le brouillard du temps, les disparus<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Originaire de Galway, Mary Costello vit \u00e0 Dublin. Elle est l\u2019auteur d\u2019un recueil de nouvelles, The China Factory (2012), largement acclam\u00e9 par la critique anglophone. Academy Street est son premier roman. Roman couronn\u00e9 par l\u2019Irish Book of the Year Award 2014 R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Tess a sept ans lorsque sa m\u00e8re meurt de la tuberculose. 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