{"id":1759,"date":"2015-05-08T14:37:38","date_gmt":"2015-05-08T13:37:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1759"},"modified":"2020-10-14T16:23:16","modified_gmt":"2020-10-14T14:23:16","slug":"rash-ron-incandescences-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1759","title":{"rendered":"Rash, Ron \u00ab Incandescences \u00bb (2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Ron Rash, n\u00e9 en Caroline du Sud en 1953, a grandi \u00e0 Boiling Springs et obtenu son doctorat de litt\u00e9rature anglaise \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Clemson. Il vit en Caroline du Nord et enseigne la litt\u00e9rature \u00e0 la Western Carolina University. Il a \u00e9crit \u00e0 ce jour quatre recueils de po\u00e8mes, six recueils de nouvelles \u2013 dont<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1759\"><em>\u00a0Incandescences\u00a0<\/em><\/a>(Seuil, 2015), laur\u00e9at du prestigieux Frank O\u2019Connor Award, et cinq autres romans, r\u00e9compens\u00e9s par divers prix litt\u00e9raires : Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize, James Still Award.\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11945\">Un pied au paradis<\/a> (2002 \/ 2009), <\/em><em><a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8155\">Le Chant de la Tamassee<\/a> (2004 \/ 2016), Le Monde \u00e0 l&rsquo;endroit (2006 \/ 2012) , Serena (2008 \/ 2011) , <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=41\">Une terre d\u2019ombre\u00a0<\/a><\/em>(2012\/ 2014) et <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6131\"><em>Par le vent pleur\u00e9<\/em><\/a> (2016 \/ 2017) , <a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8323\">Un silence brutal<\/a><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: #ffffff; color: #424242; font-family: lato,'helvetica neue',helvetica,arial,verdana; font-size: 17px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; line-height: 1.7em; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"> (2019)<\/span>.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de d\u00e9sespoir rural, des tranches de vie oblit\u00e9r\u00e9es par la mis\u00e8re, le manque d&rsquo;\u00e9ducation, la drogue. Situ\u00e9es dans le d\u00e9cor sauvage et magnifique des Appalaches, d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 dans Le Monde \u00e0 l&rsquo;endroit et Une terre d&rsquo;ombre, elles \u00e9voluent entre l&rsquo;\u00e9poque de la guerre de S\u00e9cession et nos jours. Elles d\u00e9crivent avec une compassion afflig\u00e9e et lucide de path\u00e9tiques gestes de survie, une violence quotidienne banalis\u00e9e par la pauvret\u00e9, des enfants sacrifi\u00e9s par leurs parents au culte de la crystal meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contr\u00e9e imperm\u00e9able au progr\u00e8s et \u00e0 la modernit\u00e9. A mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash \u00e9crit une prose d&rsquo;une noirceur po\u00e9tique, laissant par instants entrevoir un \u00e9clair d&rsquo;humanit\u00e9 m\u00eame chez les \u00eatres les plus endurcis.<\/p>\n<p><strong>Mon avis (nouvelle par nouvelle) <\/strong>: Dans un monde de mis\u00e8re, de douleur, de survie plus que de vie, l\u2019amour et l\u2019argent sont en conflit.. Mais que sont-ils face \u00e0 la faim, la solitude, la drogue\u2026 Et toujours ces paysages d\u00e9sertiques et extr\u00eames, de neige, de froid, de glace, d\u2019hiver, sous des ciels noirs mais ou malgr\u00e9 tout des \u00e9toiles qui brillent\u2026 de la boue, de la crasse&#8230; et soudain une lueur, une bougie, un \u00e9clair blanc.. qu\u2019il provienne du ciel ou d\u2019une lame\u2026 qui illumine la sc\u00e8ne. Mais j\u2019ai toujours du mal \u00e0 appr\u00e9cier les nouvelles comme genre litt\u00e9raire. J\u2019aime l\u2019\u00e9criture de Ron Rash et c\u2019est un amuse-bouche, un \u00ab avant-gout \u00bb un peu frustrant car j\u2019aime m\u2019impr\u00e9gner des ambiances et l\u00e0 je ne fais que mettre le doigt dans la place\u2026<\/p>\n<p><strong>1. Les temps difficiles :<\/strong><em><br \/>\nToujours le contraste entre ombre et lumi\u00e8re \u2013 que ce soit dans la nature ou dans les caract\u00e8res des personnages \u2013 chez Ron Rash. Des \u0153ufs disparaissent dans le poulailler. En pleine p\u00e9riode de mis\u00e8re, chaque \u0153uf repr\u00e9sente de l\u2019argent. Qui est l\u2019auteur de ces larcins ? Un voisin, un animal domestique, un animal sauvage ? Alors que les propri\u00e9taires du poulailler traquent le coupable, des r\u00e9flexions mettent en lumi\u00e8re ce que r\u00e9v\u00e8le la mis\u00e8re dans le caract\u00e8re des gens. Agressivit\u00e9, ressentiment, honneur, importance de chaque miette de nourriture, mais aussi bienveillance et compr\u00e9hension\u2026<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab Ce vallon-l\u00e0 est si bougrement sombre qu\u2019y faut y faire entrer la lumi\u00e8re au pied-de-biche \u00bb<br \/>\n\u00abSon visage tout entier rayonnait, comme si la courbe de ses l\u00e8vres d\u00e9roulait une vague lumineuse de la bouche au front \u00bb<br \/>\n\u00ab Avec leurs v\u00eatements en loques pendant sur leurs corps efflanqu\u00e9s, on aurait cru des \u00e9pouvantails en route pour un nouveau champ de ma\u00efs \u00bb<br \/>\n\u00ab Au bout d\u2019un certain temps, la lune et les \u00e9toiles p\u00e2lirent. \u00c0 l\u2019est, l\u2019obscurit\u00e9 s\u2019\u00e9claircit jusqu\u2019\u00e0 prendre la couleur du verre bleu indigo. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>2. Le bout du monde <\/strong>: L\u2019alliage de la mis\u00e8re et de la m\u00e9thamph\u00e9tamine est \u00e0 l\u2019origine du rapprochement de deux fr\u00e8res.. L\u2019un d\u2019entre eux est pr\u00eateur sur gages. Il revend sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me ce que lui apporte son neveu, tout en sachant bien que les objets sont vol\u00e9s dans la maison familiale ; tant que cela reste en famille il ne veut pas s\u2019en m\u00ealer. Le jour ou le neveu lui am\u00e8ne des objets vol\u00e9s, il retournera dans la maison familiale pour r\u00e9gler le probl\u00e8me \u00e0 sa fa\u00e7on\u2026<\/p>\n<p><strong>3. Des conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s morts<\/strong><em> : La aussi on part sur le vol et la revente. Mais il y a opposition entre les motifs.. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 s\u2019enrichir par app\u00e2t du gain, de l\u2019autre aider. Et si je puis dire\u2026 la morale de cette histoire punira la mauvaise raison de voler (si il peut y en avoir une bonne) .. J\u2019aime bien le mim\u00e9tisme entre l\u2019origine des gens en le langage parl\u00e9.<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab On est sur une cr\u00eate maintenant, et je vois toute une flop\u00e9e d\u2019\u00e9toiles \u00e9parpill\u00e9es dans le ciel. Une nuit comme y en a pas de plus claires, et je me dis que c\u2019est pas difficile pour Dieu de me voir de l\u00e0-haut. Cette id\u00e9e me tracasse un peu, mais c\u2019est bien plus facile d\u2019avoir un jugement sur un truc si on le voit enti\u00e8rement en bien ou enti\u00e8rement en mal. Faire ce qu\u2019on est en train de faire c\u2019est un p\u00e9ch\u00e9, certainement, mais pas s\u2019occuper de celle qui vous a enfant\u00e9 et \u00e9lev\u00e9, c\u2019est un p\u00e9ch\u00e9 pis encore. Voil\u00e0 ce que je me dis en tout cas \u00bb<br \/>\n\u00ab J\u2019ai une pelle et une pioche, je dis. Je sais aussi comment faire autre chose que m\u2019appuyer dessus. \u00bb<br \/>\n\u00ab Y me comprend mais y rigole, c\u2019est tout, y me raconte ce qu\u2019il a combin\u00e9 dans sa t\u00eate. Je commence \u00e0 r\u00e9pondre que jamais de la vie je ferais un truc pareil, mais y tend la main comme pour arr\u00eater la circulation, et y me demande de lui \u00e9pargner mon oui ou mon non jusqu\u2019\u00e0 ce que j\u2019aie eu le temps de bien peser tout \u00e7a dans ma t\u00eate \u00bb<br \/>\nAttendre c\u2019est ce qu\u2019on fait pendant deux semaines, pasque ce premier soir dans ma cour quand je l\u00e8ve la t\u00eate vers le ciel la lune est toute maigrelette et a pas l\u2019air de grand-chose de plus qu\u2019un truc \u00e0 quoi on suspendrait un manteau<br \/>\n\u00ab Finalement la bonne nuit arrive, la pleine lune qui vient se poser tout contre le monde. Une \u00ab lune de chasseur \u00bb, il appelait \u00e7a mon p\u00e8re, et c\u2019est pas difficile de voir pourquoi, pasqu\u2019une lune comme \u00e7a, \u00e7a aide vraiment pour vadrouiller dans les bois. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>4. L\u2019envol<\/strong> : La m\u00e9thamph\u00e9tamine est aussi le sujet de cette nouvelle. Un jeune gar\u00e7on va tenter d\u2019aider ses parents pour leur montrer son amour et ensuite va trouver le moyen d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la vie. L\u2019argent c\u2019est une chose mais c\u2019est loin d\u2019\u00eatre le rem\u00e8de universel\u2026<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab Sa m\u00e8re ne cessait de remettre du petit bois dans le feu, en disant \u00e0 Jared que s\u2019il regardait bien il verrait des ailes d\u2019anges battre dans les flammes. \u00ab Les anges descendent parfois par la chemin\u00e9e, tout comme le P\u00e8re No\u00ebl \u00bb, lui expliqua-t-elle \u00bb<br \/>\n\u00ab Il \u00e9tait parvenu \u00e0 mi-pente lorsque la lame accrocha le soleil de midi et l\u2019acier lan\u00e7a un \u00e9clair \u00bb<br \/>\n\u00ab Pendant quelques instants il resta assis \u00e0 \u00e9couter combien le monde \u00e9tait silencieux et immobile \u00bb<\/p>\n<p><strong>5. La femme qui croyait aux jaguars <\/strong><em>: Nouvelle sur la solitude. Personne ne connait cette femme. Bien qu\u2019elle travaille, elle n\u2019a personne avec qui parler. Son pass\u00e9 est mort le jour o\u00f9 elle a perdu le b\u00e9b\u00e9 qu\u2019elle venait de mettre au monde. Elle a perdu l\u2019espoir.. et toute sa ville s\u2019est \u00e9croul\u00e9e. Pour tromper sa solitude, elle se penche sur les disparus\u2026 que ce soit le jaguar comme animal ayant v\u00e9cu dans sa r\u00e9gion dans des temps recul\u00e9s ou des enfants disparus sans laisser de traces\u2026<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab Les derniers jours ont \u00e9t\u00e9 d\u2019autant plus \u00e9puisants qu\u2019elle a d\u00fb s\u2019entretenir avec quantit\u00e9 de gens. Elle est fille unique, les longs silences de ses jeunes ann\u00e9es peupl\u00e9s de livres et de jeux qui ne n\u00e9cessitaient pas d\u2019autres joueurs \u00bb<br \/>\n\u00ab la solitude reparaissant dans la vie de Ruth comme un lieu g\u00e9ographique, un paysage ni hostile ni accueillant, simplement familier \u00bb<br \/>\n\u00ab Leur couple \u00e9tait devenu un inextricable \u00e9change de douleur \u00bb<br \/>\n\u00ab Quelque chose en elle largue les amarres. Elle s\u2019allonge sur le banc, pose sa t\u00eate sur son avant-bras. Elle ferme les yeux et elle s\u2019endort. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>6. Incandescences<\/strong> : La nouvelle qui a donn\u00e9 le titre au recueil : encore sur la solitude \u00e0 laquelle est confront\u00e9e une femme. Elle vit seule depuis la mort de son mari et le d\u00e9part de ses filles ; elle rencontrera un \u00e9tranger de passage&#8230; Ce n\u2019est pas un causeur mais c\u2019est une pr\u00e9sence.. Est-elle pr\u00eate \u00e0 fermer les yeux sur tout pour ne pas mourir seule&#8230;<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab C\u2019\u00e9tait comme si ses longs silences lui donnaient une plus grande facult\u00e9 de communiquer d\u2019autres fa\u00e7ons \u00bb<br \/>\n\u00ab Parce qu\u2019elle savait ce que l\u2019on esp\u00e9rait d\u2019elle \u2013 qu\u2019elle reste l\u00e0, seule, \u00e0 attendre que les ann\u00e9es, peut-\u00eatre les d\u00e9cennies, passent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle meure \u00e0 son tour. \u00bb<\/p>\n<p><strong>7. Retour <\/strong><em>: Celle que j\u2019ai le moins appr\u00e9ci\u00e9. Changement d\u2019\u00e9poque\u2026 De retour dans ses montagnes, un soldat se rem\u00e9more \u2026 . Une nouvelle \u00ab humaine \u00bb sur la guerre, ou le th\u00e8me du vol des morts est abord\u00e9. Pour quelques dollars, il aurait pu d\u00e9pouiller un mort\u2026 Le soldat respecte son adversaire tomb\u00e9 au combat \u2026 et \u00e0 son retour chez lui, de passage au cimeti\u00e8re face \u00e0 une croix, \u00e9tablit un parall\u00e8le entre lui qui est en vie et le disparu, les sommets de son Am\u00e9rique et les neiges \u00e9ternelles du Japon. Un dernier moment avant de retourner \u00e0 sa vie d\u2019avant\u2026 Un peu trop \u00e9bauch\u00e9e et pas assez aboutie \u00e0 mon gout..<\/em><\/p>\n<p><strong>8. Dans la gorge <\/strong>: Une de celles que j\u2019ai beaucoup aim\u00e9. Le pr\u00e9sent n\u2019est pas la continuit\u00e9 du pass\u00e9. Les r\u00e8gles ont chang\u00e9\u2026 Il lui faudra fuir pour \u00e9chapper \u00e0 ce qui \u00e9tait pour lui une \u00e9vidence et qui se transforme en cauchemar\u2026<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab Puis son esprit s\u2019\u00e9tait \u00e9gar\u00e9 en un lieu o\u00f9 elle n\u2019avait pu le suivre, emportant avec lui tous les gens de son entourage, leurs noms et les liens qui les unissaient, s\u2019ils vivaient encore ou s\u2019ils \u00e9taient morts. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le liniment qu\u2019il passait tous les matins et tous les soirs sur ses articulations et ses muscles lui donnait l\u2019impression d\u2019\u00eatre une machine grin\u00e7ante et mang\u00e9e de rouille qu\u2019il fallait graisser et faire chauffer avant qu\u2019elle crachote et prenne vie \u00bb<br \/>\n\u00ab Il frissonnait, l\u2019esprit en d\u00e9s\u00e9quilibre, chaque pens\u00e9e penchant vers la panique \u00bb<\/p>\n<p><strong>9. \u00c9toile filante<\/strong><em> : Quand sa femme reprend ses \u00e9tudes, tout change.. Les deux mondes se t\u00e9lescopent et il assiste \u00e0 la mort de leur amour\u2026<br \/>\nExtraits :<br \/>\n\u00ab C\u2019est pas parce qu\u2019on a de l\u2019instruction qu\u2019on ne peut rien faire d\u2019autre \u00bb<br \/>\n\u00ab Lynn arrange ses bouquins sur la table. Ils sont empil\u00e9s l\u00e0 devant elle comme une grande assiette de nourriture qui la rend de plus en plus forte \u00bb<br \/>\n\u00ab Y a tellement d\u2019\u00e9toiles qu\u2019on peut voir comment certaines semblent \u00eatre pass\u00e9es sur un fil et dessiner des formes \u00bb<br \/>\n\u00ab Elle a pos\u00e9 sa t\u00eate sur mon \u00e9paule. \u00ab J\u2019esp\u00e8re que \u00e7a sera toujours comme \u00e7a, elle a dit. S\u2019il y avait une \u00e9toile filante, je ferais pas d\u2019autre v\u0153u. \u00bb<br \/>\n\u00ab T\u2019as int\u00e9r\u00eat \u00e0 t\u2019y habituer, dit une voix dans ma t\u00eate. Y a un bon paquet de nuits en vue o\u00f9 elle sera pas au m\u00eame endroit que toi, peut-\u00eatre m\u00eame dans une autre ville. Je l\u00e8ve les yeux vers le ciel une derni\u00e8re fois mais y a rien qui file \u00bb<br \/>\n\u00ab Je me fabrique un souvenir qui va pas tarder \u00e0 m\u2019\u00eatre n\u00e9cessaire \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>10. L\u2019oiseau de malheur<\/em><strong> : Je pense que c\u2019est ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Un homme a quitt\u00e9 les montagnes de son enfance et la vie qui allait avec. Il a chang\u00e9 de mode de vie et s\u2019est adapt\u00e9 \u00e0 un environnement citadin. Quand soudain il est rattrap\u00e9 par des croyances surgies de son pass\u00e9. Incompr\u00e9hension dans le milieu dans lequel il vit, stupeur de son entourage qui pensent qu\u2019il ne peut \u00eatre que d\u00e9rang\u00e9 mentalement ou surmen\u00e9.<br \/>\nExtraits<br \/>\n\u00ab Un lever de soleil rouge annon\u00e7ait la pluie, tout comme le cri du coucou \u00e0 bec jaune. D\u2019autres signes, qui \u00e9taient annonciateurs d\u2019une vie nouvelle, ou d\u2019une vie touchant \u00e0 sa fin. \u00ab<br \/>\n\u00ab Le vieil homme avait \u00e9galement entendu le hibou, et pour lui c\u2019\u00e9tait un son de Jugement dernier, tout aussi d\u00e9finitif que le choc sourd des mottes de terre sur son cercueil \u00bb<br \/>\n\u00ab Ils l\u2019avaient pr\u00e9cipit\u00e9 dans un monde o\u00f9 le ciel ne comptait pas, o\u00f9 la terre ne vous noircissait pas les ongles, ne collait pas \u00e0 vos souliers ni ne rendait vos mains calleuses, mais \u00e9tait vue, au mieux, derri\u00e8re des vitres d\u2019immeuble, de voiture et d\u2019avion. Le monde hors sujet et muet. Ses professeurs avaient cru qu\u2019il pouvait quitter le monde dans lequel il avait grandi, et peut-\u00eatre qu\u2019\u00e0 son tour il les avait crus. \u00bb<br \/>\n\u00ab Les superstitions ne sont rien d\u2019autre que l\u2019ignorance de la cause et de l\u2019effet \u00bb<br \/>\n\u00ab Couper le bois, le ranger, et finalement le br\u00fbler, lui procurait du plaisir, du travail qui, contrairement \u00e0 tant de choses qu\u2019il faisait au bureau, \u00e9tait tangible, en quelque sorte plus r\u00e9el \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>11. \u00ab Waiting for the End of the World \u00bb <\/strong>: Ce pourrait \u00eatre la nouvelle tragi-comique du recueil. L\u2019histoire d\u2019un ancien prof qui se retrouve oblig\u00e9, pour avoir un peu d\u2019argent, de jouer de la guitare dans un bouge. Elle est \u00e9crite \u00e0 la premi\u00e8re personne. Il doit chanter toutes les heures une m\u00eame chanson \u00e9voquant la libert\u00e9 alors qu\u2019il est tout sauf libre de faire ce qu\u2019il veut\u2026 et qu\u2019il en a visiblement marre\u2026 m\u00eame si il ne fait rien pour s\u2019envoler\u2026 Le chanteur est enferm\u00e9 dans une \u00ab cage \u00bb qui a un nom qui \u00e9voque l\u2019espoir, joue un titre qui est porteur d\u2019espoir, \u00e9voque des paroles qui \u00e9voquent l\u2019espoir\u2026 et tout ce qui l\u2019environne est d\u00e9primant au possible\u2026 J\u2019ai pas trop croch\u00e9.<br \/>\nExtrait : On est donc quelque part entre samedi soir et dimanche matin pour ce qui est de l\u2019heure, et moi je suis dans un bar perdu sur le bord d\u2019une route, un cube en b\u00e9ton qui s\u2019appelle La Derni\u00e8re Chance, et je joue \u00ab Free Bird \u00bb pour la cinqui\u00e8me fois ce soir, seulement je ne pense pas \u00e0 Ronnie Van Zant mais \u00e0 un artiste exhum\u00e9 de ma vie d\u2019avant, Willie Yeats, et \u00e0 son vers \u00ab S\u00fbrement que quelque r\u00e9v\u00e9lation, c\u2019est pour bient\u00f4t \u00bb.<br \/>\n\u00ab Tout ce que je suis pour eux c\u2019est une enveloppe avec un ch\u00e8que \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u00bb<\/p>\n<p>Et voici les paroles du refrain de la chanson\u2026<\/p>\n<p>If I leave here tomorrow<br \/>\nWould you still remember me?<br \/>\nFor I must be traveling on now<br \/>\n&lsquo;Cause there&rsquo;s too many places I&rsquo;ve got to see.<\/p>\n<p>But if I stayed here with you, girl,<br \/>\nThings just couldn&rsquo;t be the same.<br \/>\n&lsquo;Cause I&rsquo;m as free as a bird now,<br \/>\nAnd this bird you can not change, oh, oh, oh, oh.<br \/>\nAnd this bird you can not change.<br \/>\nAnd this bird you can not change.<br \/>\nLord knows I can&rsquo;t change.<\/p>\n<p><em>12. Lincolnites<\/em> : cette nouvelle serait inspir\u00e9e par un fait r\u00e9el; une histoire qui est arriv\u00e9e \u00e0 un de ses anc\u00eatres en Caroline du Nord. Pendant la Guerre de S\u00e9cession, sa famille et ses voisins \u00e9taient connus comme des partisans de L\u2019Union. Un jour, un Conf\u00e9d\u00e9r\u00e9 arriva et \u201cconfisca\u201d un cheval. Bien mal en prit au soldat..<\/p>\n<p>pas trop aim\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ron Rash, n\u00e9 en Caroline du Sud en 1953, a grandi \u00e0 Boiling Springs et obtenu son doctorat de litt\u00e9rature anglaise \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Clemson. Il vit en Caroline du Nord et enseigne la litt\u00e9rature \u00e0 la Western Carolina University. Il a \u00e9crit \u00e0 ce jour quatre recueils de po\u00e8mes, six recueils de nouvelles &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1759\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1760,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,29,1],"tags":[],"class_list":["post-1759","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-americaine","category-non-classe"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1759","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1759"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1759\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11953,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1759\/revisions\/11953"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1760"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}