{"id":1781,"date":"2015-05-18T15:18:23","date_gmt":"2015-05-18T14:18:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1781"},"modified":"2015-05-18T15:18:23","modified_gmt":"2015-05-18T14:18:23","slug":"holt-anne-serie-hanne-wilhelmsen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1781","title":{"rendered":"Holt, Anne \u00ab\u00a0s\u00e9rie Hanne Wilhelmsen \u00ab\u00a0"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Anne Holt, n\u00e9e le 16 novembre 1958 a Larvik, est une \u00e9crivaine et militante politique norv\u00e9gienne, auteur de romans policier.<\/p>\n<p>Elle vit actuellement \u00e0 Oslo avec sa compagne et sa fille. Anne Holt est devenue un auteur \u00e0 succ\u00e8s de romans policiers dans les pays scandinaves.<\/p>\n<p>Elle est \u00e9galement connue en Norv\u00e8ge pour ses prises de position en faveur des droits des homosexuels.<\/p>\n<p>Inspectrice de police, reporter pour la t\u00e9l\u00e9vision norv\u00e9gienne, avocate sp\u00e9cialis\u00e9e dans la protection des enfants et Ministre de la Justice en 1996, le parcours d&rsquo;Anne Hall et sa connaissance du milieu criminel d&rsquo;Oslo donnent \u00e0 ses romans policiers toute leur richesse.<\/p>\n<p>Elle entame sa carri\u00e8re de romanci\u00e8re en 1993 avec \u00ab\u00a0La D\u00e9esse aveugle\u00a0\u00bb. Elle re\u00e7oit en 1994 le prix Riverton du meilleur roman policier de l&rsquo;ann\u00e9e pour \u00ab\u00a0Bienheureux ceux qui ont soif&#8230;\u00a0\u00bb et le Prix des Libraires Norv\u00e9giens pour \u00ab\u00a0La Mort du d\u00e9mon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Serie\u00a0: Hanne Wilhelmsen\u00a0: <\/strong>Hanne Wilhelmsen est inspectrice \u00e0 la police d&rsquo;Oslo\u00a0; elle est lesbienne et roule en Harley rose. Les autres protagonistes\u00a0: l&rsquo;avocate Karen Borg et le procureur H\u00e4ken Sand (qui est amoureux de Karen Borg depuis toujours) et Billy T. un flic qui vient des stups.<\/p>\n<p><strong>1 &#8211; La d\u00e9esse aveugle (1998)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Un petit criminel toxicomane est trouv\u00e9 abattu, le visage atrocement d\u00e9figur\u00e9, au bord de la rivi\u00e8re Aker \u00e0 Oslo, un vendredi soir. Cela n&rsquo;\u00e9veille gu\u00e8re l&rsquo;attention. Mais lorsque l&rsquo;avocat de la victime est \u00e9galement trouv\u00e9 assassin\u00e9 dans son appartement quelques jours plus tard, l&rsquo;affaire prend une autre tournure. La police, qui a charg\u00e9 l&rsquo;inspecteur Hanne Wilhelmsen de l&rsquo;enqu\u00eate, entrevoit alors les contours d&rsquo;une mafia de la drogue particuli\u00e8rement bien organis\u00e9e. Elle se doute rapidement que derri\u00e8re celle-ci se trouve le monde des privil\u00e9gi\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 norv\u00e9gienne.<\/p>\n<p>Mais qui est v\u00e9ritablement impliqu\u00e9 ?<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Une plong\u00e9e dans les m\u00e9canismes de la justice, dans les coulisses de la justice et de la police.. Des personnages bien sympathiques avec leurs zones d\u2019ombre et d\u2019incertitude.. DE plus on sent bien que l\u2019auteur connait son sujet de l\u2019int\u00e9rieur. Les abus de pouvoir et le monde de la politique norv\u00e9giens ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s. Pour ma part j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 la description du monde de la justice et la recherche de preuves pour \u00e9tayer les convictions des policiers. Ce n\u2019est pas tout de savoir (d\u00e8s le d\u00e9but) qui est coupable. Encore faut-il le prouver\u00a0!<\/p>\n<p>Merci\u00a0\u00e0\u00a0 l&rsquo;amie qui m&rsquo;a\u00a0offert le 2<sup>\u00e8me<\/sup> livre de la s\u00e9rie\u2026 Comme j\u2019aime commencer par le d\u00e9but, j\u2019ai d\u00e9couvert une romanci\u00e8re que j\u2019aime bien. Et\u00a0j&rsquo;ai donc lu\u00a0la trilogie \u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Sans compter la trag\u00e9die des personnes \u00e2g\u00e9es dont le seul crime \u00e9tait d\u2019\u00eatre seules au monde depuis des mois<\/p>\n<p>Nous pouvons \u00eatre lents ici \u00e0 la police. Mais nous savons toujours ajouter deux \u00e0 deux. Normalement nous arrivons \u00e0 quatre, et nous pensons que nous y sommes maintenant<\/p>\n<p>L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, ils \u00e9taient sortis de sa vie, ou elle des leurs, mais leurs routes presque effac\u00e9es se croisaient de temps en temps en paroles de politesse<\/p>\n<p>Depuis qu\u2019il \u00e9tait sorti de sa vie, elle \u00e9tait devenue un as dans l\u2019art de tout arranger pour elle-m\u00eame dans le silence et pour tous les autres, contre paiement.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait fatigu\u00e9e et lourde, mais incapable de retourner au pays des r\u00eaves<\/p>\n<p>La nuit, tous les probl\u00e8mes devenaient \u00e9normes, m\u00eame si dans la journ\u00e9e ils n\u2019\u00e9taient tout au plus que des ombres d\u00e9sagr\u00e9ables. Ce qui \u00e9tait tellement facile \u00e0 minimiser dans la lumi\u00e8re du jour, comme des broutilles, anodines, ou de petits d\u00e9sagr\u00e9ments r\u00e9parables, devenait quelque chose d\u2019imposant, des fant\u00f4mes obsessionnels se penchant sur elle entre la nuit et le jour<\/p>\n<p>Il para\u00eet que les r\u00eaves d\u2019accidents d\u2019avion signifient un manque de contr\u00f4le dans l\u2019existence<\/p>\n<p>Son enfance \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9e par le service d\u2019espionnage sophistiqu\u00e9 des femmes au foyer, des agents qui \u00e9piaient derri\u00e8re les rideaux, toujours \u00e0 la pointe de l\u2019information, qu\u2019il s\u2019agisse de sols mal lav\u00e9s ou de relations extra-conjugales<\/p>\n<p>L\u2019amertume avait rivalis\u00e9 avec l\u2019alcool pour donner \u00e0 son visage un air contrari\u00e9 et hargneux.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 de nombreuses tentatives furibondes, il n\u2019avait jamais r\u00e9ussi \u00e0 obtenir la premi\u00e8re page de son vivant. Son cadavre obtint au total la une dans six journaux. Il aurait \u00e9t\u00e9 fier<\/p>\n<p>ne t\u2019aveugle pas avec les diff\u00e9rences. Regardons plut\u00f4t ce qui les lie, ces deux affaires<\/p>\n<p>Il l\u2019a achev\u00e9 si scrupuleusement que, m\u00eame s\u2019il avait eu neuf vies, il n\u2019aurait probablement pas surv\u00e9cu<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas bien de travailler autant, admit-il. Mais c\u2019est pire de se r\u00e9veiller la nuit en pensant \u00e0 tout ce que tu n\u2019as pas fait. J\u2019essaie d\u2019\u00eatre \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 jour chaque vendredi. Le week-end est alors plus agr\u00e9able<\/p>\n<p>Il n\u2019\u00e9tait pas dans ses habitudes de se vanter, ni de s\u2019emporter ainsi. Mais \u00e7a lui donnait tout de m\u00eame une sensation agr\u00e9able<\/p>\n<p>Elle commen\u00e7ait lentement \u00e0 sentir les effets qu\u2019infligeait \u00e0 l\u2019\u00e2me le fait d\u2019avoir \u00e0 se confronter tous les jours aux assassinats, viols, mauvais traitements et violences. \u00c7a lui colla \u00e0 la peau, comme un drap mouill\u00e9. M\u00eame si elle avait pris l\u2019habitude de prendre une douche chaque fois qu\u2019elle rentrait du travail, elle sentait de temps \u00e0 autre qu\u2019elle puait la mort, comme les mains du p\u00eacheur sentent toujours la poiscaille.<\/p>\n<p>Elle s\u2019imaginait les p\u00eacheurs scruter l\u2019oc\u00e9an \u00e0 la recherche de traces pr\u00e9visibles ou imperceptibles de poisson\u00a0: les rassemblements de mouettes, les bancs de baleines en chasse&#8230;<\/p>\n<p>Il se remit \u00e0 rire, de fa\u00e7on aussi stridente et aussi forte que l\u2019instant d\u2019avant. Le fou rire r\u00e9sonna entre les murs en b\u00e9ton, frappa la pi\u00e8ce de long en large, dansa une ronde autour de lui avant de dispara\u00eetre par le grillage, en emportant avec lui la derni\u00e8re lueur de raison<\/p>\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre salu\u00e9s, ils ne surent plus quoi dire. C\u2019\u00e9tait embarrassant de rester muet devant un t\u00e9l\u00e9phone qui l\u2019\u00e9tait \u00e9galement, et il se racla nerveusement la gorge pour remplir le vide<\/p>\n<p>Ils firent l\u2019amour pendant de longues heures. Un amour profond et intense, deux vieux amis avec une longue histoire commune qui ne s\u2019\u00e9taient jamais touch\u00e9s, jamais comme \u00e7a. C\u2019\u00e9tait comme se promener dans un paysage cher et connu, mais transport\u00e9 dans une autre saison. Un paysage connu et inconnu en m\u00eame temps, le m\u00eame, mais avec une lumi\u00e8re diff\u00e9rente, et comme \u00e9tranger et vierge<\/p>\n<p>Il s\u2019appuya contre un r\u00e9verb\u00e8re, remonta le col de son blouson de mouton et se sentit comme James Dean<\/p>\n<p>Ses propres tentatives culinaires \u00e9taient toujours rat\u00e9es. Un m\u00e8tre de biblioth\u00e8que rempli de litt\u00e9rature et de livres de cuisine ne l\u2019avait gu\u00e8re aid\u00e9e<\/p>\n<p>Le moteur \u00e9tait l\u00e0 devant elle, enti\u00e8rement d\u00e9mont\u00e9, et elle le nettoyait avec des Coton-tige. Rien n\u2019\u00e9tait trop bien pour une Harley<\/p>\n<p>La fatigue s\u2019\u00e9tait pos\u00e9e comme une cagoule noire serr\u00e9e autour du cr\u00e2ne, et les yeux se ferm\u00e8rent lentement au bout de quelques minutes de silence<\/p>\n<p>Sa panique n\u2019\u00e9tait pas sensible \u00e0 la raison. Elle s\u2019agrippait avec des griffes ensanglant\u00e9es autour du c\u0153ur, et la douleur \u00e9tait intense<\/p>\n<p>Ses v\u00eatements avaient fan\u00e9 au m\u00eame rythme que leur propri\u00e9taire<\/p>\n<p>Elle soupira. C\u2019\u00e9tait un bon livre. Cela, elle le savait, car elle avait lu les critiques. Mais elle le trouvait horriblement ennuyeux. Elle avait cependant pris la d\u00e9cision de le lire d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Elle s\u2019inventait tout de m\u00eame de petites occupations pour se distraire<\/p>\n<p><strong>2 &#8211; Bienheureux ceux qui ont soif\u2026 (1999)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Oslo, la chaleur d\u2019un printemps exceptionnel p\u00e8se sur la ville. L\u2019inspectrice Hanne Wilhelmsen va se trouver confront\u00e9e \u00e0 deux affaires difficiles. D\u2019une part, les \u00ab\u00a0massacres du samedi\u00a0\u00bb apr\u00e8s lesquels on d\u00e9couvre, en des endroits diff\u00e9rents, d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s de sang mais pas de cadavre\u2026 D\u2019autre-part, une jeune femme viol\u00e9e dans des conditions atroces. Le portrait robot du violeur est trop vague pour \u00eatre utile, et le d\u00e9sir de vengeance de la victime et de son p\u00e8re inqui\u00e8te l\u2019inspectrice : ils pourraient bien faire justice eux-m\u00eames\u2026<\/p>\n<p>Un roman troublant sur le racisme ordinaire et les agressions sexuelles. Mais aussi un polar qui d\u00e9nonce les dysfonctionnements du syst\u00e8me judiciaire norv\u00e9gien.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Sympa de retrouver Hanne Wilhelmsen. Celui que j\u2019ai le moins aim\u00e9 de la trilogie. Une fois encore on plonge dans les coulisses de la justice\/police norv\u00e9gienne. On assiste \u00e0 la mont\u00e9e des crimes et du racisme dans les pays scandinaves. Comme dans les romans de Mankell les romans et les crimes servent un peu de pr\u00e9texte pour nous faire d\u00e9couvrir la vie en Norv\u00e8ge et les probl\u00e8mes auxquels sont confront\u00e9s les habitants et les institutions. Ici le probl\u00e8me de l\u2019immigration est en toile de fond. Vite lu et je passe au tome 3..<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>L\u2019heure \u00e9tait si matinale que, comme on dit chez nous, le diable n\u2019avait m\u00eame pas encore enfil\u00e9 ses chausses<\/p>\n<p>Des petits oiseaux gris, indiff\u00e9rents \u00e0 la pollution du centre-ville, p\u00e9piaient sur un bouleau qui \u00e9tirait ses bras morts vers la lumi\u00e8re matinale<\/p>\n<p>Il \u00f4ta ses lunettes et se mit \u00e0 les nettoyer avec sa cravate sans grand profit pour ses lunettes et au grand dommage de sa cravate d\u00e9finitivement froiss\u00e9e.<\/p>\n<p>Ne te soucie pas de mes conqu\u00eates. Efforce-toi plut\u00f4t de devenir la derni\u00e8re, blagua-t-il apr\u00e8s une petite pause.<\/p>\n<p>La fen\u00eatre \u00e9tant ouverte, elle devait renoncer \u00e0 entreb\u00e2iller la porte, car le moindre courant d\u2019air aurait eu raison du semblant d\u2019ordre qui r\u00e9gnait miraculeusement sur son bureau.<\/p>\n<p>J\u2019ai le sommeil tr\u00e8s l\u00e9ger, vous comprenez, conti-nua-t-il. C\u2019est comme si j\u2019avais \u00e9puis\u00e9 mon capital de sommeil<\/p>\n<p>Chacun savait que l\u2019autre aurait aim\u00e9 parler. Mais comment commencer. Et surtout comment continuer\u00a0: ils n\u2019en avaient aucune id\u00e9e. Ils ne r\u00e9ussissaient ni \u00e0 entrer, ni \u00e0 sortir de cette relation si fusionnelle qu\u2019elle rendait toute communication impossible<\/p>\n<p>Une haine bienfaisante, lib\u00e9ratrice, forte. C\u2019\u00e9tait comme si un tuteur m\u00e9tallique redressait sa colonne vert\u00e9brale. Elle n\u2019avait jamais connu \u00e7a avant ce jour. Voir<\/p>\n<p><strong>3 &#8211; La mort du d\u00e9mon (2002)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Olav est un jeune gar\u00e7on de douze ans qui a fugu\u00e9 du foyer d&rsquo;accueil pour mineurs V\u00e2rsol \u00e0 Oslo. Il faut dire que le meurtre brutal de la directrice a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 les enfants et le personnel de l&rsquo;\u00e9tablissement. Hanne Wilhelmsen, fra\u00eechement promue au grade d&rsquo;inspectrice principale, va d\u00e9couvrir que le centre dissimule bien des secrets. Elles pressent qu&rsquo;en levant le voile qui les recouvre, ils la m\u00e8neront tout droit vers l&rsquo;assassin.<\/p>\n<p>L&rsquo;humain forme le c\u0153ur de cette intrigue, soulevant les difficiles et parfois douloureux probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;enfance en d\u00e9tresse, \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, \u00e0 la comp\u00e9tence et \u00e0 la compassion.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Arriv\u00e9e de Billy T. dans l\u2019\u00e9quipe de Hanne qui a \u00e9t\u00e9 promue suite au d\u00e9c\u00e8s de son patron. Elle a toujours des soucis dans sa vie priv\u00e9e et le saut professionnel ne se fait pas sans mal. Elle qui est une enquetrice hors pair a du mal a \u00eatre davantage administration et patron que flic de terrain. Dans cette enquete les deux autres personnages ( l\u2019avocate et le procureur sont absents).<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Quand il se leva, le lit exhala un soupir de soulagement<\/p>\n<p>La maison lui manquait. Il le sentait partout dans son corps, comme une an\u00e9mie. C\u2019\u00e9tait un sentiment qu\u2019il n\u2019avait jamais connu auparavant<\/p>\n<p>Sa vie \u00e9tait en grand partie bas\u00e9e sur la construction de barri\u00e8res entre elle et les autres, des barri\u00e8res qui lui permettaient de pouvoir se retirer. A tout instant<\/p>\n<p>\u00c0 grands gestes, il d\u00e9signait la rue Keberg, o\u00f9 deux hommes en \u00e9taient venus aux mains. Le museau d\u2019une Volvo s\u2019\u00e9tait un peu cavali\u00e8rement immisc\u00e9 dans le cul d\u2019une Toyota Corolla dernier mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Tu tires dans toutes les directions, c\u2019est devenu une affreuse habitude qui vient aussi s\u00fbrement qu\u2019amen dans la bouche d\u2019un cur\u00e9&#8230; Chaque fois que je mets sur la table un probl\u00e8me de fond. Pan, pan, pan, voil\u00e0 ce que j\u2019entends, et apr\u00e8s tu n\u2019es plus qu\u2019une forteresse inexpugnable. Tu ne vois donc pas combien c\u2019est dangereux\u00a0?<\/p>\n<p>Quand tous les enfants attendent No\u00ebl avec impatience, lui, il le redoute parce que \u00e7a ne dure que quelques jours. Quand l\u2019\u00e9t\u00e9 arrive et que les autres veulent aller se baigner, lui, il reste \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 manger, en disant qu\u2019il est trop gros pour aller dehors. L\u00e0 o\u00f9 un enfant normal pleure et se sent triste, lui, il sourit et refuse que je le console. Tu as lu La Reine des Neiges\u00a0? Hanne f\u00eet non de la t\u00eate. \u2014\u00a0H. C. Andersen. \u00c7a parle d\u2019un miroir qui d\u00e9forme tout. Il s\u2019est bris\u00e9 en mille morceaux et ceux qui en ont re\u00e7u un \u00e9clat dans l\u2019\u0153il interpr\u00e8tent tout ce qu\u2019ils voient de travers. Ceux qui en ont re\u00e7u un \u00e9clat dans le c\u0153ur deviennent durs comme de la pierre<\/p>\n<p>Mais est-ce que tu ne ressens jamais cet \u00e9trange&#8230; Un \u00e9trange bien-\u00eatre envers un homme que tu appr\u00e9cies particuli\u00e8rement\u00a0? Un sentiment agr\u00e9able, qui fait que tu as envie d\u2019\u00eatre tout le temps avec lui, de faire des choses rigolotes, bavarder, rire, jouer, le genre de trucs qui ressemble \u00e0 tout ce dont on a envie quand on est amoureux<\/p>\n<p>A la main, il tenait une rose qui avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 courber la t\u00eate par manque d\u2019eau ou peut-\u00eatre elle aussi par respect pour la d\u00e9funte.<\/p>\n<p>je sais qu\u2019il est parti pour toujours et il fait nuit et il n\u2019y a plus que le silence, il ne me reste plus rien. Rien. M\u00eame pas moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Elle restait assise sans bouger un cil, sans rien dire, sans regarder personne, sans r\u00e9agir \u00e0 ce qu\u2019on lui disait. C\u2019\u00e9tait la seule fa\u00e7on pour elle de se raccrocher \u00e0 la vie et \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n<p>Quelque chose en elle \u00e9tait en train de se briser. Elle avait l\u2019impression que ses entrailles avaient chang\u00e9 de place en un chaos infernal. \u00c7a cognait et tapait dans son abdomen, comme si son c\u0153ur \u00e9tait tomb\u00e9 dans son bas-ventre. Elle ne parvenait \u00e0 respirer qu\u2019avec la partie sup\u00e9rieure de ses poumons, remont\u00e9s tout en haut de sa gorge, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y avait pas assez de place pour eux. Pas une seule pens\u00e9e ne circulait dans sa t\u00eate. Au lieu de cela, ses sentiments virevoltaient dans son estomac et voulaient monter, sortir. Ses bras et ses jambes \u00e9taient comme inexistants, se contentant de pendre, morts et courbatur\u00e9s, inutiles sauf \u00e0 bloquer la sortie de tout ce qui bouillonnait dans sa poitrine<\/p>\n<p>On gratte un peu \u00e0 la surface d\u2019une personne a priori assez terne, ordinaire et int\u00e8gre. Et on d\u00e9couvre que la r\u00e9alit\u00e9 est bien diff\u00e9rente. Il y a toujours quelque chose de cach\u00e9 sous un vernis irr\u00e9prochable. Rien n\u2019est comme on le pense au premier regard. On a tous nos c\u00f4t\u00e9s sombres<\/p>\n<p>Le monde entier n\u2019est qu\u2019une vaste escroquerie. Un n\u00e9gatif de l\u2019image v\u00e9ritable<\/p>\n<p>J\u2019ai arr\u00eat\u00e9 d\u2019essayer de lui r\u00e9pondre, il ne voulait pas entendre ce que je lui disais, de toute fa\u00e7on. Personne ne m\u2019a jamais \u00e9cout\u00e9e<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Anne Holt, n\u00e9e le 16 novembre 1958 a Larvik, est une \u00e9crivaine et militante politique norv\u00e9gienne, auteur de romans policier. Elle vit actuellement \u00e0 Oslo avec sa compagne et sa fille. Anne Holt est devenue un auteur \u00e0 succ\u00e8s de romans policiers dans les pays scandinaves. Elle est \u00e9galement connue en Norv\u00e8ge pour ses &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1781\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1782,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[5,10,71],"tags":[],"class_list":["post-1781","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lecture-polar","category-nordique","category-norvege"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1781","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1781"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1781\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1783,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1781\/revisions\/1783"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1782"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1781"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1781"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1781"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}