{"id":17821,"date":"2023-02-27T16:07:40","date_gmt":"2023-02-27T14:07:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17821"},"modified":"2023-02-27T16:36:48","modified_gmt":"2023-02-27T14:36:48","slug":"adichie-chimamanda-ngozi-lhibiscus-pourpre-2004-416-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17821","title":{"rendered":"Adichie, Chimamanda Ngozi  \u00ab\u00a0L&rsquo;hibiscus pourpre\u00a0\u00bb (2004) &#8211; 416 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>: n\u00e9e le 15 septembre 1977, est une \u00e9crivaine nig\u00e9riane originaire d\u2019Abba dans l\u2019\u00c9tat d&rsquo;Anambra, au sud-est du Nigeria. Elle a re\u00e7u plusieurs prix universitaires et litt\u00e9raires, et est \u00e9galement connue comme militante f\u00e9ministe.<br \/>\nN\u00e9e dans la ville d\u2019Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria, o\u00f9 est implant\u00e9e l\u2019universit\u00e9 du Nigeria (UNN, University of Nigeria, Nsukka) depuis 1960. Elle est la cinqui\u00e8me d&rsquo;une famille igbo de six enfants. Durant son enfance, son p\u00e8re enseignait \u00e0 l\u2019UNN comme professeur de statistiques, et sa m\u00e8re \u00e9tait la responsable du bureau de la scolarit\u00e9. Sa famille est originaire du village Abba, dans l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Anambra<\/p>\n<p>Son premier roman, L&rsquo;hibiscus pourpre, a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 pour l&rsquo;Orange Prize et le Booker Prize. L&rsquo;autre moiti\u00e9 du soleil a re\u00e7u l&rsquo;Orange Prize. Elle est l&rsquo;auteur du roman tr\u00e8s remarqu\u00e9 Americanah ainsi que d&rsquo;un essai, Nous sommes tous des f\u00e9ministes.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b>: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Adichie, Chimamanda Ngozi \u00ab\u00a0L\u2019hibiscus pourpre\u00a0\u00bb (2004) \u2013 416 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17821\">L\u2019Hibiscus pourpre<\/a><\/span> (2004) &#8211; L\u2019autre moiti\u00e9 du soleil ( 2008) &#8211; Americanah (2015)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Editeur Anne Carri\u00e8re &#8211; La Vagabonde 25.08.2004 &#8211; 416 pages \/ Folio &#8211; 15.04.2016 &#8211; 416 pages<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>( traduit par Mona de Pracontal)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b> :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A la maison la d\u00e9b\u00e2cle a commenc\u00e9 lorsque Jaja, mon fr\u00e8re, n&rsquo;est pas all\u00e9 communier et que Papa a lanc\u00e9 son gros missel en travers de la pi\u00e8ce et cass\u00e9 les figurines des \u00e9tag\u00e8res en verre\u00a0\u00bb. Kambili vit dans une famille nig\u00e9rienne ais\u00e9e avec son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Jaja. Leur p\u00e8re est un catholique fondamentaliste, tr\u00e8s respect\u00e9 par la communaut\u00e9 d&rsquo;Enugu. Mais lorsqu&rsquo;un coup d&rsquo;Etat contraint Kambili et Jaja \u00e0 trouver refuge chez Tatie Ifeoma, ils d\u00e9couvrent un foyer bruyant et plein de vie et leurs illusions sur l&rsquo;autorit\u00e9 religieuse et paternelle tombent.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Commence alors un douloureux combat pour s&rsquo;affranchir du pass\u00e9.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Excellente lecture! Et magnifique premier roman.<br \/>\nBienvenue au Nig\u00e9ria, en p\u00e9riode tourment\u00e9e, dans un pays qui est d\u00e9stabilis\u00e9 par un coup d\u2019Etat.<br \/>\nUne famille riche : le p\u00e8re, catholique fondamentaliste qui exclut de sa vie tous ceux qui ne suivent pas les pr\u00e9ceptes religieux catholiques, la m\u00e8re &#8211; soumise &#8211; et deux enfants, Jaja , le fils et Kambili, la fille, qui vivent sous le joug de la religion, impos\u00e9 par le p\u00e8re qui r\u00e9gente tout. Un p\u00e8re qui est industriel et g\u00e9n\u00e9reux envers les pauvres et l\u2019Eglise &#8211; consid\u00e9r\u00e9 comme un bienfaiteur &#8211; mais intransigeant et fondamentaliste en priv\u00e9, au point de refuser de fr\u00e9quenter son p\u00e8re sous pr\u00e9texte qu\u2019il est traditionaliste et pas catholique. Tout ce qui n\u2019est pas catholique est banni de sa vie et il est de fait un tyran et un despote.<br \/>\nLorsque les deux enfants commencent \u00e0 fr\u00e9quenter de plus pr\u00e8s leurs cousins, la diff\u00e9rence entre les deux conceptions de vie explosent. D\u2019un cot\u00e9 richesse et intransigeance, peur de vivre et de d\u00e9sob\u00e9ir au p\u00e8re; de l\u2019autre peu d\u2019argent mais ouverture d\u2019esprit et joie de vivre. Kambili est tiraill\u00e9e entre l\u2019amour qu\u2019elle voue \u00e0 son p\u00e8re en m\u00eame temps que la peur qu\u2019il lui inspire et la libert\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9couvre. Quand au fils, lui, il s\u2019\u00e9loigne de plus et plus de son p\u00e8re.<br \/>\nSe pose la question de Dieu : faut il voir en l\u2019amour de Dieu un asservissement et une voie triste et rigide ou une perspective lumineuse et tourn\u00e9e vers les autres?<br \/>\nQuant aux personnages, mon attachement va \u00e0 Tatie Ifeoma, au grand-p\u00e8re Papa-Nnukwu, \u00e0 la jeune Amaka<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>bien plus qu\u2019\u00e0 la jeune Kambili qui va au final commencer \u00e0 s&rsquo;\u00e9panouir et \u00e0 oser s&rsquo;ouvrir au autres.<br \/>\nDans ce livre, la dictature est pr\u00e9sente \u00e0 tous les niveaux : Familiale et Etatique&#8230;<br \/>\nReligion, oppression, violences familiales, droits de la femme, relations familiales, mais aussi traditions, amour, et histoire du Nigeria.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>Le silence n\u2019\u00e9tait interrompu que par le ronronnement du ventilateur qui fendait l\u2019air immobile.<\/p>\n<p>Nous faisions cela souvent, de nous poser l\u2019un \u00e0 l\u2019autre des questions dont nous connaissions d\u00e9j\u00e0 les r\u00e9ponses. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce pour \u00e9viter de poser les autres questions, celles dont nous ne voulions pas conna\u00eetre les r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>Mais ce dont nous, Nig\u00e9rians, avions besoin, ce n\u2019\u00e9tait pas des soldats qui nous gouvernent\u00a0; ce dont nous avions besoin, c\u2019\u00e9tait d\u2019un renouveau d\u00e9mocratique.\u00a0<i>Renouveau d\u00e9mocratique<\/i>.<\/p>\n<p>Le silence planait sur la table comme des nuages d\u2019un noir bleut\u00e9 au milieu de la saison des pluies.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re fois que j\u2019avais entendu Tatie Ifeoma appeler Mama \u00ab\u00a0<i>Nwunye m<\/i>\u00a0\u00bb, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 horrifi\u00e9e qu\u2019une femme appelle une autre femme \u00ab\u00a0mon \u00e9pouse\u00a0\u00bb. Lorsque je lui avais pos\u00e9 la question, Papa m\u2019avait expliqu\u00e9 que c\u2019\u00e9taient des vestiges de traditions impies, l\u2019id\u00e9e que la famille et non l\u2019homme seul \u00e9pousait la femme, et plus tard Mama avait murmur\u00e9, bien que nous fussions seules dans ma chambre\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis son \u00e9pouse \u00e0 elle aussi, parce que je suis l\u2019\u00e9pouse de ton p\u00e8re. \u00c7a montre qu\u2019elle m\u2019accepte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nwunye m, quelquefois la vie commence quand le mariage prend fin.<br \/>\n\u2014\u00a0Toi et tes propos d\u2019universitaire\u00a0! C\u2019est ce que tu racontes \u00e0 tes \u00e9tudiantes\u00a0?\u00a0\u00bb Mama souriait.<br \/>\n\u00ab\u00a0S\u00e9rieusement, oui. Mais elles se marient de plus en plus t\u00f4t, ces temps-ci. \u00c0 quoi nous sert un dipl\u00f4me, me demandent-elles, si nous ne trouvons pas de travail avec\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Au moins elles auront quelqu\u2019un qui s\u2019occupera d\u2019elles si elles se marient.<\/p>\n<p>Pa\u00efen ou traditionaliste, quelle importance\u00a0? Il n\u2019\u00e9tait pas catholique, voil\u00e0 tout\u00a0; il n\u2019avait pas la foi. Il faisait partie des gens dont nous appelions la conversion par nos pri\u00e8res pour qu\u2019ils ne finissent pas dans les tourments \u00e9ternels de l\u2019enfer.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c7a peut \u00eatre une bonne chose, parfois, d\u2019\u00eatre rebelle, dit-elle. L\u2019esprit de r\u00e9bellion est comme la marijuana\u00a0: ce n\u2019est pas mauvais quand on l\u2019utilise comme il faut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Papa-Nnukwu n\u2019\u00e9tait pas pa\u00efen mais traditionaliste, que parfois ce qui \u00e9tait diff\u00e9rent \u00e9tait tout aussi bien que ce qui \u00e9tait familier, que lorsque Papa-Nnukwu faisait son\u00a0itu-nzu, sa d\u00e9claration d\u2019innocence, le matin, c\u2019\u00e9tait pareil que quand nous disions le chapelet.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>J\u2019avais souri, couru, ri. J\u2019avais la poitrine pleine de quelque chose qui ressemblait \u00e0 du bain moussant. L\u00e9ger. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 \u00e9tait si douce que j\u2019en sentais le go\u00fbt sur ma langue, une douceur de pomme cajou trop m\u00fbre, jaune vif.<\/p>\n<p>[\u2026] leur placer la barre de plus en plus haut dans sa fa\u00e7on de leur parler, dans ce qu\u2019elle attendait d\u2019eux. Elle le faisait tout le temps, confiante qu\u2019ils pouvaient franchir la barre. Et ils la franchissaient. C\u2019\u00e9tait diff\u00e9rent pour Jaja et pour moi. Nous ne franchissions pas la barre parce que nous nous en croyions capables, nous la franchissions parce que nous \u00e9tions terrifi\u00e9s \u00e0 la pens\u00e9e de ne pas y arriver.<\/p>\n<p>Les rues que nous longions ressemblaient \u00e0 des tunnels assombris par les haies qui les bordaient de part et d\u2019autre. Les lumi\u00e8res jaune dor\u00e9 des lampes \u00e0 p\u00e9trole vacillaient derri\u00e8re les fen\u00eatres et sur les v\u00e9randas des maisons, comme les yeux de centaines de chats sauvages.<\/p>\n<p>M\u00eame le silence qui s\u2019abattit sur la maison \u00e9tait soudain, comme si l\u2019ancien silence s\u2019\u00e9tait bris\u00e9 et nous avait laiss\u00e9 ses d\u00e9bris coupants.<\/p>\n<p>Mais surtout, elle parle des choses qui\u00a0lui manquent et de celles dont elle a terriblement envie, comme si elle ignorait le pr\u00e9sent pour s\u2019attacher au pass\u00e9 et \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n<p>[\u2026] certaines choses se produisent pour lesquelles nous ne pouvons pas formuler de pourquoi, pour lesquelles les pourquoi n\u2019existent tout simplement pas et, peut-\u00eatre, ne sont pas n\u00e9cessaires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice: n\u00e9e le 15 septembre 1977, est une \u00e9crivaine nig\u00e9riane originaire d\u2019Abba dans l\u2019\u00c9tat d&rsquo;Anambra, au sud-est du Nigeria. 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N\u00e9e dans la ville d\u2019Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria, o\u00f9 est implant\u00e9e l\u2019universit\u00e9 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17821\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":17822,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[501,56,193,86,1224,78],"tags":[522,863,220,1016,502,345,525,1129,435,268,1523,422,190,314,927,151,700,699,169,1307],"class_list":["post-17821","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1er-roman","category-afrique","category-etude-de-societe","category-litterature-africaine","category-traditions","category-xxeme","tag-adolescence","tag-condition-feminine","tag-dictature","tag-dieu","tag-education","tag-enfance","tag-femmes-battues","tag-integrisme","tag-liberte","tag-maltraitance","tag-nigeria","tag-peur","tag-politique","tag-rapports-familiaux","tag-rapports-sociaux","tag-religion","tag-roman-dapprentissage","tag-roman-initiatique","tag-violence","tag-violence-conjugale"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17821","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17821"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17821\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17824,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17821\/revisions\/17824"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/17822"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17821"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17821"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17821"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}