{"id":18067,"date":"2023-04-11T11:48:39","date_gmt":"2023-04-11T09:48:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18067"},"modified":"2023-04-11T11:57:35","modified_gmt":"2023-04-11T09:57:35","slug":"vann-david-un-poisson-sur-la-lune-2019-314-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18067","title":{"rendered":"Vann, David \u00ab\u00a0Un poisson sur la lune\u00a0\u00bb (2019) 314 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>\u00a0: David Vann est n\u00e9 n\u00e9 le 19 octobre 1966 sur l\u2019\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s\u2019installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. Il a travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019un premier roman pendant dix ans avant de r\u00e9diger en dix-sept jours, lors d\u2019un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succ\u00e8s \u00e0 se faire publier aux \u00c9tats-Unis\u00a0: aucun agent n\u2019accepte de soumettre le manuscrit, jug\u00e9 trop noir, \u00e0 un \u00e9diteur. Ses difficult\u00e9s \u00e0 faire publier son livre le conduisent vers la mer\u00a0: il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs ann\u00e9es dans les Cara\u00efbes et en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 les \u00c9tats-Unis en char \u00e0 voile et parcouru plus de 40\u00a0000 milles sur les oc\u00e9ans, il \u00e9choue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu\u2019il a dessin\u00e9 et construit lui-m\u00eame. En 2005, il publie A mile down, r\u00e9cit de son propre naufrage dans les Cara\u00efbes lors de son voyage de noces quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succ\u00e8s lui permet de gagner partiellement sa vie gr\u00e2ce \u00e0 sa plume et il commence \u00e0 enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island \u00e0 un concours de nouvelles qu\u2019il remporte et, en guise de prix, voit son livre publi\u00e9 en 2008 aux Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Massachusetts. L\u2019ouvrage est tir\u00e9 \u00e0 800 exemplaires puis r\u00e9imprim\u00e9 \u00e0 la suite de la parution d\u2019une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3\u00a0000 exemplaires de cette \u00e9dition qui seront distribu\u00e9s sur le march\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 en France en janvier\u00a02010, <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Sukkwan<\/em><\/span> Island <\/a><\/span>remporte imm\u00e9diatement un immense succ\u00e8s. Il remporte le prix M\u00e9dicis \u00e9tranger et s\u2019est vendu \u00e0 plus de 300 000 exemplaires. Port\u00e9 par son succ\u00e8s fran\u00e7ais, David Vann est aujourd\u2019hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays.<br \/>\nDavid Vann est l\u2019auteur de <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625\"><i>Sukkwan Island<\/i><\/a><\/span> , D\u00e9solations<i>, <\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8020\"><i>Impurs<\/i><\/a><\/span>, <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8241\"><i>Goat Mountain<\/i><\/a>, <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3953\"><i>Dernier jour sur terre<\/i><\/a>,<\/span>\u00a0 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3579\"><i>Aquarium<\/i><\/a>,<\/span> L\u2019Obscure clart\u00e9 de l\u2019air (2017), <span style=\"color: #0000ff;\"><em><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Vann, David \u00ab\u00a0Un poisson sur la lune\u00a0\u00bb (2019) 314 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18067\">Un poisson sur la lune<\/a><\/em><\/span> (2019), Le Bleu au-del\u00e0 (Nouvelles 2020), <em><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13389\">Komodo<\/a> <\/span><\/em>(2021). Il partage aujourd\u2019hui son temps entre la Nouvelle-Z\u00e9lande o\u00f9 il vit et l\u2019Angleterre o\u00f9 il enseigne, tous les automnes, la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Gallmeister (Americana) \u2013 07.02.2019 \u2013 286 pages \/ Totem &#8211; 04.03.2021 &#8211; 314 pages<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>&#8211; Laura Derajinski (Traductrice)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> :<br \/>\nSur le point de commettre l&rsquo;irr\u00e9parable, James Vann quitte l&rsquo;Alaska et part retrouver sa famille en Californie &#8211; ses parents, son fr\u00e8re, son ex-femme et ses enfants. Chacun essaie de le ramener \u00e0 la raison, r\u00e9v\u00e9lant ainsi ses propres angoisses et faiblesses. Mais c&rsquo;est James qui devra seul prendre sa d\u00e9cision, guid\u00e9 par des \u00e9motions terriblement humaines. La plume virtuose de David Vann transforme une exp\u00e9rience familiale douloureuse et fondatrice en une confession spectaculaire sur ce qui nous fait tenir \u00e0 la vie.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>David Vann a grandi dans l\u2019Am\u00e9rique de la culture de la chasse et de la p\u00eache, dans celle &#8211; il le dit lui m\u00eame &#8211; \u00a0o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e apprend aux jeunes \u00e0 tuer sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Son p\u00e8re s\u2019est suicid\u00e9 avec un 44 Magnum et il a h\u00e9rit\u00e9 de sa collection d\u2019armes. Ce livre est le reflet des derniers jours de son p\u00e8re, et une fois encore Vann nous offre une trag\u00e9die dans laquelle tout est li\u00e9 \u00e9motionnellement et psychologiquement. Les sc\u00e8nes sont intenses mais la violence est dirig\u00e9e non contre les autres mais contre lui-m\u00eame par le protagoniste principal, le p\u00e8re. Le sentiment de culpabilit\u00e9 est tr\u00e8s pr\u00e9sent, et le leitmotiv constant du p\u00e8re qui n&rsquo;est pas \u00eatre \u00e0 la hauteur, qui a rat\u00e9 et g\u00e2ch\u00e9 sa vie. Un livre sur la d\u00e9pression, l\u2019\u00e9chec, la remise en question de la vie, des choix de vie, le suicide\u2026<br \/>\nComme dans ses romans pr\u00e9c\u00e9dents, Vann ne fait intervenir que peu de personnages, m\u00eame si il y en a davantage que dans Impurs ou Goat Mountain.<br \/>\nDavid Vann avait 13 ans quand son p\u00e8re s\u2019est suicid\u00e9. Il avait refus\u00e9 de quitter sa m\u00e8re pour aller vivre un an avec son p\u00e8re ; dans son enfance il p\u00eachait ou chassait avec lui plusieurs fois par semaine. Toute cette ambiance est \u00e9voqu\u00e9e dans ce roman, avec en prime le th\u00e8me de la violence, les d\u00e9sordres mentaux, le suicide, l\u2019\u00e9chec, le sexe, l\u2019auto-apitoiement, le d\u00e9sespoir, le manque de confiance en soi et en les autres, la nostalgie, le regret, la perte de l\u2019envie de vivre, la souffrance<\/p>\n<p>Et il convient de ne surtout pas oublier le rapport \u00e0 la nature: la mer, les vagues , les arbres, une tr\u00e8s grande importance accord\u00e9e aux descriptions, aux paysages, \u00e0 la nature.<br \/>\nComme toujours un excellent Vann \u00e0 ne pas lire quand on a pas le moral!<\/p>\n<p><b>Extraits:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>Les turbulences se confondent avec les mouvements de l\u2019avion, semblent na\u00eetre de l\u2019int\u00e9rieur, comme si, d\u2019une secousse, l\u2019aile tentait de se d\u00e9barrasser de quelque chose, mais c\u2019est un infime mouvement dans la plus \u00e9norme des rivi\u00e8res, un courant irr\u00e9sistible.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La d\u00e9pression, les creux. C\u2019est un peu comme quand notre bateau \u00e9tait retenu, et \u00e0 mesure que tout s\u2019\u00e9l\u00e8ve autour de toi, la pression ne fait qu\u2019augmenter. C\u2019est un peu comme \u00e7a. La description n\u2019est pas parfaite, mais c\u2019est quelque chose que tu as d\u00e9j\u00e0 connu. Tu t\u2019en souviens\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Je m\u2019en souviens. Mais un sentiment \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi, ce n\u2019est pas comme \u00e7a.<br \/>\n\u2014\u00a0Oh, c\u2019est bien pire. Bien plus fort. Une vague de dix m\u00e8tres, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ce n\u2019est rien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Une des branches g\u00e9n\u00e9alogiques devait remonter \u00e0 l\u2019\u00e2ge de pierre, aux cueilleurs et aux chasseurs, si r\u00e9cents par ici, une bulle d\u2019histoire. Vivant \u00e0 l\u2019autre bout du pays, sur la c\u00f4te Est en Virginie, mais une vie similaire, \u00e0 p\u00eacher et \u00e0 chasser, \u00e0 cueillir les plantes end\u00e9miques. Pas de psy, pas de voiture ni de routes, un rite de passage \u00e0 chaque \u00e9tape de la vie, et toujours un sentiment d\u2019appartenance. Aurait-il \u00e9t\u00e9 suicidaire \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ou est-ce seulement ici et maintenant que son \u00e9quation se r\u00e9sout ainsi\u00a0? Peut-on penser au suicide quand on doit se pr\u00e9occuper chaque jour de trouver \u00e0 manger\u00a0?<\/p>\n<p>S\u2019il croise des gens dans la rue, des gens qu\u2019il n\u2019a jamais rencontr\u00e9s, peuvent-ils deviner qu\u2019il est plein de poison\u00a0? C\u2019est le probl\u00e8me, avec les humains. Il n\u2019y a pas d\u2019indice. Pas d\u2019avertissement.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il ne veut pas songer \u00e0 ce qu\u2019il a fait, \u00e0 qui il est, \u00e0 tout ce que cela signifie. Il ne veut plus aucune responsabilit\u00e9, plus aucune attache, plus aucune cons\u00e9quence, plus aucune sensation \u00e0 l\u2019exception des notions \u00e9l\u00e9mentaires qu\u2019apportent la vue et l\u2019odorat et l\u2019ou\u00efe dans un espace vierge.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 l\u2019impression de regarder en arri\u00e8re. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a, la vie apr\u00e8s la mort, rien qu\u2019une nostalgie pure, ni bien ni mal. Ni paradis ni enfer, rien que les tiraillements de ce qui a \u00e9t\u00e9 et qui n\u2019est plus.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Les arbres veulent m\u2019aider, eux aussi. Ils font de leur mieux. Ils ne peuvent pas parler, ils n\u2019ont pas de bras et ne peuvent pas se d\u00e9placer parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de jambes. Mais ils font ce qu\u2019ils peuvent.<\/p>\n<p>D\u2019abord la nostalgisph\u00e8re, la plus dense de toutes, o\u00f9 il est \u00e9tendu en cet instant, une r\u00e9gion au poids immense dans laquelle le temps peut ralentir voire m\u00eame s\u2019immobiliser, o\u00f9 l\u2019\u00e9cho des sons, les odeurs et les sentiments peuvent se d\u00e9placer \u00e0 l\u2019infini. [\u2026] La confusiosph\u00e8re ou la foutusph\u00e8re, tout ce qu\u2019on peut savoir \u00e0 partir de maintenant, avec pour seul antidote, la mort.<\/p>\n<p>R\u00eavant de s\u2019\u00e9chapper, sans comprendre encore qu\u2019on ne peut jamais s\u2019\u00e9chapper tant qu\u2019on respire encore.<\/p>\n<p>Comment survivre assez longtemps pour atteindre ce moment o\u00f9 la vie redevient quelque chose de d\u00e9sirable\u00a0?<\/p>\n<p>On doit juste remonter la pente et la colline recule toujours, et on d\u00e9couvre qu\u2019il y a encore d\u2019autres collines derri\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: David Vann est n\u00e9 n\u00e9 le 19 octobre 1966 sur l\u2019\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s\u2019installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. 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